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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 05:59
Coucou les loupiots!

Bannière ask a biologistJuste un petit mot en vitesse pour vous transmettre  quelques liens que je suis vraiment ravie d'avoir dénichés :
Pour commencer il y a Ask a biologist, un site anglais qui essaye propose de répondre aux questions posées, lesquelles sont très variées, depuis la fossilisation des yeux de trilobites

(Saviez-vous que chaque lentille de leurs yeux est constituée, non pas d'un cristallin protéique, mais d'un seul cristal de calcite? Pour compenser, ils peuvent en avoir jusqu'à cinq cents...) jusqu'aux
pattes des oiseaux en passant par la signification climatique des biomes et de leurs variations.
Le site est encore tout neuf, et je me demande si leur faire de la pub dès le début est un service à leur rendre (s'ils sont submergés de questions ils risquent de se décourager), mais c'est une initiative très intéressante.
Si certains d'entre vous, dignes lecteurs, ont entendu parler d'un équivalent francophone, je suis toute ouïe...
(Via Pharyngula, as always)

Sur un sujet plus précis, Darwin Central se consacre, comme son nom l'indique, à la vaste et complexe théorie de l'évolution.
Son blog est intéressant parce que les auteurs sont des scientifiques qui se décrivent comme politiquement conservateurs. Ils se donnent entre autre du mal pour expliquer que la science n'est pas une valeur spécifiquement de gauche.
Quoi que je ne sois pas de leur rang, je ne peux qu'être d'accord avec cette démarche, surtout dans le contexte particulièrement inquiétant de la Republican War on Science.
 
Enfin, last but not least, un site absolument fabuleux : Wiley Interscience propose une foultitude d'articles, de reviews et de livres en ligne sur un grande variété de sujets scientifiques (pas seulement la biologie), en accès libre et gratuit.
Elle est pas belle la vie?
J'ai découvert tout ça en cherchant des références sur la sexualité des ornithorynques. Comme quoi, pas de doute : the Internet is for porn...

Toutes mes excuses aux non anglophones pour cet article...
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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 22:23
Je sais que le titre de cet article peut passer pour étrange, mais si tout va bien son sens devraists'éclaircir à la lecture.

Comme vous le savez peut-être, cette semaine sort au cinéma le nouveau film de l'auteur de Kirikou et la sorcière, Michel Ocelot (lequel se ressemble fort peu, mais c'est une autre histoire).
Ce film s'appelle Azur et Asmar, et raconte ( je cite Allociné) l'histoire de deux frères de lait

Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice.

Donc acte :

Bien sûr, la vraisemblance veut que Azur le blond et Asmar le brun ne puissent être que frères de lait c'est-à-dire sans lien de sang. Et pourtant...
Tout le monde sait que les frères ne sont pas le moins du monde forcés de se ressembler, mais les choses deviennent plus compliquées dans la tête des gens quand on se met à leur parler de jumeaux. La notions de "faux jumeaux" (hétérozygotes) reste quelquechose de très vague  qui est étrangement liée à celle des couple gémellaire frère-soeur (1).
C'est négliger un peu vite que deux jumeaux du même sexe peuvent très bien être différents. Voire très différents, pourvu que le hasard ait mélangé en ce sens  les milliers de combinaisons possibles entre les allèles parentaux...

Il y en a eu récemment deux exemples frappants aux Zétazunis, dûment recensés par les blogueurs scientifiques.
De la vanille pour les p'tites filles :


et du chocolat pour les p'tits gars :


Les deux articles correspondants (cliquons, cliquons...) sont fort intéressants, (mais en anglais), et je les recommande pour ceux que les notions de locus (~gène -- je serai torturée sans pitié par la guilde secrète des généticiens pour cette approximation, mais bon...--), d'allèle (= version d'un gène), et de combinatoire n'effraient pas...

La modélisation un peu hussarde mais fort parlante permet par exemple de calculer la probabilité d'un tel événement : quelquepart entre une chance sur 8000 et une chance sur 125 000.
Comme quoi, pour improbable que ce genre de grossesse noire-et-blanche (pie, en quelque sorte...) puisse sembler, elle a bien plus qu'une chance sur un million de se produire!
Notons toutefois, comme l'auteur de l'article, que cela vaut for large values of "black"....(2)

C'est tout pour ce soir : c'est que j'ai des obligations familiales, moi!
(Oui, mon oreiller est mon fils adoptif).



(1)
Et encore.
Moi-même affligée d'un frère jumeau chronique, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu après cette annonce "Ah! Et vous êtes vrais jumeaux ou pas?".
J'évite de répondre "Est-ce que j'ai l'air d'un frère jumeau, idiot?", mais de justesse, et c'est bien parce que je suis urbaine et policée.

(2) C'est-à-dire : dans un continuum de tonalité du blanc de neige jusqu'au noir d'ébène, la limite entre blanc et noir n'est pas à 50%, mais plutôt à dix pourcents : il suffit de ne pas être tout à fait blanc pour être considéré comme "noir" dans le cas qui nous occupe.
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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 14:46
Bouphonia est un blog (en anglais) que je lis régulièrement, et que j'ai même cité à plusieurs reprises.
Mais en plus d'être intéressant, il possède une particularité que je crois unique dans le pourtant vaste monde des blogs : Le Friday Nudibranch Blogging, ce qui pourrait se traduire par  "l'article du vendredi sur les Nudibranches".

Vous ne savez pas ce que  c'est ? Pas grave.
Vous n'en avez pas besoin pour apprécier l'immense beauté de ces photos : un carnaval de délicatesse intensément colorée, une ode à l'étrangeté...

Je vous ai regroupé les articles par genre : allez y lentement, prenez votre temps, savourez... (ou allez tout de suite à la fin de l'article, il y a des films ;p)
L'harmonie du monde est toujours insoupçonnée.

Halgerda

Hypselodoris

Eubranchus

Ceratosoma
Ceratosoma tenue  1, 2
Ceratosoma trilobatum. 1, 2
Ceratosoma magnifica 1, 2
Ceratosoma alleni
Ceratosoma sinuatum
Ceratosoma gracillimum
Ceratosoma amoenum

Bornella 
Bornella stellifer 1, 2

Chromodoris

Polycera

Glossodoris

Nembrotha

Autres genres


Nudibranches non identifiés
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,
11, 12 ,13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20,
21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30,
31, 32

En mouvement!
 
Taille relative
Vous vous demandez peut-être comment on a pu vous laisserr ignorer si longtemps ces merveilleux monstres colorés qui recouvrent le fond des océans... Une des réponses est que les nudibranches ne sont guère colorés sur nos froides côtes, mais une autre est tout simplement leur taille !
Voici donc pour conclure une belle démonstration d'échelle

Vous êtes arrivés jusqu'ici ? Mes féléicitations, vous avez gagné le droit de voter pour élire la Miss Nudibranch : laquelle de ces incroyables photos avez-vous préféré ?

En vous priant d'accepter, Madame Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs... à plus tard!
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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 00:00
Je ne sais pas si vous avez vu le film Freaks (La Monstrueuse Parade).
Non ? C'est bien dommage, il est terrible (à tous les sens du terme d'ailleurs) et vous allez voir qu'il a un rapport avec ce dont je veux vous parler...

Comme d'habitude, tout a commencé sur Pharyngula où nous est soumise une bien étrange photo : chez un papillon les ailes de devant sont assez souvent différentes des ailes de derrière, mais est fort rare d'observer une différence entre la moitié droite et la moitié gauche...

gynandromorphie

Et le web a ceci de formidable qu'une fois la question correctement formulée, la réponse n'est jamais bien loin : ce type de configuration, quoique peu courante est bien connue et expliquée en détails, et en anglais, sur ce site consacré aux Lépidoptères de Georgie. Eh oui.

Commençons par une photo plus lisible :

gynandromorphe, Speyeria diana

On voit que le papillon est bien séparé par le milieu : noir avec un peu de blanc à gauche, orange avec un peu de noir à droite. La séparation est même clairement visible au niveau de l'abdomen...
Mais ce qui est encore plus intéressant c'est de remarquer que les dessins ne sont pas du tout désorganisés, et correspondent bien à l'espèce (ici
Speyeria diana). Le seul problème est que l'une moitié a un motif mâle (orangé), et l'autre un motif femelle (sombre).
On s'enfonce dans le mystère me direz-vous!

Eh bien pas du tout : l'explication est à la portée  de n'importe qui.
Il est de notoriété publique que les chromosomes sexuels de l'espèce humaine sont XX (femme) ou XY (homme). Chez les Lépidoptères, pour faire parler les bavards, c'est exactement le contraire : le mâle est ZZ (ou ZZZ ou ZZZZ) et  la  femelle est ZW (ou Z tout court).  En première approximation, c'est donc le nombre de Z qui détermine le sexe .

L'autre donnée utile pour comprendre le phénomène est que, au tout premier commencement des choses, ô Mieux-aimée, un individu est d'abord une cellule unique, qui se divise pour en former deux. Une à gauche, une à droite (c'est le début de la symétrie bilatérale). Si tout va bien, les chromosomes préalablement dédoublés se répartissent également entre les deux cellules-filles : deux de chaque paire à gauche, deux de chaque paire à droite.

Je suis sûre que vous commencez à voir où je veux en venir...
Prenons un zygote (la Toute Première Cellule, ô  Mieux-aimée)  de sexe mâle. Si j'ai bien tout compris elle est donc  ZZ.
Elle duplique ses chromosomes, ce qui nous donne donc (plus fort au fond, je ne vous entend pas!) quatre Z :
(ZZ + ZZ)

Normalement, bien sûr , chaque cellule-fille est sensée se retrouver bien contente avec ses deux chromosomes Z bien à elle. Mais parfois la machine se grippe et l'on obtient:

(ZZ + ZZ)
|
/
(ZZZ) + (Z)

Ce qui nous donne une cellule à trois Z donc mâle, et une cellule à un seul Z donc femelle. Chacune va poursuivre son petit bonhomme de développement sans se soucier le moins du monde de sa voisine, et c'est ainsi qu'on arrive à de jolis monstres comme ceux illustrés plus haut, avec deux moitiés de sexe différent accolées dans le même organisme. Fascinant.

Reste à lui donner un nom grec pour faire joli : hermaphrodisme est déjà pris, alors on construit un mot pour l'occasion : c'est une "forme mâle-femelle".
forme => morphe
mâle => andro (comme androgène)
femelle => gyno (comme gynécologue ou misogyne)
Maintenant vous pouvez briller dans les salons à la mode en parlant de Gynandromorphie. Ne me remerciez pas, c'est tout naturel...

Et que ce passe-t-il lorsque les deux sexes n'ont pas la même taille? Une bien pauvre bête, ma foi...

Ah, et le rapport avec Freaks, dans tout ça?
C'est tout simplement que parmi les phénomènes de foire qui forment le cast de ce film unique en son genre, entre l'homme-tronc, les siamoises, le nain et la femme à barbe, il y a le personnage de Joséphine-Joseph, qui se présente comme mi-femme
mi-homme, avec les problèmes amoureux qu'on peut imaginer.



Ici, je ne sais pas si le mécanisme décrit plus haut peut s'appliquer : une mauvaise séparation des chromosomes d'un embryon féminin donnerait
(XX+XX) =>  (XXX) + (X)
C'est à dire pour moitié un syndrome du Triple X et pour moitié un syndrome de Turner, qui correspondent tous les deux à un phénotype féminin, sans puberté pour le second, pour cause d'absence d'hormones féminines. Au premier abord ceci pourrait expliquer une asymétrie des seins, mais en fait la circulation sanguine commune devrait compenser le déséquilibre hormonal.

Je penche donc plutôt pour un cas d'asymétrie mammaire, voire d'aplasie complète d'une des glandes mammaires (côté "homme") aux causes possibles aussi mutiples que mal connues. Je suppose que cette asymétrie, quoique superficielle, ait pu suffire à construire un numéro de chimère gynandromorphe avec moult maquillage de circonstance.

Si un de mes lecteurs a une formation médicale, je serais toutefois ravie d'avoir un avis plus autorisé que le mien sur la question!
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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 00:00
L'histoire naturelle, qui est par définition une science d'observation, s'est toujours beaucoup intéressée à la représentation du monde en général : il n'y a qu'à voir les planches de flore (la Grande Bonnier par exemple), ou les écorchés en position de laboureur pour s'en convaincre...

Comme disait le poète :


Ecorché de Juan de Valverde
Dans les planches d'anatomie
qui traînent sur ces quais poudreux
Où maint livre cadavéreux
Dort comme une antique momie,

Dessins auxquels la gravité
Et le savoir d'un vieil artiste,
Bien que le sujet en soit triste,
Ont communiqué la Beauté,

On voit, ce qui rend plus complètes
Ces mystérieuses horreurs,
Bêchant comme des laboureurs,
Des Ecorchés et des Squelettes.


Juste histoire de dire, donc que la science naturelle (j'y ajoute l'art médical pour faire bonne mesure) a toujours été liée à l'art, au moins pictural. Mais pas seulement !

A votre avis, comment les médecins pouvaient-il transmettre leur connaissances avant que l'impression bon marché et la photographie leur en fournisse un moyen trivial ?

Certes, il y a la possibilité le la peinture, ce qui est fort long, ou encore du moulage comme ceux de l'Hôpital Saint-Louis, mais pas plus que la sculpture classique, ce système ne permet de rendre assez finement les relations entre les différents organes (les poumons seront toujours cachés par les côtes, etc.)

Alors, quoi?

Je vous laisse y réfléchir un peu et je reviens sous peu..

(A suivre). (Peut être pas finalement)
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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 00:30
Par ordre à peu près chronologique de relevage sur le net, une petite tournée de l'actualité biologique :

Ook?

L'hybride homard-orang-outan (ou pas) découvert par l'Ifremer (des français parfaitement, môôssieur!) a maintenant un nom. Cet étrange crustacé poilu et albinos des oasis abyssales s'appelle
Kiwa hirsuta.
Dit comme ça, c'est déjà funky, mais le nom français vaut son pesant de cacahuètes : la bébête à votre droite, qui rappelle étrangement un acarien géant, s'appelle une Galathée yéti...

Un nouveau "fossile vivant"!

Le terme est un oxymore de belle taille et semble plus adapté au contexte de l'insulte (Papa, t'es rien qu'un fossile vivant!) qu'à celui de la démarche scientifique. Expliquons-nous donc : on connaît des groupes d'animaux longtemps pensés exclusivement fossiles, l'exemple classique en étant les ammonites, céphalopodes à la coquille enroulée.
Pendant longtemps, donc , on les croit complètement éteints, et puis on tombe sur le Nautile, cousin tout ce qu'il y a de plus vivant quoique discret. Poum paf crack, il se retrouve baptisé "fossile vivant".
On retrouve sous ce terme idiot, outre notre nautile cher aux amateurs du nombre d'or, le coelacanthe, le métaséquoia,  et quelques autres.
Les anglophones font même une différence entre  les fossiles vivants au sens large (espèce actuelle sans famille proche, issue d'un groupe fossile important, comme le Gingko) et les "Lazarus species" c'est-à-dire les espèces Lazare, ou revenues d'entre les morts...
La nouvelle qui vous vaut cette explication, c'est qu'une espèce de rongeur atypique a été identifiée au Laos sous le doux nom de Diatomyidae, plus familièrement rat-écureuil : comme souvent (*), il n'est ni rat ni écureuil, mais membre d'un taxon bien connu et qu'on croyait jusque-là éteint.
Émouvante runion de famille après 11 millions d'années d'absence...
(Image Associated Press)

(*) Quelques exemples au hasard : le rat-taupe, ni rat, ni taupe, la chauve-souris et sûrement plein d'autres qui m'échappent présentement.

Epidémiologie et craintes pandémiques

Un bon article du Monde sur la question intitulé Les virus, champions hors norme de la mondialisation.

Une révolution en bio moléculaire?

Il y a environ un an, j'avais lu sur Slashdot (oui, bon, ça va, c'est pas charitable de se moquer) une brève au sujet d'une toute nouvelle entreprise qui annonçait une revolution de la PCR . Pour les néophytes : il s'agit de la Polymerase Chain Reaction, la manip' moléculaire effectuée en permanence pour amplifier l'ADN par tous les labos de génétique et beaucoup des autres.
Ils promettaient un support beaucoup plus portable (au lieu de la machine grosse comme un four micro-ondes utilisée pour le moment) et qui effectuerait les amplification d'ADN en quelques minutes au lieu de quelques heures. Sur le moment je me suis dit que c'était trop beau pour être vrai, et que je n'avais pas remarqué de procession de remerciement à la Sainte-Vierge dans les rues de Paris menée par les thésards en génèt', et qu'il y avait donc sans doute baleine sous coquillage, voir diplodocus sous gravier.
Le  manque d'articles sur la question (en dehors de celui cité par la brève) et le statut "en travaux" du site de la société m'avaient confortée dans mon scepticisme : on n'y trouvait guère que le communiqué de presse.
Mais il semblerait que j'aie péché par thomasisme, cynisme et suspicion imméritée, puisque mon dernier check-up de la situation  (oui, je ne lâche pas un mystère facilement...) montre que le site de Thermal Gradient s'est nettement étoffé.
Ils se présentent, s'expliquent et proposent même une jolie animation pour monter le principe de leur invention, qui utilise de façon ingénieuse les techniques de microflux mises au point pour d'autres objectifs. A vue de nez, ça a l'air de rentrer dans la (glorieuse) catégorie de l'oeuf de Colomb : c'est simple mais il fallait y penser.
J'attend avec curiosité de voir ce que donnera l'application pratique (rapport gain de temps/ spectre d'application/taux d'erreur/ prix), et je pense que je suis loin d'être la seule, le 
but annoncé étant de produire des tests en kit tout simples du type test de grossesse, qui pourraient être utilisés par un généraliste pour diagnostiquer telle ou telle infection (d'après l'article de Medical News today).
Pour l'instant ils annoncent le chiffre de 30 cycles en 5 minutes. Mighty cool, heh?

Jardins de Petri

Quand j'ai vu l'image ci-contre (via Pharyngula), tout ce que j'ai pu penser c'est "It's a thing o' beauty, boss..." parce que j'aime faire des citations obscures.
Non, ce n'est pas plus un flocon de neige qu'une fleur séchée : ce sont des bactéries qui se sont multipliées à partir du centre de la boîte de Pétri, et l'image vient d'un merveilleux site sur la croissance bactérienne sous stress environnemental

Outre le flocon, notre modèle "bactérie décorative" est aussi disponible en version feux d'artifice, et en version chirale avec ses jolies spirales.
Le nom de l'artiste? Oh, vous n'allez pas connaître : c'est Bacillus subtilis 168.
Merci pour lui.

Le maillon fort

Pour conclure, je voudrait célébrer l'arrivée d'un nouveau-venu au beau pays des fossiles transitionnels : vous savez, ces formes étranges et intermédiaires entre des plans d'organisation actuels, comme l'Archéoptéryx ou, d'ailleurs, le coelacanthe, ceux-là même qui, vous diront les créationnistes, n'existent pas.
On est toujours plus ou moins consciemment à la rechercher de l'introuvable chaînon manquant : on en trouve un entre A et B, et il ne nous reste plusqu'à chercher l'intermédiaire entre lui et A et lui et B. Il y a un paradoxe de Zénon dans le coin, cherchez bien...
Vous serez donc ravi d'apprendre l'arrivée, entre Panderictys et Ancanthostega, de Tiktaalik et sa superbe ceinture scapulaire, avec de faux airs batraciens et des nageoires bien en chair, pas comme ces vulgaires Téléostéens.
L'étude de l'exaptation est un bonheur toujours renouvelé, et certains n'ont pas hésité à laisser déborder leur enthousiasme, comme en témoigne l'illustration fournie (d'un certain ray Troll)...allons, pas de timidité, embrace your inner fish!

C'est tout pour cette fois!
Je me rend bien compte que j'aurais pu faire quatre ou cinq posts distincts, mais que voulez vous, j'aime garder une thématique.
Et si vous avez le coeur vraiment bien accroché, demandez à ce que je vous parle des hyènes, sur lesquelles j'en ai récemment appris de belles.
Enfin, de moches.



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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 00:00
Oh my god...

La course aux armements, je connaissais.
les conflits d'intérêt entre les sexes est une notion qui m'est familière (je parle de biologie, hein...) : sans même parler des différences d'investissement reproductif, de nombreuses espèces montrent des stratégies élaborées pour biaiser le système, par exemple des mâles se débrouillant pour empêcher des copulations ultérieures (bouchons spermatiques, etc).

Mais je ne m'attendais pas à une démonstration aussi magistrale :

Drosophila seminal fluid has the property of reducing the female's interest in remating, increasing her rate of egg-laying, and is also mildly toxic. Artificial selection in the lab can produce females that are resistant to the effects, and males that produce more and more potent semen to overcome their resistance, to the point where the line of "super potent" males, when crossed to unselected females, kill their partners with their ejaculations. There is literally a battle of the sexes in these species.

Le liquide séminal de Drosophila (la mouche du vinaigre, mascotte des généticiens) a la propriété de réduire l'intérêt de la femelle pour l'accouplement, d'augmenter son rythme de ponte et est aussi légèrement toxique.
La sélection articficielle en labo permet de produire des femelles résistantes à ces effets, et des mâles qui produisent de la semence de plus en plus puissante pour surmonter cette résistance, au point que quand la lignée de mâles "surpuissants" est croisée avec des femelles non sélectionnées, elles sont tuées par leurs éjaculations. C'est littéralement la guerre des sexes dans ces espèces.

Quel dommage que je n'en ai pas entendu parlé avant, ça m'aurait fait un bon post pour la Saint-Valentin...

Encore et toujours via Pharyngula

Rice WR (2000) Dangerous Liaisons. Proc. Nat. Acad. Sci. USA 97(24):12953-12955.

Rice WR (1996) Sexually antagonistic male adaptation triggered by experimental arrest of female evolution. Nature 381(6579):189-90.


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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 20:39
Je ne sais pas s'il y a dans mon lectorat des gens qui s'intéressent à la biologie, ou même des biologistes, mais comme vous avez commis l'erreur de ne pas protester quand j'en parlais un peu, je continue.
Attention, ça dépote...

O Non seulement les moisissures plus ou moins visqueuses et radioactives  font le siège de nos salles de bain, mais en plus, elles sont en train d'apperendre à contrôler des... robots!!
Non, non, je ne déconne pas, et j'exagère à peine : le New Scientist titre Les peurs d'une moisissure déplacent un robot (en anglais, via Pharyngula).

O Les réarrangements chromosomiques sont un sujet passionnant, une des clés de la compréhension de certains mécanismes d'évolution et de spéciation. On peut citer le cas des réarrangements entre le cheval domestique et le cheval de Prjevalsky : l'un des chromosomes de Equus caballus est issu de la fusion de deux chromoseomes de E. prjevalskii, faisant passer le caryotype de 48 à 46 chromosomes.
Evidemment, la transition n'est pas forcément de tout repos, et c'est quelque chose qui ne se voit pas tous les jours. D'où l'intérêt de cet exemple de réarrangement chromosomique massif  chez l'homme (ou plutôt, en l'occurence, la femme). Je suis bluffée qu'elle ait réussi à se reproduire : la méiose a dû être sportive...
(toujours en anglais, toujours chez Pharyngula).

O Et pour ceux  qui s'intéressent à la zoologie des invertébrés voici  une très jolie exposition de planches zoologiques anciennes, qui sont l'oeuvre de
Rudolf Leuckart, un des plus grand zoologiste du dix-neuvième siècle.
Ces gr
andes images, soigneusement dessinées, couvrent à peu près tous les clades connus à l'époque, et bien plus que ce qu'on demande de savoir au biologiste moyen de nos jours ma bonne dame.
Les gracieuses créatures que vous voyez à droite sont de la famille des méduses et des coraux...
Et quand on pense aux microscopes qu'ils avaient à l'époque (à la bougie, bordel !), on se dit qu'il avait bien du mérite, d'autant qu'il a à peu près fondé la discipline de parasitologie, comme ça, en passant, pendant son temps libre.

On trouve même un petit peu  de développement d'Amphioxus, quelques images d'alevin, et une indémodable gastrulation de grenouille. Pour un peu, je serais émue...

Je dois ce joli lien au blog anglophone Bouphonia, qui se définit comme : An Intermittent Trickle of Blandiloquent Suasion and Recondite Opacity. Rien que ça.

Voilà, c'est fini pour aujourd'hui, protestez si vous ne voulez pas que cela se reproduise!


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22 février 2006 3 22 /02 /février /2006 00:00
Entendu ce mardi, vers 13h45, sur France-Infos, au sujet des procédures de ramassage des oiseaux morts à Marseille :

Les oiseaux forment l'espèce la plus importante de la ville...

Un petit rappel semble donc nécessaire pour les têtes de linotte : les Oiseaux sont une classe, qui contient trois sous-classes, deux super-ordres, une trentaine d'ordres et un petit millier d'espèces!
Le proférateur de cette énormité aurait-il réussi à croiser une pie et un cygne ou un canard avec un pigeon?

(Image : Wikicommons)

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 00:00
J'ai toujours des scrupules à mettre des liens directs lorsqu'il s'agit de pages en anglais : j'ai quelques fidèles lecteurs fâchés avec Shakespeare, et il me semblerait peu urbain de ne pas en tenir compte.
D'un autre côté, la traduction à la chaîne n'est pas une option possible. Reste le résumé : les gens intéressés pourrons toujours aller creuser, et même les angloallergique en tireront peut-être plus s'ils ont déjà l'idée générale...
Ca a marché pour l'article sur les Zubbles, voici donc le tour d'un classement (très à la mode fin décembre-début janvier) qui ne concerne pour une fois aucun chanteur, aucun footballeur, aucun Bill Gates et aucun Abbé Pierre.

En direct de Popular Science (site amériain), voici :


En partant des plus bas classements :
10e rang : Collecteur d'urine d'Orang-Outang
Ou "Etude non invasive des taux de stéroïdes par échantillonnage urinaire". Plus facile à dire qu'à faire...

9e rang : Ballerine pour la NASA
Ou plus précisément : danser avec un robot pourvu d'un revêtement censé capter les mouvements des humains autour de lui...
La vidéo de ce pas de deux  gagne en intérêt du fait de la forme disons.. suggestive du prototype.

8e rang : Bonne volonté
Il y a de généreux mécènes qui payent pour accompagner des scientifiques.
A Hawai, on comprendrait. Dans la steppe sibérienne pour étudier le permafrost en essayant de garder quelques gouttes de sang malgré les moustiques, moins.

7e rang : Laveur de sperme.
Il faut bien le préparer à la congélation, dans les banques de don.

6e rang : Vulcanologue
Lave, cailloux qui volent, gaz toxiques à très haute température.Vous voulez un dessin?

5e rang : Spécialiste du nucléaire militaire
Ils ont maîtrisé la fusion. Etape suivante : le classement des dossiers.
La paranoia du FBI sur le sujet leur rend apparemment la vie impossible.

4e rang : Excavateur d'extrémophile
On appelle extrémophiles les espèces de bactéries capables de survivre dans des milieux assez brutalement hostiles.
Par exemple, daans des boues putrides saturées en arsenic. Et devinez qui va les y chercher?

Passons au podium :

3e rang : Professeur de biologie au Texas
Si vous ne voyez pas de quoi on parle, je vous renvoie à une de mes diatribes et à environ 50% du contenu (anglophobe) de Pharyngula.

2e rang : Examinateur de fumier
Le fumier est utilisé comme engrais mais c'est aussi la source principale des bactéries qui refilent des saloperies par la nourriture.
Au mieux une bonne gastro, au pire une intoxication alimentaire brutale dans le genre de celle qui a condamné à la dialyse à vie une demi-douzaine de gosses qui avaient mangé des steacks hachés contaminés il y a quelques mois. D'où, centre d'étude.
Mais d'après le directeur, ce qui y sent le plus mauvais, ce sont finalement les contorsions administratives pour avoir des subventions...

Et le grand vainqueur :
1er rang : Cobaye humain
Hé oui, des étudiants désargentés se font payer 15 dollars de l'heure pour se faire vaporiser dans le nez et les yeux des gaz de combat reconvertis en pesticides



Alors, des vocations?
On est bien d'accord que tout cela compare des choses non comparables (la danseuse ne fait pas des entrechats avec le robot 8 heures par jour...) mais ça donne une assez bonne idée des critères utilisés : les excrétions et les sécrétions restent des grands classiques, de même que les jobs qui puent au sens strict du terme.
D'aucuns argueront que cette liste est très américano-centrée (en particulier la biologie au Texas, ou les chercheurs en physique nucléaire).  Peut-être aurez-vous des idées pour franciser le classement...
Ayons tout de même une pensée émue pour tous les Disciplus simplex, qu'ils soient scientifiques de terrain ou chair à paillasse,qui se dévouent âme (et, malheureusement, parfois corps, voir ici et) pour faire avancer la science de par le vaste monde.

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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao