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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 02:13
Pour la première partie des mots ansés allez donc voir par là-bas si j'y suis.

Catharsis : Sans doute une des raisons pour lesquelles je pleure bien plus au cinéma, ou sur mes livres, que dans la vraie vie.

Catilinaire : Un peu comme une philippique, mais trois cents ans plus tard, et en latin. Oeuvre d'un pois-chiche célèbre.

Chalaze : Vous en avez déjà vu plein, même si vous n'avez jamais lu ce mot : voir image ci-contre.
Pour ce qui est du sens botanique, ben, c'est à l'opposé du micropyle.

Chèvrefeuille : Apparemment le nom est dû à ce que sa forme évoque effectivement des oreilles de chèvres, comme en témoigne son nom latin (caprifolium).

Chromaffine : Pour commencer, le mot est amusant (on dirait chromatine prononcé avec une dent cassée).
Et puis la chose est intéressante : les cellules chromaffines se trouvent dans la moelle des glandes surrénales et produisent la plus fameuse des hormones de stress : l'adrénaline. Elles sont capables de relarguer brusquement leur stock sous commande nerveuse (par exemple quand quelqu'un vous hurle dans les zoneilles), ce qui en fait, avec l'axe hypothalamo-hypophysaire, l'exemple type du concept de "synapse neuro-endocrinienne".


Chrysostome : C'est l'épithète non homérique associée au Saint Jean du quatrième siècle, par opposition à st Jean l'évangéliste, pour ne pas dire Saint-Jean-pas-celui-là-l'autre, ce qui la foutrait mal.
De Chryso- : doré et stoma : la bouche, il s'agit donc de Saint Jean Bouche d'Or, comme le chante Brassens :

Les Saint Jean Bouche-d'Or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas. (Mourir pour des idées)

Un peu difficile à caser dans la conversation, je vous l'accorde, si ce n'est pour complimenter un orateur brillant. A défaut, rabattez vous sur les statues  grecques chryséléphantines, c'est-à-dire faire d'or et d'ivoire.

Cinéraire : Juste une bête fleur, avec des corymbes. Doit son joli nom à un aspect supposément cendré. M'évoque irrépréssiblement la prière Miserere.

Cladode : Pousse sur le fragon. Porte une pointe vulnérante.

Cochlée : Limaçon confortablement lové au creux de votre capsule otique. On ne regrette généralement son existence qu'en cas de voisin bricoleur dominical et impénitent.

Coquecigrue : Oiseau imaginaire tenant du coq de la cigogne et de la grue, cher à Rabelais.
Rien de très original : c'est même devenu l'achétype du mot bizarre -si l'on peut dire - : il y a  des  blogs appellés coquecigrue.net et coquecigrue.over-blog.com, c'est pour dire!
A la venue des coquecigrues : quand les poules auront des dents.
Regarder voler des coquecigrues : bayer aux corneilles

Créosote : Ce pourrait être le nom d'un délicieux plat régional. Et ben pas du tout du tout, du tout. La créosote est un mélange complexe d'hydrocarbures polycycliques aromatiques et de composés phénoliques provenant de la distillation du goudron de houille. Et d'après le dictionnaire de l'Académie, ça pue, et ça a un goût dégueulasse..
D'ailleurs, c'est maintenant interdit
Des experts ont fini  par réaliser que  les polycycliques condensés, c'est cancérigène. Seulement trois cents ans après Percival Pott, bien joué les gars.

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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 13:10

La lettre C est très giboyeuse, pleine de mots bizarres et intéressants : il va donc falloir faire plusieurs bouchées, et bien mâcher...

Calomel : parce qu'il est joli, qu'il sonne comme un gourmandise (Les enfants! venez chercher vos crêpes au calomel!) alors que pas du tout. Du tout.
C'est le nom du chlorure mercureux (Cl2HG2), utilisé comme purgatif et vermifuge (miam!). Et surtout c'est un bel exemple de désespoir pour les étymologues : "composé du gr. «beau» et de «noir»", il se présente sous la forme de ... poudre blanche! Essayez de garder une crédibilité intacte, avec des blagues pareilles...

Cantilène
: Boris Vian les préparait en gelée; faire une cantilène s'appelle cantiléner, mais vous feriez mieux de cliquer pour avoir la définition : il vaut mieux ne pas trop croire ce vieux Boris.

Caparaçon
: entre carapace et charançon, quelque chose qui n'a pourtant rien à voir avec les coléoptères...

Caravansérail
: Lieu de repos des caravanes : rien que le mot est une invitation au voyage...

Carcajou
: Celui là est une histoire à lui tout seul...
Si cet animal a un nom pareil, c'est parce que le mot vient de la langue Micmac (ça commence bien...). Aussi appelé blaireau du Canada (on ne rit pas), nous nommerions tout simplement le glouton : je renvoie les oublieux à l'album de Yakari correspondant (les très classiques Prisonniers de l'île, et plus récemment La Vengeance du Carcajou).
A ces trois noms éminemment rigolos, il convient d'ajouter la dénomination scientifique Gulo gulo, qui n'est pas mal non plus.

Il a, je cite, j'aspect d'un petit ours auquel on aurait rajouté une longue queue touffue. Y'en a qui ont de la chance, mais le plus simple pour en apprendre plus est d'aller voir ce qu'en dit le site  officiel du Québec
voir de lire la fiche détaillée (pdf).
Quand à l'aspect le plus drôle de ce petit animal, c'est que c'est une star du cinéma sans que personne ne le sache : je laisse la primeur de ce scoop à un certain Misanthrope, à l'avis très arrêté sur le griffes d'adamantium...
(Indice : bientôt sur vos écrans...)

Casoar : Être affublé d'un casque, et d'une tête bleue, ce n'est pas facile à vivre lorsqu'on partage déjà tous les ridicules de l'autruche, et qu'on a un nom, hum... pas commun.
Si ce nom de casoar à casque vous rappelle quelquechose sans que vous sachiez quoi, j'ai la réponse : vous avez joué à Grand Safari dans votre jeunesse...

(to be continued...)
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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 05:17
Je rigole toujours à la lecture  de Non sequitur, l'excellent comic de Wiley Miller que je lis régulièrement sur ucomics.com.
Non sequitur, c'est du latin passé en anglais et ça veut dire "cela ne se suit pas"; c'est donc utilisé pour décrire une conclusion absurde ou fallacieuse, dans le genre  A+b=0,  et j'aime les champignons, donc Dieu existe.
Rien d'étonnant donc, à ce que le symbole de la BD soit un manchot volant...

Le strip qui justifie cette note, le voici donc: il prouve, si besoin en était, que le plaisir des mots n'a pas d'âge...



- PERPENDICULAIRE!
- Euh.. Qu'est-ce que c'est que ça?
- Oh, certains mots sont juste amusants à crier fort
- Mmm... Oui...
- ACCUSATION!
- RIBOFLAVINE!
- On ne mesure pas toute la bizarrerie de leurs conversations
 avant d'arriver au milieu de l'une d'entre elles.

Ribloflavine, riboflavine...
Pas de doute, elle a du flair, cette petite!

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 01:48
Je continue tranquillement avec ma liste de mots préférés. Après tout, l'ordre alphabétique n'est pas plus mauvais qu'un autre...

Baste : délicieusement désuet, et avec tellement plus de panache que ça suffit!
Balancine : un terme de marine fort poétique, que l'argot a repris, au pluriel, pour désigner ... les bretelles. Moins éthéré, d'un coup.
Balouchistan : Non, il ne s'agit pas d'une contrée échappée d'un album de Tintin, le Balouchistan existe bel et bien, c'est une des provinces pakistanaises.
Balustre : mot masculin quoiqu'on en ait, il désigne la colonnette obèse qui, en nombre et collectivement, constitue une balustrade.
Bosco : maitre d'équipage, et plus beaucoup plus rarement bossu, le lien entre les deux sens restant mystérieux.
Brimborion : un bel exemple, avec colifichet, de la tendance à choisir des mots longs pour désigner des choses sans importance.



Illustration piquée sur le site pédagogique de la BNF, expo l'Aventure des écritures, atelier La lettre et le signe
Psautier de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Lettrine B dans sa page France, XIe siècle © BnF
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20 décembre 2005 2 20 /12 /décembre /2005 07:08
J'ai toujours aimé les mots, parfois pour leur forme, parfois pour  leur sens, ou pour les souvenirs qui les connotent, et souvent juste pour eux-mêmes...

Au fil du temps, j'ai donc accumulé une liste non négligeable de mots mignons ou austères, drôles ou pédants, mais tous attachants. En voici quelques uns.

Acidalie
Aconit, attention, poison!
Acrostiche, les plus célèbres sont lestes... (edit : ou pire encore, voir plus bas)
Adamantin, du diamant
Adminicule, qui remplace avantageusement indice
Agouti, mot ridicule s'il en est, de même que la créature qu'il décrit
Anabase, pour le Thalatta, thalatta! des Grecs de Xénophon
Aphélie, pour le hiatus (on prononce Ap-hélie et non Afélie)
Aristoloche, encore un mot de botanique aux consonnances étranges. Rien à voir avec les aristos, encore moins avec les loches.
Atrabilaire, parfois amoureux, mais ça tourne vite à la scène
Attrition, un peu comme contrition, mais tellement plus joli

La suite pour plus tard


Edit On a trouvé un acrostiche fort surprenant dans un manuel d'anglais au Pakistan : les premières lettres de chaque vers du poème intitulé The Leader épellaient President George W Bush.
Les officiels ont eu la grâce d'avoir l'air embêté, et on demandé la réimpression des manuels.
Article de la BBC, via Brain Not Found.


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17 décembre 2005 6 17 /12 /décembre /2005 00:00
Ambligone : " du grec amblus, faible et gonia, angle. Se disait (jusqu'au Moyen-Age et à la Renaissance) d'un triangle qui possédait un angle obtus. On dit aujourd'hui triangle obtus ou triangle obtusangle."
Sur un site d'étymologie des maths.

Andrinople
: "Teinture rouge de garance, ou, par métonymie, tissu de coton bon marché généralement de couleur rouge.
D'Andrinople, ville qui avant son rattachement à la Turquie en 1923 connut sous les Grecs une florissante industrie textile".
(TLFi)
Par le dictionnaire des synonymes en ligne, en cherchant le champ lexical de rouge.



Et hop, une nouvelle catégoraie pour aider à l'archivage : Emois et mots
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20 novembre 2005 7 20 /11 /novembre /2005 00:03
Au menu aujourd'hui : Orthèse et Leucoprésie

o Le premier se comprend si on le met dans le contexte "Prothèses, orthèses, contention" : il s'agit d'un appareil qui corrige et facilite l'activité d'un organe existant, là où la prothèse remplace un organe absent.

o Le second est un mystère : il n'apparait ni dans le petit Robert, ni dans le Grand Robert, ni dans le Trésor de la langue française informatisé.
Pire encore : 0 (zéro) résultat Google! Rien, que dalle, peau de zob, que tchi... Mystère et boule de gomme.
Mon seul indice : je l'ai rencontré dans un contexte médical pédiatrique.

Toute information est la bienvenue....



Pendant que j'y suis, laissez moi vous parler de mon dernier coup de foudre.
Comme me l'a appris Jean Véronis l'inimitable
le Trésor de la langue française informatisé existe maintenant en accès direct, au lieu de la fastidieuse recherche par liste.
Et c'est bien.
Si vous voulez tester, voici la belle barre de recherche. Je l'ai aussi installé dans la colonne de gauche, rien que pour vos yeux (et aussi par snobisme, rassurez-vous...)

Ce qui est encore mieux, c'est que si vous allez sur cette page et que vous cliquez sur TLFi, votre navigateur Firefox gagne une barre de recherche qui pompe directement dans ledit dico.
Et ça, c'est du bonheur pur.

NB : Pour les biologistes, la même chose existe pour Pubmed, ce qui est pas mal euphorique aussi...


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25 septembre 2005 7 25 /09 /septembre /2005 00:00
Attention, attention! Ouvrez grand vos esgourdes et vos mirettes, voici encore une de mes devinettes de derrière les fagots.

En jeu : un carambar et mon respect pour la première question, deux carambars supplémentaires et mon admiration pour la deuxième....

1. Quelle particularité partagent les mots qui suivent?
2. Et quel adjectif utilise-t-on pour la décrire?

aide, solde, mode, manoeuvre, foudre, trompette, vase...

Je continue:

aigle, crêpe, moule, page, manche, geste, voile, espace...

Toujours pas? J'en rajoute une couche :

couple, enseigne, critique, garde, vapeur, relâche, tour...

Pas de problème, j'ai de la réseve !

livre, mémoire, oeuvre, page, guide...

Ou encore :

physique, pendule, poêle, parallèle.

Eh bah dites donc, si avec tout ça vous ne voyez pas, je ne peux plus rien pour vous : je crois bien avoir épuisé le stock dans toute la langue française!

Vous pouvez laisser votre réponse en commentaire, avant le jour où je déciderai de donner la réponse, à minuit, le cachet de la poste faisant foi...



NB : La réponse "Ils sont tous écrits en bleu" ne sera pas acceptée...



Edit :
Toutes mes félicictations à Démiurge pour sa résolution virtuose du problème!
Et oui, tous ces mots ont en commun de changer de sens en changeant de genre, ce qui leur vaut le qualificatif d'épicènes.
Il ne me reste plus qu'à trouver des carambars caramel...



Edit 24/05/07 : Du nouveau sur la question par ici et par là...


 
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23 août 2005 2 23 /08 /août /2005 00:00
Entre mes tribulations toilesques et mes inavouables lectures de fantasy, imaginez-vous que j'ai largement eu l'occasion de réfléchir aux références les plus utiles parmi les dictionnaires de langue anglaise.
Bien sûr, en terme de langue littéraire,  l'Oxford English Dictionary reste une référence indépassable, mais il est loin d'être accessible à toutes les bourses, même dans sa version compacte où les 20 volumes sont réduits juste qu'à tenir dans un format A4, la loupe nécessaire à la lecture étant vendue avec...(1)
Par ailleurs, son accès en ligne est payant.

J'utilise donc le Cambridge Dictionary online, qui se défend raisonnablement bien, et le Webster, qui est en général plus complet quoique plus américain. (2)
Mais tout cela n'est pas d'une grande aide quand il s'agit de comprendre des expression toutes faites, ou de l'argot moderne.
À chaque problème, sa solution...

Dans le premier cas, la section Idioms du New Dictionary of Cultural Literacy disponible sur Bartleby est un excellent moyen de d'éclairer certaines locutions obscures, et de s'amuser de l'éventuelle ressemblance avec le français (l'exemple de elbow grease -huile de coude- est éloquent).

Pour les aspects d'anglais plus familier, je recommande chaudement le Urban Dictionary, dictionnaire d'argot enrichi par ses utilisateurs. Il ne faut pas hésiter à lire toutes les définitions d'un même mot, elles valent en général le coup d'oeil...
Extrêmement utile pour essayer de comprendre les paroles de certains tubes de Spinal Tap!



(1) Je croyais jusqu'à dernièrement que seules les bibliothèques étaient susceptibles de faire ce genre d'investissement, mais je sous-estimais le pouvoir de la geekitude... Bah, quand je serai riche (et éventuellement Maîtresse du Monde, même si le secteur semble un peu bouché), je me l'offrirai peut-être.
(2) En cas de controverse sur une prononciation que ces deux références, même Alphabet Phonétique International à la main, ne permettent pas de régler, une seule solution : décrochez le téléphone pour interroger un heureux possesseur du Longman Pronunciation Dictionary de votre connaissance.
Un must : transition se prononce-t-il tran-zee-chun ou tran-see-jun ? Discutez.
Vous avez deux heures.


 
PS : Pour les geeks, la solution la plus simple est sans doute kdict, qui de débrouille méchamment bien en terme de multiplicité de bases de données.
 
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3 juin 2005 5 03 /06 /juin /2005 00:00

Palinodie : C'est une rétractation, un retour sur ce qui a été dit. Très facile à placer dans la conversation :
La palinodie  de Jacques Delors sur le "plan B" du référendum...
Facile, je vous dis! On dit aussi : chanter la palinodie.

Peccamineux
: Qui est un péché.
Bravo, ton gâteau au chocolat est vraiment peccamineux!
Mon exemple ne vous convaint pas? Alors je propose :
L'amour peccamineux de Roméo et Juliette.
Mais c'est parce que vous ne savez pas ce qui est bon...

Palimpseste
: Le mot désigne un objet qui n'existe plus guère : un parchemin qui a été gratté de son texte pour pouvoir être réutilisé. Les paléographes, qui savent s'amuser, essayent de reconstituer le texte effacé. Faut bien s'occuper...

* L'oubli n'est autre chose qu'un palimpseste.
(Victor Hugo, L'homme qui rit)


* Les Palimpsestes des prisons, ouvrage de Cesare Lombroso qui recueille à la fin du dix-neuvième siècle des annotations, graffitis et messages divers trouvé dans les prisons italiennes.
Es-tu bête! Il faut des voleurs aux juges! En voilà un bon métier...
Édifiant, et surtout téléchargeable gratuitement en format PDF sur Gallica, le site des ressources numériques de la BNF.
Elle est pas belle, la vie?


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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao