Je continue la liste de mes lectures, recommencée il y a peu. Au programme : du très bon et du moins bon, mais le bilan est globalement positif...
Marguerite Duras L'amant Bon bah, ça y est je l'ai promis, je l'ai fait. J'ai comblé une lacune et je peux maintenant dire en connaissance de cause : c'est vraiment chiant à crever, le Nouveau roman.
Anatole France La Rôtisserie de la Reine Pédauque,
Très bon et incroyablement érudit, mais très second degré. Décidément, j'aime beaucoup ce monsieur Anatole. De lui, aussi lu Les Fous dans la littérature, trouvé sur Wikisource.
Hé oui, c'est le grand avantage des auteurs dont tous les textes sont tombés dans le domaine public : vous trouverez huit textes de lui en libre accès sur Wikisource, ce qui n'est pas mal du tout, mais à comparer avec Flaubert (une douzaine) et Balzac (une soixantaine!)...
Manuel Vasquez Montalban Happy End
Un roman très court sous forme de récit plus ou moins rêvé, raconté par un hypothétique Humphrey Bogart. Le genre de truc qui ne me convainc pas des masses, en fait.
Serge Brussolo Le carnaval de Fer
Classé dans science-fiction, il en est pour la lettre mais pas pour l'esprit : certes, nous sommes bien dans un monde post-apocalyptique et dictatorial, mais les images relèvent plus de la poésie que d'autre chose : une ville de carnaval permanent, d'où la guerre a été bannie, et où l'on dîne dans une vaisselle forgée avec le fer des canons sur une nappe faite de draps de lupanars, mais où les pulsions homicides trouvent d'autres échappatoires...
Des pêcheuses de perles impubères plongent à la recherche les kystes précieux des étranges nains qui ont remplacé la mer...
Bourré d'idées et plaisant à lire.
Ray Bradbury Les pommes d'or du soleil
Encore un auteur qui a révolutionné la SF parce que d'une certaine façon, il n'en fait pas (j'entend déjà hurler les aficionados...). Sur les vingt-deux nouvelles de ce recueil , je n'en compte qu'une demi-douzaine qui peuvent rentrer dans ce domaine.
Pour le reste, à l'exception de deux nouvelles qui donnent dans l'"étrange" (l'enfant qui ne vieillit pas d'Adieu et bon voyage, l'étrange héroïne de La sorcière du mois d'avril), ce sont des histoire "normales" racontée sur un mode poétique (j'aime beaucoup Le grand incendie et La prairie).
Au fond, quand on y réfléchit, Fahrenheit 451 n'a jamais été de la SF : son argument ne tient pas à la télé projetée sur les murs, pas plus qu'aux robots traqueurs. Alors pour le classer tout de même, on l'appelle un roman d'anticipation, en touchant du bois ...
Patrick Süskind Le Parfum
Oui, je sais, j'ai dix ans de retard sur tout le monde, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. L'écriture est un tour de force, le vocabulaire est enchanteur (opoponax, storax, castoreum...), et après la lecture, on se surprend à renifler partout...
Susie Morgenstern Le vampire du CDI
Hi, hi. Il est cool, ce roman de la Bibli des loisirs. Vive les auteurs pour la jeunesse qui ne prennent pas leur lecteurs pour des demeurés!
Jim Fergus Mille femmes blanches
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C'est une "romanciation" (novelization) d'une histoire véridique : un marché avait été passé entre le gournement américain et une tribu d'Indiens, à la requête de ces derniers, pour échanger mille femmes contre mille chevaux, dans le but qu'elles apprennent à la tribu et à leurs enfants les façons de l'homme blanc. Le pacte a bien sûr été gardé secret, et seul le premier contingent de femmes (une trentaine) tirées des hospices, des prisons ou des hôpitaux psychiatriques a été livré, puiqu'entre temps une solution beaucoup plus radicale au "problème indien" avait été décidée.
Le bouquin n'est pas inintéressant, mais l'on s'impatiente aux considérations personnelles de la narratrice : la partie historique et documentaire est trop diluée dans la masse.
Pour ceux qui veulent un authentique document sur un sujet semblable, je recommande Souvenirs d'un chef sioux, d'Ours debout, chez Payot. Ours Debout est né en 1868, et sa première chasse au bison fut aussi la dernière de son peuple. Il profite de son éducation forcée pour immortaliser son témoignage de la fin d'une époque, et ça vaut vraiment la peine d'être lu, ne serait-ce que pour apprendre que la lune des écorces qui craquent, c'est le mois de décembre.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Prévisions pour la suite :
Les mystères de Paris, dont je viens de terminer la première partie (c'est long) et c'est invraisemblablement kitsch..
et Salammbô, parce qu'il paraît que la vie sans avoir lu ce livre est une erreur...