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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 10:49
J'ai farfouillé  dans de vieux papiers,et je suis retombée sur des notes prises à la lecture d'un livre il y a  une demi-douzaine d'années. Il s'ait de The Way of All Flesh de Samuel Butler : étrange et divertissant à la fois, il faudrait vraiment que je me renseigne sur ses autres œuvres.Samuel Butler autoportrait
Wikipédia en dit qu'il s'agit d'un roman semi-autobographique, qui ne fut publié qu’après sa mort, car Butler le considérait, comme source de controverses en raison de ses charges contre l’hypocrisie de l’époque victorienne.

Voici quelques citations que j'en ai conservées : tongue-in-cheek,
The homeopathists use aurum as a medecine but they do not give it in large doses enough.
terriblement british,
I reflect, however, that the only things worth doing which Oxford and Cambridge can do well are cooking, cricket, rowing, and games, of which there is no prfessorship.
ou hautement cynique... 
A man first quarrells with his father about three-quarter of a year before he is born. It is then he insists on setting up a  separate establishment ;  when this has been once agreed to, the more complete the separation for ever after  the better for both.
Je ne souscris d'ailleurs pas du tout aux deux dernières... 

PS : Butler est surtout connu pour son roman Erewhon (anagramme de nowhere : "nulle part", ou de now here : "ici maintenant"), un roman utopique qui me fait très envie...
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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 00:06
Tiré d'un livre gentiment prêté par un ami :
Le plus ennuyeux, en matière politique, c'est que chacun croit qu'il est le seul à avoir lu sun tzu et machiavel. Résultat, vous croisez cent mille connards qui nomment «tactique» leur sauvagerie, «influence» le goût des autres pour leur argent,  «efficacité» leur absence de vues à long terme, «réalisme» leur manque de convictions et «victoire» les bourdes du camp d'en face. Le pire, c'est que tous ces abrutis osent donner le beau nom de «vie de la cité» à ce qui n'est qu'un sport sanglant.
Catherine Dufour, Le Goût de l'Immortalité, aux Éditions Mnémos (2005)
Notez que l'absence de capitales  à Sun Tzu et Machiavel est d'origine.
Dans ce livre  d'anticipation, seuls les objets complètements naturels ont droits à une majuscule : le papier d'Arbre, les Figues, les Chats. Il faut dire qu'il n'en reste de plus des masses. Les humains eux, doivent se contenter de la minuscule : ils ne manquent guère...

Liens :

La présentation par l'éditeur.
Quelques chroniques sur le livre à lire chez le Cafard Cosmique, les Chroniques de l'imaginaire, Yozone, Psychovision, Culture SF, Lunatik, Actu SF, les Unknowners, et sans doute des tas d'autres.
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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 14:05
Des fois, je me sens visée par des trucs qui ne peuvent possiblement pas m'être adressés par exemple parce qu'ils ont été écrits un siècle avant ma naissance...
Elle avait un certain charme mondain provenant d'un esprit alerte, gai, aimable et superficiel, mais aucune séduction réelle et profonde. C'était, comme je vous l'ai dit déjà, une agitée, toute en dehors, d'une élégance un peu tapageuse.
Guy de MaupassantLa Porte
C'est grave, Docteur ?

(Via Maester, bizarrement...
)
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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 00:00
Toujours dans Salammbô, ce passage qui  ne manquera pas de rappeller quelquechose à certains...
tatouage de Michael ScofieldUne idée le fit tressaillir, et, s'étant placé derrière l'idole, il marcha droit vers le mur. Puis il examina parmi les tatouages de son bras une ligne horizontale avec deux autres perpendiculaires, ce qui exprimait, en chiffres chananéens, le nombre treize. Alors il compta jusqu'à la treizième des plaques d'airain, releva encore une fois sa large manche ; et, la main droite étendue, il lisait à une autre place de son bras d'autres lignes plus compliquées, tandis qu'il promenait ses doigts délicatement, à la façon d'un joueur de lyre. Enfin, avec son pouce, il frappa sept coups ; et, d'un seul bloc, toute une partie de la muraille tourna.
Gustave Flaubert, Salammbo, Chapitre 7
On l'appellait Hamilcar "Scofield" Bacca...
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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 00:05
allegorie de carthageParaît-il que la vie sans avoir lu Salammbô est une erreur, alors j'essaye, bien tardivement, de la réparer.
Et je tombe sur des choses comme ça :
[E]n multipliant les bénéfices de la piraterie par ceux de l'usure, en exploitant rudement les terres, les esclaves et les pauves, quelquefois on arrivait à la richesse. Elle ouvrait seule toutes les magistratures ; et bien que la puissance et l'argent se perpétuassent dans les mêmes familles, on tolérait l'oligarchie, parce qu'on avait l'espoir d'y atteindre.
Gustave Flaubert, Salammbô, Chapitre VI.
Plus ça change, moins ça change...

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 00:00
Nous pouvons prétendre que les enfants brusquement amenés au jardin zoologique souffrent, vingt ans après, de névroses; la vérité est qu'il n'y a pas d'enfant qui n'ait découvert le jardin zoologique, et qu'il n'y a pas de personne adulte qui, bien examinée, ne soit névrosée.
 J.L. Borges , Préface à  la première édition du  Livre des êtres imaginaires.
(Voir aussi  une autre citation).

Je suis sûre que le naturalisme est une névrose à lui tout seul ...
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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 00:00
Voici le tout premier paragraphe d'Étude sur l'argot français, de Marcel Schwob, datant de 1889 (in Études sur l'argot français, aux bien-aimées éditions Allia,1999).

M. Francisque Michel, dans ses Études philologiques sur l'argot, avoue avoir cédé, en choisissant ce sujet de travail, à un attrait mystérieux que  nous subissons tous plus ou moins pour les monstruosités. Il ne semble pas qu'il y a lien de s'excuser en dirigeant  ses travaux vers l'argot. La science du philologue ressemble beaucoup à celle du naturaliste. Les savants qui s'occupent de tératologie n'ont nul besoin de mettre en tête de leurs ouvrages une préface apologétique. Les mots sont des phénomènes et appartiennent tous, quelqu'ils soient, au domaine de la linguistique.

On pourrait discuter à l'envi de la pertinence du parallèle entre argot et monstruosités, mais la phrase que j'en retiendrai est celle-ci :
La science du philologue ressemble beaucoup à celle du naturaliste.
Je ne saurais pas l'expliquer, mais je trouve cette phrase très juste. Peut-être cela a-t-il à voir avec le caractère minutieux et parfois vaguement ridicule de l'étude des échantillons dans ces deux disciplines, ou avec l'immensité et l'impermanence de leur  objet respectif.

À visiter : le site officel consacré à Schwob.
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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 00:00
La Belle ChocolatièreIl y a toujours quelque chose à retirer d'une visite au domicile parental, quand ce ne serait qu'une citation  gourmette :
La chocolatiereOr donc, que tout homme qui aura bu quelques traits de trop à la coupe de la volupté, que tout homme qui aura passé à travailler une portion notable du temps qu'on doit passer à dormir, que tout homme d'esprit qui se sentira temporairement devenu bête, que tout homme qui trouvera l'air humide, le temps long et l'atmosphère difficile à porter, que tout homme qui sera tourmenté d'une idée fixe qui lui ôtera la liberté de penser, que tous ceux-là, disons-nous, s'administrent un bon demi-litre de chocolat ambré à raison de soixante à soixante-douze grains d'ambre par demi-kilogramme, et ils verront merveille.
Jean-Anthelme Brillat Savarin,
cité par Alexandre Dumas dans l'article Chocolat de son Grand Dictionnaire de cuisine (1871)
Illustrations : La Belle Chocolatière et La Chocolatière, de Jean-Étienne Liotard.
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 23:33
Une citation fabuleuse, qui résume assez bien mon point de vue :
We must respect the other fellow's religion, but only in the sense and to the extent that we respect his theory that his wife is beautiful and his children smart.

Nous devons respecter la religion de notre prochain, mais seulement au sens, et autant, que nous respectons sa théorie selon laquelle sa femme est belle et ses enfants intelligents.

H L Mencken, Minority Report (1956),
cité par Jonathon Green, The Cassell Dictionary of Insulting Quotations

via Effect measure et ses Freethinker Friday Sermonettes
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 12:48
Il semble que j'aie les pires difficultés à prendre le temps de parler de mes lectures de façon structurée : la dernière recension en date, sur Lemonnier et Chesterton, remonte à plus d'un an ! Comme le temps file...
Pour être sûre d'au moins mentionner les livres qui ont retenu mon intérêt, je fais donc un usage immodéré de la catégorie Guillemets.

caverne.jpgLe dernier bouquin que je voulais au moins évoquer ici est un titre que je voulais lire depuis plusieurs années, et qui n'avait donc pas de grandes chances de s'en sortir indemne lorsque je l'ai aperçu par hasard dans la librairie -fort agréable d'ailleurs- du MK2 Quai-de-Seine.
Il s'agit de La Caverne des Idées de José Carlos Somoza, dans la glorieuse collection Babel (éditions Actes Sud).
Et, non, on ne me paye même pas pour cette publicité, ça vient du coeur...

Comme son nom et sa couverture l'indiquent, l'action se situe dans l'Athènes antique, au temps de Platon, ce qui n'a pas empêché le roman d'être lauréat au Royaume-Uni du Prix Gold Dagger 2002, qui distingue les meilleur livres policiers...

Plutôt que de vous raconter l'histoire, ce qui serait un crime, ou de vous gâcher le plaisir en vous parlant des différents niveaux de lecture possible, je me contenterai de quelques citations qui, rassurez vous, ne sont absolument pas représentatives de l'ensemble du livre...

p. 99 :
- Vivre n'est absolument pas une théorie. Pour vivre, il suffit d'être vivant.
- Non : il faut apprendre à vivre.
p. 130 :
- Le Sphinx dévorait ceux qui ne répondaient pas correctement à ses questions, dit-il. Mais tu sais le plus terrible, Héraclès? Le plus terrible, c'était que le Sphinx avait des ailes, et un jour il s'est envolé et a disparu. Depuis, nous les hommes nous connaissons quelque chose de bien pire que d'être dévorés par lui : ne pas savoir si nos réponses sont correctes.
p.147 :
Écrire est étrange, mon ami : à mon avis, la première activité la plus étrange et terrible à laquelle un homme puisse se livrer est l'écriture, et il ajouta, en retrouvant son sourire parcimonieux : Lire est la deuxième.
Couldn't agree more.

sphinge.jpg


Quelques liens :
Site officiel de José Carlos Somoza
Page Wikipedia (en) 
Bibliographie de l'auteur en français
Son dernier roman sorti en français : La Théorie des Cordes chroniqué chez Cafard Cosmique

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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao