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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 23:44
Dans la mythologie et les allégories, l'Occasion est l'une des acolytes ou des avatars de la Fortune : elle se présente en générale comme une très belle femme pourvue d'ailes au dos ou aux pieds, ou  encore chevauchant les nuées, car elle est très rapide
Elle se reconnaît surtout à un trait caractéristique :

Fronte capillata, post est occasio calva
Au front l'occasion est chevelue, mais elle est chauve à l'arrière.
Disticha de Moribus, attribué à Caton

Pourquoi ? Parce qu'il faut la saisir aux cheveux lorsqu'elle arrive : une fois passée, elle ne peut être rattrapée...
On trouve aussi l'Occasion dans de nombreux livres d'emblèmes :
Elle est parfois mise sur une roue, comme la Fortune, et montrée avec une rasoir à la main, car elle tranche sans pitié...

Les vers du Distique ont donné lieu à une multitude de reformulations, dont une par Abraham Cowley.
Cela qui m'a permis de découvrir l'existence de cet auteur hors du commun, qui a commencé sa carrière littéraire par une romance épique intitulée La Tragique histoire de Pyrame et Thisbé, avec une structure de strophe en six vers de son invention.
Il avait dix ans.
(Ouaip. Ça contre-balance un peu le point de vue de mon autre article, hein? )

Il y écrit par exemple :
Who lets slip fortune, her shall never find:
Occasion once past by, is bald behind.

J'ai trouvé une citation qui lui était aussi attribuée, mais qui semble plutôt appartenir à Thomas Edison (ne me demandez pas comment quelqu'un a pu confondre...)

Opportunity is missed by most people because it is dressed in overalls and looks like work.
La plupart des genre passent à côté de l'Occasion parce qu'elle est habillée d'un bleu, et ressemble au travail.

Je pourrait continuer longtemps : ce ne sont pas les citations  qui manquent sur le sujet, que ce soit en français, chez evene.fr et citations.ca ou en anglais, ici ou .

Comme dirait Nac, have fnu!
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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 08:44
Une justification pour cette rubrique de Guillemets :

By necessity, by proclivity, and by delight, we all quote. In fact, it is as difficult to appropriate the thoughts of others as it is to invent.

Par nécessité, par inclinaison ou par plaisir, nous faisons tous des citations. En fait, il est aussi difficile de s'approprier les pensées d'autrui que d'inventer.




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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 14:09
Les anniversaires tombent  ces temps-ci  comme des grenouilles : en pluie.
En pensant à ceux que les seuils chiffrés intimident, voici donc un petit bout de poème :

It is too late! Ah, nothing is too late
Till the tired heart shall cease to palpitate.
Cato learned Greek at eighty; Sophocles
Wrote his grand Oedipus, and Simonides
Bore off the prize of verse from his compeers,
When each had numbered more than fourscore years,
And Theophrastus, at fourscore and ten,
Had but begun his "Characters of Men."
Chaucer, at Woodstock with the nightingales,
At sixty wrote the Canterbury Tales;
Goethe at Weimar, toiling to the last,
Completed Faust when eighty years were past.
These are indeed exceptions; but they show
How far the gulf-stream of our youth may flow
Into the arctic regions of our lives,
Where little else than life itself survives.

Je rappelle :  a score= vingt, donc fourscore = quatre-vingt.
Dans le même ordre d'idée, Borges a entrepris à plus de quatre-vingt ans d'apprendre l'arabe classique pour pouvoir lire Les Mille et une nuits dans le texte...
Take heart! all is not lost yet ... ;-p



Edit draconique, sur demande :
Voici une traduction quasiment mot à mot. C'est volontaire, à destination des non-anglophones qui voudraient s'y retrouver vis-à-vis de l'original.

Il est trop tard ! Ah, il n'est jamais trop tard
Jusqu'à ce que le coeur fatigué cesse de palpiter
Caton apprit le  grec à 80 ans ; Sophocle
Écrivit son grand "Oedipe" et Simonide
Emporta le prix de poésie face à ses pairs
Quand chacun d'eux comptait plus de quatre-vingts ans
Et Théophraste, à quatre-vingt-dix ans,
Avait à peine commencé ses "Caractères humains".
Chaucer, à Woodstock avec les rossignols,
Écrivit les "Contes de Canterbury" à soixante ans,
Goethe, à Waimar, travaillant jusqu'au bout,
Finit "Faust" à quatre-vingts ans passés.
Ce sont de fait des exceptions, mais elles montrent
Que le Gulf-stream (chaud courant) de la jeunesse peut couler bien loin
Dans les régions arctiques de nos vies
Où peu de choses survivent à part la vie elle-même.

Où je découvre que je dois lutter contre l'impulsion de considérer "écrit" comme la troisième personne du passé simple, au lieu d'"écrivit".

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 17:18
Ma bonne dame, où va-t-on?

        La vie, hélas! n'est qu'un tissu de coups de poignard qu'il faut savoir boire goutte à goutte.
           Maître Bafouillet, avocat du Sapeur Camember

Il fallait que cela fût dit.
En bonus : une aventure du Sapeur qui me rapelle un peu les quatre tiers du picon-citron-curaço de César..
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 21:44
Pour ceux qui n'auraient pas vu la citation dans mes histoires très courtes....

En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez.
Beaumarchais, Le Mariage de Figaro

Et quand l'idée d'un libertin français est reprise par un cynique américain un siècle plus tard, ça donne :

Sometimes too much to drink is barely enough.
Parfois, trop boire est à peine assez.

Signé Abie, She of the Pustulous Throat
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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 00:14
Que penser de ceux qui veulent à toute force être héroïque?

"A Knight in Armor on a White Horse" by a follower of Paolo Uccello, oil on panelThe thing about heroism is that it isn’t very glamorous — it’s being in the wrong place at the wrong time and keeping one’s head on straight, [...].

Heroism is predicated on the potential of tragedy, so I worry about those who aim to base their identities on being present during the misfortunes of others.

Le truc avec l'héroïsme, c'est que ce n'est pas très glamour : c'est être au mauvais endroit au mauvais moment, et garder la tête froide.[...]
L'héroïsme a pour prédicat la possibilité d'une tragédie, c'est pourquoi je m'inquiète au sujet de ceux qui basent leur identité sur le fait d'être présent pendant les malheurs des autres.

Spot on, Faux Real...

Un peu de la même façon que vous trouverez des brouettes de gens pour vous expliquer que leur (grand-)mère était une sainte. J'ai parfois l'impression que l'on court après des raisons "objectives" d'aimer (sa mère) ou d'être aimé (je suis un héros).

Sur le même thème d'héroïsation à outrance (pourquoi diable devrait-on tous être des héros?), lisez donc "les héros étaient déjà fatigués..." sur le Big Bang Blog.

Don Quixote Knight and Death Theodor BaierlEdit  17/01 : Un type particulier de héros anonymes est célébré aujourd'hui au Panthéon, ceux qu'on appelle les Justes parmi les nations (et ceux qui mériteraient ce nom).
Ceux qui, au péril de leur propre vie et de façon désintéressée, cachèrent et sauvèrent des Juifs sous l'occupation, chacun selon ses moyens, qui un enfant caché dans la grange, qui des milliers évacués grâce à de faux visas.

D'après les interviews que j'ai pu entendre, le point commun entre les rares (forcément) survivants, c'est justement qu'ils refusent le qualificatif de héros : l'un affirme  que "peut pas y'avoir d'orgueil", ou alors simplement la satisfaction d'avoir donné un bon exemple,
une autre insiste "Je n'ai fait que mon devoir". Voilà qui a une autre gueule que quand Papon utilise le même argument.

Un autre exemple significatif : tous les membres du réseau Danish  Underground,  qui avaient individuellement reçu ce titre, demandèrent à être comptabilisé collectivement comme une seule personne, parce que le résultat est pour eux plus important que les individus qui y sont parvenus.

Rien à voir : Tiens d'ailleurs, je croyais que le caractère inspiré ou non d'un "H" était lié à la racine.
Or :

Le *héros
L'héroïne
L'héroïsme

Y a-t-il un linguiste dans la salle?

Edit : Entendu aujourd'hui à la radio une histoire de tennismen qui
se sont tissés en quart de finale.
Il m'a fallu un moment pour comprendre qu'ils
s'étaient *hissés à ce niveau,
sans compétences tisserandes particulières...

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 23:58
Je sais que le terme fait tiquer certains de mes amis, mais je me considère comme une féministe, bien que je brûle fort peu de bonneterie (au prix que ça coûte de nos jours ma brave dame !).
Je peux également donner dans la véhémence à l'occasion, comme sur d'autres sujets, et je lis de temps en temps quelques blogs sur ce thème, comme Feministing.com ou Feministe.us, pour me tenir au courant.

C'est sur le second que je viens de lire une phrase dont la pertinence m'a frappé : comment n'ai-je pas fait le rapprochement plus tôt ?

Being born a woman means an increased risk of harassment, or even rape. Of course, being born a man means that you have a much higher chance of being physically assaulted  in public than women do. You have a higher chance of being murdered, too —  but no one uses that as a reason to tell men that they’re “putting themselves at risk” by leaving their homes.

Être née femme implique un plus grand risque de harcèlement et même de viol. Bien sûr, être né homme implique que vous courez un plus grand rique d'être attaqué  en public qu'une femme. Vous avez également un plus grand risque dêtre tué, mais personne n'utilise cela comme un argument pour dire aux hommes qu'ils "se mettent eux-mêmes en danger" en quittant leur foyer.

Je pense en  particulier aux mères qui s'inquiètent pour leur progéniture : elles s'inquiètent pour leurs filles, et les obligent à ne pas sortir tard/rentrer seule/etc (ou à ne pas le leur dire).
Elles s'inquiètent pour leurs fils bien sûr, et... et rien. Elles s'inquiètent jusqu'au retour de la couvée au complet et vont se coucher. Parce que bon, on ne peut tout de même pas empêcher un garçon de vivre juste parce que sa mère s'inquiète...

Un jour, je prendrai ma mère par la main, et on se fera les plus beaux coins de Paris à pied entre 2 et 3h du matin, pour tordre le cou à ses démons et lui montrer que c'est beau une ville la nuit, lorsqu'on entend que le son de ses propre pas.
 

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 12:00
Voici un petit poème qui ne date pas d'hier, pour vous montre que l'allergie chronique aux réunions de famille n'a rien de neuf...

Moi, ça m'emmerde l'jour de l'an :

C'est des giri's, c'est des magnières,
On dirait qu'on est des rosières
Qui va embrasser sa maman.

C'en est des fricassé's d'museau :
Du p'tit môme à la trisaïeule,
Les gén'rations s' lich'nt la gueule...
Et d'dans ça s'dit : Crèv' donc, chameau!    [...]

J'adresse donc toutes mes condoléances à ceux que les fêtes de fin d'année emmerdent, mais qu'il se consolent : demain ils seront tranquilles jusqu'en décembre novembre octobre 2007, date à laquelle le gros barbu rougeaud refera son apparition dans les vitrines...

Pour ma part, je compte bien célébrer l'arbitraire calendaire qui tend à unifier les emplois du temps de tout un chacun... 
Et puis  depuis le "passage à l'an 2000"  (pour ce que ça veut dire) je trouve que le passage du temps ne fait que s'accélérer. Déjà 2007? zut alors, je m'étais assoupie...

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:00
It might be that the holiday season is getting me all mushy, but this quote nearly brought tears to my eyes:

A human being should be able to change a diaper, plan an invasion, butcher a hog, conn a ship, design a building, write a sonnet, balance accounts, build a wall, set a bone, comfort the dying, take orders, give orders, cooperate, act alone, solve equations, analyze a new problem, pitch manure, program a computer, cook a tasty meal, fight efficiently, die gallantly. Specialization is for insects.

Un être humain devrait être capable de changer une couche, préparer une invasion, tuer le cochon, gouverner un navire, concevoir un bâtiment, écrire un sonnet, équilibrer un compte, construire un mur, réduire une fracture, réconforter les agonisants, donner des ordres, accepter des ordres, coopérer, agir seul, résoudre des équations, analyser un nouveau problème, fourcher du fumier, programmer un ordinateur, cuisiner un bon repas, se battre efficacement et mourir bravement. La spécialisation, c'est pour les insectes.  
(Traduction maison, comme d'hab'...)

Voilà qui donne envie de faire une checklist :

Choses que je sais faire bien :
résoudre les équations,
fourcher du fumier,
cuisiner un bon repas,
accepter des ordres

Choses que je sais (un peu) faire /  j'ai déjà faites :
changer une couche,
gouverner un navire,
réconforter les agonisants,
écrire un sonnet,
équilibrer un compte,
donner des ordres,
coopérer,
agir seul,
analyser un nouveau problème,
écrire un programme pour  un ordinateur

Choses que je devrais pouvoir faire (ou déjà fait en partie):
tuer le cochon (j'imagine que être biologiste devrait aider pour l'anatomie et le traitement post mortem. Pour la partie ante mortem, j'ai un certain entraînement en matière de cris animaux désagréables)
construire un mur,
réduire un fracture

Choses que je ne sais pas faire :
préparer une invasion,
concevoir un bâtiment,
programmer vraiment un ordinateur,
me battre efficacement (par contre je sais me protéger et opposer une certaine force d'inertie : ça sert aussi)

Choses sur lesquelles seul autrui pourra se prononcer :
mourir bravement  (une autre des traductions proposées par le thésaurus est crânement... j'aime bien.) Toutefois, j'en doute.

Tout ça pour dire que pour mériter le statut d'être humain, y'a encore du boulot ! (et ne parlons même pas de devenir un homme, mon fils...)
Dans un autre type d'énumération, plus élémental/aire,  j'ai bien aimé cette comptine, dans le Wintersmith de Mr. Pratchett OBE :

What do you need to make a man?

Iron enough to make a nail,
Lime enough to paint a wall,
Water enough to drown a dog,
Sulfur enough to stop the fleas,
Poison enough to kill a cow,
Potash enough to wash a shirt,
Gold enough to buy a bean,
Silver enough to coat a pin,
Lead enough to ballast a bird,
Phosphor enough to light the town,

Strength enough to build a home,
Time enough to hold a child,
Love enough to break a heart.

Il ne lui manque que de rimer...
Je propose donc une traduction libre et rimée (quoique les embrassades soient désordonnées au mieux...). Les petites heures du matin me serviront d'excuse, et puis après tout c'est mon blog, j'y mets des traductions ridicules si je veux :

Que faut-il pour faire un homme?

A
ssez d'acier pour faire un clou,
Assez de chaux pour un mur peint,
Assez d'eau pour noyer un  chien,
Assez de soufre pour chasser les poux,
Assez de poison pour tuer une vache,
Assez de cendre pour une lessive,
Pour acheter une fève assez d'or,
Assez d'argent pour couvrir une attache,
Assez de plomb pour lester une grive,
Pour une ville assez de phosphore ;

Assez de force pour un foyer construire,
Assez de temps pour un enfant tenir,
Assez d'amour pour un coeur démolir.

Et cette tentative de traduction vous vaut la révélation étymologique du jour :

potasse = potash = pot-ash (cendre de pot) = cendre utilisée pour faire la lessive car elle contient de la potasse !

Après vérification, mon dico dit sensiblement la même chose, mais venant plutôt de Potasche, qui est la version allemande.

Bon sang j'ai 25 ans et je découvre encore des trucs évidents qui ont été sous mes yeux tout ce temps ; ça a quelque chose de désespérant.
Pourquoi personne ne vient-il m'ouvrir les yeux une bonne fois pour toutes sur les les cohortes choses triviales qui m'échappent ?  C'est si lent de tout refaire pas à pas...

Note pour plus tard : lire du Robert A. Heinlein,

Bon il est tard, j'ai la flemme de peaufiner les liens et les images, j'y reviendrai une autre fois peut-être... Je vous souhaite la nuit bonne.

 
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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 22:01
Je n'en n'avais jamais douté depuis que j'ai découvert leur blog à huit mains, mais il m'ont définitivement conquise l'autre jour.
Dans le cadre d'un scénario légèrement fumé (par ici pour ce qui semble en être le début), un globule blanc à pseudopodes roses est montré en train de murmurer dans son talkie-walkie :



Et ça ne se voit peut-être pas, mais je suis en train de mordre les pieds des tables de rire...

Vous pouvez tout reprendre au départ, ou tout simplement faire défiler les bannières. Rien que ça, ça vaut son poids en arachide.
C'est tout pour aujourd'hui!
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao