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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 00:02
Voilà quelques temps, je vous entretenais des dichotomies qui divisent le monde en factions invisibles mais profondement significatives, comme par exemple les gens Larousse et les gens Robert.
Vous trouverez sans doute d'autres séparations binaires amusantes dans cette liste d'Abstruse Goose.
J'envisage de monter un site de rencontres, qui se baserait sur ces choix-là : au moins, le questionnaire serait stimulant, dans le genre de : «Préférez vous pi ou e ?»
 
Mais voilà vraiment très longtemps que je n'ai pas eu de guest post, ces articles écrits par des invités...
Or, je vous le demande, à quoi cela sert-il de connaître des gens passionnants,si on ne peut pas les exploiter un petit peu ?

Je laisse donc la parole à Sabine et Rodrigo, qui dans une louable volonté d'établir une paix durable à la surface du globe, ont décidé de résoudre le problème séculaire de l'opposition entre les petitboutiens et les grosboutiens. Ils y parviennent, et avec quel brio !



Ton récit ô combien pertinent de la guerre entre les Lilliputiens, opposant les partisans de l’oeuf à la coque par le petit bout et ceux de l’oeuf à la coque par le gros bout, nous a profondément marqués, Rodrigo et moi.
Nous avons donc décidé de procéder à une expérience.

L’expérience inédite : l’oeuf sur le côté (effet de bruit de tonnerre).

I Genèse de l’expérience


- C’est fou cette histoire.
- C’est vrai, par le petit bout ou le gros bout, n’importe quoi.
- Oui, pourquoi pas sur le côté ?
Silence.
- Tiens, oui, pourquoi pas ?


Il a donc été convenu de déguster chacun un oeuf à la coque sur le côté dès le lendemain. Rodrigo, qui est ingénieur, a trouvé un moyen de poser l’oeuf sans qu’il roule. Moi, qui ne manque pas de ressources, j’avais ce qu’il fallait.

II Réalisation de l’expérience


1. Cuisson

Le lendemain, nous nous sommes préparés à faire les oeufs à la coque.
Rodrigo a posé le dispositif sur l’assiette (un petit élastique de bureau)


et j’ai calculé le temps de cuisson des oeufs.

- C’est vraiment une bonne idée que tu as eu, comme c’est amusant !
- Non, c’est toi qui as eu l’idée.
- Hein ? Mais non, je m’en souviens bien, c’est toi.
- Ah non, je m’en souviens bien, c’est toi.
Silence.

Les trois minutes trente s’étaient écoulées. Nous avons donc abandonné ce délicat problème et sorti les oeufs de l’eau bouillante.



Quelques minutes plus tard, je répondais aux injonctions « oui, c’est bien, souris, regarde la caméra, baisse un peu le visage, oui, donne-nous envie d’en manger, comment ça se fait qu’il n’y ait aucun projecteur et pas de maquilleuse ici ? » parce qu’il fallait bien prendre des photos pour illustrer l’expérience.



2. Dégustation

La dégustation des oeufs à la coque sur le côté présente deux avantages majeurs :

a) disparition du coquetier ; deux élastiques de bureau suffisent et ils sont réutilisables pour d’autres applications,
b) l’oeuf est plus facile à affouiller à la cuiller. Oui, affouiller, regarde là si tu ne me crois pas.

Nous nous sommes régalés avec nos oeufs sur le côté, puis mutuellement congratulés de cette expérience puisque nous ne savions plus qui en avait eu l’idée en premier de toute façon, que nous avions chacun fait preuve de la même méticulosité, du même engagement et osons le mot, du même professionnalisme dans cette entreprise et que les oeufs à la coque, c’est bien bon.


Nous avons convenu de réitérer l’expérience à l’avenir et de te faire part de nos conclusions.

III Conclusion de l’expérience et dilemme


Avant de rédiger ce compte-rendu, j’étais joyeuse, confiante, pleine d’espoir pour l’avenir : nous avions trouvé une solution viable pour concilier les partisans des deux camps, la solution pour faire régner la paix dans le monde, en somme. Quel dommage que les Lilliputiens soient un peuple de fiction.


Mais, en écrivant, un doute m’a saisie : avec notre troisième voie, notre voie du milieu - si l’on tient à prendre un ton mystique - n’ouvrions-nous pas le champ à d’autres conflits, en réalité ?

N’étions-nous pas en train de créer une autre chapelle, potentiellement tout aussi intolérante que les deux autres ?

Alors que me revenaient des bribes du chaos provoqué par l’imposition brutale de l’anglicanisme sur un peuple déchiré entre catholicisme et protestantisme, mon coeur se serra en pensant à tous les âpres

conflits qui ne manqueraient pas de naître d’une telle révélation.

J’ai donc décidé de proposer la nouveauté de l’oeuf à la coque sur le côté en tant qu’ajout aux possibilités déjà existantes, et en tant
qu’enrichissement culturel du patrimoine déjà foisonnant de l’humanité, en espérant que cette trouvaille nous permette de garder en mémoire les valeurs de la tolérance, de la curiosité, de
l’évolution, et que l’oeuf à la coque, c’est bien bon (final aux violons).

Amicalement,
Sabine (et Rodrigo)




Je demande pour eux, mesdames et messieurs, rien moins qu'un tonnerre d'applaudissements !


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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 01:11
Je croise en ce moment une multitude de tee-shirts à message, dont certains amusants ou du moins remarquables :

À la Cité Universitaire, une jeune fille arbore un tee-shirt moulant avec un gros phylactère qui proclame :
«Je suis Michel Foucault».
En traversant le Canal Saint-Martin, un trentenaire affirme sur son torse viril que 
«Le cinéma est un art, la télé est un meuble ».

Et j'ai enfin fini par croiser en vrai le tee-shirt Spoilt (attention, spoilers multiples !) de Threadless, que je convoite depuis des années. Je me demande si je n'ai pas trop peur de perdre des amis pour le porter vraiment...
La même demoiselle, surnommée Astera,  portait également un tatouage qui ravira tous les graphistes et graphophiles de ma connaissance, le Pantone 475 :

Photo Sean Bonner

Pour le reste, je vous épargne les ~ sweet ~ et autres geekeries, que je vois beaucoup en ce moment : les curieux pourront se reporter à mon tag délicieux dédié, qui me sert principalement à centraliser mes idées de cadeaux pour m'en souvenir le jour dit.
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 19:03
Décidément, la blogation est une activité qui s'épanouit dans la routine, le rythme de croisière et le train de sénateur. S'aventuer dans les extrêmes donne des résultats moins intéressants : quand vous n'avez ren à dire, c'est un reproche et une mise en évidence constante de votre ennui, et quand votre vie se remplit brutalement de monceaux de trucs à observer, apprécier, et ruminer, ce qui arrive toujours de façon simultanée et autocatalytique, ça ne vous laisse tout simplement pas le temps d'en parler de façon satisfaisante sur un blog.

La semaine passée, j'ai goûté plein de nouveux trucs :
- le "bégué" (si j'ai bien entendu) une boisson à base de lait et de mil, à la fois nourrissante et raffraichissante
- la glace au tamarin, subtilement parfumée,
- le kéfir à l'eau (par opposiion au kéfir de lait, que je goûterais bien pour le comparer au leben et au lait ribot), très gazeux et désaltérant
- la limonade de chou fermenté artisanale, improbable mais agréable.

Pour rester dans le domaine de la fermentation, j'en profite pour citer mon ami F., qui dissertait sur la bière de pain et l'alcool de gazon :
 Finalement, il n'y a qu'avec l'eau qu'on ne réussit pas à faire de l'alcool !

Un peu plus tout-venant, je me suis aussi trouvé une source d'Horchata de Valencia industrielle juste à côté de chez moi, mais apparemment, il n'y a en France pas moyen de se procurer des chufas pour la faire soi-même. Crotte.
Et du coup, je me rends compte que j'ai complètement oublié de vous parler de mes expériences avec Synsepalum dulcificium (la baie miraculeuse) qui m'ont beaucoup amusée.

J'ai en outre depuis trois semaines une nouvelle colocataire à la maison, qui me prend beaucoup de mon temps, mais qui compense en ayant cette tête-là :

(merci à Maurits Cornelis pour la photo)

Et je n'ai pas encore réussi à effleurer les sujets que je voulais  aborder...
La suite arrivera, un jour, peut-être.

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 00:13
Je suis en train de réinstaller mon navigateur, et je viens de me rendre compte du point auquel il reflète mes intérêt et mes activités. Les favoris, me direz-vous ? Certes, mais pas seulement, et finalement dans mon cas, pas tant que ça.
On obtient une bien meilleure idée de la façon dont je fonctionne (et à quoi je passe mes journées) en regardant les plug-in de recherche qui me permettent un accès direct à différentes bases de données. L'ordre varie selon mon humeur, mais pour l'instant la configuration est la suivante :

Google
Google Scholar
Sudoc
Google books

Wikipédia (fr)
Wikipedia (en)
Tlfi du CNRTL
Gallica
IMDb
Allociné
Jiwa
Amazon.fr
Marmiton
del.icio.us

Je me tâte encore en en rajouter quelques-uns, mais c'est déjà pas mal.
Bien sûr, tout cela ne se trouve pas nécessairement dans la liste des modules complémentaires officiels proposé
s pour Firefox. Heureusement qu'il y a le Projet Mycroft, où l'on trouve tout, souvent en plusieurs exemplaires.

Je serais curieuse de connaître les barres de recherche de certain de mes amis... Pour d'autres, je les connais déjà, quand il y a quelque chose à connaître : mon frère se refuse par exemple catégoriquement à personnaliser ses environnement de travail, d'après lui pour ne jamais devenir dépendant d'une machine donnée, et rester efficace quelle que soit la configuration. D'après moi ? Par pure flemme...
Et chez vous ?

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 19:54
J'avais souri en lisant l'article écrit il y a trois mois par mon amie Sandra : elle y énonçait, au détour d'une de ces digressions dont elle a le secret, une vérité fondamentale :

comme vous le savez il y a les pro-slip et les pro-caleçon, les plutôt mer et les plutôt montagne et les buveurs de bière opposés aux buveurs de vin et bien il y a aussi les gens Larousse et les gens Robert. Eh bien, moi, je suis plutôt un gens Robert.

On ne saurait mieux dire !
L'idée de lignes de démarcations secrètes, qui courent sous la surface de la société et séparent ou rapprochent de parfaits inconnus en fonction de préférences toujours justfiables dans des domaines profondément personnels et arbitraires m'a beaucoup amusée, si bien que  que je me suis retrouvée à discuter avec Nim du choix des dichotomies les plus pertinentes...

Il faut que les deux termes de l'alternative soient présents dans la population dans des proportions significatives, perçus comme légitimes par tous, mais attachés pour la plupart des gens à un sentiment de loyauté tel que l'abandon de l'un pour l'autre semble inenvisageable à la majorité des gens.

Commençons par les quatre exemples de Sandra :

Slip Caleçon
Vacances à la mer Vacances à la montagne
Bière Vin
Larousse Robert

Ils ne respectent pas tous les critères énoncés, et à titre strictement personnel je dois dire que je n'ai guère d'opinion sur les sous-vêtements masculins, et que je ne bois ni vin ni bière, mais c'est un point de départ pour chercher d'autres dichotomies... 

Je propose donc :

Mozart Bach
Mac
PC
Pariscope
Officiel des spectacles (#)
Toujours dix minutes en avance
Toujours dix minutes en retard
Déchirer les emballage des cadeaux Les défaire soigneusement

Ceux qui me connaissent n'auront aucune difficulté à savoir dans quelle colonne je me range...
Et parlant de ranger, le devoir m'appelle : à vous de trouver d'autres paires de frères ennemis !

[#] Mes excuses aux non-parigots-têtes-de-veau, mais c'est vraiment pertinent : la plupart des utilisateurs de l'un seraient incapables de comprendre le fonctionnement de l'autre même si leur vie en dépendait... Vous allez me dire que maintenant tout le monde va sur Allociné, mais croyez-moi, ce n'est pas la même chose...

Màj : Plein de bonnes choses dans les commentaires :

Les Beatles
Les Rolling Stones [#]
Fromage
Dessert
Nutella au couteau
Nutella à la cuillère
Douche le matin
Douche le soir

Et surtout , la dichotomie ultime dont je ne comprend même pas qu'elle ait pu m'échapper si longtemps : la question fondamentale de savoir par quel bout commencer son oeuf à la coque : vous n'imaginez pas le nombre de guerres qui ont été menées pour cette cause.


En tant que petitboutienne dévouée, je n'arrive à comprendre qu'on puisse ne pas l'être. A la limite, l'indifférence oecuménique pourrait être tolérée dans la mesure où, en cas de repas commun, la personne ne m'inflige pas la vue aberrante d'un oeuf entamé par le mauvais bout.
Et je suis atterrée de découvrir qu'il y a des familles mixtes. Mais comment font-ils pour manger ensemble ?
Je crois que je viens de trouver les limites de mon ouverture d'esprit.

[#]
Cette dichotomie est à mon sens un peu obsolète : quoique concurrents initialement, les deux groupes n'ont pas eu la même histoire, et les guerres ne sont vraiment virulentes que lorsqu'elles sont fratricides. Un djeun' d'aujourd'hui ne verrait, j'en ai peur pas trop le rapport entre ceci et cela.
À moins, bien sûr, d'avoir vu Spinal Tap.
D'ailleurs, ils vous font un bisou, et moi aussi...


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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:18
En ce moment, mon cerveau tourne à vide.
Alors pour m'endormir je cherche à trouver des régularités avec des tailles d'échantillons ridicules, ce qui donne des lemmes trivialement infirmables, ce qui n'est finalement pas si grave, mais surtout dépourvus de tout intérêt... Quelques exemples :

Mes flics de fiction préférés s'appellent tous Sam : Sam Vimes, Sam Tyler, et pour ne pas discriminer les habitants des colonies, ajoutons Sam Spade.
Enfin, je dis ça, mais en fait je ne trompe personne, ce n'est pas Tyler qui a le plus la classe...  [#]....

Ou encore :

Toutes les séries de Joss Whedon comportent  personnage au prénom courant abrégé d'une façon inhabituelle : Pièce à conviction n°1. Pièce à conviction n°2. Et avec toute la mauvaise foi qui me caractérise, ajoutons la Pièce à conviction n°3...

Si seulement mes neurones voulaient bien être aussi efficaces quand il s'agit de boulot...

[#] Et pour ceux que ça intéresse : The Eighties are back! And it criminal...
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 22:41
En lisant cette planche sur le blog de Cha, j'ai pensé «Crrr, elle est con, appeller son caddy Phillipe juste pour faire un jeu de mot...»
Et puis, à la réflexion, j'ai bien été forcée de m'avouer que, sur les conseils de V., mon agrafeuse est allemande et s'appelle Steffi. Steffi A. Graf .
Vous êtes autorisés à me jeter de petits cailloux dans les commentaires à titre de punition.
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:29

Et je vous rassure, je ne me marie pas. J'ai juste eu cette comptine dans la tête pendant toute la semaine.
Le monsieur à l'air revêche en haut à droite n'est rien moins que le fondateur de l'embryologie moderne.
En estonien, aéroport se dit lennujaama, ce qui n'est pas très pratique pour intuiter ses trajets.
Heureusement, tout le monde parle anglais, et "bibliothèque de la fac de Tartu" s'écrit BIBLIOTHECA UNIVERSITATIS TARTUENSIS. Lingua franca, indeed.
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 22:21
Hier, c'était Burns' Night, que nous ne fêtâmes pas dignement : on s'est donc rattrapé aujourd'hui, en mangeant un haggis (accompagné ou pas de whisky) et en chantant Auld Lang Syne.
On déplorera toutefois une forte absence de kilt (et pourtant j'ai râlé, mais apparemment, il fait trop froid...).

Jaloux ? Vous pouvez vous fournir chez divers importateurs, ou vous la jouer velu et vous lancer vous-même dans la confection de ce plat légendaire (les commentaires des photos valent leur pesant d'arachides)...
(Via l'indispensable My Perfide Albion)
Auquel cas je recommande un accompagnement musical nettement plus musclé, comme cette version !


Et pour vous féliciter de votre réussite culinaire, vous pourrez même écouter celle-ci*, aux paroles moins mélancoliques ...

For the sake of auld lang syne!


NB : Le titre de l'article? c'est la réponse classique des Écossais quand on leur demande ce qu'il y a sous leur kilt...
* Dédicace à qui de droit...
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 18:58
En ce moment je suis malade et je n'arrive pas à bosser, alors je rumine. Au propre comme au figuré, puisqu'une bonne bronchite, croyez-moi, ça nourrit. J'ai même réussi à me traîner jusqu'à mon ordi pour mettre quelques-unes de ces idées  en ordre : vous en avez, de la chance !

Attention :
Tout lecteur espérant lire un article intéressant, divertissant, voire drôle,
 est autorisé à cliquer dès maintenant sur un des liens proposés sur la gauche,
comme par exemple celui du blog de Boulet.
Pour les autres, vous l'aurez voulu.

Je rends compte que j'ai un problème avec la conversation informelle. Ou plutôt avec la tendance de toute conversation à partir des nouvelles, des plaisanteries, et des anecdotes personnelles de chaque participant pour glisser insensiblement vers les vastes généralités.
Lorsque cela arrive, je deviens la femme la moins marrante de la planète : je pinaille, je me lance dans des définitions extrêmement fastidieuse des termes considérés, et je reprends les gens pour l'utilisation de termes imprécis, j'exige des sources circonstanciées, en un mot je me rend insupportable alors que trois minutes auparavant je ne voyais pas de problème à déclarer qu'il fait moins mille degrés dehors et qu'il va falloir m'amputer des orteils.

Je deviens au mieux sentencieuse et professorale (pour peu que je connaisse un peu le sujet) et au pire péremptoire, véhémente, et irritable. Si par malheur la personne en face n'en a pas l'habitude, il y a fort à parier qu'elle réagisse à ce changement en me considérant comme une pédante abominablement ennuyeuse, ou, pire, comme quelqu'un d'agressif qui lui en veut personnellement.
En général, je me retrouve donc à hausser la voix et à tempêter tout en m'interrompant toutes les cinq minutes pour ajouter  «mais je n'ai rien contre ton hypothèse, elle me paraît simplement peu étayée, désolée de t'engueuler, il faudrait juste qu'on vérifie». D'où ma tendance à l'hyperventilation prononcée lorsque je n'ai pas un connection internet ou un ouvrage de référence immédiatement accessible...

Des amis qui m'ont exprimé leur incompréhension sur ma capacité à développer des réactions émotionnelles fortes (engueulade de l'adversaire, ou au contraire émerveillement) sur des sujets aussi éloignés de moi que le nombre de cas dans les déclinaisons estoniennes* ou l'appartenance de la «majorité sexuelle» au code civil ou pénal**. Je suis d'accord avec eux que c'est sans doute excessif, et sans doute mauvais pour mon coeur, mais que voulez-vous...

Un exemple parmi mille autres : les termes beaucoup et un peu. Je vais prendre un cas didactique pour que vous voyiez de quoi je parle :

Si je dis «En France, les gens habitent dans des habitations»***, j'énonce une généralité qui est juste, mais qui, comme toutes les généralités, admet une exception : les sans-domicile-fixe.
Que puis-je répondre à quelqu'un qui me contredirait en disant que «Ah non, c'est pas vrai, y'a plein de SDF» ?
Oui, sans aucun doute, il y a des SDF, environ 100 000 sur le territoire, et certes, c'est un chiffre regrettablement élevé, et suffisemment supérieur à «deux ou plusieurs» pour justifier l'emploi de plein ou beaucoup.
Et pourtant, ma première affirmation reste globalement correcte, parce que cette population dépourvue de domicile constitue moins de 0,2% de la population totale, et qu'on ne peut considérer que c'est beaucoup.
Ma proposition est fausse au sens mathématique, parce qu'on peut exhiber un contre-exemple (cent mille, même), mais elle est juste en français parce que je n'ai pas dit « tous les gens », et qu'elle est vraie à plus de 99,8%.

Je crois que j'ai réussi à m'expliquer correctement, mais encore une fois que j'ai fait au prix d'une lourdeur terrible de l'expression, que je m'autorise dans ce blog, parce que rien ne vous force à lire, mais que j'ai de gros scrupules à infliger lors d'une discussion...

Comme vous le voyez, avec un seuil de pinaillage qui peut être dépassé par le mot beaucoup, les discussions sérieuses avec d'autres pinailleurs se passent bien, mais avec une personne normalement constituée, ou simplement n'étant par encore sortie de la logique approximative de la discussion normale, ça vire à l'exercice d'équilibriste : je force une partie de moi-même à surveiller mon expression (et mon niveau sonore) pour éviter de réagir trop fort à ce qui n'est pas (nécessairement) une débauche de mauvaise foi, de bêtise et d'obstination de la part de mon interlocuteur. J'essaye au maximum de ne pas suivre la pente glissante du «c'est pourtant évident !», et je tente de me mettre à la place de mon contradicteur pour voir ce qui bloque la discussion. Il me semble que j'y arrive pas trop mal, puisque j'ai encore quelques amis, et je présente mes excuses à tous ceux qui ont eu à subir cette facette de mon tempérament.
Mais nom de Zeus, c'est parfois fatiguant d'être moi...

Allez, salut,je retourne cracher mes poumons et m'apitoyer encore un peu sur ma petite personne...

Notes de bas de page
, parce qu'on n'est pas un vrai control freak sans notes de bas de page :
* 14 ! N'est-ce pas fabuleux ? Mon choucou, c'est le cas essif.
** La majorité sexuelle n'apparaît en fait nulle part en tant que telle. Simplement, alors que le code péal établit que les relations sexuelles avec mineur de moins de quinze ans sont punissables, celles avec mineur de plus de quinze ne le sont que dans certaines circonstances (adulte ayant autorité...), et ce qui n'est pas interdit est autorisé...
Le code civil, lui, nous donnera par exemple l'âge minimum pour se marier (18 ans pour les 2 sexes depuis 2006).
*** Remarquez que j'ai précisé «En France» pour pouvoir utiliser facilement des statistiques, mais que ça a une conséquence sur le sens implicite : avec la précision la phrase peut être interprétée de façon à sous entendre qu'à l'étranger, les gens ne vivent pas dans des habitations.

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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao