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29 septembre 2005 4 29 /09 /septembre /2005 00:00
moine lisantTrouvé dans le recueil de citation L'amour des livres et de la lecture, ce joli dicton médiéval :

Claustrum sine armario, quasi castrum sine armentario.

Ce qui veut dire à peu près :
Un cloître sans armorial est presque un chateau-fort sans armes.

Il était proposé une traduction qui respectait l'aspect de proverbe :

Monastère sans livres, place de guerre sans vivres.

Pas mal pour les sonorités, mais dommage pour l'idée de défense contre le monde...
Comme écrivait Montaigne :

Je ne voyage jamais sans livres, ni en paix, ni en guerre, c'est la meilleur munition que j'ai trouvée à cet humain voyage...


Décidément, je retombe toujours sur mes vieux démons : la traduction, et, pour la citation de Montaigne (de mémoire), Je Bouquine...

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19 septembre 2005 1 19 /09 /septembre /2005 00:00
Suite à l'hommage discret mais sincère à l'un des jongleurs de mots les plus confirmés de ma connaissance, j'ai été récompensée par  un échantillon de ses talents linguistique, que je vous fais donc partager avec un orgueil non dissimulé...

Il y a beaucoup de blogs codés (*), beaucoup de pages qu'on hérite mais qui
restent vides, plein de hackers blonds et falots qui empilent des mots en en
perdant.

Il y a les lents aux histoires glaçantes, les rapides qui, dans les faits,
postent cinq fois par jour.

Il y a ceux qui montrent leur bile au petit matin, ceux qui sont toujours
contents car ils ont un compteur pour faire douiller les visiteurs, celles qui
étalent leurs photos et disent « Clic ! » avec un mauvais accent.

Il y a aussi les bloggueurs historiques qui peignent la girafe, les vieux
fossiles qui pratiquent la délation, les vicieux amateurs de détail qui boîte.
Mais rien ne ressemble au blog où Fabienne, avec humilité, s'intéresse à la
danse, aux élections, aux poires, et à l'art de décaler les sons.

Ouf !

(*) celle-ci permute beaucoup, mais quelle paix !

Après moult exercice méningé, je suis arrivée à cette solution (sélectionner le paragraphe pour la lire) :

 Il y a beaucoup de [blogs codés] (*), beaucoup de [pages qu'on hérite] mais qui restent vides, plein de [hackers blonds] et [falots qui empilent] des [mots en en perdant.]
Il y a les [lents aux histoires glaçantes], les rapides qui, dans les [f/aits,
po/stent cinq fois par jour].
Il y a ceux qui montrent leur [bile au petit matin], ceux qui sont toujours
contents car ils ont un [compteur pour faire douiller] les visiteurs, celles qui
étalent leurs [photos et disent « Clic ! »] avec un mauvais accent.
Il y a aussi les bloggueurs [historiques qui peignent] la girafe, les vieux
[fossiles qui pratiquent la délation], les vicieux amateurs de [détail qui boîte].
Mais rien ne ressemble au blog où Fabienne, avec [humilité, s'intéresse à la
danse], aux [élections, aux poires], et à l'art de [décaler les sons].
Ouf !
(*) celle-ci [permute beaucoup, mais quelle paix] !

Tout de même une vingtaine de couples de sons... je suis très impressionnée, une fois de plus, par la capacité de l'auteur à produire un texte parfaitement sensé, cohérent et souvent drôle : il faut avoir l'oeil entraîné pour y détecter le double jeu.
Merci encore!


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13 septembre 2005 2 13 /09 /septembre /2005 00:00

* Here's to you, signor Leone.*

Tiré d'un vieux numéro d'une célèbre revue scientifique française :

gélulesGrand frais génétique
Des spécialistes de La Paz connaissant bien les pectines ont découvert un exceptionnel génome en examinant un gueux. Ils ont initié une méthode -coûteuse, mais ils font appel aux dons- pour fabriquer des pilules pouvant déplier les gènes.
En agissant génétiquement, sans freiner son évolution, sur le code d'une souris allongée dans une gaze spéciale, ils on suivi en les reproduisant les pistes de la plupart des gènes.

Joël Martin
Solution :
Grand frais génétique
Des spécialistes de La Paz connaissant bien les pectines ont découvert un exceptionnel génome en examinant un gueux. Ils ont initié une méthode -coûteuse, mais ils font appel aux dons- pour fabriquer des pilules pouvant déplier les nes.
En agissant génétiquement, sans freiner son évolution, sur le code d'une souris allongée dans une gaze spéciale, ils ont suivi en les reproduisant les pistes de la plupart des nes.
Pour ceux qui ce demandent : par ici pour la définition de l'épectase, indéfectiblement liée à la mémoire de Félix Faure.
Et merci à mon papa pour la citation (déjà la deuxième note que je lui dois...).


Edit : J'ai reçu une réponse de celui à qui j'ai dédié cet article : c'est par ici et ça vaut le détour...
 
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6 septembre 2005 2 06 /09 /septembre /2005 00:00
Un personnage sceptique à un patriote enragé, pendant la Révolution :

J'ai l'amour de la raison, je n'en ai  pas le fanatisme, répondit Brotteaux.
La raison nous guide et nous éclaire; quand vous en aurez fait une divinité, elle vous aveuglera et vous persuadera de crimes.


Anatole France, Les dieux ont soif.
 
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5 septembre 2005 1 05 /09 /septembre /2005 00:00
Et voilà, le compte y est : voici mon centième article, qui, malgré une étonnante absence de tout stratagème, tombe également le jour anniversaire de ce blog.
Eh oui, cela fait six mois déjà que j'ai commencé à bidouiller par ici...étonnant, non?
Ce qui nous amène à une  moyenne époustouflante (enfin je sais pas pour vous, mais moi je suis sérieusement ébouriffée) de trois articles tous les quatre jours, et ce, malgré les isolements cybernautiques et les pannes d'inspiration (j'évite en générale de mettre un article pour dire à quel point je n'ai rien à dire...)

Pour fêter ça, inauguration en fanfare d'une nouvelle section : Citations.
Have fun!



Noté au dos d'un flyer , que je vous aurais bien scanné, et qui annonce un concert de OINK! au Nouveau Casino le 8 septembre, orné d'une superbe hure de sanglier :

La linguistique a bouleversé la grammaire
comme le groin d
u sanglier un champ de pommes de terre.
Fernand Braudel, historien éminent, 1983.

Rien que ça...

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29 mai 2005 7 29 /05 /mai /2005 00:00

Ayant pris la peine d'informer précisement le Père Noël de mes goûts, j'ai reçu en étrennes il y a six mois déjà un très beau pavé : Pseudodoxia epidemica, ou Examen des idées reçues et des vérités généralement admises, aux excellentes Éditions José Corti.
Ce titre prometteur est l'ouvrage de Sir Thomas Browne, un écrivain et philosophe anglais du dix-septième siècle, qui avait l'âme curieuse et l'esprit inquisiteur.

Comme son nom l'indique, le bouquin s'intéresse à une multitude de sujets allant de la chimie à l'éxégèse biblique, et passe un certain temps à détailler des croyances touchant aux animaux tant courants (salamandre dans le feu) que mythiques (basilic) . Certaines existent toujours, d'autres sont perdues, d'autres enfin, expliquent beaucoup de choses...

Livre troisième, Chapitre VI
De l'Ourse

Que lorsque l'Ourse met bas, ses petits sont informes et qu'elle les façonne en léchant tout leur corps est une opinion qui, de nos jours n'est pas seulement vulgaire et commune parmi nous mais c'est une opinion qui a autrefois été également affirmée par d'anciens Écrivains.

Pour s'opposer aux auteurs antiques, Browne invoque d'autres autorités, en autre celle d'Aldrovandi, et conclut en substance qu'il n'y a pas de fumée sans feu :

Or, comme cette opinion fait offense au bon sens et à la raison, il faut bien qu'elle ait quelques fondements dans l'un et l'autre. Ainsi, lorsque l'ourson sort enveloppé du Chorion, une membrane solide et épaisse qui dissimule sa forme, et que l'Ourse se met à mordre et déchirer, l'observateur peut penser de prime abord qu'il s'agit d'une masse de chair grossière et informe, et à cause d'elle attribuer la forme de l'Ourson aux lèchements de l'Ourse.

L'expression "ours mal léché" prend soudain une nouvelle profondeur! (Jusque là, je me disais qu'il devait s'agir d'une question d'hygiène, un peu comme pour les chats.)

Un autre chapitre animalier a aussi retenu mon attention :

Livre troisème, Chapitre V
Du Blaireau

Que le Taisson ou Blaireau ait les pattes d'un côté du corps plus courte que celle de l'autre côté, est sans doute une opinion assez peu ancienne mais cependant généralement répandue et acceptée par les théoriciens tout autant que par les crédules sans expérience, et approuvée par la plupart de ceux qui ont eu l'occasion de d'observer l'animal et de le chasser quotidiennement; ce que, cependant, après enquête, je décrare contraire aux trois déterminants de la vérité, Autorité, Bon sens et Raison.

Pour l'Autorité, il cite Albert le Grand et (encore) Aldrovandi, pour le Bon sens sa propre expérience, et pour la Raison des considérations fonctionnelles, et conclut donc que c'est une superstition injustifiée.
J'avoue avoir été très étonnée à la lecture de ce chapitre : d'abord, par ce que je ne vois pas pourquoi on aurait affublé le malheureux blaireau d'une telle malformation, et surtout parce que cette description rappelle irrésistiblement le plus classiques de canulards, la plus discrète des espèces montagnardes, l'ombre insaisissable que poursuivirent des générations de gosses, j'ai nommé : le Dahu.
Pour en savoir plus n'hésitez pas à lire la page très sérieuse que lui consacre Wikipédia, avant de vous lancer en expédition de chasse (Surtout les Alpes, tant françaises qu'italiennes...)!


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8 mai 2005 7 08 /05 /mai /2005 00:00

Hier, entre autres pour que ma mère, grande polardeuse devant l'Éternel (1), ait un peu moins honte de moi, je me suis fait le plaisir de lire le Fajardie qu'elle m'a offert l'autre jour : Le souffle court.

J'aime beaucoup, vraiment, va falloir que je m'en déniche d'autres. Mais ce n'est pas ce qui m'amène ici.

Il y un truc que je n'ai pas compris, mais alors pas du tout. Je cite :

- Les burlingues l'ont rendu con. Con comme un cheval blanc.
Interloqué, je calai le moteur.
- Un cheval blanc? T'as dit : con comme un cheval blanc?
- Absolument, Patron.
Réellement partagé entre méfiance et admiration, je déposai Miro, sans autre commentaire, place Denfert.

Voilà tout le mystère : con comme un cheval blanc.

Mais qu'est-ce qu'il veut dire? Si vous en avez la moindre idée, soyez pas chien, dites-le moi, je déteste ne pas comprendre...

Cela n'a sans doute aucun rapport mais ça m'a rappellé ce passage de A Hat full of Sky de Terry Pratchett, où la petite héroïne, Tiffany, explique le sens des tracés blancs qui courent sur la colline :

Turf had been cut away in long flowing lines so that the bare chalk made the shape on an animal.
'It's the White Horse,' said Tiffany.
'Why do they call it that?' said Miss Tick. (...) 'It doesn't
look like a horse. It's just... flowing lines...' (...)
''Taint what a horse
looks like,' said Tiffany. 'It's what a horse be.'
'Oh,' said Miss Tick. But because she was a teacher as well as a witch, and probably couldn't help herself, she added, 'The funny thing is, of, course, that ther is no such thing as a white horse. They're called grey.'
'Yes, I know,' said Tiffany. 'This one's white,' she added, flatly.
(2)


C'est une référence au cheval blanc d'Uffington, dans l'Oxfordshire, dont on ne sait à peu près rien, si ce n'est qu'il est beau, et qu'il risque fort de continuer encore un petit moment.

C'est vrai qu'il n'y a pas de chevaux blancs, seulement des chevaux gris, demandez à n'importe quel cavalier
(3).
Mais l'inexistence explique-t-elle le fait d'être con? Vous avez deux heures, documents autorisés.


(1) Pas féminin, suivez un peu!
(2) Notez la différence des conventions typographiques du dialogue selon la langue. Interro Lundi.
'Tain, faut que j'arrête la moquette, moi.
(3)
Toute personne surprise en train d'interroger une pièce de jeu d'échec après lecture de cette phrase est priée de sortir immédiatement...
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8 mai 2005 7 08 /05 /mai /2005 00:00
Qui donc a décrété qu'un anniversaire était un événement joyeux? Je n'y vois, pour ma part, qu'un pas de plus vers la fin, un peu comme si le temps, abandonnant son sablier pour une allégorie plus kitsch, apparaissait sous la défroque du vieil épicier à blouse grise -tellement français!- mouillant de ses lèvres humides et molles l'extrémité d'une mine de crayon en disant "5 et 1 qui nous font 6."
Frédéric H. Fajardie, Le souffle court.

Fred, je t'aime bien.
Mais TA GUEULE.



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3 mai 2005 2 03 /05 /mai /2005 00:00
Charles Lebrun a été un peintre monumental, célèbre pour sa maîtrise des expressions du visage humain...Mais pour ce qui est de la théorie, Charles Darwin fait remarquer à quel point ses conceptions apportent peu à la compréhension des passions...

L'étude philosophique de l'expression avait fait, on le voit, peu de progrès depuis l'époque (1667) où le peintre Le Brun, décrivant l'expression de la frayeur, disait :

"Le sourcil qui est abaissé d'un côté et élevé de l'autre, fait voir que la partie élevée semble le vouloir joindre au cerveau pour le garantir du mal que l'âme aperçoit, et le côté qui est abaissé et qui paraît enflé nous fait trouver dans cet état par les esprits qui viennent du cerveau en abondance, comme pour couvrir l'âme et la défendre du mal qu'elle craint."

Je suis en plein dans ce bouquin, très intéressant. Une dizaine d'années après son historique Origine des Espèces qui expose sa théorie de l'évolution, Darwin s'intéresse à l'évolution des comportements, et tente de démêler l'acquis de l'innée, le culturel de l'universel et l'atavique du nouveau parmi les expressions: pleurer, rire, crier, rougir...à quoi tout cela sert-il?

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3 mai 2005 2 03 /05 /mai /2005 00:00
Je ne sais pas si vous vous souvenez du tremblement de terre qui a ravagé une partie de l'Algérie voilà deux ans maintenant (21 mai 2003).
Peut-être vous rappellez-vous la réaction de certains musulmans pour dire que c'était une punition du ciel, dont la faute incombait, bien évidemment, à la dépravation de la population.

Hé bien j'y repense en lisant par hasard cette citation, compilée par Flaubert en vue d'un recueil qui aurait été le pendant de son Dictionnaire des idées reçues :

« Les inondations de la Loire sont dues aux excès de la presse et à l'inobservation du dimanche. »
L'Evêque de Metz, Mandement, décembre 1846.

En parlant d'autre chose, le poète a dit "Comme toutes sont entre elles ressemblantes". Il aurait pu parler des religions...




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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao