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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 16:26
Si vous lisez ceci, vous avez accès à un ordinateur et à Internet.
Peut-être lisez vous cette page grâce au navigateur gratuit et libre Firefox.
Quand bien même ce ne serait pas le cas, savez-vous qu'une majorité écrasante de serveur web sont gérés par Apache, un logiciel libre ? Et tournent en général sous des distributions de type Linux ou BSD ?
Il faut dire qu'un serveur ne peut pas se permettre de planter tous les deux jours, et que ces systèmes permettent de laisser un serveur tourner pendant des années...

À titre d'exemple, cette plate-forme de blogs, Over-blog, fonctionne avec Apache/2.0.58
sous Linux...

Rien que pour ça, allez signer cette pétition qui veut protéger le logiciel libre des menaces législatives qui pèsent sur lui!

Déclaration d'utilisation de logiciels libres

Mais, me direz vous, tout le monde n'est pas candidat aux législatives pour signer le pacte du logiciel libre proposé par l'April...
Certes, c'est pourquoi je vous invite à signer à titre individuel cette pétition ouverte à tous, et qui a reçu près de 15 000 signatures en quelques mois.

Je sais que pour beaucoup d'entre vous cet article s'apparente à Radio Londres, les Geeks parlent aux Geeks, mais ne vous leurrez pas..
Si le logiciel libre est effectivement mis hors-la-loi par des législations censées viser le piratage, cela aura des conséquences sur tous les utilisateurs d'ordinateurs, pas seulement les power users, dont je ne suis d'ailleurs pas.

Justement d'ailleurs : mon petit Fitzgigg acheté d'occase est loin de sa première jeunesse, et ce n'est pas avec son Pentium III-M et ses 20 gigas que j'ai la moindre chance de faire tourner Windows XP à une vitesse raisonnable (et ne parlons même pas de Vista...)
Et pourtant j'utilise sans problème Ubuntu.

Oh bien sûr, je pourrais encore alléger mon système, avec des environnements comme xfce ou d'autres encore, mais je les testerai à l'occasion, sur des machines moins puissantes encore... C'est toujours bien de savoir qu'on a le choix, non?

On ne devrait vraiment pas jeter les vieux PC sous prétexte qu'ils commencent à ramer sous Windows!
Et si vraiment vous ne savez plus quoi faire de vos Pentium I ou II, donnez-les à l'association RecycLinux : ils font du bon travail avec.
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 23:59
Contrairement à ce que je m'étais promis, je n'ai pas eu le courage de ne pas aller voir les estimations sur les sites de journaux étrangers vers 18h.

En conséquence, le principal intérêt que présentait pour moi la participation au dépouillement, nommément le divertissement pascalien, avait disparu. Après avoir vérifié auprès du directeur de mon bureau de vote qu'il ne manquait pas de volontaires au décompte citoyen, j'ai donc rejoint a 20h des amis au Cinéma du Panthéon, qui ressort en copie neuve The Wall, film remarquable, et remarquablement adapté aux menaces qui me semblent en gestation dans cette soiree électorale.
Pour les amateurs des Pink Floyd qui n'auraient vu ce film que sur petit écran (et plus encore pour les autres, bien sur), je recommande la sortie : les salles obscures ont leur magie propre.

Mais je m'égare. Je voulais simplement faire amende honorable sur ma diatribe quant à l'absence de décompte détaillé de votes blancs (séparé des nuls) dans les derniers résultats.
C'est tout simplement que la loi, bien que datant de janvier 2003, n'est pas passé au Journal Officiel : il n'y a jamais eu de décret d'application.
Après tout, quel intérêt de mettre en application une loi passée par les deux chambres démocratiquement élues, alors qu'on a tellement de lois à passer par ordonnance ou au 49.3 ?

Bon, je vous laisse pour retourner à mes amis : misery like company, à ce qu'on dit...
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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 20:22
J'ai continué de réfléchir à cette histoire de vote blanc du dernier billet.

La comparaison avec les scores très faibles de plusieurs petits candidats m'a donné l'impression que le vote blanc avait eu dimanche dernier une importance particulière, mais la mémoire me faisait simplement défaut.
En allant fouiller sur les pages de résultats du ministère de l'Intérieur, ainsi que sur Wikipédia, j'ai donc exhumé les chiffres du vote blanc-ou-nul au cours du dernier quart de siècle, et j'ai obtenu ceci :

Année 1er tour 2nd tour
1969 1,0% 4,42%
1974 0,9% 1,3%
1981 1,3% 2,1%
1988 2,2% 3,1%
1995 2,82% 4,8%
2002 3,38% 5,39%
2007 1,44%


NB : Sauf erreur de ma part ou de celle de mes sources, il s'agit du pourcentage des votants.
NB bis : Je ne m'explique pas la fluctuation d'un tour à l'autre du nombre de chiffres significatifs.

Quelques remarques en vrac :

En 2002, plus d'un million et demi de personnes ont voté blanc-ou-nul

Les chiffres très importants (second tour de 1969 et de 2002) correspondent à un choix entre deux candidats de "droite" au sens large : Pompidou et Poher d'un part, Chirac et Le Pen de l'autre. Rien de surprenant à ce qu'une importante partie des citoyens refuse de choisir.

En dehors de ces exceptions, il me semble déceler une tendance à l'augmentation (surtout nette au 1er tour). Que faut-il en conclure sur l'évolution du corps électoral français? Ce n'est pas moi qui pourrai le dire.
Il faudrait au moins comparer avec les chiffres correspondant des élections législatives, municipales, etc. sur la même période avant de pouvoir se prononcer de façon plus ferme.

Le chiffre de 2007 est en faire remarquablement faible, équivalent à celui de 1981. Je crois que c'est un autre symptome du fameux "vote utile" qui a marqué cette campagne.

Tout ça pour dire, bien sûr, que j'attend avec curiosité le taux de bulletins blancs-et-nuls (et peut-être même, soyons fous, de blancs-tout-court) du second tour.
J'aimerais pouvoir en dire autant du résultat su scrutin lui même...

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 22:22
  1. Je viens d'aller faire un tour sur la page de résultats du Ministère de l'Intérieur, et un chiffre fort peu commenté m'a cependant frappée.

Avec plus d'un demi-million de voix, le vote blanc-ou-nul fait mieux que M. Schivardi, M. Nihous, M. Bové et Mme Laguiller, et représente 1,44 % des votants (1). Des votants, notez bien, pas des voix exprimées (2).
Mais il n'est pas possible, en regardant ces résulats pourtant officiels, de distinguer un bulletin blanc d'un bulletin nul, c'est-à-dire que la démarche consistant à se présenter au bureau de vote pour glisser un bulletin vierge dans l'urne est mise au même niveau que l'erreur d'inattention (mettre deux bulletins dans l'enveloppe) ou la plaisanterie plus ou moins douteuse (3).
Il est donc extrêmement hasardeux d'essayer d'estimer combien de ces 535 953 blancs-ou-nuls représentent un réel refus de choisir entre les candidats proposés, ce qui est à mon sens fort dommage.

D'autant plus dommage que depuis quatre ans déjà le vote blanc est décompté à part, de façon bien distincte des bulletins nuls!  C'est du moins ce que j'ai appris avec stupéfaction(4) en lisant l'article consacré au vote blanc sur Wikipédia.

Le 30 janvier 2003 le Sénat à adopté en première lecture la proposition de loi n° 1459 (2002-2003) tendant à la reconnaissance du vote blanc aux élections.
« Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n'entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait mention dans les résultats des scrutins. »


Il est bien précisé que leur nombre fait partie du résultat!
Je trouve donc incompréhensible leur absence des annonces tout ce qu'il y a de plus officielles par le Ministère de l'Intérieur. Pour un peu, je me laisserais même aller à penser qu'on-nous-cache-tout, on-nous-dit-rien.



Autre question qui me vient à l'esprit au sujet du vote blanc : les machines à voter électroniques permettent-elles le vote blanc?
Si la réponse est non, cet argument viendra prendre sa place parmi les innombrables objections à ce mode de scrutin, qui est en l'état incontrôlable, invérifiable et donc absolument inacceptable.
Ho ho... Il apparait que la réponse est oui, les machines à voter permettent le vote blanc et surtout le comptabilisent...
Des militants essayent d'utiliser l'angle d'attaque de l'égalité entre citoyens pour obliger à avoir des bulletins blancs à disposition dans tous les bureaux de votes. Comme quoi le fiasco retentissant du vote électronique aura eu au moins fait des heureux...

Pour en savoir plus sur le vote blanc (ou noir),  plongez dans les références et les liens proposés par Wikipédia.



(1) Source : Chiffres du Ministère de l'Intérieur pour la France entière (résultats partiels à 10:18 portant sur 106 départements et collectivités d'outre-mer).

(2) Rappellons quelques définitions :
Population de nationalité française > Population ayant le droit de vote > Inscrits sur les listes électorales 
(Problèmes variés : détenus, Français à l'étranger, déménagement...)

Inscrits sur les listes électorales = Abstentionnistes + Votants
Votants = Blancs + Nuls + Suffrages exprimés
Le taux d'abstention est donné en pourcentage des inscrits.
Le taux de blancs-et-nuls est donné en pourcentage des votants.
Les résultats des candidats sont donnés en pourcentage des voix exprimées.

(3) Parait-il qu'un de mes arrière-grands-oncles était célèbre pour terroriser les assesseurs de son bureau de vote : le dépouillement se faisait à une allure d'escargot jusqu'à ce qu'on ait trouvé son bulletin, généralement constitué d'un morceau de papier toilette (jusqu'ici, rien que de très classique) usagé.
Ayant à plusieurs reprises participé au dépouillement des suffrages, je persiste à penser qu'il ya d'autres moyens de se faire entendre (surtout si le vote blanc est décompté...)

(4) Comme quoi j'aurais dû aller dépouiller hier soir. Mais ils n'avaient paraît-il plus besoin
 de gens... J'irai voir dans deux semaines si ce décompte est bien appliqué.
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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 15:59
Quelques petites informations :

Pour ceux qui s'en seraient inquiétés, je suis encore vivante : mon silence radio sur ce blog était du non pas à une attaque cardiaque intempestive, pas plus qu'à une crise de flemmite aigüe (nettement plus crédible toutefois), mais à une délocalisation provisoire outre-frontières de  l'Union européenne.



J'étais à Saint-Pétersbourg (ou Pétrograd, ou Léninegrad si vous préférez) le week-end dernier, mais aussi incroyable que ça puisse paraître, il a fallu que je rentre en France pour que j'y apprenne ce qui se passait à moins d'un kilomètre de mon appartement. Les journaux et la télé parlaient principalement des troubles en Kirghizie et des manifs chinoises à... Milan!
Je ne sais pas ce qui me glace le plus, de la répression ou du silence total des médias...



C'est aussi à mon retour que j'ai appris la sortie sur nos écrans du documentaire "Jesus Camp", dont j'avais beaucoup entendu parlé aux États-Unis, mais dont je n'aurais pas cru qu'il arriverait si tôt chez nous.
Il s'agit d'un reportage sur une colonie de vacances évangéliste, où des enfants déjà convaincus (familles très religieuses, éducation à la maison) apprennent à devenir des "soldats de Dieu"...
Il est intéressant de remarquer que, alors même que le réalisateur se faisait accuser de manipulation et de mauvaise foi dans sa façon de décrire le camp, la responsable de la colonie elle-même a dit :
I'm asking you to give the movie a chance. At least see it before you make a judgment. I honestly feel it's a fair look into what we do.
Je vous demande de laisser une chance au film. Au moins, allez le voir avant de former votre opinion. J'ai sincèrement  le sentiment que cela donne une vue équitable de ce que nous faisons.
Et comme j'aime me faire du mal, j'ai la ferme intention de la prendre au mot

Les anglophones pourront trouver plus de renseignements sur le site officiel, la page imdb ou Wikipedia du film. Les autres ont tout de même la page Allociné, avec la bande-annonce.
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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 00:00
Comme je l'ai déjà raconté, je suis plutôt bon public et j'ai la larme facile au cinéma, mais aussi en lisant ou en écoutant de la musique.
Je me souviens, petite, avoir étonné des adultes par les larmes que me tiraient des chansons supposément plus tristes pour les vieux que pour les jeunes. (Au hasard, Les Passantes, Boulevard du temps qui passe, Pensée des morts, toutes chantées par Brassens*).

Une qui m'a toujours remplie d'une mélancolie indicible, sans doute à cause du côté clown triste que lui donnait l'interprétation par les Frères Jacques*, c'est Adélaïde. En voici les couplets :

Qu'ils soient d'ici où de n'importe quel parage
Moi j'aime bien les gens qui sont de quelque part
Et portent dans leur coeur une ville ou un village
Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir
Voilà pourquoi Jean de Bordeaux, François de Nantes
Voilà pourquoi Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
J'aime tant vous entendre parler de chez vous.

Chaque premier janvier on dit c'est la dernière
La dernière année que je passe en Australie
Et le premier janvier suivant nous voit refaire
Même serment qui sombre à son tour dans l'oubli
Ça serait pourtant le moment de revoir nos plages
Car les pays se ressemblent de plus en plus
Et dans dix ans nous trouverons dans nos villages
Des distributeurs de hot-dog au coin des rues!

Et dans vingt ans sans avoir revu nos falaises
Citoyens d'Australie conscients de leurs devoirs
A nos enfants nous apprendrons la langue française
Mais leur accent ne sera pas celui du terroir
Alors dis-moi de nos vingt ans François de Nantes
De nos vingt ans Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
Nos vingt ans d'aujourd'hui vous en souviendrez-vous?

Je sais, c'est kitsch au possible, mais, pour des raisons qui prendraient sans doute du temps à démêler au meilleur des réducteurs de tête, ça me prend à la gorge.
Et le paradoxe, c'est que de façon simultanée, j'adore aussi La ballade des gens qui sont nés quelque part, de Brassens :

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
Je trouve cette chanson jouissive et extrêmement lucide. Et pourtant, Adélaïde...

Je n'ai pas d'explication valable à mes contradictions, si ce n'est celle-ci : l'expat' décrit dans Adélaïde ne tombe justement pas dans la catégorie des cons qui sont nés quelque part. Il est parti de chez lui, et son amour de la terre natale s'étend à celle des autre, de la Normandie au Canigou. Il a le mal du pays (home sick, comme c'est si joliment dit en anglais), mais sans tomber dans le mépris et la haine de l'autre décrits par Brassens.
L'opposition ne serait alors que superficielle. Mais est-ce vraiment le cas ?
Et que penser d'une parisienne born and bred, fort peu patriote et peut-être même citoyenne du monde (on peut toujours rêver) qui a confusément le mal du pays de la campagne normande ?



* Hé oui, petite, j'écoutais surtout les disques de mes parents, plutôt que la radio ou des disques de djeunez. Aussi incroyable que ça puisse paraître à mon âge canonique, je n'ai jamais eu de lecteur de CD. Je me tâte quant à l'acquisition d'un lecteur MP3 : et si j'attendais tranquillement le passage à la technologie suivante?...

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 16:38
Une expérience de Scott Atran, psychoanthropologue :

He presents students with a wooden box that he pretends is an African relic. “If you have negative sentiments toward religion,” he tells them, “the box will destroy whatever you put inside it.” Many of his students say they doubt the existence of God, but in this demonstration they act as if they believe in something. Put your pencil into the magic box, he tells them, and the nonbelievers do so blithely. Put in your driver’s license, he says, and most do, but only after significant hesitation. And when he tells them to put in their hands, few will.

If they don’t believe in God, what exactly are they afraid of?


Il présente aux étudiants une boîte en bois qu'il décrit comme une relique africiaine. " Si vous avez des sentments négatifs envers la religion, leur dit-il, laboîte détruira tout ce que vous mettrez dedans."

La plupart des étudiants disent douter de l'existence de Dieu, mais dans cette démonstration ils se comportent comme si ils croyaient en quelquechose. Mettez un crayon dans la boîte magique, leur dit-il, et les non-croyants le font joyeusement. Mettez votre permis de conduire, dit-il, et la plupart le font, oui mais après une certaine hésitation. Et quand il leur dit d'y mettre leur main, peu le font.
S'ils ne croient pas en Dieu, de quoi ont-ils peur exactement ?
 
Source : Darwin's God,  de Robin Marantz Henig, dans le New York Times.

Edit  08/03/07 :
Comme de bien entendu, cet article n'a pas échappé à l'oeil aiguisé de PZ Myers, qui fait une remarque sensiblement équivalente à celle de Ruxor (dans les commentaires), en encore plus stoïque peut-être :

As for the "magic box", isn't there an obvious explanation that doesn't involve god-belief? A strange man with a strange device asks you to do something that he says has an element of risk; you don't have to believe that there is anything supernatural involved in order to hesitate before committing anything valuable to the test. That hesitation says nothing about belief in religion or the supernatural; if we're afraid of anything, it's trusting the crazy bearded guy who claims to have a magic box.

Il continue ensuite sur un chemin de traverse, avec une comparaison qui m'a amusée mais qui me semble invalide.

Il conteste l'hypothèse qui prétend que la religioon doit avoir un intéret adaptatif, puisqu'elle nécessite des ressources (temps, argent, voire occasions de reproduction :p) : pour contre-balancer ce "prix" raisonnent-certains, elle doit bien avoir un avantage.
PZ compare ça à la passion des reconstitutions historiques de grandes batailles (chez eux, évidemment, c'est la Guerre de Sécession, mais ça existe aussi  en Europe, avec des milliers de grognards qui se réunissent en uniforme pour re"jouer" telle ou telle bataille).
Cela coûte évidemment du temps de l'argent etc., mais va-t-on prétendre que c'est nécessairement *bon* puisque ce n'a pas été éliminé par l'évolution? C'est la question rhétorique de l'auteur de Pharyngula ; qui pour bien trouvée qu'elle soit, me semble à la limite de la mauvaise foi...

Or personne ne prétend tirer des conclusions "à grande échelle" de l'étude de tel ou tel rite évangéliste ou baptiste pris séparément. Si on veut parler de la signification évolutive éventuelle de la reconstitution de la Guerre de Sécession, il faut la réintégrer dans une catégorie d'activités plus large : la scène, le fait de se costumer, le théatre,  un ensemble très varte et varié que je décide arbitrairement d'appeller "make-believe" ("pour de faux").
Hé bien il me semble que l'on peut formuler une hypothèse sur la signification évolutive du make believe : conséquence ou encouragement des capacités d'empathie, reserrement des liens sociaux, catharsis des frustrations liées à la vie en société...
Cette hypothèse n'est pas nécessairement vraie, mais elle est au moins raisonnable, discutable (au sens où cela vaut la peine de la discuter), testable (on peut au moins esssayer..) tandis que l'autre était ridicule à force d'être étriquée.

Celà dit, je suis d'accord avec PZ sur le fait que pour l'instant, la valeur évolutive des comportement superstitieux reste à démontrer. Les rituels animaux observés en laboratoire (en particulier par le behavioriste Skinner chez le pigeon) ressemblent plus à des glitches des algoritmes d'apprentissage qu'à autre chose.

Et si vous voulez encore plus de spéculations plus ou moins étayées biologiquement sur la signification évolutive du sentiment religieux, allez lire le discours que
Robert Sapolsky a fait à la réception de son "The Emperor has No Clothes Award" décernée par la Freedom from Religion Fondation (en anglais).

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 12:00
-- Attention, ceci est une élucubration : c'est long et décousu, vous êtes prévenus... --

Je ne sais pas exactement quand la réclame de nos grands-parents est devenue publicité, mais si quelqu'un dans la salle à des notions d'histoire sociologique, c'est le genre de trucs que j'apprendrais avec intérêt.
Il serait également intéressant de déterminer si la part proprement incroyable qu'a pris la publicité dans la vie du péquin moyen au cours du vingtième siècle est une simple augmentation d'intensité, ou aussi un changement de la nature du phénomène.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le terme de "réclame" est plus franc : après tout, publicité n'est que le caractère de ce qui est public (la publicité de la cérémonie du mariage conditionne sa validité, par exemple.) On obtient la publicité de quelque chose en le publiant (par exemple : création d'une association au Journal officiel.
Donc finalement, une publicité c'est simplement rendre public le fait que la marque X propose à la vente le produit Z.  Tout de blabla autour , quand c'est trop c'est Tropico, just do it, etc, c'est de la réclame (au mieux...).

J'ai peu d'idées valables sur la question, mais je peux toujours essayer de les mettre en forme : dans une épicerie à l'ancienne (du genre celle de la méchante dans La petite maison dans la prairie) vous demandez une certaine quantité de produit, que l'on vous sert dans un petit  papier.
Pas d'emballage, pas de marque.
Si publlicité il y a, elle se fait nécessairement en aval, dans le démarchage du petit commerçant ou de la grosse centrale de vente.
C'est vrai pour tous les étalages : quand vous achetez des bonbons au prix de l'or à des marchands ambulants, (1) vous n'avez aucune idée de la marque. Chez le boulanger par contre, Haribo s'est bien chargé de fournir un présentoir qui vous hurle ses couleurs criardes à la gueule.

Retournons à l'épicerie. u choix, on vous proposera peut-être des sous catégories : fins, extrafins, de luxe, croissants au beurre au lien d'à la margarine (2) si vous êtes un bourgeois,  mais il n'y a toujours pas de marque.

Les premières marques alimentaires à faire de la réclame (du moins dans l'image trop partielle du monde qui occupe mon petit crâne) sont probablement les préparations de type alcools, digestifs, etc : la Chartreuse de l'abbaye Machin, le quinquina, etc etc.
Pourquoi? Réfléchissons un peu...
- parce que c'étaient des produits spécifiques, avec un seul producteur (tandis que "la farine, mangez-en" ca n'est pas très spécifique sur le producteur)

- d'autre part c'étaient des produits au moins un peu de luxe => plus de marge, => plus de trésorerie disponible pour faire de la réclame

- parce qu'il s'agit de produits sans date de péremption, qui peuvent donc être envoyés aux quatre coins du pays, stockés longtemps, et écoulés doucement (cf. produits de luxe).


- et puis aussi, je pense, parce que ces publicités étaitent destinées au débit de boisson plus qu'à l'épicerie, et qu'une jolie madame en train de vous expliquer que le quiquina c'est bon pour vous aura  de l'effet quand viendra le moment de commander...


Si je creuse mes souvenirs de vieilles affiches, je retombe toujours sur des produits de luxe et non périssables : chocolat (3), biscuits (Biscuiterie Nantaise, LU)...
Hors du domaine alimentaire, il y avait bien sûr beaucoup de réclames pour des instruments techniques, des médicaments (parfois difficiles à distinguer des toniques, cordiaux et autres alcools), des crèmes amaigrissantes (déjà) et des rasoirs révolutionnaires (déjà bis), parce querien n'arrête le petit commerce, et que ces choses ne sont pas périssables. Les annonces se faisaient alors dans les journaux, aux pages des petites annonces, avec éventuellement des gravures que nous trouvons aujourd'hui tellement exotiques, tellement "Manufacture des Armes et Cycles".

Dans les journaux, les annonces ont vu leur taille augmenter au fur et à mesure que les possibilités d'illustration se sont diversifiées, et que les tirages ont explosés.
Les calicots, affiches-réclames, panneaux-réclames et pancartes-réclames (merci le tlfi) sont sortis des bars et des épiceries pour conquérir les murs, les kiosques, les hommes-sandwichs ...

Tous les nouveaux supports ont été conquis peu de temsp après leur inventions : après la presse écrite voici les buvards publicitaires, les publicités radiophoniques, puis télévisées!
Les jeux concours, les cadeaux gratuits, les ballons pour enfants!
Le "mécénat", corrompu en jingles insupportables encadrants comme des gendarmes patibulaires des émissions fantoches de deux minutes trente qui leur servent de prétexte.
On aurait pu croire que le plus gros était fait : les murs du métro, les facades d'immeubles, l'espace au-dessus de nos têtes dans le métro... on commencait à ne plus avoir un pouce de libre pour augmenter la pression.
Alors, on s'arrête? Surtout pas :

- les bus qui maintenant, grâce aux progrès de la Science, ne se contentent plus de quatre malheureuses affiches en 4x3 mais se retrouvent *entièrement recouverts* ! Et les voitures, messieurs dames, est-ce que cette Smart n'est pas 'hachement plus trendy recouverte d'une pub pour le dernier DVD sorti?

- les tables de bars . Celui-ci m' a bluffé : c'est tellement laid... des affiches, plus ou moins en reliefs, coincées  sous le verre des tables de bistrots : plus moyen de plonger un regard torve et blasé dans le fond de son verre de perrier-citron sans se faire intimer d'acheter des clopes, de la vodka ou Zeus sait quoi d'autre...

- les portes de chiottes de bar. Ca c'est super sournois aussi. Est-il un moment, à part l'endormissment, où la garde est plus baissée qu'aux toilettes? Eh ben paf, une pub !
Et le pire est à venir (à moins qu'il ne soit déjà là, je fréquente peu les vespasiennes) : les publicités en face, voire *dans* les urinoirs, des fois qu'en des moments pareils ces messieurs oseraient disposer librement de leur temps de cerveau disponible.
Ce qui risque d'être encore aidé par le fait, que parait-il, il est de dernière impolitesse de regarder ailleurs que droit devant soi dans ce genre de circonstance...

- Attention mesdames et messieurs : le tapis-roulant de supermarché! vous vous rendez compte de toute la surface qui a été gachée pendant toutes ces années? ce n'était plus supportable...

Comme vous le voyez, les cerveaux des publicitaires continuent de fumer, et ce n'est pas demain la veille que les militants anti-pub qui gribouillent tant bien que mal le bas de affiches auront gain de cause.
Sans compter qu'ils ont un terrain de jeu (presque) neuf: le net bien sûr...
Vous trouverez ici le guide du parfait petit publicitaire du net (merci Maurinier) : ca vaut son pesant de cacahuètes, même si c'est déjà dépassé : maintenant, on fait dans le buzz avec des videos virales, parfois même faites à l'oeil par les internautes.
Les bandeaux à la papa ne donnant plus un rendement satisfaisant (et les bandes passantes allant croissant) on est passé aux pubs animées, bruitées, vidéo, interactives...
Celles qui se déplient l'air de rien quand tu as le malheur de passer ta souris dessus, celles qui envoient des petites images se balader sur le texte que tu es en train de lire...
Et puis, bien sûr, les publicités contextuelles qui font la fortune de Google
La perversité humaine est décidément sans limite.

Une nouvelle preuve, si besoin en était ?
Certains ont eu l'idée  (toute théorique il est vrai) de remplacer les mots aléatoires utilisés pour éviter les spams (captchas) par des noms de marques.
Voulez vous parier sur le temps qu'il nous reste avant que les filtres tests de Turing dans les commentaires se transforment en publicité vendue à prix d'or ?

A mon humble avis, maintenant que l'idée est sortie, pas bien longtemps...

Allez, j'arrête là les tartines, et je vous laisse digérer, non sans vous inviter à me tomber sur le râble pour donner un peu de rigueur économique à tout ce que je blablate.
Merci d'avance.



(1) 2,95 euros les 100g la dernière fois que j'ai regardé Place d'Italie, c'est à dire la gélatine vendue au prix de l'entrecôte...
(2) La première fois que j'ai goûté un croissant à la margarine, j'ai failli le rapporter à la boulangerie pour me plaindre de l'infâmie. Depuis, on m'a expliqué la vie, j'ai découvert la différence entre les croissants très courbés et ceux presque droits, et je sais que j'ai des goûts de luxe.
(3) Hé oui, luxe! Mon père, élevé pendant la guerre, s'offre un carré de chocolat de temps en temps alors qu'il aime ça. Un. Carré.
Excusez moi, il faut que j'aille terminer le pot de Nutella, pour compenser.


J'ai sciemment laissé de côté la publicité événementielle : celle qui annonce que "du tant au tant, tel chanteur est à Bobillot" ou que "demain soir le Grand Cirque Fratellini divertira grands et petits sur la grand'place de Trifouillis-les-Roubignolles".

Par ailleurs, quelques liens :
L'art dans la publicité
Le biscuit quatre-heures
Des articles du Diplo
Un cours de psychologie de la publicité (pas eu le temps de lire, mais ça peut être intéressant)

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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 23:15

Du nouveau  (03/02/07) :
Pour commencer, bienvenue aux lecteurs de Yaronet qui arrivent de la discussion sur le JO.
J'en profite pour donner ici ce lien fabuleux vers la déclaration de l'Association des Sympathisants du "Dans ton cul", dont l'objet est , je cite, de
rassembler les personnes qui répondent oralement par l’expression « Dans ton cul ! » aux questions qui leur sont posées avec le mot « où » par leur proche entourage, dans le milieu non professionnel

Par ailleurs, j'ai effectivement écrit au président de toutes ces assoces pour lui demander le pourquoi du comment, sans résultat à ce jour.
Ceci n'est pas outremesure étonnant, si l'on considère que le seul Jean Baptiste Blanchemain connu de Google n'est rien moins qu'un des fondateurs de Fun Radio (par putsch de plusieurs stations locales du réseau NRJ en octobre 1985).
En tout cas, il n'est pas dans les pages blanches, et tout ce que j'ai trouvé à son adresse, le 53 rue de Bagnolet dans le vingtième, c'est un restaurant appellé l'Escargot d'or.

En vérité je vous le dis, il y a gastéropode sous gravillon.


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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 01:44
Je sais, je sais, je ne suis vraiment pas fiable dans mes promesses bloguesques : je n'ai qu'une parole, mais je ne sais vraiment plus où je l'ai rangée...
Près une absence prolongée, je vous avais promis moultes choses intéressantes, et comme de bien entendu mon ambition a juré ma perte : qui trop embrasse mal étreint, tant embrasse-t-on que chet la prise, et à vouloir faire des articles exhaustifs et structurés je ne les termine jamais.

Ce qui est dommage, si on considère que l'essentiel en est déjà décidé et que seule reste la fastidieuse étape de rédaction, mise en forme et illustration. Mais n'en est-il pas toujours ainsi ? les entreprises humaines ont si souvent un aspect désespérément logarithmique...

D'autant qu'entrent perpétuellement en concurrence des tas de choses grandes ou petites dont j'aurais aimé vous parler...
Les dernières en date (petites):

Le film Saw III, que je n'irai pas voir, est interdit au moins de 18 ans. Voilà qui est étrange, je croyais que seul les films vraiment pornographique écopaient de cette interdiction drastique. Quelque chose  a dû changer, si ce n'est dans la législation, du moins dans les usages.
Tiens parlant de cinéma, vous saviez qu'il y a un allociné anglais

Nul n'est censé l'ignorer, on ne doit pas téléphoner en conduisant : non seulement c'est dangereux, mais c'est tout bêtement interdit par le code de la route.
Que dire, alors, à la dame dont j'ai croisé le véhicule hier (à mes risques et périls) qui s'épilait les sourcils en conduisant ?
C'est-à- dire que non seulement  elle  n'avait pas les mains libres, mais
1) elle n'avait pas les yeux sur la rue, et
2) elle se regardait dans le rétroviseur intérieur, qui ne devait donc rien montrer de ce qui se passait derrière elle.
Atterrant (*).

Il y a aussi des choses plus sérieuses : les élections de mi-mandat aux Zétazunis par exemple. Le 7 novembre au soir, j'écrivais à un ami :

Je sais que c'est idiot, mais à force de lire des blogs américains, je suis toute stressée par ces élections...
Les démocrates remporteront-ils la Chambre (le sénat parait presque impossible)?
Kinky Friedman (chanteur au stetson et au gros cigare) sera-t-il élu gouverneur?
Et surtout : le Dakota du sud va-t-il adopter un abortion ban *sans exception*? (viol, inceste vie de la mère, c'est pour les femmelettes...)

Les réponses furent (pour moi) plutôt satisfaisantes :

Les démocrates remporteront ils la Chambre Oui
(le sénat parait presque impossible) Eh si!
Kinky Friedman sera-t-il élu gouverneur ? Eh non! mais pas grand monde n'y croyait (15% des voix),
Et surtout : le Dakota du sud va-t-il adopter un abortion ban *sans exception*?  OUF!! non...

Un autre sujet de satisfaction fut la cuisante déconfiture (moins de 40%) du nauséabond Rick "frothy mixture" Santorum. Reste maintenant aux Démocrates à faire quelque chose de cette cohabitation.

Autre domaine que j'ai indignement laissé en friche : celui de mes comptes-rendus de lecture. Le dernier remonte à six mois déjà ! Toutefois vous vous réjouirez (ou pas) de savoir que j'ai repris ma saine habitude de noter soigneusement mes lectures, donc qu'une partie pourra être rattrapée...


(*) Je me découvrirai peut-être une indulgence toute neuve pour les chauffards quand je rejoindrai les rangs serrés des automobilistes, mais en attendant je me complais dans l'orgueilleuse vertu des détenteurs du code et non du permis : la critique est aisée quand on ne connaît que la théorie.
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao