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13 mai 2005 5 13 /05 /mai /2005 00:00

Ode à Wikipédia

Venant tout juste de finir de corriger
L'orthographe de mes écrits du mois de mai,
D'un décompte rapide je mets enfin le doigt
Sur le rôle capital qu'y joue Wikipédia.

En moins d'une dizaine d'articles, j'ai cité
Pas moins de trente-cinq fois une de ses entrées.
Je me dois de lui rendre une sorte d'hommage,
En expliquant pourquoi j'apprécie tant ses pages.

Par où commencer? Certes, elles sont fort nombreuses
(cent mille en français et le quintuple en angliche),
Complètes, illustrées, reliées, en un mot riches.
Mais ce n'est pas ce qui les rend si fabuleuses.

Car Wikipédia est surtout, par mission,
Libre de droit, gratuite, toujours en expansion,
Mais stable cependant, et facile d'accès.
Chacun y participe, c'est la clé du succès!



Tout est dit, ou presque : une encyclopédie en wiki, c'est à dire en collaboration, à laquelle chacun peut participer. Un article vous paraît briller par son absence, ou par son incomplétude? Modifiez-le, et cela profitera à tous!

Basée sur le principe que "personne ne sait tout,mais tout le monde sait quelquechose", elle a connu en quatre ans un développement phénoménal : 200 langues sont représentées, dont une trentaine avec un corpus respectable.

Elle répond au problème de l'obsolesence des liens (qui rend beaucoup de pages ouèbe caduques en quelques mois) en présentant des adresses simples et stables pour chaque article, de la forme http://[code de la langue].wikipedia.org/wiki/[Entrée]/.

Ce choix est très apprécié des utilisateurs, et des voix commencent à s'élever (*) pour qu'il soit repris par d'autres structures de références, comme le Trésor de la langue française informatisé, mon amour.
Pour pousser la logique à l'extrême, on peut même imaginer lier vers des articles non encore écrits (Bidule), en faisant confiance à l'expansion des entrées...

Son succès est à mettre en parallèle avec celui de la licence GNU, et ne devrait pas se démentir, à mesure que l'augmentation des utilisateurs lui apporte de nouveaux rédacteurs.

Mais me direz-vous, comment faire confiance à une structure anarchique (étymologiquement, sans autorité), où n'importe qui peut aller raconter des idioties?
Bien sûr, rien ne m'empêche d'aller modifier une page traitant de physique théorique pour y expliquer que le monde a la forme d'un doghnut...
Mais les rédacteurs de ladite page, ou tout simplement des physiciens amateurs passant par là, vont immédiatement se rendre compte du problème. Et -c'est là tout la force du wiki- ils n'auront pas besoin de réécrire (tâche fastidieuse s'il en est) les données pertinentes, mais simplement de récupérer la version précédente de la page, gardée en mémoire par le site.
Anarchie, donc, mais pas anomie. Elle est pas belle, la vie? Moi, ça m'émeut...

Pour participer, le plus simple est de consulter la page d'accueil de la communauté des rédacteurs, pour voir un peu de quoi il en retourne.
Et si vous souhaitez vraiment soutenir le projet, vous pouvez contribuer financièrement aux coûts (énormes) de serveurs et de bande passante.

Pour conclure, ajoutons que Wikipédia propose aussi des choses amusantes, comme :

  • Ce lien vers une page tirée au hasard parmi tout le Wikipédia français : ça passe le temps à une vitesse folle!
  • Une glorieuse Liste des listes, qui ne manqueront pas de fasciner tout ceux pour qui un dictionnaire est un puits sans fond d'émerveillement. (En général, ils se reconnaissent à douze ans par l'épaisseur des verres de lunettes et la capacité de trouver le CDI les yeux fermés. Je sais, j'en étais...)
  • Et puis, aussi, parce que l'erreur est humaine, un bêtisier...


(*) D'ailleurs, pendant que vous y êtes, lisez l'intégralité de ce blog Technologies du language, c'est un ordre!
Jean Véronis fait exactement le blog que j'aurais rêvé d'écrire, je ne suis pas encore remise de cette découverte...


Petite note auto-référencielle : cette note contient vingt liens vers Wikipédia...
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12 mai 2005 4 12 /05 /mai /2005 00:00

Nouvelle du jour :
J'ai décidé de me mettre au dessin vectoriel. Enfin, à défaut d'apprendre à le maîtriser vraiment, d'essayer au moins de comprendre ce que ça a de si fabuleux.
J'ai donc téléchargé Inkscape (gratuit et open source, comme de bien entendu), et je suis très agréablememt surprise. C'est facile à manipuler, et la différence avec les logiciels non-vecto est vraiment flagrante (*), en particulier pour la calligraphie (voir en haut de cette page ma modeste mais néanmoins nouvelle bannière).

J'avais déjà essayé de faire des choses comme une bête étoile sous Gimp, mais ce n'est vraiment pas fait pour ça! Alors que ce petit logo ci-contre m'a pris cinq minutes...

Le dessin de droite, par contre, m'a pris nettement plus longtemps, surtout à cause du va-et-vient entre vectoriel et classique, mais aussi parce que je ne savais pas trop ce que je voulais faire pour ce projet de tee-shirt qui m'est tombé dessus à l'arrache.
Le résultat est, on va dire...frais? Le titre en est "Anarchy in Recipe"...

Ceci dit, je n'ai toujours pas compris comment dessiner avec Inkscape. Faire des jolis trucs géométriques, bidouiller des formes chaotiques, calligraphier, grouper à tout va, oui. Mais le dessin, non.
À suivre, donc!


(*) Je me dois cependant de préciser que je ne compare qu'avec The Gimp, d'une part parce que je suis sous Debian, et d'autre part parce que je n'ai jamais réussi à comprendre le fonctionnement de 'Toshop (comme disent les graphistes).


Téléchargements :
Allez, zou, plus d'excuse! C'est facile, c'est gratuit, et c'est aussi performant que les payants!
Voilà, j'aurai fait ma BA de la semaine. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a des points communs entre les geeks et les missionnaires...


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11 mai 2005 3 11 /05 /mai /2005 00:00
Il est presque déprimant de voir à quel point je suis à la merci de ma curiosité...
Suite à un article de Pascal Riché, sur le blog de Libé À l'heure américaine, je suis allée bidouiller sur BlogShares, qui se présente comme un fantasy blog shares market c'est-à-dire à peu près "Bourse imaginaire d'actions de blogs".
Alors, voilà où ça en est : pour l'instant, j'ai multiplié mes 500 B$ (Blogshares dollars) initiaux par près de 180 en quelques jours, et "Ceci est un test" a doublé de valeur... Achetez! Achetez, vous dis-je !

Comme beaucoup de sites de ce genre, Blogshares est chronophage, légèrement addictif, très amusant, et surtout, intriguant...
Les indices sont nombreux et parfois très mystérieux, et la valeur desblogs est calculée en fonction, entre autres, des liens entrants etsortants, ce qui m'a fait prendre conscience d'à quel point le (la?) "blogroll" fait partie intégrante du concept de blogosphère.
Le week-end dernier, des potes ont découvert, tout étonnés, que je blogguais sans l'avoir dit à personne, sans linker ni me faire linker... Une clandestine, quoi!

En tout cas, malgré les généralités déversées par les reportages sur l'air du temps, l'envolée des chiffres de la sus-dite blogosphère recouvre des choses extrêmement hétérogènes : quel point commun, au sein même des "photoblogs", entre les photos de voyage d'un globe-trotter amoureux de photographie, et les frimousses des cousines d'une lycéenne qui s'amuse avec son nouveau téléphone-appareil-photo-épluche-légume? Pas grand chose, on en conviendra.
J'essaye de ne pas jouer les veilles ganaches en regrettant que le deuxième choix couvre au moins trois quarts des création de blogs, parce qu'après tout, qui nous force à les lire?

Ça me rappelle l'anectode, apparemment antédiluvienne, racontée par un pote : au début des années 1990, un de ses amis toujours en avance d'une technologie lui montre tout excité, l'Internet!!
C'est-à-dire, quelques malheureuses pages de texte sur des sites d'universités avec trois liens qui pleurent dans un coin. Et imaginez seulement : pas de Google! Pas d'images! Aucun moyen de chercher une page dont on n'a pas l'adresse...
Réaction naturelle du narrateur : "Ben et alors? Je ne vois vraiment pas l'intérêt..." (Il est maintenant sysadmin, le coco.)
C'était il y a moins de 15 ans...(1)

Une poignée d'années plus tard, le web était submergé par les pages perso : laides, inintéressantes, surchargées, accessoirement beaufs, et surtout jamais mises à jour, elles étaient la preuve de la démocratisation d'Internet et de l'HTML.
Doit-on reconnaître aux Skyblogs d'être le signe de l'avancée suivante, puisque qu'aucune connaissance d'HTML n'est plus nécessaire pour être publié sur le net?
Il serait sans doute déplacé de ma part de m'en plaindre, moi qui berce l'espoir d'exaucer le voeu de ma mère au sujet de "tu sais, un truc où on peut ajouter des petites choses un peu quand on veut, là, comment est-ce qu'ils appellent ça, les bolbes...".
Alors arrêtons de grogner. Et "lâchez les com"...

Quant au domaine de l'information, les capacités de réactions à chaud et d'approfondissement de certains sujets (voir l'histoire du rapport américain) équilibrent-elles la répétition ad nauseaum des dépêches Insolite de Yahoo (2)? Je l'espère, mais je suis vraiment loin d'en être sûre.

Mais s'il y a un domaine auquel la forme bloguesque paraît constitutivement adaptée, bien que peu appliquée jusqu'ici, c'est celui de la fiction. Un média qui permet d'échelonner les parutions sans augmenter les coûts, qui permet de garder les lecteurs en haleine... On a déjà vu que les webcomics en avaient profité, devenant l'équivalent électronique du strip de trois cases à côté des mots croisés dans un journal quotidien. Mais il n'y a pas que ça...
Le roman feuilleton, ça vous dit quelque-chose? C'est à leur invention que l'on doit l'explosion de la presse quotidienne au dix-neuvième, avec le développement du journalisme qui lui fut associé. Rien que ça.
Peut-être le blog, nouveau média, va-t-il renvoyer l'ascenseur à une forme qui a quasiment disparu de la presse écrite pour se réfugier à la télévision dans les soap operas et telenovelas.

Je n'ai pour l'instant qu'un lien à vous proposer, mais je compte sur vous pour me transmettre ceux sur lesquels vous pourriez tomber...
Piece of cake, c'est le nom du blog fictionnel de Romuald, lycéen torturé par sa puberté parmi tant d'autres, et qui raconte ça sur le Net (en français, malgré le titre). Pour l'instant, on en est à une vigtaine d'épisodes, et l'on s'est déjà attaché aux personnages...
Les illustrations sont d'auteurs différents selon les épisodes, mais la variation de style n'empêche pas de chaque lecteur faire une idée personnelle dudit Romuald, au contraire.
Un conseil cependant : commencez par le début!

Voilà pour mes méditations du jour : contradicteurs de bonne foi comme toujours bienvenus ! (Les thuriféraires sans vergogne aussi, cela va sans dire...)



(1)
Si vous êtes sages, je vous raconterai d'autres belles histoires de l'Oncle Steph', au coin du feu...
Décidément, la vitesse d'obsolescence de la technologie informatique m'étonnera toujours! Il n'y a guère que la mode vestimentaire qui arrive à se maintenir à sa hauteur, mais sans l'augmentation des permormance...
Conclusion de l'évolutionniste qui sommeille en moi :
Informatique : Modèle de la Course aux armements
.
Mode : Modèle de la Reine Rouge (oui, c'est bien celle d'Alice...)
Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que l'une est moins stérile que l'autre.

(2) À témoin l'histoire des crapauds explosifs, qui a suscité chez des milliers de blogueurs l'irrépressible besoin de consacrer une entrée de leur blog à dire des choses aussi passionnantes que "Trop fou!" ou "Vous croyez que c'est vrai?".


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8 mai 2005 7 08 /05 /mai /2005 00:00
Qui donc a décrété qu'un anniversaire était un événement joyeux? Je n'y vois, pour ma part, qu'un pas de plus vers la fin, un peu comme si le temps, abandonnant son sablier pour une allégorie plus kitsch, apparaissait sous la défroque du vieil épicier à blouse grise -tellement français!- mouillant de ses lèvres humides et molles l'extrémité d'une mine de crayon en disant "5 et 1 qui nous font 6."
Frédéric H. Fajardie, Le souffle court.

Fred, je t'aime bien.
Mais TA GUEULE.



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8 mai 2005 7 08 /05 /mai /2005 00:00

Hier, entre autres pour que ma mère, grande polardeuse devant l'Éternel (1), ait un peu moins honte de moi, je me suis fait le plaisir de lire le Fajardie qu'elle m'a offert l'autre jour : Le souffle court.

J'aime beaucoup, vraiment, va falloir que je m'en déniche d'autres. Mais ce n'est pas ce qui m'amène ici.

Il y un truc que je n'ai pas compris, mais alors pas du tout. Je cite :

- Les burlingues l'ont rendu con. Con comme un cheval blanc.
Interloqué, je calai le moteur.
- Un cheval blanc? T'as dit : con comme un cheval blanc?
- Absolument, Patron.
Réellement partagé entre méfiance et admiration, je déposai Miro, sans autre commentaire, place Denfert.

Voilà tout le mystère : con comme un cheval blanc.

Mais qu'est-ce qu'il veut dire? Si vous en avez la moindre idée, soyez pas chien, dites-le moi, je déteste ne pas comprendre...

Cela n'a sans doute aucun rapport mais ça m'a rappellé ce passage de A Hat full of Sky de Terry Pratchett, où la petite héroïne, Tiffany, explique le sens des tracés blancs qui courent sur la colline :

Turf had been cut away in long flowing lines so that the bare chalk made the shape on an animal.
'It's the White Horse,' said Tiffany.
'Why do they call it that?' said Miss Tick. (...) 'It doesn't
look like a horse. It's just... flowing lines...' (...)
''Taint what a horse
looks like,' said Tiffany. 'It's what a horse be.'
'Oh,' said Miss Tick. But because she was a teacher as well as a witch, and probably couldn't help herself, she added, 'The funny thing is, of, course, that ther is no such thing as a white horse. They're called grey.'
'Yes, I know,' said Tiffany. 'This one's white,' she added, flatly.
(2)


C'est une référence au cheval blanc d'Uffington, dans l'Oxfordshire, dont on ne sait à peu près rien, si ce n'est qu'il est beau, et qu'il risque fort de continuer encore un petit moment.

C'est vrai qu'il n'y a pas de chevaux blancs, seulement des chevaux gris, demandez à n'importe quel cavalier
(3).
Mais l'inexistence explique-t-elle le fait d'être con? Vous avez deux heures, documents autorisés.


(1) Pas féminin, suivez un peu!
(2) Notez la différence des conventions typographiques du dialogue selon la langue. Interro Lundi.
'Tain, faut que j'arrête la moquette, moi.
(3)
Toute personne surprise en train d'interroger une pièce de jeu d'échec après lecture de cette phrase est priée de sortir immédiatement...
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5 mai 2005 4 05 /05 /mai /2005 00:00
Suite à l'avalanche de suggestions que m'a valu l'article précédent, je me dépêche de continuer ma sélection de bandes dessinées animalières, avant de me faire doubler par les commentaires!

Commençons par deux incontournables de la bédé française :

Canardo de Benoît Sokal, compte maintenant une quinzaine d'albums et campe un détective désabusé et cynique, je cite : un "Marlowe mâtiné de Donald".
Voila maintenant une trentaine d'années qu'il traîne son paletot crasseux dans des histoires plus louches et déprimantes les unes que les autres, ce qui ne fait rien pour arranger sa misanthropie galopante, et la cirrhose qui la suit de près.
Ah, et c'est un canard, pour ceux qui ne suivent pas....
Enfin, pour vous
qui, après l'article précédent, cherchez encore des exemples de chats maléfiques, jetez donc un oeil à La marque de Raspoutine, ça en vaut la peine...


Les formidables aventures de Lapinot, au titre tout aussi transparent, sont un des grands succès du désormais classique Lewis Trondheim. Une quinzaine d'albums aussi, mais en moitié moins de temps (la prolificité du Lewis est légendaire), qui créent quasiment un genre qui leur est propre.
Lorsqu'il ne part pas à l'attaque des Carottes de Patagonie (un beau pavé de 500 pages), l' alter ego lagomorphe de l'auteur se débat dans les angoisses banales de la vie quotidenne : la vie, l'amour, la mort...


Dans un genre complètement différent, avec un humour distillé à chaque page, je dois avouer ma faiblesse pour l'innénarable De Cape et de Croc.
La série nous raconte, au milieu d'un dix-septième siècle de roman, les aventures épiques d'un loup ombrageux, hidalgo espagnol, que la fortune à mis en compagnie d'un renard français jusqu'à l'os, une version vulpine de Cyrano de Bergerac, toujours prêt à se battre pour un vers ou une oeillade. Comme le loup Don Lope, lui, voit des affronts partout, vous vous imaginez bien que leurs épées ne connaissent que peu de repos!
Les jeux de mots vous attendent à chaque détour de case, les blagues idiotes mais hilarantes alternant avec ls références les plus subtiles. Il n'est pas juqu'au nom des personnages qui ne renferne un clin d'oeil à qui sait voir...
Les personnages secondaires sont tout aussi savoureux : le père avare semble sortir tout droit de Molière, Hermine la fière tsigane fait tourner notre andalou en bourrique et Eusèbe, le lapinou envoyé aux galères, vaut son pesant d'or...


Enfin, abordons deux titres qui ont beaucoup en commun : leur caractère animalier, leur sujet (la deuxième guerre mondiale), ainsi que leur succès. Ils n'en constituent pas moins de oeuvres extrêmement différentes par leur style graphique, leur traitement et leur perspective.

La Bête est morte! (1) est une bédé française, parue à la Libération, chez feues les regrettées éditions Futuropolis, scénarisée par Dancette et Zimmermann.
Elle illustre, sous le dessin inimitable de Calvo (célèbre pour son Moustache et Trottinette (2)), la guerre sans merci que livrent les Allemands (Loups), aux Lapins (Français), Dogs (Brittaniques)...
Cette métaphore, qui est gardée du début à la fin, donne à l'ensemble la force d'une fable, et parfois la pertinence percutante du dessin de presse. Et si le politiquement correct rétrospectif n'est bien sûr pas de mise, un peu de distance historique est à recommander.
Soixante ans après certains passages n'ont plus l'évidence de l'immédiate après-guerre, mais il vaut vraiment la peine d'être lu, quitte à garder sous la main un encyclopédie historique ou un papa prêt à élucider les passages obscurs (si vous voulez, je vous prête le mien, il sera ra-vi! Comment croyez-vous que je connais l'existence de cette bédé, hein? ).


Maus
, de Art Spiegelman, est ce qu'on appelle maintenant un graphic novel (
roman graphique). Cette bédé, qui date des années quatre-vingt, raconte la Shoah, vue par l'un des survivants.
Maintenant agé, le héros entreprend de transmettre son histoire à son fils (l'auteur).
Les juifs y sont représentés par des souris (d'où le titre, qui signifie souris en allemand), les Allemands par les chats, les Américains par des chiens, les Polonais par des cochons...
Pour la petite histoire, ce fut la première bédé à recevoir le prix Pulitzer, ce qui n'est pas rien, et donne une idée de la pertinence de l'oeuvre.
Hantant (3).

Voilà un petit topo qui ne fait bien sûr que survoler mes goûts en la matière. Pour en savoir un peu plus, n'hésitez pas à assiéger le rayon bédés de la bibliothèque la plus proche, et à profiter des ressources en ligne, comme l'Exposition virtuelle sur la bédé de la BNF, qui parle entre autre des animaux.



(1)
Mais si "la bête est morte", rappellons que "le ventre est encore fécond d'où est sorti la bête immonde" (B. Brecht).

(2) Les fans de Calvo apprécieront sans doute, toujours dans la catégorie "anthropomorphique" et "histoires de guerre", les Aventures de Rosalie, charmante automobile qui voit sa vie bouversée par la bataille des taxis de la Marne, au début de la guerre de 14-18.
Où il apparaît que les clés à molette sont très joueuses, et ont les fesses roses.
Encore aux éditions Futuropolis, réédité en 1996 par Gallimard.

(3) Hé merde, encore un anglicisme (calque de haunting). Ce n'est pas français et je ne vois aucune façon de le dire autrement. Toute aide est la bien venue...
[Edit]: Kelek propose : obsédant. Très bien, tout à fait ça. Merci beaucoup!

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5 mai 2005 4 05 /05 /mai /2005 00:00
Ce que j'aime bien chez la dessinatrice Cha, c'est qu'elle atomise le politiquement correct de l'éternel féminin (que je vomis).
Cliquez donc sur l'image (tirée de son blog) pour voir en grand ce dont je parle!

Vous voulez un autre exemple? Le voici, dans la même catégorie, mais en pire.
Hihi, moi ça me fait rire, rien qu'en pensant à la tête des mecs idéalistes qui lisent ça...

Tenez , et pour le même prix, je vous file l'adresse de Tanxx, qui déchire pas mal aussi...Et elle a aussi un bloug, et elle aussi elle sait donner dans la poésie tellement féminine...
Par exemple ici, ou encore .
Venez dire que je ne vous gâte pas après ça...
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3 mai 2005 2 03 /05 /mai /2005 00:00
Je ne sais pas si vous vous souvenez du tremblement de terre qui a ravagé une partie de l'Algérie voilà deux ans maintenant (21 mai 2003).
Peut-être vous rappellez-vous la réaction de certains musulmans pour dire que c'était une punition du ciel, dont la faute incombait, bien évidemment, à la dépravation de la population.

Hé bien j'y repense en lisant par hasard cette citation, compilée par Flaubert en vue d'un recueil qui aurait été le pendant de son Dictionnaire des idées reçues :

« Les inondations de la Loire sont dues aux excès de la presse et à l'inobservation du dimanche. »
L'Evêque de Metz, Mandement, décembre 1846.

En parlant d'autre chose, le poète a dit "Comme toutes sont entre elles ressemblantes". Il aurait pu parler des religions...




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3 mai 2005 2 03 /05 /mai /2005 00:00
Charles Lebrun a été un peintre monumental, célèbre pour sa maîtrise des expressions du visage humain...Mais pour ce qui est de la théorie, Charles Darwin fait remarquer à quel point ses conceptions apportent peu à la compréhension des passions...

L'étude philosophique de l'expression avait fait, on le voit, peu de progrès depuis l'époque (1667) où le peintre Le Brun, décrivant l'expression de la frayeur, disait :

"Le sourcil qui est abaissé d'un côté et élevé de l'autre, fait voir que la partie élevée semble le vouloir joindre au cerveau pour le garantir du mal que l'âme aperçoit, et le côté qui est abaissé et qui paraît enflé nous fait trouver dans cet état par les esprits qui viennent du cerveau en abondance, comme pour couvrir l'âme et la défendre du mal qu'elle craint."

Je suis en plein dans ce bouquin, très intéressant. Une dizaine d'années après son historique Origine des Espèces qui expose sa théorie de l'évolution, Darwin s'intéresse à l'évolution des comportements, et tente de démêler l'acquis de l'innée, le culturel de l'universel et l'atavique du nouveau parmi les expressions: pleurer, rire, crier, rougir...à quoi tout cela sert-il?

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3 mai 2005 2 03 /05 /mai /2005 00:00
Au gré de mes navigations , je suis tombées sur un texte amusant et tendre de Théophile Gautier, intitulé Ménagerie intime. L'auteur y raconte son amour précoce et jamais démenti pour les animaux, avec une tendresse particulière pour les chats.
Il raconte comment, après avoir nommé trois chats d'une portée d'après les personnages des Misérables d'Hugo, sa vision de l'oeuvre fut irrémédiablement modifiée :

Enjolras, Gavroche, Eponine, nous rappellent les créations d'un maître aimé. Seulement, lorsque nous relisons les Misérables, il nous semble que les principaux rôles du roman sont remplis par des chats noirs, ce qui pour nous n'en diminue nullement l'intérêt.

Il ne s'agit pas de s'en étonner, car les chats sont des animaux éminemment littéraires (*); tout le monde connaît l'amour que leur portèrent Colette et Paul Léautaud, mais cela ne s'arrête pas là.
Baudelaire, qui voyait en eux des amis de la science et de la volupté, leur consacra dans les Fleurs du Mal plusieurs poèmes 
qui marquent aujourd'hui encore l'imaginaire de tout amateur de chats, car lequel d'entre eux peut affirmer sans mentir ne s'être pas reconnu dans ces amoureux fervents et ces savants austères?

Mais le mystère qui semble nimber jusqu'au plus familier chat de cuisine a inspiré une appréciation bien différente de Raminagrobis...
Prenons Buffon. Dans son Histoire naturelle, il qualifie le chien de meilleur ami de l'homme, le cheval de plus belle conquête de l'homme. Mais du chat, que dit-il?

Ils ont en même temps une malice innée, un caractère faux, un naturel pervers, que l'âge augmente encore, et que l'éducation ne fait que masquer. [suite]

Leur réputation sulfureuse et leur troublante intelligence leur valut aussi l'honneur d'être les héros récurrents de la littérature fantastique : Le chat noir [en][fr] d'Edgar A. Poe, mais aussi de nombreuses nouvelles de H.P. Lovecraft, en particulier Les chats d'Ulthar [en][fr], qui fait regarder d'un nouvel oeil le gros matou paresseux qui se prélasse à côté de votre écran.

Au fond, cette ambivalence du chat est sans doute ce qui le rend si intéressant et, pou les auteurs, si humains, comme en témoigne, par exemple les aventures du Chat Murr, d'Hoffmann, qui apprend à lire et à écrire.

Pour être plus exotique, je me dois de citer le très bon roman roman japonais Je suis un chat, de Natsume Sōseki, qui permet d'observer la vie japonaise d'il y a un siècle à travers les yeux d'un chat.

Les héros félins plus ou moins humanoïdes se retrouvent jusqu'à aujourd'hui, en particulier en bande dessinée, parfois dans des styles bien distincts.
Citons, en particulier, l'excellente série du Chat de Rabbin de Sfar, contée par un chat narrateur qui n'a pas la langue dans sa poche.



Aux amateurs de polar sombre, on ne saurait trop conseiller Blacksad, dont le héros éponyme est un chat noir, private eye désabusé qui tente de trouver une justice dans un monde peuplée de rats, de fouines, de crapauds, d'ours, mais aussi de biches et d'iguanes, tous admirablement choisis pour coller au personnage (ça change de Mickey et Pluto). Je garde une tendresse spéciale pour le gorille-boxeur...



Si vous êtes sages, vous aurez droit aux quelques autres BD "animalières" que j'ai encore dans ma manche...

(*) Innocente que je suis, je viens seulement de me rendre compte que Wikipédia m'avait bien sûr devancée sur le sujet : elle propose une Liste des chats de fiction.



[Edit:] Sur une suggestion de Zoélie, j'ajoute à la section japonaise Michaël, le chat qui danse, (en anglais What's Michael?!) dont vous pouvez lire quelques planches ici...
Ainsi que Speed, le chat citadin jusqu'à l'os qui a bien du mal à se faire au Retour à la Terre de Manu Larcenet.



Enfin, sur une suggestion de Fab, élargissons un peu notre cadre littéraire, et penchons nous sur l'excellent Royaume des chats[fr] [en] de Hiroyuki Morita [fr][en] (et non de Miyazaki [fr] [en], bien que l'on prête facilement aux riches...) qui raconte cette fois-ci, non l'histoire d'un chat qui se transforme en homme, mais d'une petite fille qui se transforme en chat...
Disponible en DVD, bien sûr.
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao