Un petit blog sans prétentions et sans ligne éditoriale fixe.
| Surnom | Extérieur | Intérieur | Utilisation |
| Bounty ou Oreo | noir | blanc | Un "noir" qui se comporte comme un "blanc" |
| Banane ou Twinkie | jaune | blanc | Un "jaune" qui se comporte comme un "blanc" |
| Noix de coco (coconut) | marron | blanc | Un "hispanique" (US)/indien(UK) qui se comporte comme un "blanc" |
| Oeuf (egg) | blanc | jaune | Un "blanc" s'étant approprié une culture asiatique |
Évidemment, ces termes sont nés et sont principalement utilisés aux Etat-Unis où la société est extrêmement attentive à la notion de race, et aux caractères plus ou moins stéréotypiques qui y sont associés. La problématique de ces termes est bien sûr très différente selon qu'il s'agisse d'insulte ou d'identité revendiquée, et qu'ils soient appliqués à des enfants d'immigrés (par ex. : Chinois aux États-Unis), d'anciens colonisés (Indiens en Grande-Bretagne), à une population autochtone depuis des siècles (Afro-Américains) ou encore à des enfants adoptés.
On trouve aussi des termes moins connus pour les Indiens d'Amérique acculturés :
et, comme on pouvait s'y attendre, pas mal d'appellation franchement plaisantes construites sur le même modèle, comme celle-ci :
La question que je me pose est la suivante : pourquoi diable toutes ces métaphores font-elle référence à des choses comestibles ?
Hypothèse 1 : Bounty a été le premier terme inventé, les autres ont conservé le même champ lexical.
Hypothèse 2 : Les fruits d'une part et les aliments manufacturés d'autre part présentent le double avantage d'avoir des contrastes de couleurs forts et d'être des référents familiers, stables et quasi-universels....
Hypothèse 3 : Le vocabulaire de l'alimentation permet des foultitudes de blagues d'un goût douteux dont le génie de la langue aurait tort de se priver...
Évidemment, elles sont loin d'être mutuellement exclusives...
Et les pastèques de Claude Allègre, me direz-vous ? Il reprend simplement l'expression américaine qui décrit les écologistes radicaux comme des watermelons : à l'extérieur, ce sont des Verts, mais à l'intérieur, ce sont des Rouges !
Mise à jour : On me signale que dès la IIIe République, les radicaux étaient surnommés les radis, pour des raisons d'euphonie évidentes, mais surtout parce qu'ils étaient
rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur et toujours près de l'assiette au beurre.
Pour aller plus loin :
- Les liens saupoudrés dans cet article.
- Une liste de termes extraite du Oxford Dictionary of American Political Slang (Oxford University Press, 2004).
- Un article sur le blog Racialicious : Bananas, Oreos and Coconuts: Would You Identify as White on the Inside?