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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 22:10
Je découvre par hasard que les Presses universitaires de Lyon pratiquent la mise en ligne de certains de leurs livres sous licence Creative Commons. Et par la même occasion, je tombe sur un prologue de livre qui fait froid dans le dos en dévoilant un puits stupidité cosmique:
Vingt-huit jours après sa sortie, la diffusion du film L’Armée des douze singes a été interrompue par décision de justice parce qu’un artiste prétendait qu’une chaise du film ressemblait à une esquisse de mobilier qu’il avait dessinée. La diffusion du film Batman Forever a été menacée parce que la « batmobile » traversait une arrière-cour dont l’architecte prétendait qu’elle était couverte par un copyright : il réclamait de l’argent avant de laisser sortir le film. En 1998, un juge a suspendu la sortie de L’Avocat du diable pendant deux jours parce qu’un sculpteur affirmait qu’une de ses œuvres était visible dans le décor. C’est à cause de ce genre d’incidents que les juristes ont compris qu’il leur fallait superviser les réalisateurs. Ils ont convaincu les studios que la supervision artistique était d’abord une question juridique.

[...]
Jessica Litman, professeure de droit, écrivait que le droit de la propriété intellectuelle est rempli de règles qui susciteraient l’incrédulité des citoyens ordinaires. « Ce n’est pas possible qu’une loi dise ça. Ce serait stupide » . Pourtant, ces lois existent bel et bien, et elles disent exactement ça, et elles sont aussi stupides que le pensent avec raison les citoyens ordinaires.

[...]
« Tu es totalement libre de faire un film qui se passe dans une chambre vide en prenant pour acteurs tes deux meilleurs amis ».

Lawrence Lessig (site perso, W), L'Avenir des idées — Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, 2005, Presses universitaires de Lyon, disponible en ligne.
Ah, et Captain Copyright, ce n'est malheureusement pas une blague...


NB : Il y a clairement une confusion entre L'Associé du diable (1998) et L'Avocat du diable (1993).

NB 2
: Ceci est la centième citation que je blogue...
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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 14:05
Ma dernière lecture non-sérieuse du moment (elles se font hélas fort rares) est de l'excellent Mark Twain, que la tradition française cantonne très injustement aux romans d'aventure pour garçons prépubères).

J'ai donc lu, entièrement sur Wikisource, grâce lui soit rendue, un conte assez court et bien étrange, intitulé The Mysterious Stanger (l'Étranger mystérieux).
Il raconte la visite d'un ange dans un petit village autrichien de la fin du Moyen-Âge. Bien qu'il ait un oncle célèbre dans le milieu, il n'en est pas moins un ange, et donc incapable de pécher. 
Et malheureusement (ou pas ?) pour les protagonistes de l'histoire cela signifie également qu'il est totalement dénué de sens moral : après tout, seuls Adam et Ève ont goûté au fruit de la connaissance...
Son opinion du genre humain est d'ailleurs exprimée for clairement :
Man is made of dirt -I saw him made. I am not made of dirt. Man is a museum of diseases, a home of impurities; he comes to-day and is gone to-morrow; he begins as dirt and departs as stench;
L'homme est fait de poussière : je l'ai vu être fait. Je ne suis pas fait de poussière. L'Homme est un musée de maladies, une maison d'impuretés ; il arrive aujourd'hui et est parti demain ; il commence en poussière et s'en va en puanteur.


But, after all, it is not all ridiculous; there is a sort of pathos about it when one remembers how few are your days, how childish your pomps, and what shadows you are!
Mais ap
rès tout, ce n'est pas entièrement ridicule ; il y a une espèce de tragique là-dedans, quand l'on se souvient de la brieveté de vos jours, de la puérilité de vos pompes et des ombres que vous êtes !
Ceux qui ont déjà eu la bonne idée de lire ses Letters from the Earth ne seront pas surpris trop surpris de l'aspect glaçant de l'ensemble... 
(Toutes mes excuses à Mr. Samuel Langhorne Clemens pour la traduction.)

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 00:00
Je sais, je sais, je vous ai promis mieux que mes sempiternelles citations, mais il se trouve que mon temps de cerveau disponible est des plus limité ces temps-ci (et pourtant je n'ai pas la télé...).
Je ne pouvais tout simplement pas laisser passer cette incroyable citation trouvée sur le site des philosophes de l'Académie de Grenoble (Qu'est-ce que j'y foutais, me demanderez-vous. Eh bien du diable si je le sais...). Cette citation, donc :

portrait de Nietzsche dessiné par Hans OldeDans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction » du travail, je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail — on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir —, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. (...)
Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême.

Nietzsche, Aurore (1881), livre troisième, aphorisme 173.
C'est qu'il était plutôt clairvoyant, derrière sa remarquable paire de bacchantes...
Si j'étais plus douée de mes dix doigts, j'en ferais une vidéo à mettre sur YouTube avec des extraits de discours politiques. Si l'idée plait à quelqu'un...
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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 18:44
J'ai trouvé ces citations dans un excellent roman  que je conseille à tous : Something wicked this way comes, de Ray Bradbury (traduit La foire des ténèbres, Présence du futur).
Jim and Will had the gift of ears and noses as well as the gift of tongues.

God how we get our fingers in each other's clay. That's friendship, each playing the potter to see what shapes we can make of the other.

So that man, the first man, knew what we know now : our hour is short, eternity is long. With this knowledge came pity
and mercy, so we spared others for the latter, more intricate, more mysterious benefits of love.
So, in sum, what are we? We are the creatures that know and know too much. That leaves us with such a burden again we have a choice, to laugh or cry. No other animal does either
. We do both, depending on the season and the need.

Bradbury est un auteur immense, mais je ne pensais pas lire un jour un tel roman fantastique de sa plume. Si on me l'avait fait lire à l'aveugle, je l'aurais plutôt attribué à un auteur comme Neil Gaiman, que j'idolâtre également. De toute façon, un roman dont le titre est une citation de Shakespeare ne peut être qu'une bonne surprise !

NB : Nous revenons bientôt à notre programmation normale, avec un peu plus de rédaction de ma part...




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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 15:11
Un peu de poésie, parce que j'en cite si peu...
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un coeur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement.

Pierre Reverdy, « Tard dans la vie », in La liberté des mers.h
Illustration en bande dessinée sur le site 30 jours de BD.
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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 18:15
Un peu d'inspiration pour supporter avec équanimité les contrariétés quotidiennes...
Il ne tient qu'à toi d'être invincible : tu n'as qu'à refuser toute lutte où il ne dépend pas de toi d'être vainqueur.

Si on te rapporte qu'Untel dit du mal de toi, ne te défends pas, réponds :  « Il faut croire qu'il ignorait mes autres défauts, sinon il ne s'en serait pas tenu là. »
Épictète, Manuel, Petite bibliothèque Payot, Rivages poches, 1994.
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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 17:58
Les trouvailles du jour dans mon entreprise de transfert annuel d'agenda :
En première approximation, toutes les espèces sont des insectes.
Sir Robert May, cité par Dawkins (cf. Bribes biologiques).
Les meilleurs livres sont ceux que ceux qui les lisent croient qu'ils auraient pu faire.
Pascal, L'art de persuader, Mille et une nuits.
Le reste arrive bientôt.
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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 13:39
Toujours dans La Parole manipulée de Ph.Breton, cette citation :
Il ne changeait pas d’opinion, c’était l’opinion qui changeait en lui, imperceptiblement et à son insu. D’ailleurs il n’avait pas choisi ses opinions politiques, elles lui étaient venues automatiquement tout comme, loin de choisir un chapeau ou un vêtement, il prenait automatiquement ce que tout le monde portait. Ainsi le libéralisme était devenu pour lui une habitude et il aimait son journal tout comme il aimait son cigare après le dîner -  à cause de la légère brume qu'il produisait dans son cerveau.
Tolstoï, Anna Karénine.
Je remarque qu'elle est reprise en un seul endroit (d'après Google) : un article d'une revue de théologie. Peut-être, après tout, sont-ce les seuls à encore s'intéresser à la parole en tant que telle...
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 00:34
Breton : la parole manipulée (couv')Tirée d'un livre fort intéressant sur les manipulations langagières, cette étrange remarque :
La séduction n'est plus un procédé neutre si elle est employée autrement que pour séduire. Elle devient alors un instrument orienté (il y a sur ce point de vue une curieuse inversion au XVIIe siècle : depuis Laclos en effet, on séduit pour argumenter et on argumente pour séduire).
Philippe Breton, La Parole manipulée, éditions La Découverte, Poche Essais, 2004, p.193.

Ça me rappelle ce qu'on m'a raconté du poème Vénus et Adonis de Shakespeare. Il y aurait sans doute beaucoup à dire autour de cette relation entre séduction et persuasion, mais ce ne sera pas ce soir !

À vous tous, bonne nuit et onira glyca...
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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 15:36
Depuis le temps que j'en cause, vous n'avez vraiment aucune excuse pour ignorer l'existence de  monsieur Terry Pratchett. Après avoir beaucoup parlé de magiciens et de sorcières, il s'est tourné vers des sujets plus  complexes : les hitoires policières, l'histoire de la presse, et plus récemment l'invention du système postal.
Son dernier opus, Making Money, traite de l'abandon de l'étalon-or et la création de la première banque moderne d'Ankh-Morpork.
Et si vous vous imaginez qu'un livre pareil ne peut être que rasoir, vous vous mettez le doigt dans l'oeil à vous gratter l'omoplate de l'intéreur...

Voici un petit extrait de la pensée du héros, au moment d'une interview par une journaliste :
The lady in the boardroom was certainly an attractive woman, but since she worked for the Times Moist felt unable to award her total ladylike status. Ladies didn't fiendishly quote exactly what you said but didn't exactly mean, or hit you around the ear with unexpectedly difficult questions. Well, come to think of it, they did, quite often, but she got paid for it.
Terry Pratchett, Making Money, Double Day, 2007.
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao