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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 23:47
Encore quelques gemmes lexicologiques tirées de mes périgrinations internautiques, pour le plus grand plaisir des gourmands philologues.

D'abord, j'ai découvert le sens non argotique du mot cuite. Cela veut dire en gros «ce que l'on cuit en une seule cuisson», par exemple... le contenu de l'alambic d'un bouilleur de cru.
C'est d'ailleurs dans ce contexte que je suis tombée dessus, dans un site discutant les procédés de fabrication du kirsch, accompagné de mots aussi glamour que pied de chèvre et charmotte.
Mais ce n'est pas de ces termes bucoliques que je veux vous entretenir aujourd'hui : on va se risquer dans le bizarre...

Musth (n.m.) : Ce mot étrange, d'origine persane, décrit un phénomène très particulier qui peut être observé à peu près une fois par an chez les éléphants mâles adultes, tant d'Afrique que d'Asie .
sécrétion temporale noirâtre pendant le musthChez l'éléphant en musth, les glandes temporales gonflent et émettent une substance noirâtre visqueuse qui dégouline le long de la tête, souvent jusque dans la bouche de l'animal ; on y trouve une forte concentration de testostérone, ainsi que moults composés très odorants.
Le mâle urine presque en permanence (une libéralité rare, dans la sécheresse de la savane africaine), au point que l'extrémité de son prépuce prend une teinte caractéristique blanche à verdâtre (avouez que vous aimez lire mes descriptions...).
Il se met à gronder dans les basses fréquences, et surtout il devient  irritable et souvent extrêmement violent. La plupart des histoires d'éléphants domestiques devenus meurtriers dans un accès de folie correspondent en fait à une poussée de rage destructrice due au musth (et à la probable douleur liée au gonflement de la face et de la trompe).

Tesseract (n.m.) : Encore un mot tout aussi délicieux qu'ésotérique, et qui vient lui du grec pour «quatre rayons».C'est le nom que ses amis donnent à l'hypercube de degré 4. Ça ne vous parle pas ? On va essayer d'être plus clair.

Sur une feuille de papier calque (ça marcherait aussi avec un papier normal, mais c'est important pour la suite, Mieux-aimée), qui a deux dimensions, je peux dessiner un carré, caractérisé par l'égale longueur de ses côtés*.
Dans l'espace, qui a une dimension supplémentaire c'est-à-dire trois, je peux construire avec des baguettes et de la mie de pain un cube dont chaque face est un carré : c'est déjà, en soi, pas mal miraculeux quand on connaît ma dextérité habituelle.
Mais essayons de faire les choses autrement : on peut aussi dessiner ce cube en prenant la feuille de papier calque sur laquelle on avait tracé un carré et la soulever doucement, tout en la gardant à l'horizontale. Au cours du temps et devant nos yeux ébahis, notre beau carré va donc «monter les murs»  d'un cube un peu spécial : il a deux dimensions spaciales (la feuille) et une dimension temporelle...
On s'en fiche, me direz-vous, c'est toujours un cube, même si on ne peut en voir qu'une section à la fois, au fur et à mesure de la montée de la feuille ! Exactement mes agneaux, vous avez tout compris.
Mézalor, comment  construire un cube dans quatre dimensions ?  Encore une fois, grâce au mouvement !
Tout simplement en imaginant l'objet constitué par le cube à tous les instants au cours de son déplacement. C'est une trajectoire solide, à quatre dimensions, dont nous ne percevons que la partie qui est à l'instant t puis t', puis t''...
Hé bien en gros c'est ça, un tesseract...

Voilà pour la partie intuitive de la chose : pour plus de détails, vous pouvez vous faire peur avec la définition exacte, ou, mieux, plonger directement dans les merveilles de la quatrième dimension, grâce au superbe film Dimensions de Jos Leys, Étienne Ghys et Aurélien Alvarez, qui fascinera même les plus réfractaires**.
Pas l'ombre d'une d'une équation dans ces mathématiques-là, juste la brusque conscience que cinq sens, c'est décidément ridicule pour appréhender toutes les possibilités de l'univers... L'élégance des projections de ces objets sur nos pauvres trois dimensions laisse rêveur quant à leur inaccessible beauté. 
En outre, le film est disponible en neuf langues, et distribuable gratuitement : des révélations comme ça, ça se partage !
 
Sur ce, mon fidèle compagnon d'exploration du réseau s'est décidé à ronfler comme un moteur de Formule 1*** : je crois qu'il essaye de me dire d'aller en faire de même sur mon moelleux ami l'oreiller...

* En général, j'échoue, mais c'est une autre affaire.
** Voilà longtemps que je cherchait un prétexte pour en parler ici. Merci à David de me l'avoir fait découvrir. 

*** Note to self:  Il va être temps de faire un backup massif un de ces quatre...


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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 00:42
Certes non, l'orthographe n'est pas démocratique, et s'il fallait être irréprochable pour pouvoir utiliser le language, la vie serait un long silence.

Ces considérations circonvolutionnées sont dues à deux facteurs : j'ai eu une journée bien remplie et mon encéphale est en conséquence réduit à une masse cotonneuse et gélifiée, et j'ai par ailleurs découvert qu'une fissure contournée et irrégulière s'appelle en français correct une anfractuosité. Avec un A comme "Ah bah ouais".

J'ai mis quelques minutes à me remettre de ce choc : le mot fautif d'infractuosité, avec un I comme "Idiot", n'a en fait jamais existé que dans mon imagination, que j'ai certes toujours su galopante, mais tout de même.

Alors, cette anfractuosité, qu'en fais-je ? Pour citer un ami qui me manque toujours, au sujet d'une demoiselle qu'il venait de rencontrer : "soit je la déteste, soit je tombe amoureux". Il ne me reste plus qu'à l'ajouter à ma liste des mots mieux-aimés...


Edit : il y a avait une faute d'orthographe délibérée dans le titre, mais jeu les anlevez : elle n'était pas assez horrible pour être perçue comme telle...

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 15:22
Je viens de recevoir un commentaire fort intéressant sur l'article Évolution googlienne : Korben m'y fait remarquer que ma traduction de la phrase générée aléatoirement est discutable. Discutons donc, et commençons par reprendre la phrase d'origine :

feel the wrath of salivating mushroom eating frog aliens with microwave ovens.

Le débat porte sur la partie salivating mushroom eating frog aliens.
Ma traduction propose qu'il s'agit d'un
salivating mushroom (champignon salivant) qui se trouve être en pleine action de eating frog aliens (manger des extraterrestres grenouilles).
Korben remarque que pour permettre une telle interprétation il faudrait un article, défini ou non :
the wrath of the salivating mushroom,
ou alors la marque d'un pluriel :
the wrath of salivating mushrooms.

Mais alors, en l'absence de l'un et de l'autre que traduire ? Korben propose de redécouper la phrase comme il suit :

the wrath of [salivating [mushroom eating] frog aliens] with microwave ovens
Il s'agirait donc cette fois d'extraterrestres grenouilles, salivants et mangeurs de champignon.
Pour que la phrase soit complètement correcte grammaticalement, il ne manque alors qu'un trait d'union pour former l'adjectif
mushroom-eating, ce qui esr bien plus acceptable que le mystère de l'article dans la version précédente.

Je m'en vais donc de ce pas corriger mon billet, et je remercie mon commentateur pour sa vigilance !
Alors que devant la silence de ces dernières semaines je commençais à m'interroger sur la pertinance de laisser les commentaires ouverts, me voici confortée dans mon choix...



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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 12:00
Je sais, je sais, je vous délaisse, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu d'addition à ma mirobolante liste de mots intéressants commencée il y a déjà deux ans et demi et qui, souvenez-vous, a déjà laborieusement couvert les cinq premières lettres de l'alphabet : A, B, C et Cbis, D et E.
Je m'attaque donc à la suite, parce que même la plus haute montagne se monte à petits pas :

Falbala : un mot qui serait sans doute tombé dans l'oubli presque complet si la notoriété d'Astérix n'était venue à son secours. En conséquence, on sait maintenant que les falbalas -pour ridicule que soit le terme-, rendent les obélisques tout chose.

Félibre : fait penser à félin et à tigre, mais n'a rien à y voir, pas plus qu'avec son anagramme fébrile. Il s'agit en fait d'un mot provençal traduit dans l'oeuvre de Mistral par docteur de la loi, c'est-à-dire poète, ou prosateur de langue d’oc

Fouir : comme ça juste en passant, ce verbe improbable et néanmoins fort nécessaire.  Et je tiens de première main une mirifique histoire de campagnols fouisseurs marqués par une terrible malédiction, je vous raconterai ça un jour, du sang, du mystère, de l'angoisse, je ne vous dis que ça...
 
Frangipane : sans opinion particulière sur l'objet culinaire décrit, je n'arrive cependant pas à m'empêcher de trouver le mot fascinant et à tenter de le décomponser des façons les plus improbables (frange-y-panne, franc-gît-panne...) Notablement utilisé par un ami pour parler de ses frangins.

Fulgore : quand il ne désigne pas un
personnage de jeu vidéo (d'ailleurs fort laid), ce mot est le nom d'un insecte amazonien très doué en mimétisme, Fulgoria lanternaria, ce qui se traduit par le patronyme un peu long mais terriblement philosophique de fulgore porte-lanterne. (Edit : Une remarquable galerie photo lui tire le portrait.)
Et pour ajouter au pittoresque, la légende populaire, erronée comme souvent, utilise de pacifique suceur de sève comme
argument pour la gaudriole :
On a dit qu'il pouvait émettre de la lumière et que sa morsure était mortelle... à moins que la victime fasse l'amour dans les 24 heures !

Fulmicoton : force est d'a
dmettre que ce mot à trois zillions de fois plus de classe que nitrate de cellulose, qui veut pourtant dire la même chose. Je me souviens distinctement l'avoir découvert dans De la Terre à la Lune, de ce bon vieux Verne.

Fulminer
: en voilà un verbe amusant... quand j'était gamine, je l'associait à l'idée de flamme et de fumée, alors imaginez ma surprise quand j'ai découvert l'expression fulminer une bulle (papale, bien sûr)...
La métaphore est en fait celle de la foudre, lancée avec colère (ou au moins grande fermeté) par un personnage d'autorité, comme par exemple
le dieu Io.

Et hop, une lettre de plus ! Qui sait, j'arriverai peut-être à finir l'alphabet avant ma ménopause...

Edit : Lien et orthographe corrigés, merci Cyril !

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 22:12
C'est un peu mort, par ici, ne trouvez-vous pas ?
Croyez bien que je trouve cela dommage, mais en ce moment ce petit blog ne remplit pas les critères nécessaires à l'affectation d'un budget de temps et d'énergie conséquent... Celà devrait changer à terme, si tout va bien...

En attendant, deux mots délicieux pour vous faire patienter :

Cacouac : nom masculin.
Selon Voltaire, D'Alembert est un cacouac.
Étymologie : « Cacouac est un mot grec qui signifie mauvais, avec une terminaison iroquoise qui ne signifie rien.» (Charles Nodier).
Vousn'y comprenez rien ? Allez lire toute l'histoire.

Nostoc
: nom masculin.
Aussi appellé vitriol végétal, crachat de lune, fleur de ciel, perce-terre, perce-pierre, vitriol végétal, salive de coucou, écume de terre, beurre magique, ou encore star jelly
en anglais.
Espèce de Cyanobactéries poussant en colonies gélatineuse et hygrophile, dont on a lontemps cru qu'elles tombaient du ciel pendant la pluie.

Si ça ne vous suffit pas, tentez d'aller voir sur
ma page del.icio.us, que je vais essayer d'apprendre à utiliser.

Et soyez sages !


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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 00:20
Mais jamais les mêmes mots...
Voici la fournée du jour :

galuchat-beige-vrai.jpgp-jarre-detail-galuchat.jpgGaluchat : peau de poisson tannée et utilisée en reliure et en maroquinerie.
Apparemment, il s'agit de poissons cartilagineux (raies et requins) en particulier la raie. Et d'après les images que j'ai trouvées, c'est quand même pas mal joli.

Somatotype : une théorie  psycho-physiologique à la mode à la fin du XIXe siècle classait les gens en trois  "types corporels" = somatotypes, de soma le corps, en se basant sur lequel des trois feuillets embryonnaires était censé dominer la constitution.
  • Si c'est le feuillet interne (endoderme, qui forme le tube digestif et ses annexes) le somatotype est endomorphe : gros, lourd et potelé
  • Si c'est le feuillet médian (mésoderme, qui forme les muscles) il est mésomorphe : grand, musclé, solide
  • Enfin, si c'est le feuillet externe (ectoderme, qui donne le système nerveux et la peau) on parlait de somatotype ectomorphe : allongé, délicat, muscles réduits
Cette théorie reflétait de façon assez amusante celle des trois âmes (végétative, animale et intellective) d'Aristote. Elle est aujourd'hui abandonnée.
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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 00:01
Vite en passant :

Entéléchie
, un mot bizarre et un peu laid pour une idée finalement assez simple, quoiqu'aristotélicienne : la perfection, la réalisation de toutes les potentialités. Le terme aussi été utilisé pour une certaine forme de vitalisme soutenue par l'embryologiste Hans Driesch à la fin du XIXIe siècle.

Flamine : malgré les apparences, c'est un nom masculin, qui désigne un prêtre romain dédié à une divinité précise. Ça n'avait pas l'air drôle tous les jours, d'être un flamine :
les minutieuses observances qui lui étaient imposées le rendaient l'esclave de ses fonctions sacerdotales. Il devait être patricien, né d'un mariage par confarréation, ne jamais sortir de Rome, ne pas monter à cheval, éviter le contact ou la vue de tout objet impur, suivre exactement pour son costume, pour la coupe des cheveux et de la barbe, les prescriptions religieuses, renoncer à toute autre fonction publique. Les seules compensations qu'on lui accordait pour cet esclavage assujettissant, c'était de porter la prétexte, d'avoir un licteur, la chaise curule et un siège au Sénat.
Forcément, avec des conditions de travail pareilles, la pénibilité et puis même pas de tickets repas, faut pas s'étonner :
ce poste était peu envié ; il resta vacant, à la fin de la République, pendant soixante-quinze ans.
Ce qui nous donne un excellent prétexte pour ajouter à la liste les mots :

Curule, qui ne peut guère désigner qu'une chaise ou un édile.
et
Confarréation, une forme de mariage romain particulièrement sollennelle.
La rupture d'un tel mariage était la diffarréation.

C'est tout pour aujourd'hui !

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 00:00
Dans la catégorie des "mots dont on aimerait que leur objet soient trop rares pour qu'on les invente",  je vous présente :

Gossypiboma : venant du grec gossypium, le coton et de boma cachette en Swahili (depuis quand les termes médicaux ont-ils des racines swahili ? c'est la première fois que j'en entends parler....)
Le mot désigne le foyer d'inflammation du à l'oubli d'une compresse dans le corps pendant une opération chirurgicale...

Textilome : en l'absence d'infection,  la compressse va s'enkyster, éventuellement voyager dans le corps (!).
Ces textilomes peuvent aussi évoluer en des formes occlusives, hémorragiques, infectieuses, qui nécessitent une chirurgie d'urgence. Des décès par septicémie (envahissement par des bactéries et infection généralisée) ont été signalés.
La fréquence de ce genre d'accident médical est de 1 pour 3 à 5 000 opérations, avec une probabilité plus importante, on s'en doute, dans les opérations effectuées en urgence, et celles effectuées sur les personne très corpulentes.
Je note aussi que
In the US and many other countries surgical gauze is manufactured with radiopaque threads that are easily identified on radiographs
Aux Etats Unis et dans de nombreux autres pays, les gazes chirurgicales sont fabriquées avec des fils opaques aux rayons X qui sont aisément identifiés sur les radio.

Parce que bon,  quitte à les oublier, autant aller les rechercher le plus rapidement possible, sans les confondre avec un kyste des ovaires ou  je ne sais quoi d'autre...
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 00:00
Je viens de me rendre compte que je confondais deux expressions qui ne recouvrent pas du tout la même chose : les relevailles et le retour de couches.

Les relevailles correspondent au moment, éventuellement marqué par une cérémonie, où une accouchée de fraîche date se « relève » de ses couches, et apparaît en public, en particulier à l'église. Selon les endroits, elles avaient lieu entre une semaine et un mois après l'accouchement, avec quelques finesses (Provence) :
On choisissait le jour des relevailles avec soin. Il s'agissait de préférence d'un samedi, ou à défaut d'un mardi ou d'un jeudi, mais jamais d'un vendredi, d'un mercredi, d'un lundi ni d'un dimanche qui portaient malheur. On évitait aussi que le jour tombât un 13. La date préférée était le 2 février, jour des relevailles de la Vierge Marie.
Voire de l'obstination :
Les relevailles, précisons-le, étaient essentielles. Elles devaient être respectées même si la mère mourait en couches. On observait alors un simulacre de relevailles, mais nul doute que si la cérémonie n'était pas faite, la défunte ne pouvait accéder au repos de son âme. Précisons que, dans l'esprit des Provençaux, une femme morte en couches allait systématiquement au paradis
Il est à noter que dans la tradition biblique (Lévitique 12) les femmes n'ont pas le droit de se présenter au temple pendant 40 jours après l'accouchement d'un garçon, le double si l'enfant était une fille.

Le retour de couches, c'est tout simplement... les premières règles post partum. À ne pas confondre avec les lochies (encore un mot invraisemblable !).

Une excuse pour cette confusion : dans les traditions où les relevailles sont tardives, elles fêtent justement le retour de couches.
Vous aurez remarqué que, dans mon infinie mansuétude, je me suis abstenue d'illustrer cet article. J'essaye de ménager les âmes sensibles...




J'en profite pour lister les rares mots en "aille" qui s'utilisent toujours au pluriel, courtesy of the TLFI :
accordailles, subst. fém. « fiançailles »
épousailles, subst. fém. « célébration d'un mariage »
fiançailles, subst. fém. « promesse solennelle de mariage, échangée entre futurs époux; temps qui s'écoule entre la promesse et la célébration du mariage »
relevailles, subst. fém. relig., « rite chrétien par lequel une accouchée vient remercier Dieu; vieilli ou rural, (le) fait de se lever, de relever de couches »
retrouvailles, subst. fém.
Je n'en vois effectivement pas d'autres.

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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 00:00
Je vous parlais il y a peu des noms communs masculins se terminant en -ée. Ils viennent du grec (neutre en -eon ou, -eion -aion) en passant par le latin (neutre en -eum), et la liste n'en est pas si courte que cela :
- Androcée (terme botanique, symétrique de gynécée, il désigne l'ensemble des étamines -donc des organes mâles- d'une fleur)
- Apogée
- Athanée (funérarium)
- Athénée (lycée en Belgique)
- Caducée (le symbole d'Hermès et des médecins)
- Camée
- Chorée (synonyme de trochée, à ne pas confondre avec la chorée)
- Colisée
- Coryphée (chef du choeur dans la tragédie grecque)
Collection de scarabées au musée de Melbourne, Australie
- Dichorée (pied composé de deux chorées)
- Elysée
- Empyrée (le quatrième ciel -comptez-bien...-)
- Gynécée (appartement des femmes)
- Hyménée (festivités nuptiales, mariage)
- Hypogée (contraire d'apogée. Le mot hypogé est aussi un adjectif en botanique, mais son contraire est alors épigé)
- Lycée (là où vont les jeunes loups...)
- Mausolée (d'après la tombe du roi  Mausole)
- Musée
- Nymphée (la fontaine Wallace des Grecs)
- Périgée (astronomie)
- Périnée (anatomie, à ne pas confondre avec péroné, la confusion pouvant mener à bien des déconvenues... Permet à certains de faire remarquer qu'il n'y a pas si loin de la croupe aux lèvres.)
- Propylée (vestibule d'un temple)
- Prytanée
- Pygmée
- Scarabée (si cétoine c'est donc ton frère...)
- Spondée (le pote à Dactyle, toujours fourrés ensemble ces deux-là...)
- Trochée (à ne pas confondre avec la trochée)
- Trophée

Parmi les noms masculins en -ée ne rentrant pas strictement dans cette liste, on note le mot Sigisbée (chevalier servant), qui vient de l'italien cicisbeo et non du grec, ou plus simplement... rez-de-chaussée !
Les noms propres comme Orphée et Morphée ne comptent pas (à mon avis) du fait de leur terminaison en -eus, de genre masculin (comme Odysséus, Ulysse).
Macchabée, lui, vient de l'hébreu, d'après Judas Macchabée (Yéouda Hamakabi), l'un des neuf Preux médiévaux. Pas de doute : les voies de l'argot sont impénétrables...

On peut aussi discuter du statut du mot athée, qui n'est qu'un adjectif substantivé, du grec atheos. Je ne l'ai pas ajouté à la liste, mais son statut de "piège orthographique" lui mériterait peut-être une petite place.

Pour terminer, signalons quelques noms féminins éminemment trompeurs :
Panacée (qui guérit tout)
Chorée (de Hungtigton)
Trochée au sens forestier du terme
Voilà... Je crois avoir à peu près fait le tour de la question, entre autres grâce aux commentateurs de Langue sauce piquante. N'hésitez pas à me signaler un oubli !



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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao