Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 00:00
Permettez-moi de vous présenter *le* lien en or pour les mélomanes :
Musipédia (via).
Inspirée par Wikipédia, c'est une banque collaborative de mélodies qui fait tout son possible pour être facile d'utilisation, en particulier grâce à ses multiples modes de recherche.
Pour vous démontrer la chose, je vais être assistée de
"Oh When the Saints go marching in , oh when the saaaints gooo marchiiing iiiin...",
classique gospel choisi sur des critères très stricts : je l'ai retrouvé à la flûte toute seule comme une grande en CE2. Merci de sa collaboration.

Recherche par mots-clefs : 
Difficile de faire plus classique et plus intuitif : entrez "when saints", cliquez sur le bouton, dégustez chambré.

Recherche par clavier :
Vous disposez du joli petit clavier ci-dessous, et vous n'avez qu'à cliquez pour rentrer les notes, qui s'affichent sur la portée en même temps. Vous pouvez même le faire jouer par l'odinateur pour être bien certain de ce que vous tapez...
Avantages : Pas besoin de réfléchir aux conversions  français/anglais  (sol, c'est quoi, un g ou un h?),  et surtout vous pouvez vous passer des paroles et du titre, ce qui  prend toute son importance dans le cas de la scie qui vous tourne en boucle dans la tête, ou dans celui des oeuvres classiques.

Inconvénients : Mon pavillon auriculaire peut être justement qualifié de beaucoup de choses (grand, bizarre, cartilagineux), mais non, vraiment, je n'ai pas l'oreille absolue.
Et puis le rythme dans la peau c'est bien joli mais ça n'est pas super pratique : j'ai beau savoir les valeurs respectives des rondes, blanches et autres pointées plus ou moins grises, ça m'aide bof. Mais pour toi lecteur, j'ai tout de même tenté ma chance avec mon doigté de CE2, que je vous donne en première exclusivité :
sol-si-do-ré/
sol-si-do-ré/
sol-si-do-ré/
si-sol/
si-laaa/
Je rentre donc : g'4 b'4 c''4 d''4 g'4 b'4 c''4 d''4 g'4 b'4 c''4 d''4 b'4 g'4 b'4
Soyons francs : c'est un échec.
Dans les pages de résultats approchés, je vois Bad de Michael Jackson, et du Alanis Morissette. Le rythme dans la peau, je vous dis.

Recherche de contour mélodique :
Ça a l'air ésotérique, mais pas du tout en fait... Il utilise un codage d'une simplicité  cristalline appellée "code Parson",qui se contente de noter la montée (up=U), la  descente (down=D) ou la répétition (repeat=R) de la tonalité.
Dans mon cas, ca donne :
sol-si-do-ré-sol-si-do-ré-sol-si-do-ré-si-sol-si-laaa
    U  U  U   D   U  U  U   D   U  U   U  D  D  U  D

Et quant au "contour mélodique", on peut le représenter ainsi :
 * 
/
* * *
/ /
* * * *
/ /
* *
/
* *
/ /
* *
/
*
/
*
Mignon, non?
Voilà qui est déjà plus selon mon coeur! C'est simple, intuitif et ça marche bien.
D'autant qu'on peut combiner contour et mots-clefs, bien utile quand vous ne vous souvenez que d'une strophe. Ici, j'ai essayé "UUUDUU" et "saints" et ça a marché.
Mais vous n'avez pas encore vu le meilleur.

Recherche par fredonnement :
Si vous n'avez vraiment aucune idée, ou aucune envie de formaliser la chanson qui vous préoccupe, vous pouvez la chanter à votre ordinateur! Comme à un vendeur Fnac, en mieux.
Moi, ça m'enthousiasme, mais c'est purement théorique : je n'ai pas de micro sous la main, ce qui m'épargnera la vague humiliation de chanter la sérénade à Fizgigg, mon fidèle Thinkpad.

Edit : Je suis prête à tout pour satisfaire ma curiosité, alors je me suis procurée :
- un ordi : check
- un micro : check
- une voix correcte : che... ah meeerde.

Il s'agit donc de chanter des "tatatataaaa" dans le micro, puis de subir la torture de les réentendre, car l'ordinateur est un être de logique pure, au-dessus du concept mesquin de tact ou d'amour-propre, et c'est le genre de moment où on le regrette.
Le résultat est reproductiblement laid, même en essayant de trouver l'octave où les choses ne se barrent pas trop en vrille. Mais la chose vraiment épatante, c'est que la recherche est reproductiblement efficace!
Sur quatre essais, le seul qui n'ait pas donné la bonne réponse en premier choix est celui que j'avais essayé de lisser après-coup : comme quoi, le mieux semble vraiment être l'ennemi du bien.

Voilà donc en bref les propriétés de cette perle de site...
Pour l'instant,  il me semble que les thèmes sont souvent des instrumentaux (classique et jazz), mais si cela ne vous convient pas, il ne vous reste plus qu'à rentrer vos partoches préférées...
Et jetez un coup d'oeil à la page de liens, qui ne manque pas d'intérêt (moteur de recherche de thème, empreintes digitales de morceau et d'autres encore).
Repost 0
Published by Abie - dans Wikipédies
commenter cet article
16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 17:19
Pardon à vous, mais j'avais envie de faire ce jeu de mot naze :
Wikipédiens de tous les pays, unissez-vous! Vous avez tout à gagner de ces liens.
Maintenant que c'est fait, passons aux choses sérieuses.

Je n'apprendrai rien à personne en disant que Wikipédia est une encyclopédie libre en ligne que j'aime (je lui écris même des poèmes), que j'utilise (beaucoup), à laquelle je contribue (un peu) et dont je suis plus ou moins régulièrement l'évolution.
En un jour, en face de la page d'acceuil internationale, je me suis prise à réfléchir en comptant sur mes doigts.
Cette page, qui a à peu près la tête ci-dessous, met en évidence les langues qui comportent plus de cent mille articles. Et comme le résultat est un peu surprenant, j'ai essayé de mettre tout ça au clair.



Disclaimer

  • Oui, je sais, la valeur d 'une encyclopédie ne se mesure pas au nombre des ses articles. (Par ici pour d'intéressantes considérations sur la comparaison  de taille de corpus, et le rapport taille/qualité.)
  • Oui, je sais, il est toujours délicat de dénombrer les locuteurs d'une langue, même sans compter les locuteurs secondaires.
  • Oui, je suis bien consciente que pour participer à Wikipédia il faut une certaine maîtrise des outils informatiques et surtout un accès à Internet.
C'est bon? On peut commencer?


La première chose qu'on remarque devant cette page, c'est qu'elle n'a superficiellement rien de remarquable : LV1 : anglais, LV2: allemand, et puis bien sûr, un quart de million d'articles en français, youpi tralala, cocorico.
La suite est plus surprenante : la version polonaise? suédoise? et puis pourquoi la version espagnole est-elle si discrète?


Langue

Nombre d'articles Wikipédia

Nombre de locuteurs (millions)

Rang

(nombre de locuteurs)

Rapport articles/M. de locuteurs

= productivité globale

Anglais

1 064 000

450

1

2 364

Allemand

380 000

120

6

3 167

Français

266 000

285

3

933

Polonais

225 000

55

8

4 091

Japonais

199 000

127

5

1 567

Néerlandais

163 000

28

9

5 821

Suédois

150 000

9

10

16 667

Italien

149 000

70

7

2 129

Portugais

125 000

210

4

595

Espagnol

107 000

330

2

324


Le premier facteur à prendre en compte, c'est la taille de la population parlant une langue donnée.
Parce qu'après tout, on ne peut pas attendre de la population basque qu'elle réussisse à construire une version aussi vite que la communauté anglophone!
Basé là-dessus, on attendrait un podium du genre
1 Chinois, 2 Espagnol 3 Hindi 4 Anglais,
mais d'autres contingences s'imposent : les Chinois ont peu accès au net, et de façon très contrôlée, tandis que les hindophones sont plus susceptiles de participer à la version anglaise de Wikipédia...

Calculons donc un petit rapport qui donne le nombre d'articles en une langue par le nombre de (millions de) ses locuteurs (source : Wikipedia. 2000).
Appellons le "Productivité globale" et voyons comment les dix langues prises en compte s'en sortent :

Langue Productivité globale
(rang)
Suédois 1
Néerlandais 2
Polonais 3
Allemand 4
Anglais 5
Italien 6
Japonais 7
Français 8
Portugais 9
Espagnol 10

Le résultat est éloquent : le suédois, puis le  néerlandais et le polonais trônent loin devant les langues anglo-saxonnes (allemand et anglais), le japonais et surtout les langues latines. Le bonnet d'âne revient à l'espagnol, de façon sans doute biaisée par le fait que les habitants des pays sud-américains hispanophones sont en moyenne moins connectés au net que, par exemple, les Italiens (c'est une estimation à la louche, tombez-moi dessus si ça vous paraît un préjugé infondé).

Mais on peut essayer d'affiner cette première approche, en utilisant les statistiques  aimablement fournies par Wikipédia : on dispose, pour chaque version, du nombre de contributeurs, voire d'indices d'activité.
Je me suis basée sur les chiffres de novembre 2005, les plus récents à être disponible pour toutes les langues concernées. Voici les résultats :

Langue Nombre de contributeurs articles/contributeur
= productivité individuelle
contributeurs/ million locuteurs
= implication
Anglais 48 877 22 109
Allemand 18 344 21 153
Français 6 152 43 22
Polonais 2 444 92 44
Japonais 4 317 46 34
Néerlandais 2 505 65 89
Suédois 1 331 113 148
Italien 1 959 76 28
Portugais 1 503 83 7
Espagnol 2 881 37 9

On a donc gagné l'insigne privilège de calculer deux nouveaux rapports :
- le premier qui  évalue le nombre moyen d'articles par contributeur (productivité individuelle)
- et l'autre la proportion de contributeurs à Wikipédia dans la population en ppm, ce que j'appelle hardiment l'implication, à défaut d'une meilleure idée.

 Et bien sûr, le podium :


Langue Productivité
individuelle (rang)

Langue Implication
(rang)
Suédois 1
Allemand 1
Polonais 2
Suédois 2
Portugais 3
Anglais 3
Italien 4
Néerlandais 4
Néerlandais 5
Polonais 5
Japonais 6
Japonais 6
Français 7
Italien 7
Espagnol 8
Français 8
Anglais 9
Espagnol 9
Allemand 10
Portugais 10

Lorsque les deux rapports sont liés, on peut conclure à une population dingue de Wikipédia, avec une forte proportion de la population qui participe beaucoup, comme chez les Suédois.
Au contraire, quand les deux indicateurs ne se suivent pas, on a des situations plus contrastées : les locuteurs allemands sont très nombreux à participer à Wikipédia, mais  chacun d'entre eux ne fout, il faut bien le dire, pas grand'chose.

Et pour les coqs de clocher, j'ajouterai, chers compatriotes et camarades francophones, que la langue française est 7e en productivité individuelle et seulement 8e en implication...

Allez hop, au boulot!!
Repost 0
Published by Abie - dans Wikipédies
commenter cet article
13 mai 2005 5 13 /05 /mai /2005 00:00

Ode à Wikipédia

Venant tout juste de finir de corriger
L'orthographe de mes écrits du mois de mai,
D'un décompte rapide je mets enfin le doigt
Sur le rôle capital qu'y joue Wikipédia.

En moins d'une dizaine d'articles, j'ai cité
Pas moins de trente-cinq fois une de ses entrées.
Je me dois de lui rendre une sorte d'hommage,
En expliquant pourquoi j'apprécie tant ses pages.

Par où commencer? Certes, elles sont fort nombreuses
(cent mille en français et le quintuple en angliche),
Complètes, illustrées, reliées, en un mot riches.
Mais ce n'est pas ce qui les rend si fabuleuses.

Car Wikipédia est surtout, par mission,
Libre de droit, gratuite, toujours en expansion,
Mais stable cependant, et facile d'accès.
Chacun y participe, c'est la clé du succès!



Tout est dit, ou presque : une encyclopédie en wiki, c'est à dire en collaboration, à laquelle chacun peut participer. Un article vous paraît briller par son absence, ou par son incomplétude? Modifiez-le, et cela profitera à tous!

Basée sur le principe que "personne ne sait tout,mais tout le monde sait quelquechose", elle a connu en quatre ans un développement phénoménal : 200 langues sont représentées, dont une trentaine avec un corpus respectable.

Elle répond au problème de l'obsolesence des liens (qui rend beaucoup de pages ouèbe caduques en quelques mois) en présentant des adresses simples et stables pour chaque article, de la forme http://[code de la langue].wikipedia.org/wiki/[Entrée]/.

Ce choix est très apprécié des utilisateurs, et des voix commencent à s'élever (*) pour qu'il soit repris par d'autres structures de références, comme le Trésor de la langue française informatisé, mon amour.
Pour pousser la logique à l'extrême, on peut même imaginer lier vers des articles non encore écrits (Bidule), en faisant confiance à l'expansion des entrées...

Son succès est à mettre en parallèle avec celui de la licence GNU, et ne devrait pas se démentir, à mesure que l'augmentation des utilisateurs lui apporte de nouveaux rédacteurs.

Mais me direz-vous, comment faire confiance à une structure anarchique (étymologiquement, sans autorité), où n'importe qui peut aller raconter des idioties?
Bien sûr, rien ne m'empêche d'aller modifier une page traitant de physique théorique pour y expliquer que le monde a la forme d'un doghnut...
Mais les rédacteurs de ladite page, ou tout simplement des physiciens amateurs passant par là, vont immédiatement se rendre compte du problème. Et -c'est là tout la force du wiki- ils n'auront pas besoin de réécrire (tâche fastidieuse s'il en est) les données pertinentes, mais simplement de récupérer la version précédente de la page, gardée en mémoire par le site.
Anarchie, donc, mais pas anomie. Elle est pas belle, la vie? Moi, ça m'émeut...

Pour participer, le plus simple est de consulter la page d'accueil de la communauté des rédacteurs, pour voir un peu de quoi il en retourne.
Et si vous souhaitez vraiment soutenir le projet, vous pouvez contribuer financièrement aux coûts (énormes) de serveurs et de bande passante.

Pour conclure, ajoutons que Wikipédia propose aussi des choses amusantes, comme :

  • Ce lien vers une page tirée au hasard parmi tout le Wikipédia français : ça passe le temps à une vitesse folle!
  • Une glorieuse Liste des listes, qui ne manqueront pas de fasciner tout ceux pour qui un dictionnaire est un puits sans fond d'émerveillement. (En général, ils se reconnaissent à douze ans par l'épaisseur des verres de lunettes et la capacité de trouver le CDI les yeux fermés. Je sais, j'en étais...)
  • Et puis, aussi, parce que l'erreur est humaine, un bêtisier...


(*) D'ailleurs, pendant que vous y êtes, lisez l'intégralité de ce blog Technologies du language, c'est un ordre!
Jean Véronis fait exactement le blog que j'aurais rêvé d'écrire, je ne suis pas encore remise de cette découverte...


Petite note auto-référencielle : cette note contient vingt liens vers Wikipédia...
Repost 0

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao