Je savais que la situation du crédit était absolument calamiteuse aux États-Unis : à titre d'exemple, en plus des frais de scolarité monstrueux, vivre à crédit pendant ses années de fac est un système courant auquel les jeunes ont ensuite tout le loisir de réfléchir pendant les dix ou quinze ans qu'ils mettent à éponger leur dette. Le système est complètement pousse-au-crime puisque les carte de crédit n'ont souvent aucune espèce de plafond :
Pour la moindre formalité, comme l'obtention d'une ligne de téléphone portable, on vous réclame votre credit history, et il ne s'agit pas de répondre, comme un de mes amis "Mais j'ai la meilleure credit history que vous puissiez imaginer, je n'ai jamais eu aucun crédit ! " : ça ne fera sourire personne.
Une bonne credit history, c'est vivre à crédit en permanence et rembourser dans les temps...
J'ai lu il y a quelques années de cela que le marché était tellement saturé, les achats les plus communs étant déjà effectués à crédit, que les banques envisageaient d'encourager le...loyer à crédit !
Quand on atteint de tel sommet d'absurdité économique (pour l'endetté bien sûr, pas pour l'empocheur des intérêts), il ne s'agit plus crédit révolving,mais de crédit revolver, ou presque...
Ceci dit, malgré toutes ces données, je n'avais pas mesuré l'ampleur du désastre. je commence à m'en fair eune idée plus précise à la lecture de ce dossier très complet du Boston Globe.
An estimated one of every 11 consumers has at least one credit card that is more than 90 days past due, according to nationwide data provided to the Globe by the credit reporting agency Experian.
On estime qu'un consommateur sur onze a au moins une dette de carte de crédit en retard de plus de 90 jours, selon les chiffres nationaux [pour les USA] fournis au Globe par l'agence Experian.
C'est-à-dire que neuf putain de pourcents des consommateurs ne parviennent pas à rembourser leur dette de carte de crédit.
Ajoutez à ça des sociétés de recouvrement indélicates qui viennent confisquer la voiture pour des dettes déjà épongées et vous avez une recette pour un beau melting pot de misère sociale et de détresse humaine.
Bienvenue dans le rêve américain.