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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 21:59

Je ne sais pas si vous regardez The Big Bang Theory aussi fidèlement que mon cercle amical, mais si c'est le cas, vous avez sûrement entendu Sheldon exposer tout son mépris pour le travail de son colocataire. Et l'insulte suprême pour exprimer cela, c'est "derivative".

Par ailleurs, je viens de lire cet article sur le blog de neurosciences du Scientific American, où l'auteur parle de sa déception à la lecture d'un papier pas aussi interressant qu'attendu :


To be clear (...), I do not think this study is BAD. It’s small and incremental.

Pour parler clairement, je n'ai pas trouvé cette étude mauvaise, mais petite et "incrémentielle".

 

« Petite et incrémentielle », c'est-à-dire une étude qui apporte peu d'information, et surtout une information pas très étonnante, qui n'ajoute que peu de chose à la somme des connaissances.

Arrêtez-moi si vous pensez que je surinterprète, mais il me semble que ça reflète assez bien les différences entre les deux champs disciplinaires. Avoir des résultats dérivative, cela signifie étudier l'application particulière à un sous-cas qui n'intéresse personne d'un(e) théorème/règle/idée/ général(e).

En biologie parler de recherche derivative n'aurait pas beaucoup de sens, étant donné que la biologie est dépourvue d'axiome fondateur (oui, on a déjà observé des corbeaux blancs). Le dogme central de la biologie lui-même, idée-force s'il en est, admet pléthore d'exceptions ponctuelles (transcriptases inverses, pour commencer). Etudier un corbeau de plus et conclure qu'il est noir, c'est toujours ça de pris pour la cause, mais ça ne déclenche pas un enthousiame délirant, alors que l'hypothèse d'un ADN à l'arsenic était autrement séduisante. Et fausse, aussi. La vie est pleine de déception.

 
Bien sûr, il y a beaucoup de critères pour décider que certaines recherches sont « de pointe » ou au contraire « d'arrière-garde » (encore une image pas forcément subtile), mais la différence de vocabulaire est à mons sens une illustration de la façon dont les scientifiques perçoivent leur discipline : top-down pour la physique (au moins théorique), bottom-up pour la biologie.

 

C'était le soliloque du soir, histoire de rappeler que ce blog, pour aimer dormir (c'est le mien après tout), n'en reste pas moins vivant.

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 19:58

Dans le style du Makura no sōshi (ou Pillow Book, pour mes co-amateurs d'Ewan McGregor), voici enfin la liste des éruptions cutanées infantiles : ça fait fort longtemps que je me demande ce que ma mère voulait dire quand elle parlait de « quatrième mal rouge ».


C'est au XIXe siècle qu'ont été étudiées 6 éruptions cutanées différentes qui apparaissaient chez les jeunes enfants. La rubéole scarlatiforme a été la quatrième de ces 6 maladies a être étudiée et nommée. Pour information, la première maladie est la rougeole, la deuxième maladie est la rubéole, la troisième maladie est la scarlatine, la cinquième maladie est le mégalérythème épidémique et la sixième maladie est la pseudo-rubéole ou exanthème subit ou critique ou fièvre de 3 jours des jeunes enfants ou roséole infantile.
Pour la description de cette quatrième maladie qui est une association de rubéole et de scarlatine, voir les définitions de ces deux maladies.

© Dolisi

 

Ceci dit, j'ai l'impression que Wikipédia donne un ordre différent, avec un échange entre scarlatine et rubéole :

1 : Rougeole  

2 : Scarlatine

3 : Rubéole

4 : Maladie de Dukes (ou rubéole scarlatiforme)

5 : Érythème infectieux aigu

6 : Roséole infantile

S'il y a un médecin dans l'avion, je veux bien une clarification.


Et malheureusement, la raison pour laquelle je me suis finalement mise en chasse de cette liste est que j'ai entendu les nouvelles d'enfants morts de la coqueluche pour cause de défaut délibéré de vaccination en Californie, un écho aux épidémies anglaises de rougeole dues aux scandaleuses allégations du Dr. Wakefield.

Le drame étant, bien sûr, que non seulement cela fait payer aux enfants les choix de leurs parents (très chrétien, remarquez : Deut 5:9), mais cela met aussi en danger les enfants trop jeunes ou trop malades pour être vaccinés, qui seraient normalement protégés par l'immunité de groupe. On peut donc ajouter à cette liste de choses dont les enfants se passeraient bien un numéro 7 : la stupidité criminelle.

 

 

Je vous assure que la prochaine fois que j'entend quelqu'un demander à quoi sert le vaccin contre la polio, puisque plus personne ne l'a, je vous jure que je m'énerve. Et s'ils y tiennent vraiment, je peux même ramener mon père : il l'a eu, lui, la polio.

Et si l'argument anecdotique de la gambette de mon papa ne suffit pas à vous convaincre, je vous invite à jeter un œil à ce décompte des cas, parfois fatals, de maladies qui auraient pu être évitées depuis le début de la panique les-vaccins-rendent-autistes : on en est à 617 morts (pour les seuls États-Unis).

 

La programmation de ce blog reprendra son niveau de légèreté usuel dès que la météo parisenne daignera nous concéder un temps ne serait-ce que vaguement printanier, merci de votre patience, et long live Ben Goldacre.

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 00:11

Ingrédients :

  • une belle journée d'été
  • un pointe de gourmandise
  • un banc près d'une allée passante

Munissez-vous d'une pâtisserie exagérément appétissante achetée au coin de la rue, ou chez Hédiard, à votre choix : permettez-moi de suggérer quelque chose de bien riche comme un opéra, un royal, ou une religieuse. Ça marche aussi, mais moins bien, avec les biscuits (comme les macarons) même très bons, parce qu'ils accrochent moins la lumière, voyez-vous.
Un bonus est prévu s'il y a des décorations à la crème.

Installez-vous innocemment sur votre banc vert pour faire dinette, et entreprenez de vous tartiner consciencieusement les doigts et le museau de chocolat (en évitant les yeux, parce que ça pique un peu).
Une fois les premières vagues de félicité gustative passées, prenez soudain conscience du fait que les joggers indifférents qui passent régulièrement vous lancent tous le même regard : quelque part entre la fascination, la stupeur et la douleur.
Constatez que les coups d'œil désespérés se poursuivent même après que vous ayvez sommairement décrassé votre museau et fait un effort pour manger proprement.

C'est à ce moment-là qu'on m'a rappelé un détail qui donnait la clé du manège : sécrétion picomolaire d'insuline.
C'était une anecdote d'une mienne prof qui avait une façon bien à elle d'expliquer les mécanismes physiologiques de régulation de la glycémie.
Elle nous avait exposé la difficulté de mettre en branle les mécanismes de lipolyse dans le cadre d'un régime, et la fragilité du processus : selon elle, un arrêt devant une vitrine de boulangerie, dans un accès de concupiscence gastronomique, suffisait à bloquer momentanément le mécanisme de réduction des graisses, et ce, même en faisant l'effort de volonté surhumain de ne pas acheter cette religieuse si délicieusement appétissante. Pourquoi ? Tout simplement parce que le cerveau, en présence d'un stimulus alimentaire1, a tendance à lancer le processus de digestion et en l'occurrence de stockage du sucre et des graisses censés bientôt entrer dans l'organisme, grâce à la sécrétion d'insuline...

En fouillant un peu j'ai même trouvé une étude qui mesurait la sécrétion d'insuline de sujets mis devant un plat, et dont la conclusion est :
Our study demonstrated a positive correlation between (1) the reflex insulin release, (2) body weight and (3) a conscious effort to maintain current body weight.

Donc non seulement ma gourmandise leur a fait envie sur un plan purement gustatif, mais j'ai bloqué leur perte de poids à hauteur de leur volonté de tenir leur régime. La vie est vraiment injuste.

Du terrorisme, vous dis-je !

 


1 : Ce n'est que l'un des nombreux facteurs, parmi lesquels on peut citer l'horaire (quand on a une vie bien réglée) ou des signaux mécaniques comme la mastication.

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 04:34
J'ai consacré il y a peu un article aux particularités anatomiques de l'œil humain, et je le concluai par une mentions des difficultés que j'avais rencontrées à identifier les articles scientifiques à l'origine des idées que j'avançai. J'ai fini par mettre la mains sur les références que je voulais (enfin, leur résumé), donc les voici, par ordre chronologique :

Leur comparaison entre les yeux des primates permet d'énumérer les caractéristiques originales de l'œil humain :
- la sclère est non pigmentée (ce que vous savez déjà). Cela lui fait perdre son efficacité de "camouflage".
- la sclère constitue un pourcentage important de la partie exposée de l'œil (je ne vous apprends pas grand'chose).
- la forme de l'œil est fortement étirée horizontalement (j'enfile des perles, un truc de fou).
Les auteurs proposent que cette forme, qui permet une grande liberté de mouvement horizontal du regard sans mouvement de tête, est une adaptation à un milieu ouvert.

Là où les petits singes s'appuient plus sur le mouvement de la tête pour déterminer la direction du regard d'un adulte (humain), les bébés humains suivent plus la direction des yeux.


Et pendant que j'y suis, une petite review sur le sujet du regard social
C'est un sujet qui est pas mal étudié avec un angle neurologique parce qu'il manque de façon notable chez les autistes. Il est apparement lié à l'amygdale (pas celles de la gorge) et au sulcus temporal supérieur.

Pour briser là, et parce qu'il est vraiment temps que je me couche, je voudrais lancer un appel : pour une raison qui m'échappe, l'image présentée sur la page ouikipedia du regard cooperatif est très mal choisie : pourquoi choisir ce pauvre specimen peu représentatif (sclère claire) alors qu'on pourrait choisir celui-ci pour illustrer la forte pigmentation en question ?
Et pas moyen de retrouver mon mot de passe. Je conjure donc la coimmunauté wikipédienne d'intervenir quand elle en trouvera le temps.

Et pour ceux de mes lecteurs qui ne sont ni wikipédiens fous, ni passionnés par l'idée de regarder les grands singes dans le blanc (ou noir) des yeux, je vous promets que je reprend sous peu mes photos de street art. Parce que les murs,
même lorsqu'ils ont la parole, sont moins indécrottablement bavards que moi...


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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 18:53
J'étais tranquillement occupée à gratouiller mon chat sous le menton en échange de ses service de chaufferette à giron. Je me laissais plonger dans ses beaux yeux mêlés de métal et d'agate1, quand tout d'un coup je me sens sournoisement agressée par une de ces grandes révélations existentielles : en fait les yeux d'un être humain, c'est hyper bizarre. Je ne fais pas référence au fait que notre rétine est clairement montée à l'envers, comme celle de tous les Vertébrés, mais à une caractéristique bien plus originale...
Avez-vous déjà essayé de regarder un animal dans le blanc des yeux ?
À moins qu'il ait été sur le point de vous arracher la figure à coup de dents ou de vous piétiner à coup de sabots, il est peu probable que vous ayez jamais vu beaucoup du blanc des yeux d'un chien, d'un chat ou d'un cheval. Et il n'y a pas que les animaux domestiques, ni que les mammifères : jetez donc un œil, justement...


Bien sûr, la question de la couleur est ici secondaire : pour parler de façon précise, il s'agit de la sclérotique, la partie de l'oeil qui n'est ni l'iris, ni la pupille. Certains chevaux par exemple, ont la sclérotique foncée, mais on ne la voit pas plus pour autant.
Tandis que chez l'Homme2 la sclérotique peut constituer jusqu'à une bonne moitié de la partie visible du globe oculaire. Est-ce si original ? Oui et non.
Nous ne sommes pas les seuls à exhiber nos sclérotiques. Mais quand on compare nos yeux à ceux d'autres primates, on constate que leur blancheur les rend bien plus visibles...

Regards de chimpanzé et d'humain
Les sclérotiques des autres grands singes ont, elles, tendance à être aussi foncées que l'iris, parfois même nettement plus. Conséquence directe : il est bien plus difficile de deviner où se porte leur regard...

Il y a donc même une hypothèse qui, en se basant sur ces données, ainsi que divers résultats expérimentaux3, propose l'idée que cet œil si facilement lisible soit lié  à l'imprtance de la coopération dans les sociétés humaines : c'est la théorie de l'œil coopératif (je n'invente rien).

Du coup, je me sens moins bête de m'être sortie de ma contemplation de la splendeur féline pour aller chercher des réponses sur le grand Internet : apparemment, je ne suis pas la seule à m'être posée la question !



1 : J'ai découvert il y a peu à mon grand étonnement que le mot agate ne vient pas du tout du grec
ἀγαθός (agathos : bon, pur), mais du nom d'un fleuve sicilien appelé Αχάτης (Achates). You live and learn.
2
: Ne vous gonflez pas d'importance, messieurs, la majuscule désigne l'espèce biologique, et non une distinction gagnées par vos prouesses personnelles.
3 : C'est vraiment *insupportable* ces articles qui parlent d'une "étude" en ne citant que le nom de l'organisme qui a émis la communiqué de presse (Institut Max Planck, ce qui est aussi précis que CNRS pour la France...), sans date, sans nom, sans référence d'équipe, sans titre de journal ou d'article.... Bon sang de dieu, sans aller jusqu'à  parler de déontologie journalistique, signalons que c'est en cinquième que j'ai appris à mes dépens qu'on citait toujours ses sources ! (Merci Monsieur Jamilloux.)


Edit 25 novembre 2009 : Par ici pour la suite et les références bibliographiques .
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 11:59
Parce que ça fait un ou deux ans que je me dis qu'il va me falloir faire cette liste. Quelle liste ?
La liste des badges que j'ai mérités d'après les Science Scouts (plus précisément de l'Ordre des scouts de la science à la réputation exemplaire et au physique avantageux)
.

Commençons par le commencement, et essayons de suivre un ordre chronologique :
Parler de science.
Souvent, à la moindre provocation voire spontanément, envers et contre tous les regards las, exaspérés ou inquiets des interlocuteurs.
Léchage de cailloux.
Le privilège de quiconque a fait au moins un TP de géol', et des archéologues de terrain (pour distinguer la pierre de l'os). Heureusement, seuls les sédimentologistes se sentent obliger de manger leurs argiles pour se faire une idée de la granulométrie sans attendre les résultats du labo.

La science du sexe.
Voilà longtemps que je n'ai pas sexé des vierges soir et week-end, mais ce genre d'expérience ne s'oublie pas.

Collecte de sperme.
Le badge est réservé à ceux qui savent l'effectuer pour au moins deux espèces animales, à l'exclusion de l'espèce humaine. Pour ma part, j'ai la théorie pour le bétail, et la pratique pour les oursins.


Trans, inter, multi disciplinarité.
Car je suis une nerd, et rien de ce qui est nerdy ne m'est étranger.
(Et aussi parce que je me sens obligée de changer de discipline tous les trois ans.)

Reconversion aux sciences humaines
Possiblement une conséquence du trait de caractère précédent...

Me voici donc maintenant une espèce de littéraire (pardon, une «historienne-philosophe» d'après la secrétaire). Puis-je descendre plus bas encore dans cette spirale infernale ? J'y travaille, j'y travaille, alors stay tuned !

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 13:51
En vérité, mes très chers frères, mes très chères soeurs, nous sommes des êtres de lumière.
La preuve : des chercheurs japonais ont montré que le corps humain émet non seulement des infrarouges (chaleur), mais aussi des quantités infimes de lumière, visible seulement par des caméras extrêmement sensibles.
Sur une plage ensoleillée, vous pouvez vous plaindre que votre voisin vous fait de l'ombre, mais dans une pièce complètement noire, il jouerait plutôt le rôle de (minuscule) source lumière. Pousse-toi, tu m'empêches de dormir !

Enfin, je veux bien être une créature de lumière (tant que je ne ressemble pas à un poisson lanterne...), mais ça ne veux pas dire que je dois être polie tout le temps. D'ailleurs, une équipe vient d'apporter une confirmation expérimentale de la sagesse populaire qui veut que jurer comme un charretier n'arrange peut-être pas le problème, mais que, au moins, ça soulage.
Il a donc été démontré que crier des gros mots augmentait la résistance à la douleur, comparé à crier des mots neutres, mais que l'effet est réduit si on est un homme et qu'on se plaint...
Evidemment, il y a plein d'interprétations à faire, en particulier physiologiques (le juron permettrait de passer en réponse agressive, avec libération d'adrénaline, dont l'un des effet est une diminution de la sensibilité à la douleur), mais une question intéressante serait de comparer les résultats en fonction du rapport entretenu par le sujet avec les jurons. Est-ce que proférer des chapelets de mots grossiers ne serait pas plus cathartique quand on est un gendre parfait que pour un punk à chier qui utilise fuck comme adjectif, substantif, et verbe ? L'effet analgésique est-il proportionnel au sentiment de transgression du sujet ?
Comme j'aimerais bien savoir, je suis prête à servir de cobaye : après tout, je fais le désespoir de mes vieux parents en m'exclamant régulièrement «Ah mais putain de nom de dieu de bordel à queue de mèèèèèrde !» ou équivalent, pour des prétextes aussi minces qu'une faute de frappe ou des clés égarées...
(Via le scienceblog Neurophilosophy.)

Pour autant, ne prenons pas pour argent comptant toutes les conceptions populaires : la vengeance, par exemple, ne semble pas être un plat si savoureux que ça, quelle que soit sa température. Elle semble correspondre à un mécanisme psychologique de rumination où l'on souffre plus de la faute initiale que ceux qui ne se vengent pas, y compris après que la démarche de vengeance ait été exécutée...
(Via Bad science, le blog de Ben Goldacre que j'aime d'amour tendre.)

Pour terminer, je voudrais conclure sur une photo de chat.
De chat mignon.
Soyons francs, il s'agit même d'une photo de chat en train de jouer mignonnement à s'enrouler dans du papier cadeau, car je n'ai aucune vergogne.
Mais je vous rassure avant que vous ne sortiez pas votre tromblon pour me faire passer le goût des lolcats, c'est pour la science, que je sers et c'est ma joie : la photo sera donc suivie d'une explication avec un vrai morceau de biologie dedans, et l'honneur sera sauf.
Il s'agit d'un chat aux yeux bleux tout à fait identiques au premier abord, mais bien différents quand on les prend en photo au flash :

Pour l'oeil droit, le tapetum lucidum (membrane réflectrice au fond de l'oeil de beaucoup d'animaux nocturnes) est normalement pigmenté et apparaît vert, Pour l'oeil gauche, le tapetum est décoloré, une caratéristique courante des siamois aux yeux bleux : il apparaît donc rouge comme ce serait le cas pour un humain.
Morale de l'histoire : rouge à babord, vert à tribord... on a trouvé un chat qui respecte les règles de signalisation nautique ! 
(Source : Messy beast).


C'est tout pour aujourd'hui !

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 04:49

Et la ronce non plus, comme quoi on en apprend tous les jours :

On distingue les épines des aiguillons en fonction de l'organe qui leur a donné naissance par adaptation. L'épine fait corps avec la plante et, sur les arbres, naît du corps ligneux ; l'aiguillon est une excroissance dure et acérée, d’origine épidermique (parenchyme cortical), non vascularisée et pouvant se détacher sans que l’écorce de la tige ou du rameau qui la porte soit endommagée, comme dans les ronces (Rubus), les rosiers (Rosa).

Le Tigre juillet-août 2009, p. 87, citant Wikipédia ou une source commune.

 

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 14:29
Je découvre le site Oxygénez-vous.com, qui tente de lancer en France la mode des bars à oxygène, qui ont (eu) leur petit succès sur les côtes américaines et au Japon.
Si ça les amuse de jouer au Docteur Ox, grand bien leur fasse, tant qu'ils expliquent aux asthmatiques qu'il vaudrait mieux s'abstenir, que la prise est limitée dans le temps pour éviter l'hyperoxie bien connue des plongeurs, et qu'ils ne prétendent pas guérir toutes les maladies de la galaxie avec de l'oxygénothérapie.


Là où je m'énerve c'est quand je lis la page sur les bienfaits de l'oxygène...


L'oxygène est vital pour notre survie. C'est l'énergie vital dont le corps à besoin.


On peut commencer par dire que faire une deux fautes d'orthographe sur la première ligne, ça ne fait pas très sérieux.

Pour ce qui est du fond, il n'y a pas grand'monde qui doute
que le corps humain ait besoin de dioxygène pour fonctionner. Mais dire qu'il constitue une énergie vitale est par contre tout simplement faux, aussi faux que de prétendre que l'oxygène est l'énergie fondamentale de votre cuisinière au gaz...
L'oxygène est le comburant, l'énergie est libérée par la réaction de combustion, et s'il on veut pinailler, elle est plutôt apportée par le gaz, sous forme d'énergie potentielle chimique.

De la même façon, on ne peut vraiment pas écrire :

90 % de notre énergie provient de l’oxygène et seulement 10 % de l’alimentation et de l’eau.

Ça a à peu près autant de sens que de dire qu'on vit à 90% d'amour et à 10% d'eau fraîche. Je serais vraiment curieuse de savoir d'où sort leur chiffre...

Et puis il ya aussi ce paragraphe :

Aujourd'hui il est d'environ 21%. La pollution réduit le taux d'oxygène dans l'air à 16%. Notre corps se retrouve alors en hypoxie = manque d'oxygène et ne peut fonctionner de façon optimale.

La première phrase est vraie.
La deuxième est peut-être vraie, extrêmement localement, dans des conditions très précises, par exemple en mesurant le taux de dioxygène directement à la sortie du gaz d'échappement. C'est-à-dire que telle quelle, elle est fausse.
Comment en suis-je sûre ? Parce qu'à 19% d'oxygène dans l'air, on commence à avoir des symptômes (maux de têtes, nausées, troubles de la coordination), à 18% ça s'aggrave et à 17% on devient inconscient.
Or même en plein pic de pollution du mois d'août, les trottoirs de Paris ne sont pas jonchés de malheureux en train de suffoquer... Le croirez-vous, on y voit même des gens faire leur footing ! Mais peut-être est-ce un symptôme neurologique après tout, il faut être malade pour faire des choses pareilles...



Mise à Jour : Une de mes fidèles lectrices me demande si l'on doit prendre pour argent comptant une autre des données chiffrées fièrement clamées sur le site :

Il y a 10.000 ans le taux d'oxygène dans l'air était de 30%.

Faites semblant d'être surpris : la réponse est non. Pour vous donner un ordre de grandeur, il y a 10 000 ans, on en avait enfin fini avec la dernière glaciation (Würm !), l'homme avait déjà domestiqué la chèvre et le mouton, et fondé ses premières cités. On a une assez bonne idée de ce à quoi ressemblait le monde à l'époque, et je vous assure qu'il n'avait pas un taux d'oxygène de 50% supérieur à l'actuel !
Mais alors où ces commerciaux ont-ils été cherché cette idée de 30 % dans les temps anciens ? Je ne peux pas répondre avec certitude à cette question dans la mesure où je ne connaîs pas les circonvolutions de leur cerveau malade, mais je subodore qu'ils ont confondu avec une autre période, où le taux de dioxygène atmosphérique était effectivement plus élevé. L'ère primaire (paléozoïque)...
Laquelle s'est terminée il y a tout de même environ 250 millions d'années par une extinction massive, probablement corrélée à une diminution drastique du niveau d'oxygène de l'air (une très mauvaise nouvelle quand on est une libellule de 75 centimètres d'envergure...).

Le site d'Oxygénez-vous.com se trompe donc d'un facteur 25 000 dans son évaluation des variations de l'atmosphère terrestre. Un bel effort !
Mais il va encore falloir bosser pour atteindre l'intensité des Young Earth Creationists, qui divisent l'âge de la terre par 750 000...



C'était l'indignation du jour, merci de votre attention, à vous les studios.

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 12:00
Entre l'art de chasser le mammouths au cure-dent et le métier rude mais honnête de désinfecteur de combinés téléphoniques, on trouve parmi les compétences irrémédiablement perdues par les dernières générations celle d'effectuer le plus petit calcul sans l'aide d'un ustensile à caractère électronique.
Le calcul a beau être enseigné à l'école élémentaire, sa pratique est tellement rare qu'on l'oublie à toute vitesse, et je ne parle même pas du calcul mental, que d'aucuns semblent prendre pour un synonyme du supplice de la roue...

Moi-même, malgré la curiosité pathologique qui me caractérise et qui sera ma perte, je dois admettre n'avoir jamais pris la peine d'essayer de comprendre le fonctionnement ésotérique de la règle à calcul de mon paternel. Alors imaginez les difficultés que j'ai eues à me représenter celui de son ancêtre : les réglettes de Neper, ou bâtons de Neper, ou, en anglais, Napier's bones.

Bon, ça emmêle un peu les neurones comme façon de fonctionner, mais ça va encore.
Mais je n'ai trouvé aucune source me permettant de comprendre ce que les chinois du dix-septième siècle entendaient par compas de calcul, et encore moins par calcul au pinceau. je ne sais même pas si ça rentre à proprement parler dans la rhabdologie...
Apparemment, le Big Bad Web est un peu léger sur l'histoire des maths, et croyez bien que ça me désole.

Mais plutôt de de me morfondre, et en l'absence de toute transition logique, je prend la liberté de vous raconter l'anecdote invraisemblable d'un ami matheux qui avait gagné une course de taxi gratuite en répondant correctement à la question du chauffeur : quelle est la formule magique en mathématiques ?

La réponse est bien sûr : r à yn chvffnapr (v sbvf cv) cyhf ha étnyr méeb
(C'est codé en rot13 : pour lire, utilisez votre ligne de commande ou un déchiffreur en ligne.)

Allez hop, filez, maintenant !

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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao