C'est fou comme le temps file...
Mes excuses aux éventuels fidèles pour la désaffection de ce blog, mais, comme dirait l'autre, I was busy trying to get a life.
Mot-valise
Certes, comme dit précédemment, les mots-valises ont à la mode, mais est-là une raison pour en inventer involontairement?
Un éminent analyste boursier rassurait son petit monde le 18 mai dernier sur France Info en ces termes :
la politique monétaire reste de toute façon très stimulatrice
Stimulante, la Bourse? à moins qu'elle ne soit simulatrice...
Problème de vocabulaire
Il paraitreait qu'Harley-Davidson se lance à la conquête de la clientèle féminine. Comment? En proposant aux femmes
des motos adaptées à leur ergonomie
Pour mémoire, le TLFI indique :
ergonomie, subst. fém.
« Ensemble des études et des recherches qui ont pour but l'organisation méthodique du travail »
C'est insulter la morphologie de ces dames...
Passons maintenant à la politique internationale : on a entendu dernièrement que
Bush veut stopper l'hémorrhagie d'immigrants.
Intéressant problème de vases communiquants : les USA se videraient-ils de leurs immigrants comme un blessé de son sang? Permettez-moi d'en douter.
Mais j'arrête un intant de taper sur France Info, de peur d'être crue partiale... Voili donc une jolie phrase sortie d'un article de Carnet d'un Inspecteur de travail (via Rezo)
il semble très clair que dans un nombre magistral de cas,
Majoritaire? Majeur? Rien à voir avec un magister en tout cas...
Anglicisme
Toujours à la radio, au sujet de la police palestinienne dans l'opposition Hamas-Fatah :
ces hommes sont donc dévolus au Fatah et au président palestinien
Non, ils leur sont dévoués. Je n'arrive pas à déterminer si c'est une bête erreur ou un anglicisme inconscient, puisque devoted signifie selon les cas dévoué, dévolu ou dédié.
Grammaire
Un magnifique exemple d'utilisation fantaisiste de la célèbre négation explétive : on peut dire indifféremment j'ai peur qu'il tombe ou j'ai peur qu'il ne tombe.
Le "ne" supplémentaire donne une connotation soutenue à la deuxième forme et pousse les journalistes snobs à produire des absurdités comme celle-ci :
le photographe sait que seuls les robots ne pourront atteindre les 300m
Ce qui, il faut bien le dire, ne veut pas dire grand'chose.
Une autre faute s'affiche, elle, depuis des mois en 3x4 sur les murs du métro parisien, pour faire de la réclame à un grand magasin (je dirais le Bon marché, mais rien n'est moins sûr).
On y vois une jeune dame au lit, dominée par le slogan :
Même endormie, mon sens esthétique est éveillé.
En latin oui, en ancien françois peut-être, mais en francais, non, Endormie étant censé se référer au sujet (mon sens esthétique).
Si l'on souhaite parler de la propriétaire du sens esthétique, on est obligé d'expliciter l'ellipse :
Même lorsque je suis endormie, mon sens esthétique est éveillé.
Conclusion
Et pour finir, dans une catégorie indéterminée (grammaire ? vocabulaire ? voire anglicisme des noms collectifs ?
J' ai entendu, au sujet des mesures de sécurité à l'occasion de la Coupe du monde de football en Allemagne, que les autorités avaient déployé
vingt mille forces de l'ordre...
Ce qui fait combien de membres desdites forces ? Deux bras, deux jambes, peut-être...
Voici la fin de ce petit florilège.
Je conclurai sur la réponse à mon interogation étymologique du jour :
un anneau (annulus) est-il une petite année (annus)?
La réponse du TLFI est catégorique : non.
Emprunté au latin anellus « petit anneau, bague » diminutif de anulus « anneau » ; la forme annulus n'est pas attestée avant le latin médiéval ; cette graphie semble avoir subi l'influence de annus « année », par suite d'un faux rapport étymologique.
Bien à vous.