J'essaye en ce moment de me faire une culture sur la méthode historique, et je m'incline devant le style fleuri de certains grand pontes du domaine :
L'épistémologie est une tentation qu'il faut résolument savoir écarter [...] Tout au plus est-il opportun que quelques chefs de file s'y consacrent - ce qu'en aucun cas nous ne sommes si ne prétendons être - afin de mieux préserver les robustes artisans d'une connaissance en construction - le seul titre auquel nous prétendions - des tentations dangereuses de cette morbide Capoue.
Paul Ricoeur, Temps et récit, Paris, Seuil, 1983, p.171.
C'est marrant, ce que je connais de l'épistémologie est certes stimulant, mais aussi nettement plus austère que cette espèce de magicienne tentatrice décrite par Ricoeur. J'ai dû rater un truc : moi aussi je veux me vautrer avec abandon dans ces délices épistémologiques ! (Amours et orgues en option...)
Poser des questions auxquelles on ne voit pas le moyen de répondre est le péché fondamental en sciences, comme de donner des ordres dont on ne pense pas qu'ils seront obéis en politique.
Il est amusant que je dûsse lire des livres d'histoire pour y avoir exprimer clairement une idée scientifique aussi fondamentale...
Pour conclure, je vous laisse savourer cette Grande VéritéTM :
Il est très utile de se poser des questions, mais très dangereux d'y répondre.
Toutes les citations sont tirées des très didactiques Douze leçons d'histoire d'Antoine Prost, Paris, Points Histoire, Seuil, 1996.