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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:02
Pfffff. Que dire ?
Je ne vous ferai pas l'insulte de vous réexpliquer depuis le début qui est Jean Sarkozy, ex-future star des planches, ex-futur étudiant modèle, et les raisons de sa subite popularité mondiale, depuis Twitter jusqu'à la télé chinoise.

L'annonce de sa nouvelle promotion (le pauvre enfant n'est que conseiller général et président du groupe UMP des Hauts de Seine) lui a valu du courrier, mais aussi plein de conseils bien intentionnés, ce qui était à prévoir.

Mais j'avoue être atterrée par le niveau abyssal des arguments présentés par ceux qui prétendent le défendre.

Fillon s'embrouille désespérément dans la signification de cette nomination, semblant croire que cela a quelque chose à voir avec le suffrage universel (en fait, pas du tout).
Mais des sommets de mauvaise foi sont atteints dans les réactions recueillies par cet article du Monde :
Copé rétorque par exemple qu'on «ne présente plus Martine Aubry comme la fille de Jacques Delor

Certes. Comparons un peu : Martine Aubry, née en 1950, sort de Sciences Po en 1972, de l'ENA en 1975, et quand elle est détachée en 1980 pour un an au Conseil d'état, cela fait six ans que son père n'exerce plus le poste executif le plus élevé qu'il ait jamais occupé en France, celui de secrétaire
général pour la formation professionnelle et la promotion sociale auprès du Premier Ministre de l'époque Chaban-Delmas. La vie politique d'Aubry commence assez logiquement avec l'élection de Mitterand : elle a déja une jolie carrière de haut fonctionnaire derrière elle, avec une qualification approfondie pour le domaine du travail (administratrice civile au Ministère du travail, et militante à la CFDT).
Si elle avait voulu prouver qu'elle était plus que la fille de son père, elle ne s'y serait pas prise autrement. Copé est-il vraiment certain que la comparaison soit des plus flatteuses pour celui qu'il essaye de défendre ?

Dans le même article, c'est au tour de Jean-Christophe Lagarde, député Nouveau Centre de la Seine-Saint-Denis, de faire valoir son opinion :
«Je trouve totalement horripilante cette polémique parce que désormais quoi qu'il fasse ou qu'il dise, on lui colle son âge et son père. (Or) à son âge Bonaparte était général d'armée et il devait être en Egypte. C'est une tare typiquement française, où l'on considère que si on n'a pas 50 ans on n'est pas capable de faire quoi que ce soit.»
Tiens, oui c'est vrai, Bonaparte. Peut-être que cette comparaison est plus pertinente que la précédente : deux siècles de différence, ce n'est rien que ne puisse négliger un esprit fort...
Hé bien Bonaparte, mes amis, est né en 1769, ce qui lui fait tout juste vingt ans à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, si c'est pas la classe quand même, comme façon de fêter son anniv'.
A cette date, il était apprenti artilleur (parce qu'il était brillant en mathématiques), et ce n'est qu'après son vingt-deuxième anniversaire qu'il quitte l'École royale d'artillerie d'Auxonne.  À 23 ans, il est capitaine d'artillerie. À 24, chef de bataillon. Après quelques tribulations à la chute des jacobins, il gagne son retour en grâce avec la répression du 13 vendémiaire, et le voilà
général de division, ce qui n'est pas la même chose qu'un général d'armée ; il a 26 ans. Son succès pendant la Campagne d'Italie en fait une figure si populaire que le Directoire l'envoie en Egypte, au moins en partie dans l'idée de l'éloigner du centre du pouvoir. Il a presque 30 ans, une solide formation dans son domaine disciplinaire qu'il applique de façon assez créative (l'utilisation du canon de Gribeauval comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie, par exemple), huit ans de cariière et quelques jolis succès derrière lui.
Est-il entièrement pertinent de le comparer avec Jean Sarkozy ? Ne soyons pas chien, je vois un point commun assez net : les cheveux.

Chantal Jouanno veut nous rassurer :
Il a 23 ans, a été élu (conseiller général des Hauts-de-Seine, NDLR), a une légitimité. Il va être sous observation, regardé de tous les côtés. Maintenant la balle est dans son camp. A lui de faire ses preuves.
Faire ses preuves, c'est-à-dire ? Être un mon conseiller général pendant cinq ans de mandat avant de réclamer plus ? Obtenir sa licence de droit public (plus que deux ans si tout va bien) avant de prétendre à la présidence du plus gros établissement public de France ? Ah, non, apparemment pas.

Et quand bien même il s'agirait, au renouvellement d'un poste important, de tenter de faire une place aux jeunes, d'apporter du sang neuf, de leur laisser leur chance, que sais-je...
Mais non, même pas. Nous ne nous approchons même pas de la fin du mandat d'Hervé Marseille, le président actuel de l'ENAD. Il vient donc de démissionner après un demi-mandat (un an et demi) pour céder la place, bien conscient que son bilan ne faisait pas le poids face à cet incontestable  génie administratif, cet irrésistible don du ciel dont il aurait été criminel de priver plus longtemps les tours de La Défense, j'ai nommé Jean Sarkozy.
Le pauvre, je le plaindrais presque : avec toutes ces écrasantes responsabilités qu'il n'a sûrement même pas demandées, comment peut-il espérer réussir correctement sa deuxième année de droit ?

Correction  Marseille n'est qu'administrateur de l'ENAD, ou plutôt était : il laisse effectivement son siège au conseil d'administration à Jean Sarkozy. Le président en fonction, Devedjian, est touché par la limite d'âge (65 ans), donc il ne peut de toute façon pas rester en poste.
Le «Prince Jean» récupère donc le demi-mandat (18 mois) de Marseille, et la possibilité de candidater pour la présidence de l'ENAD.

Une dernière remarque en passant : certains de ses défenseurs arguent du fait que président n'est pas directeur général, et que ce ne sera pas lui qui prendra le gros des décisions exécutives, pour en tirer l'idée que ce n'est donc pas bien grave. Parfait, on peut donc y mettre n'importe qui ? Voilà qui n'est guère obligeant pour les précédents occupants du poste que sont Patrick Devedjian, Jacques Gautier et un certain N. Sarkozy, peu connu du grand public.

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 00:35
Ah nom de nom... Qu'un gouvernement de droite veuille se débarrasser des 35 heures, et repasser à 39 (ou 40 ou 45... au point où on en est je ne serais pas surprise) c'est une chose au fond assez prévisible.
Mais qu'elle annonce sans état d'âme vouloir
faire disparaître la limitation du temps de travail elle-même, là pour le coup on a un vrai problème.

Jusqu'ici on se contentait de grignoter les acquis sociaux des 30, 40, 50 dernières années et c'était déjà remarquablement ahurissant. Mais du train où les choses avancent avec la remise en cause de choses aussi frivoles que  le droit de grève (racheté pour mille euros, avant que le tribunal ne vienne y mettre son nez) ou les indemnités de licenciements, je sens qu'on va tranquillement revenir sur des décisions finalement pas très sages de ces bolchéviques du Front Populaire comme, je sais pas moi, les congés payés.

palais de la decouverteUn autre patrimoine qui date du Front populaire et qui est en grand danger de disparaître pour de bon, c'est le Palais de la Découverte, un lieu d'une rare inventivité dans la didactique et la tranmission de l'émerveillement. Pour citer un ami qui sait apprécier les bonnes choses,
c'est un endroit cool pour avoir les cheveux qui se dressent sur la tête ou pour lancer des éclairs avec ses doigts. On ne saurait mieux dire...

Un conseil donc : dépêchez-vous d'en profiter, d'autant que l'expo du moment est consacrée à un thème passionnant (mais vous connaissez ces savants, des professeurs Nimbus toujours à parler de choses sans aucun lien avec l'
actualité ni les vraies préoccupations des gens) : rien moins que Volcans Séismes Tsunamis : Vivre avec le risque. Si vous avez de la chance, vous y croiserez peut-être un de mes amis, géologue de formation et pédagogue de vocation, et vous irez vous coucher moins bêtes.

Ceci fait, vous pourrez ensuite, en toute connaissance de cause, aller signer la
pétition de défense du palais...

En attendant de vous y voir, bonne nuit !

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 21:45
Je viens de lire ça sur Rue 89 :
La liste Modem du VIIIe arrondissement de Lyon a été invalidée par le préfet lundi soir. A l’avant-dernière position de cette liste, un homme nommé Albert Roman était déjà inscrit à la neuvième position sur la liste du FN. La liste du FN ayant été examinée avant celle du MoDem, c’est la liste MoDem qui doit être invalidée.
[...] Ce genre de doublons est en passe de devenir une spécialité lyonnaise, comme la quenelle. En effet, à Vénissieux, la liste Lutte Ouvrière a été invalidée également puisqu’elle comptait elle aussi un candidat inscrit sur une liste du FN.

Mon cerveau a du mal à traiter ce genre d'information. C'est bizarre au point de pousser à la théorie du complot (les militants FN infiltrent les autres mouvement pour en invalider les listes, ou que sait-je encore) juste dans l'espoir de préserver une semblant de logique au monde qui nous entoure...
Thoughts?


 
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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 04:30
Petite devinette :
Qui, dans un courrier adressé pour publication au magazine Jeune Afrique, écrivait en 1982 :
Est-ce la faute de ces étrangers, qui sont venus pendant la prospérité et qui, dorénavant, sont remis en cause quotidiennement ? Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : « Si tu n’es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim » qu’ils sont ridicules.
Ils ne s’imaginent pas la crise qui pourrait atteindre “leur” pays avec le départ de “ces bougnoules”. Quant au slogan des employeurs, c’est : « Tais-toi ou pars ! »

Vous ne voyez pas?

Je vous aide : l'auteur de ces lignes est membre du gouvernement.

Toujours pas ? Vous manquez d'imagination...
Il s'agit de la Garde des Sceaux, Rachida Dati, lycéenne à l'époque.

Via Rézo.net et Les mots ont un sens.
Pour tous les détails de la mise en ligne, puis hâtif retrait de ce texte, lisez donc l'article de La Télé Libre et le Post de Birenbaum
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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 12:48
Je suis en générale assez circonspecte avec la notion de pétition, d'une part parce que  c'est souvent un moyen de se donner bonne conscience à peu de frais (sauvons les baleines !), d'autre part parce qu'on tend à les faire circuler pour tout et n'importe quoi.

Ces remarques liminaires énoncées, je m'apprête cependant à faire la publicité de deux d'entre elles. Pourquoi ? Parce que, punaise de nom de Dieu, les conneries dangereuses tombent comme à Gravelotte en ce moment.

Je me permets donc de suggérer aux personnes préoccupées par l'usage politique et judiciaire fait des techniques scientifiques tels de les empreintes ADN de signer la pétition lancée par Libé et  Charlie Hebdo contre le tristement célèbre, et désormais voté, amendement Mariani. Je m'adresse en particulier aux personnes de formation scientifique : nous ne somme pas responsables *en tant que scientifique* des mauvais usage politique de nos disciplines. Mais nous sommes responsables en tant que citoyens, et plus encore en tant que citoyens très informés dans le domaine.
Touche pas à mon ADN !

Le fait le plus frappant au vu de la liste des premiers signataires est leur diversité : on va bien au-delà des cercles habituels d'indignation gauchiste.


Au total, ce sont déjà 300 000 personnes, soit un demi pourcent de la population de France, qui ont signé cette pétition. Et si vous étiez le 300 001ème ?

La seconde pétition que je propose à vos stylos est plus récente, et pour l'instant plus confidentielle. Elle n'en est pas moins importante pour autant.
Il s'agit de l'Appel contre la statistique ethnique, à retrouver sur le site www.fichepasmonpote.com. Comme son nom le laisse entendre, la pétition a été lancée par SOS racisme contre le projet de mettre en place des statistiques prenant en compte l'origine ethnique des individus.
Je cite ici Samuel Thomas, vice-pésident de l'association, interviewé par Caroline Fourest dans le Charlie de cette semaine :
Comment des militants antiracistes pourraient-ils souhaiter le rétablissement de catégories ethno-raciales ? Comme dans l'Inde de l'époque des castes ou l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid...
Je refuse d'avoir à décider, ou voir décider pour moi, si je suis blanche, noire ou entre les deux, arabo-caucasienne ou aux yeux suffisemment en amande pour être classé Asiate.
Le plus amusant est peut-être l'argument avancé en faveur de ces statistiques : qu'elles aideraient les sociologues à mieux mesurer la population. Et pourtant, regardez la liste des premiers signataires : il y a une dizaine de sociologues, démographes, statisticiens éminents qui refusent de cautionner cette façon de faire.
Rejoignez-les en signant cette pétition.

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 00:00
Je n'ai pas grand'chose d'ébouriffant à vous raconter sur ces dernières élections que vous ne sachiez déjà...

cartefrance.pngÀ titre personnel, je peux tout de même annoncer que je suis fort satisfaite des défaites :
- d'Alain Juppé à Bordeaux, parce qu'il me paraît aberrant de réélir quelqu'un qui a déjà  abusé de la confiance du corps électoral.
- d'Alain Carignon en Isère, pour les mêmes raisons. Mais il ne se démonte pas pour autant, et se présente aux municipales...
- d'Arno Klarsfeld, dans le 8e arrondissement de Paris, parce que sa campagne a été une insulte à l'idée de démocratie représentative, sur l'air de "moi, je suis là pour sourire, pour le programme, demandez à la permanence !"
- de Lynda Asmani, pour ses menteries éhontées. Et puis battue, certes, mais pas qu'un peu : elle a fait au second tour 36,81%, soit le score qu'elle espérait avoir au premier, alors qu'il y a dix jours elle rodomontait encore :
Ségolène Royal a obtenu 62,38 % des voix dans ce secteur mais Lynda Asmani, tente de convaincre la presse que le député-maire sortant, Tony Dreyfus (PS), va être victime d'un vote sanction. Pourquoi ? A cause du campement du canal Saint-Martin. «Le député-maire a été absent», prétend-elle. Elle compte jouer sur le mécontentement des riverains. «Ils sont 4 500 et en 2002, l'élection législative s'est jouée à 4 500 voix» 
Il y en sans doute plein d'autres résultats qui m'ont plu, mais ils m'échappent sur le moment.

Par ailleurs, l'article de Libération intitulé Plus de jeunes, plus de femmes, toujours pas de couleur a retenu mon attention et, il faut bien le dire, mon irritation.
Pourquoi ?
Parce que
vous ne croyez tout de même pas que je vais laisser passer une élection nationale sans vous infliger une de ces diatribes dont j'ai le secret !
Plus sérieusement, parce qu'on y lit :
Aucun candidat d’origine africaine ou maghrébine n’ayant été élu en France métropolitaine à l’issue du second tour des législatives, l'Assemblée reste toujours aussi «blanche».
Ah bon ? Et Arnaud Montebourg, en Saône-et-Loire, alors? Ah, mais il s'appelle Mntebourg, me direz-vous, comment peut-on être issu de l'immigration quand on s'appelle d'un nom aussi franchouillard queMontebourg, hein?
Eh bien à moins de défend
re la théorie spermiste de la préformation, les deux parents contribuent autant l'un que l'autre à l'origine du rejeton. Et en l'occurence, la mère de M. Montebourg vient de l'autre côté de la Méditerrannée, ce qui est, ma foi, bien son droit.
Il se trouve que je connaissais ce détail, sans doute parce que c'est un "ténor" du Parti socialiste, mais je suis certaine que sur les 577 députés, même sans compter les élus des DOM-TOM, il y en a un nombre certain qui sont
, au moins par un parent, issus de l'immigration, comme on dit.
Et que parmi ceux-ci, on trouvera à coup sûr un sous-ensemble non-nul d'élus d'origine africaine.

Ce qui m'irrite, c'est que le journaliste moyen ne prend en compte que les informations qui lui sont fourrées dans le jabot avec énergie, c'est-à-dire  :
- soit des choses évidentes à l'œil (Ciel, mais, mais, elle est noire !),
- soit  des choses "évidentes" à la lecture : si Montebourg s'était appellé Ould Cadi, du nom de sa mère, soyez bien sûr que personne ne serait passé à côté, et que la question aurait pointé son nez à chaque interview...
- soit des infos prédigérées : croyez-moi que les directeurs de campagne UMP issus de l'immigration ne laissent pas planer le doute sur leurs origines, et tiennent au maximum deux minutes avant de mettre la question sur le tapis.
Personne ne les force, bon sang de dieu, à décompter les reubeus à l'Assemblée ! S'ils n'ont pas l'intention de se bouffer les biographies de chacuns des élus, qu'ils en restent aux caractéristiques plus facilement accessible : sexe (quoique...), pigmentation de la peau (et encore)...
Que je sache, ça leur viendrait pas à l'esprit de faire des statistiques sur, mettons, le nombre de députés ayant une seconde langue maternelle, parce que les infos seraient infernales à collecter !

Comme on dit en primaire aux souffleurs intempestifs : quand on sait pas, on dit pas.
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 07:43
Les résultats du premier tour des législatives ont réussi à me faire simultanément mourir d'ennui et de désespoir  en étant aussi  mauvais que prévu.
Sans parler du taux d'abstention qui me donne envie de casser mes murs à coup de crâne, mais c'est une autre histoire.

Pour  m'occuper l'esprit, j'ai donc entrepris de décortiquer les résultats des 21 circonscriptions de Paris :

 Circ.tion   Arrondissements   Résultat 
1  I, II, III, IV  (UMP)
2  V et VI  (UMP)
3  VI et VII  UMP
4  VIII et IX  UMP
5  X  ???
6  XI nord et XX nord (PS)
7  XI sud et XII ouest (PS)
8  XII est ???
9  XIII est (PS)
10  XIII ouest et XIV est ???
11  XIV ouest ???
12  XV nord (UMP)
13  XV sud (UMP)
14  XVI sud UMP
15  XVI nord UMP
16  XVII ouest UMP
17  XVII est + XVIII n-e (UMP)
18  XVIII centre (PS)
19  XVIII et XIX ouest (PS)
20  XIX est (PS)
21  XX (PS)

Tout cela est tellement beau et naturel, comme découpage électoral ! (surtout dans le nord-est...)
Merci qui? Merci Charlie...
La légende est simple :
en gras les élus au premier tour,
entre parenthèse la tendance lorsqu'elle est assez marquée pour autoriser un pronostic raisonnable.
et puis les autres cas où le match est un peu plus serré.
Mais n'ésitez pas à me taper sur les doigts si vous trouvez mes extrapolations trop audacieuses, et n'oublions pas que la participation, si elle augmente significativement, peut amener beaucoup de surprises pour le deuxième tour.

Bon, mais malgré mes efforts de tabulations, tout cela reste peu lisible. Je me suis donc lancée dans la recherche d'un plan des circonscriptions de Paris, puis dans la réalisation, assistée par Inkscape et Gimp, d'un exemple balbutiant d'infographie, comme on dit.

circocouleur.png
Légende  

élu UMP , tendance à droite , tendance à gauche, indéterminé

Comme vous pouvez le voir, ce n'est pas vraiment beau comme l'antique (je n'ai sûrement utilisé la bonne méthode pour vectoriser l'original), mais ça marche.
Je vais peut-être peut-être même mettre la version vierge sur Wikipédia : ça ne peut pas faire de mal. Hop hop hop, c'est fait.

Il y aurait plein d'autres analyses intéressantes à faire, en particulier sur la bipolarité incroyable observée dans un scrutin où il y avait pourtant une moyenne de 13 candidats par siège... Les scores du FN sont historiquement bas, et LO s'est mangée une autre belle gamelle dans les dents. Pour faire bien, il faudrait comparer avec les chiffres de 2001, mais bon, la flemme, quoi, hein.

Je vais donc m'arrêter là pour aujourd'hui, et me contenter d'envoyer les anglophones de mon lectorat à la page Gerrymandering de Wikipédia : les americains sont des artistes du bidouillage  électoral qui feraient passer nos mafieux et magouilleurs locaux pour des boy-scouts!
Regardez-moi donc une des incroyables circonscriptions qu'ils ont réussi à pondre....

AZ-districts-109-02.gif

Tant de mauvaise foi, avouez que ça force l'admiration.


 
 
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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 09:29
Il y avait un dossier de ce nom sur France Info ce matin. Allez écouter les reportages en ligne si ça vous dit.
En vrac et sans beaucoup de mise en forme, plusieurs remarques :

(1) C'est quoi ce titre à la con?
"Les impôts comment ?", passe encore, mais "pourquoi?" c'est un petit peu prendre les gens pour des cons au mieux, ou de la propagande ultra-libérale au pire.
D'ailleurs un peu plus loin, un expert est intérrogé  pour répondre à cette fabuleuse question
Un état sans impôt, est-ce possible ?
La réponse ne se fait heureusement  pas attendre : c'est non, et l'expert avance la solidarité, les services publics comme l'école, etc...
Mais n'oublions pas qu'il existe des personnes pour qui la solidarité est une idée de dangereux communistes, qui ne voient pas à quoi sert l'école publique - d'ailleurs leurs gosses sont dans le privé - et sur qui ces arguments glissent comme de l'eau sur un canard.
Plus simplement sans imôt, il n'y a pas d'État.
Pour avoir un président de la république, par exemple,  il faut
1/ l'élire (acheter des urnes, des panneaux d'affichage, tenir à jour des listes électorales)
2/ le payer (même au SMIC, notez bien) vu que c'est un travail à plein temps
3/ lui donner des moyens d'action exécutifs, par exemple la police et l'armée.
Difficile de faire plus de droite que l'idée de la nécessité de l'armée et du maintien de l'ordre, ma bonne dame, hein?
Ben oui, ça aussi, ça coûte des pépettes, tout pareil que ces feignants de profs.
De la même façon, si on veut que les lois défendues par les forces de police soient légitimes, il faut louer un hall dans lequel on pourra faire tenir des représentants élus  (Assemblée Nationale et Sénat), et si on veut que le pouvoir local existe, il faut lui donner des moyens (impôts locaux).
Parce que même en Safrane, rouler sur une route entretenue a des avantages.
Morale de l'histoire : bien que l'impôt en lui-même n'ait rien de démocratique dans son origine, il ne peut pas exister de démocratie sans impôt.
Bon.

(2) Tiens d'ailleurs pour l'anecdote, j'ai eu le plaisir de voir successivement mon colocataire et mon paternel envoyer bouler un télédémarcheur qui voulait leur vendre des montages financiers, sur le thème de "Non, monsieur, ça ne m'intéresse pas de payer moins d'impôts. Non. Non. Si, monsieur, je suis content de payer des impôts", ce qui a tout de même plus de panache que "je ne vois pas exactement avec quel argent je pourrais faire ça...", ce qui aurait été tout aussi vrai.

(3) La journaliste qui présentait les interviews a un peu fatigué sur la fin :
"Est-ce que la fiscalité ne nuit pas d'une image trop complexe?"
Euh... Et en français?
Ceci dit, c'était en direct, il faut être donc indulgent avec les constructions de phrase à la volée...

(4) Il était dit que ces pauvres Français ont du mal avec l'impôt sur le revenu parce qu'il sert à payer les intérêts de la dettes.
Alors, arrêtez-moi si je divague, mais cette formule, souvent utilisée par les journalistes, me paraît un raccourci hâtif. Il se trouve que l'impôt sur le revenu est en fait faible au regard des cotisations sociales et surtout de la TVA. Et que son montant équivaut à peu près à l'intérêt de le dette. Mais je ne crois pas que ce soit autre chose qu'une coïncidence, et si la formule induit les gens en erreur, c'est aux médias d'être plus clair.

(5) Il a  aussi été dit que les impôts locaux sont parmi les plus impopulaires (sans doute parce qu'ils augmentent beaucoup ces temps-ci), entre autres parce que les gens ne connaissent pas leurs destinations, et à quoi ils servent. 
Mais bon sang de bon dieu, les gens n'ont qu'à bouger leur graisse! Le bilan des dépenses d'une mairie est *public*, en général affiché à la mairie, voire publié dans le journal local payé à prix d'or pour arriver dans toutes les boîtes aux lettres !
Alors au lieu de l'envoyer directement à la poubelle*, lisez-le un peu, pointez vous aux délibérations du conseil municipal, pesez le pour et le contre de chaque choix budgétaire, et surtout, surtout, arrêtez de geindre !
Ah.. ça va mieux...
*(ce que je fais, juste après avoir lu la bd de Cabu, hein, je ne prétend pas être meilleure que les autres)

(6)
Il y a avait aussi une interview de Jean-François Copé, porte parole du gouvernement, et qu'à ma grande honte j'ai récemment confondu avec François Coppée. Il répondait à quelque chose émis par Hollande au sujet d'une augmentation  d'impôts pour les couples gagnant 8000 euros par mois (sans enfants).
Pour commencer, Copé ramène ça à 4000 euros par mois et passe à la trappe le "sans enfants" : comme si un couple DINK à 8000 euros et un parent seul à 4000 euros avec un ou deux gosses étaient comparables fiscalement... 
Or, d'une part, tout le monde sait bien que la vie en couple permet de faire des économies d'échelle très sensibles (en particulier pour le logement), et d'autre part la progressivité de l'impôt rend, me semble-t-il, caduque cette division cavalière. Mais passons.
Edit : Apparemment Hollande parlait des gens qui gagnent 4 fois le Smic, le couple n'étant qu'un exemple, donc oubliez les deux derniers paragraphes.

Il continue en disant que cette proposition de Hollande,
ça donne une image de notre pays du côté gauche de l'échiquier qui est très archaïque.
Ah ouais?
Archaïque comment? Taxer les riches, c'est vieux? Pourtant Vauban en son temps s'est bien retrouvé en disgrâce avec son Projet d'une dîme royale pour avoir osé suggérer que le roi aussi paye des impôts. Taxer les pauvres, c'est bien plus Ancien Régime qu'autre chose.
Plus loin, Copé parle d'une gauche vieille de deux cents ans qui voit le monde d'une manière manichéenne entre les gentils et les méchants, les pauvres et les riches.
Je me contenterais de rappeller que cette dichotomie, qui n'est effectivement pas neuve, n'a pas été inventée par la gauche... "Classes laborieuses, classe dangereuses" ça vous dit quelque chose? La conscience de classe, comme disent les groupuscules gauchistes, c'est quelque choses qu'ont eu les "riches" et leurs idéologues bien avant les pauvres, ce me semble...

Cette approche archaïque, donc, mène à la fuite des très riches dissuadés de payer les impôts français et...
Sur qui ça retombe? sur les classes moyennes, c'est- à-dire les gens qui bossent.
Attention c'est du lourd (et encore je n'ai pas transcrit l'intonation). Parce que quand on ne gagne que 1500 euros, on ne travaille pas, on s'amuse? 
Il faut vraiment qu'il fasse attention aux mots qui sortent de sa bouche quand ses lèvre bougent, surtout pour un porte-parole...

Ensuite, le journaliste lui conteste la qualification de "classes moyennes" en avançant le chiffre que 80 pourcents des salariés gagnent mois de 2000 euros par mois"  (Hollande n'a pas choisi le chiffre au hasard j'imagine).
Copé dit alors qu'on lui avait déjà posé la question auparavant et qu'il y a répondu en disant
"qu'on pouvait considérer  comme classe moyennes ceux qui gagnent entre 1000 et 4000 euros par mois".
Donc quand il proteste contre une proposition de Hollande au sujet de ceux qui gagnent plus de quatre fois le smic, prétendre défendre les classes moyennes est une menterie en suivant sa propre définition ! (ou alors il ne conteste la proposition que pour ceux qui gagnent 4000 pile, et l'approuve pour ceux qui gagnent 4100 euros...)

Pour conclure, on lui demande :
Vu le montant de la dette est-il bien raisonnable de continuer à baisser les impôts?
Copé répond, après une cironvolution expliquant que les réductions d'impôts redynamisent l'économie :
Ce qui est très important c'est que quand on baisse les impôts on doit aussi baisser la dette.

Ha. Et comment? en réduisant les dépenses publiques deux fois plus vite que les impôts?
Rappellons que depuis 2002, le programme de baisses d'impôts de Chirac a été (plus ou moins) appliqué tandis que la dette publique passait de 58 à 65% du PIB en 2005, soit plus de 200 milliards d'euros en valeurs absolue (source : Wikipédia).
Moi j'appelle ça du foutage de gueule.

Je vais vous laisser reprendre votre souffle après cette dissection assez longue : je m'arrête donc là.



Sur la très difficile question  de la définition des classes moyenne (même ceux qui gagnent 10 000 euros par mois ne se considèrent pas riches parce qu'ils fréquentent des gens qui gagnent le double et qu'ils envient... ainsi va la nature humaine), je vous conseille un excellent article d'Alternatives économiques intitulé : Richesse et pauvreté, état des lieux. Un extrait pertinent sur la question qui nous occupe ici :

Chacun met ce qu'il veut dans les « classes moyennes », en fonction de sa vision de la société, et de son intérêt. Le Cerc préfère utiliser le terme de « médians » : il situe cette tranche de population au-dessus des 40 % les plus démunis et au-dessous des 40 % les plus aisés, soit 20 % de la population. Si l'on prend une définition un peu plus large, incluant tous ceux qui se situent au-delà des 30 % les plus démunis et en dessous des 30 % les plus riches, on rassemble 40 % de la population et des revenus qui s'étendent de 980 à 1 300 euros pour les personnes seules, de 1 800 à 2 500 euros pour les couples, et de 2 500 à 3 400 euros pour les familles avec deux enfants en bas âge (5).
Mais dans le langage médiatique habituel, la notion de « couches moyennes » se rapporte plutôt aux ménages dont la personne de référence est médecin, ingénieur ou cadre et dont le conjoint travaille, souvent dans une profession analogue. Ces ménages peuvent ainsi faire partie en réalité du dixième (ou du cinquième) le plus favorisé de la population, avec un revenu disponible par personne supérieur à 3 000 euros. C'est ainsi que Louis Chauvel (6), constatant le flou du terme « classes moyennes », souligne que « le même mot tend à définir des groupes sociaux dont le niveau de revenu peut varier du simple au quadruple ».



Pour conclure, il se peut que certains d'entre vous, lecteurs, ont pensé en lisant ce post "mais qu'est-ce qu'elle raconte ? on voit bien qu'elle n'y connaît rien ! ".
Je ne peux qu'y souscrire : je suis fort peu compétente en économie (que M. Benani, mon prof de SES de seconde me le pardonne) et si j'ai dit des horreurs, je serais ravie d'être éclairée.

Par ailleurs, si quelqu'un a une idée d'illustration qui ne soit ni une feuille d'impôts ni un billet de banque, qu'il parle.



Edit 18/01 : Dans le Canard  Enchaîné d'hier, Copé se fait dézinguer à l'artillerie lourde, et c'est bien mérité.
Il disait qu'un professeur certifié en fin de carrière gagnait 4100 euros net, dommage, c'était 2700 euros. Bah, l'équivalent de 10 000 francs de différence, c'est une paille!
Idem pour le conducteur de train...
L e foutage de gueule est encore plus constitué que s'il avait fait des approximations : ici il a utilisé des chiffres qu'il savait forcément complètement faux ! Screugneugneu !
Bon au lieu de m'énerver, je vous laisse aller lire le-dit Canard, ce sera plus simple.
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10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 02:10
Ce 6 mars a été passée  par le gouverneur du Dakota du Sud  la loi qui avait été votée le 27 février, et qui interdit et criminalise l'avortement en toute circonstance. La seule exception étant la menace à la vie de la mère (pas à sa santé, hein, si elle risque juste, je sais pas moi, une descente d'organes généralisée et handicapante, ça ne compte pas). Les victimes de viol et d'inceste, traditionnellement prises en compte, peuvent aller se brosser.
Au lieu de déprimer (elle a bon dos la Journée de la Femme!), intéressons-nous à cette polémique ....

Le débat entre les défenseurs et les opposants de l'interdiction de l'avortement est quelque chose d'extrêmement passionnel, où un certain nombre de mots et d'idées sont sciemment détournées.

 Une question de vocabulaire
 C'est évident, mais ça vaut la peine de le dire : il ne s'agit pas d'un débat pour ou contre l'avortement, vu que les deux camps sont d'accord pour dire que ce n'est pas quelque chose de joyeux. Mais les défenseurs du droit à l'avortement ont remarqué que le monde ne correspondait pas à un idéal, et qu'en conséquence les femmes doivent pouvoir avoir accès à ce dernier recours en cas d'échec contraceptif, quelqu'en soit la cause.
Aux Etats-Unis, le camp opposé à l'avortement est appellé "pro-life", c'est-à-dire pour la vie, sous-entendant que les autres sont, eux, contre la vie... En conséquence, leurs adversaires s'appellent "pro-choice" (pour le choix), ce qui me semble légèrement moins hypocrite, mais je suis biaisée.

La réponse à la vie, l'univers et tout le reste
 La notion de vie est quelquechose de très mystérieux, même pour les gens qui l'étudient (les biologistes), les définitions variant de "tout ce qui s'oppose à la mort" (physiologie) à tout ce qui est capable de se reproduire à l'identique (bio cell').
Dans le débat sur le droit à l'avortement, une confusion est délibérément entretenue entre vie et vie humaine, ce qui permet de stigmatiser les "pro-choice" comme ennemi de la "culture de vie".
Personne ne conteste qu'un zygote est vivant, mais il ne l'est ni plus ni moins que les deux gamètes qui l'ont formé... techniquement, il n'y a pas apparition de la vie, simple continuité métabolique. Si l'on veut me convaincre de l'importance éthique de la fécondation, il va falloir me parler d'autre chose (fusion nucléaire, expression génétique, que sais-je encore...)

Un exemple typique décortiqué chez Pharyngula :
l'animateur radio Andrew Wilkow
a utilisé l'argument suivant :

" ...scientifically speaking, when a sperm and egg comes together, what happens? Is death created?"
Scientifiquement parlant, quand un spermatozoïde et un ovule se rencontrent, que se passe-t-il? La mort est-elle créée?

La réponse attendue : non.
Le raisonnement fallacieux qui suit est : DONC si ce n'est pas de la mort, c'est de la vie qui est créée... (tout le passage en mp3)
Ce genre de malhonnêteté intellectuelle m'énerve toujours autant malgré mes bonnes résolutions, et la seule façon d'y répondre est sans doute l'ironie, comme ce lecteur qui commente :
Scientifically speaking, when two slices of bread, a slice of cheese, and a slice of tomato come together, what happens? Is death created?
No? Well then I guess life must be created.
Oh, wait, nevermind. A sandwich is created...
Scientifiquement parlant, quand deux tranches de pain, une tranche de fromage et une tranche de tomate se rencontrent, que se passe-t-il? La Mort est-elle créée?
No? Dans ce cas j'imagine que la vie doit être créée.
Oh, attendez, non. Un sandwich est créé...

 
Toutes les vies se valent-elles?
Un autre argument des pro-choice pour démontrer ce qu'il considèrent comme l'hypocrisie de leurs adversaires est de souligner qu'ils ne croient pas vraiment au fait qu'un embryon soit une personne à part entière, mais le prétendent pour imposer un ordre moral aux femmes.
D'où la question un peu absurde, toujours dans la même  conversation que plus haut :
"si une clinique est en feu et que vous pouvez sauvez un enfant de 2 ans ou (exclusif) une boîte de Pétri contenant cinq embryons issus de FIV, que choisissez vous?"
Il me semble que toute personne saine d'esprit, même pro-life, sauve le gosse, ce qui est censé démontrer qu'ils ne croient pas à le popre rhétorique, mais l'animateur radio refuse de répondre (il appelle ça un H24 scenario, Jack Bower est partout!).
Ca ne prouve pas grand chose, mais l'approche est intéressante.

Je ne sais pas, mais votez pour moi

La mauvaise foi est poussée un peu plus loin par un certain  Pat Toomey
candidat au poste de sénateur de Pennsylvanie, lors d'un talkshow.( il y a deux ans)
Il explique qu'il est  pour l'annulation de Roe vs. Wade, et que les lois sur l'avortement soit du ressort des états . Il ajoute que lui, personnellement et s'il devait voter pour les lois de Pennsylvanie, interdirait l'avortement.
Le journaliste lui demande alors, dans le cadre d'une criminalisation de l'avortement comme quelque chose apparenté à un crime, quelles peines il propose pour les contrevenants.

MATTHEWS:  In other words, if a woman had an abortion in Pennsylvania, what would you do to her?
TOOMEY:  Well, you know, Chris
MATTHEWS:  I'm serious.  What would you do to her?  You said you want to ban it.  You want to use the law to outlaw abortion.
TOOMEY:  That's right.
MATTHEWS:  What would you do to a woman who had an abortion?  What would you do to her?
TOOMEY:  Oh, I think we would first look at the doctor who is performing the abortion and have some penalties
MATTHEWS:  Why?  Why don't you go after the woman?  Why don't you go after the woman?  In any other situation of law and justice, you go after the person who perpetrates the act.  If it's wrong to commit...
MATTHEWS:  No, really.  This is what the whole issue of abortion is and where all the B.S. comes into this argument.  Are you willing to say that you would put a woman in prison for having an abortion?
TOOMEY:  Chris, I'm not sure what the penalty would be.  I'm saying...
MATTHEWS:  Well, say what you want it to be.
MATTHEWS:  You said it should be banned.  Would you please stand up for what you believe?
TOOMEY:  That's right.
MATTHEWS:  If abortion is wrong and it's a crime and it's murder, tell me what the punishment should be.
TOOMEY:  And I'm telling you that there should be legal action taken against the doctor who performs it.
MATTHEWS:  And?
TOOMEY:  And we've got to think through what we would do with regard to the woman.
MATTHEWS:  What would you like to do?
TOOMEY:  But, Chris, that doesn't change the fact
(...)
MATTHEWS:  And you've said we ought to get rid of Roe v. Wade and you said that abortion should be banned in Pennsylvania, but you won?t tell me what the penalty should be.
TOOMEY:  That's right, Chris.
Look, we can take things one step at a time.  I think that the constitutional decision was invalid.  It's perfectly OK to believe that these justices made up a right that doesn't exist in the Constitution without deciding exactly what the penalty should be under all circumstances.
(...)
MATTHEWS:  People on the far right side won't say what they'll do.
They simply say they don't like the way things are now.  What would you do?
TOOMEY:  Well, if we overturn Roe vs. wade, one of the things we could do is leave it to states to make some decisions about this.
MATTHEWS:  And what would you support Pennsylvania doing?  You are running for senator from Pennsylvania.  What should Pennsylvania do to women who decide to have an abortion?  What would you do to them?
TOOMEY:  Chris, I?ve told you, I haven?t figured out what I think we should be doing with
MATTHEWS:  Well, shouldn?t you figure out a few of these things before you run for office? 


Le candidat essaye à plusieurs reprises de se défiler en parlant des peines pour le médecin avorteur. Mais la question précise qui lui est posée  est : quelle peine proposez-vous pour la femme? . le journaliste ne se démonte pas et lui repose la question une bonne dizaine de fois.
Voyant qu'il n'y échappera par, il finit par répondre un lamentable "je ne sais pas encore, il faut qu'on  réfléchisse", or words on that effect...
Hypothèse 1: Ce politicien a à peine le QI d'un enfant de 10 ans, et fait campagne depuis plusieurs années pour une loi sans avoir réfléchi à ce qu'elle pourrait être.
Hypothèse 2 : Les pro-lifers savent parfaitement que s'ils suivent leurs logique de criminalisation de l'avortement jusqu'au bout, il finiront par s'aliéner une partie des femmes, mais que s'ils avouent ne pas avoir l'intention de condamner à 30 ans de prison une femme ayant avortée, ils perdent le soutien des vrais fanatiques, qui veulent le voir puni comme un meurtre.
Une seule solution : se boucher les orilles en chantant "la-la-la, je sais pas, la-la-la!". Voilà une attitude responsable comme on les aime...

Que la vérité soit du côté de l'hypothèse 1 ou 2, ça ne donne pas envie de voter pour lui...

Conclusion : les deux extrêmes
Et rappellons, tout de même, dans un notre souci de balayer devant notre porte avant de critiquer celle du voisin, que l'Union européenne compte un pays où l'avortement n'est pas autorisé même en cas de viol : l'Irlande...
Le compromis hypocrite est que, dans certaines circonstances les mineures sont autorisées à aller avorter à l'étranger, comme 7000 irlandaises par an...

Tiens, d'après Wikipédia, il n'y a en Europe qu'une entité souveraine qui l'interdit même lorsqu'il s'agit de sauver la vie de la mère. Pas d'idées? C'est le Vatican!
Ca ne me surprend guère, mais je me console en me disant qu'au fond, il ne doit pas y avoir des masses de femmes enceintes qui ne peuvent pas quitter les murs de la cité du Vatican...(ou alors Dan Brown est sur le coup...)

Pour terminer sur un point plus positif, devinez quel est le pays où l'avortement ne connaît aucune restrictions légales? Et qui n'est pourtant pas tombé dans la débauche, les flammes de l'enfer ou la fin de la civilisation?
Le Canada, dont le jugement de 1988 (
R. v. Morgentaler) est autrement plus musclé que le Roe vs. Wade des USA.



On dirait bien qu'un débat contradictoire a commencé dans les commentaires. A suivre donc.

J'en profite pour ajouter une petite remarque sur quelquechose qui m'énerve au dernier degré : les étude qui montrent que les femmes ayant avorté ont une plus grande probabilité d'avoir une dépression/des troubles du sommeil/ ... que les autres femmes.
Et comparées aux femmes qui ont porté à leur terme une grossesse non désirée? C'est le choix de la population témoin qui détermine la validité d'une expérience, rappellez-vous...

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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 00:00
Après le rôle positif de la colonisation, voici, le rôle positif de la chrétienté...
(Source des textes : le très hallucinant blog Stop the ACLU, qui comme son nom l'indique aime assez peu l'American Civil Liberties Union.)

Le sénat du Missouri a voté une résolution qui considère que la prière à l'école n'est pas une entorse à la séparation de l'Église et de l'État, mais plutôt une reconnaissance  justifiée du rôle positif joué par la religion chrétienne dans la grande nation qui est la nôtre, les États-Unis d'Amériques.

Voluntary prayer in public schools and religious displays on public property are not a coalition of church and state, but rather the justified recognition of the positive role that Christianity has played in this great nation of ours, the United States of America.

Le plus déprimant étant, je pense, les attendus :

(...)
Whereas, we wish to continue the wisdom imparted in the Constitution of the United States of America by the founding fathers; and

Whereas, we as elected officials recognize that a Greater Power exists above and beyond the institutions of mankind: (...)

Attendu que nous souhaitons perpétuer la sagesse donnée à la Constitution des E-U par les pères fondateurs, et
Attendu que nous, élus officels, reconnaissons qu'une Puissance Supérieure existe au-dessus et au-dessous (?) des institutions humaines,


Je pense qu'ils ne sont même pas au courant que certains des Pères fondateurs étaient tout sauf bigots...

This would be the best of all possible worlds, if there were no religion in it.
-John Adams (président et père fondateur)

The Bible is not my book nor Christianity my profession. I could never give assent to the long, complicated statements of Christian dogma.
Abraham Lincoln (juste président, mais assassiné)

Par ici pour quelques citations supplémentaires, ou beaucoup d'autres.

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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao