Un petit blog sans prétentions et sans ligne éditoriale fixe.
J'aimerais partager avec vous une de ces fulgurances composées à parts égales de génie et d'insondable bêtise qui constituent le plus clair de production du cerveau de Monsieur V.
J'ai lu il y a quelques mois un article de Christopher Hitchens pour Vanity Fair sur la pertinence des dix Commandements dans la société actuelle1, et ce à quoi ils ressembleraient si on les écrivait aujourd'hui. Comme prévisible, son verdict n'est pas des plus doux envers le Décalogue, et il conclut son article par ce jeu de mot très british (car Hitchens est un Brit malgré sa tendance à dire de strong words devant une compagnie féminine) :
Do not swallow your moral code in tablet form.
La phrase joue sur le double sens de tablet, qui signifie aussi bien «Table (de la Loi)» que «comprimé», ce qui la rend à peu près intraduisible.
Or voici que, pas plus tard que l'autre jour, elle me revient en mémoire. Du coup, je la soumets à mon ayatollah-de-la-version favori2. Il continue de se raser un instant, puis s'interrompt, regarde dans le vide, prend cet air profondément demeuré qui fait tout son charme, pouffe et enfin me répond :
Le Lévitique, c'est pas automatique !
Merci, merci pour lui : sachez que vos applaudissements lui vont droit au cœur3.
Sandra, of Albion fame, propose :
L'Ancien Testament est un médicament à ne pas laisser à la portée des enfants.
1. Je vous rappelle qu'il y a aux États-Unis des batailles juridiques pour déterminer l'oppotunité d'avoir une sculpture des Tables de la Loi à l'entrée des tribunaux...
2. Car, croyez-le ou non, j'en fréquente plein, des ayatollahs de la version.
3. En passant par l'estomac. Car, comme le savent tous les lecteurs de Pratchett et les ménagères des années cinquante, the way to a man's heart is through his stomach.