Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 juillet 2005 5 01 /07 /juillet /2005 00:00
J'ai commencé à lire la rubrique Savage Love du Village Voice (*), il y a quelques années, et ce vieux Dan Savage continue de beaucoup me faire rire, avec l'aide du courrier des lecteurs (the story of the granny jerking off her parakeet, that was fun!). Le seul effet secondaire de cette lecture est de se dire que quoiqu'on fasse de plus échevelé, il y a eu plus hallucinant avant...

Or donc, il arrive à ce columnist de donner dans la politique (eh oui, aux États-unis, politique et vie sexuelle sont malheureusement très liées...), avec souvent beaucoup de pertinence. Dans sa rubrique du 14 juin, on lit donc :

In other gay news:
Last week the pope condemned divorce, masturbation, birth control, in vitro fertilization, living together before marriage, and same-sex marriage. According to Bennie, all of the above add up to "anarchic freedom." The headlines the next day? "Pope Condemns Gay Marriage as 'Anarchy.' " The headlines should have read something like this: "Pope Condemns Majority of American Heterosexuals for Private Sexual Conduct, Also Gay Marriage."

Traduction :
Dans la catégorie "Actualités LGBT' :
La semaine dernière, le pape a condamné le divorce, la masturbation, la contraception, la fécondation in vitro, le cohabitation avant le mariage, et le mariage entre personnes du même sexe. Selon Bennie (NdlT : Benoît XVI), tout cela constitue la "liberté anarchique".
Les gros titres le lendemain? "Le Pape taxe le mariage homosexuel d'anarchie". On aurait du lire quelque chose comme "Le pape condamne la sexualité privée de la majorité des hétérosexuels américains, et aussi le mariage homosexuel".


Rien à ajouter.


(*) The Village voice, c'est à New York ce que serait un mélange de l'Officiel des Spectacles, de Nova, et du Canard enchaîné à Paris...Ceux qui ne sortent pas le lisent pour les articles, ceux qui n'aiment pas les "colonnes d'opinion", comme on dit là bas, le lisent pour les programes de concert et de ciné.

Repost 0
30 juin 2005 4 30 /06 /juin /2005 00:00
J'avoue que je suis contente de moi : un mois de posts quotidiens, ça demande tout de même un peu d'organisation.
Comme vous l'avez pu remarquer, j'arrête là mon blog-athon, et je reprend un rythme de publication plus adapté à la période estivale et caniculaire (tout le monde n'est pas le Docteur Devo, ou le tenancier de La Cafetière...)
Sans compter que les grandes marées migratoires risquent de m'entraîner dans leur flux vers des contrées dépourvues de connection multimédiatique. Si, si, ça existe encore.

Notez bien, ce n'est pas que je manque de sujets desquels vous entretenir, c'est juste que la dactylographie est une activité des plus éprouvantes quand la température dépasse le seuil de liquéfaction de la colonne vertébrale.

Au programme : quelques lectures, un peu de cinéma, et pourquoi le film Batman begins est un drame pour les chauves-souris.

Chers lecteurs, je vous prie d'accepter l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Bien à vous,

Abie
 

Repost 0
25 juin 2005 6 25 /06 /juin /2005 00:00
Je continue la liste de mes lectures, recommencée il y a peu. Au programme : du très bon et du moins bon, mais le bilan est globalement positif...
Marguerite Duras L'amant

Bon bah, ça y est je l'ai promis, je l'ai fait. J'ai comblé une lacune et je peux maintenant dire en connaissance de cause : c'est vraiment chiant à crever, le Nouveau roman.

Anatole France La Rôtisserie de la Reine Pédauque,
Très bon et incroyablement érudit, mais très second degré. Décidément, j'aime beaucoup ce monsieur Anatole. De lui, aussi lu Les Fous dans la littérature, trouvé sur Wikisource.
Hé oui, c'est le grand avantage des auteurs dont tous les textes sont tombés dans le domaine public : vous trouverez huit textes de lui en libre accès sur Wikisource, ce qui n'est pas mal du tout, mais à comparer avec Flaubert (une douzaine) et Balzac (une soixantaine!)...
Manuel Vasquez Montalban Happy End
Un roman très court sous forme de récit plus ou moins rêvé, raconté par un hypothétique Humphrey Bogart. Le genre de truc qui ne me convainc pas des masses, en fait.
Serge Brussolo Le carnaval de Fer
Classé dans science-fiction, il en est pour la lettre mais pas pour l'esprit : certes, nous sommes bien dans un monde post-apocalyptique et dictatorial, mais les images relèvent plus de la poésie que d'autre chose : une ville de carnaval permanent, d'où la guerre a été bannie, et où l'on dîne dans une vaisselle forgée avec le fer des canons sur une nappe faite de draps de lupanars, mais où les pulsions homicides trouvent d'autres échappatoires...
Des pêcheuses de perles impubères plongent à la recherche les kystes précieux des étranges nains qui ont remplacé la mer...
Bourré d'idées et plaisant à lire.
Ray Bradbury Les pommes d'or du soleil
Encore un auteur qui a révolutionné la SF parce que d'une certaine façon, il n'en fait pas (j'entend déjà hurler les aficionados...). Sur les vingt-deux nouvelles de ce recueil , je n'en compte qu'une demi-douzaine qui peuvent rentrer dans ce domaine.
Pour le reste, à l'exception de deux nouvelles qui donnent dans l'"étrange" (l'enfant qui ne vieillit pas d'Adieu et bon voyage, l'étrange héroïne de La sorcière du mois d'avril), ce sont des histoire "normales" racontée sur un mode poétique (j'aime beaucoup Le grand incendie et La prairie).
Au fond, quand on y réfléchit, Fahrenheit 451 n'a jamais été de la SF : son argument ne tient pas à la télé projetée sur les murs, pas plus qu'aux robots traqueurs. Alors pour le classer tout de même, on l'appelle un roman d'anticipation,
en touchant du bois ...
Patrick Süskind Le Parfum
Oui, je sais, j'ai dix ans de retard sur tout le monde, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. L'écriture est un tour de force, le vocabulaire est enchanteur (opoponax, storax, castoreum...), et après la lecture, on se surprend à renifler partout...
Susie Morgenstern Le vampire du CDI
Hi, hi. Il est cool, ce roman de la Bibli des loisirs. Vive les auteurs pour la jeunesse qui ne prennent pas leur lecteurs pour des demeurés!
Jim Fergus Mille femmes blanches
C'est une "romanciation" (novelization) d'une histoire véridique : un marché avait été passé entre le gournement américain et une tribu d'Indiens, à la requête de ces derniers, pour échanger mille femmes contre mille chevaux, dans le but qu'elles apprennent à la tribu et à leurs enfants les façons de l'homme blanc. Le pacte a bien sûr été gardé secret, et seul le premier contingent de femmes (une trentaine) tirées des hospices, des prisons ou des hôpitaux psychiatriques a été livré, puiqu'entre temps une solution beaucoup plus radicale au "problème indien" avait été décidée.
Le bouquin n'est pas inintéressant, mais l'on s'impatiente aux considérations personnelles de la narratrice : la partie historique et documentaire est trop diluée dans la masse.

Pour ceux qui veulent un authentique document sur un sujet semblable, je recommande Souvenirs d'un chef sioux, d'Ours debout, chez Payot. Ours Debout est né en 1868, et sa première chasse au bison fut aussi la dernière de son peuple. Il profite de son éducation forcée pour immortaliser son témoignage de la fin d'une époque, et ça vaut vraiment la peine d'être lu, ne serait-ce que pour apprendre que la lune des écorces qui craquent, c'est le mois de décembre.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Prévisions pour la suite :
Les mystères de Paris, dont je viens de terminer la première partie (c'est long) et c'est invraisemblablement kitsch..
et Salammbô, parce qu'il paraît que la vie sans avoir lu ce livre est une erreur...

Repost 0
24 juin 2005 5 24 /06 /juin /2005 00:00
Où vont se nicher les polémiques, je vous le demande!
Un débat a fait rage ce printemps dans la blogosphère américaine, que je serais bien incapable de trancher quand bien même je le voudrais.
La question a été soulevée dans le Washington monthly, et a apparemment déclenché une avalanche de réaction, positives ou négatives, maios toujours très véhémente. La cause de cette shit storm?

L'auteur s'étonne de la sous-représentation des femmes dans les blogs de commentaires politiques de premier plan : quelquechose comme 5 bloggueuses sur les 100 plus gros blogs du domaine (1).
Il propose deux causes possibles : il y a moins de femmes qui bloguent sur des sujet politiques, et/ou elles reçoivent moins de liens et de traffic de la part des bloggeurs hommes les plus populaires.
Il attribue ensuite la faible proportion de femmes dans le domaine à une certaine aversion pour l'aggressivité qu'il associe au débat politique, et à la défense de ses convictions.
Mouais. je me sens bof convaincue par l'argument.

Il serait beaucoup trop long d'essayer de résumer les écharpages en règle auxquel l'article et ses suites ont donné lieux dans les commentaires (2). Mais on peut dire qu'à peu près tout a été sujet à caution :
- la proportion effective de femmes parmi les bloggeurs de commentaire politique,
- si les bloggeurs mâles mettent ou non des liens vers elles,
- si, dans la négative, c'est conscient ou non,
- si cette disparité est ou non le reflet des disparités dans d'autres positions dominante,
- la vocation féminine à la controverse (or lack thereof),
- le problème du clivage gauche-droite (les rares bloggueuses dans le Top 30 étant toutes conservatrices),
j'en passe et des meilleures.

Un des arguments avancés pour défendre le peu d'intérêt des mâles pour les blogs féminins a été que les sujets ne les concernaient pas puisqu'il s'agissait de Women Issues (3), qui n'intéresse donc que les femmes.
Hum. Bien évidemment. L'avortement, le congé parental, la rémunération des femmes, voilà des sujets qui ne concerneront jamais, au grand jamais aucun homme : les grossesses, c'est bien connu, sont dues à des causes mystiques, et le fait qu'une femme soit payée un quart moins qu'un homme et discriminée à l'embauche (4) n'aura aucune conséquence si elle se met en ménage avec un homme, un vrai.
Mais je m'égare.

Si le sujet vous intéresse, voici une petite sélection d'articles tirés des journaux/blogs traitant de la controverse :

Women's opinion, l'article original de Kevin Drum dans le Washington Monthly.
Une compilations des réponses qu'il a reçues.
Et une mise à jour un mois plus tard.

Dans le Slate Magazine, Girl Fight : The marginalized debate over female opinion writers, de Dahlia Lithwick

Le point de vue de la blogueuse Shakespeare's Sister

Et pour finir, Bloggrrls: Armed with the Truth Edition, au Big Brass Blog.

Et si vous tombez sur d'autres opinions un peu argumentées sur le débat, bamboulez, ça m'intéresse.



(1) D'après l'écosystème de The Thruth Laid Bear, que j'ai détaillé ici.
Pour vous donner une idée, les plus gros blogs politiques américains reçoivent de l'ordre de 50 000 visiteurs par jour. (Yes, plus que 49 900, et j'y suis!)

(2) Un extrait pour la bonne bouche :
"Could it be that the males of most species, on average, have more of an innate will to create and dominate?"
Oh let me vomit, NOW.

(3) À ne pas confondre avec Women studies, un terme qui décrit le cursus universitaire qui étudie histoire, sociologie, littérature, psychologie, etc, du point de vue des femmes, c'est-à-dire avec une grille de lecture que je qualifierais de sexiste si je n'étais pas bien élevée.
Naturellement, aucun homme ne fait ce genre d'étude, ce qui fait que les hommes se retrouvent historiens, sociologues, spécialistes de littérature ou de psychologie, tandis que les diplômée de cette étrange matière sont des "spécialistes en Women Studies". Can you spell "ghetto"?
Mais c'est un autre débat.

(4) En fait je voulais dire "that a woman is discriminated against", mais je n'arrive pas à tourner la phrase correctement, et pour tout dire, j'ai la flemme.

Repost 0
23 juin 2005 4 23 /06 /juin /2005 00:00
Parmi les petites légendes de la presse écrite, il y a celle des clavistes de Libération : elles étaient chargées de taper les articles à l'époque lointaine où les journalistes ne le faisaient pas directement (1).
Elles se rendirent célèbres par les commentaires acerbes dont elles assaisonnaient les articles et les petites annonces, sous forme de NDLC (Notes de la claviste) plus ou moins sauvages et humoristiques.

Vous allez me dire que je suis nostalgique d'une époque que je n'ai pas connue, et vous aurez sans doute raison, mais tout de même, à défaut de clavistes pleines d'ironie, Libération ferait bien d'embaucher deux ou trois correcteurs de texte avec les yeux en face des trous.
Pour une fois, je ne parle pas d'orthographe ni de grammaire, lesquels sont irréprochables dans cet article consacré aux tractations parlementaires de Villepin. Mais, pas de bol, ça se termine par cette note en bas de page :

(1) Lors d'un vote consultatif, les sénateurs l'ont approuvé hier par 174 voix sur 126. 25 sénateurs centristes sur 33 n'ont pas pris part au vote.

Plus de voix pour que de suffrages exprimés, c'est de l'enthousiasme ou je ne m'y connais pas....


(1) Bon, bien sûr, exception qui confirme la règle, il y a encore la zone que Siné sème dans Charlie Hebdo toutes les semaines, qui ne devrait pas être dactylographiée de sitôt, claviste ou pas...
Repost 0
22 juin 2005 3 22 /06 /juin /2005 00:00
Je viens de retrouver dans l'accumulation stratigraphique qui me sert d'archives une liste qui complète assez bien celle que j'avais postée voilà quelque temps sous le titre Aloès et Aristoloche.
Comme vous le voyez, des choses qui m'énervent, il y en a treize à la douzaine, parmi lesquelles :

Les pépins dans les mandarines

L'homme qui a inventé la commande "blink " en Html. (C'est chiant, hein?)

Les horoscopes sur des radios supposées sérieuses (et publiques avec ça!)

Les filles qui pratiquent l'autodécervelage délibéré (notez bien, ça vaut aussi pour les mecs, mais au moins, dans le cas des mâles, personne n'attend de moi que je sois enthousiasmée...)

L'inadaptation du corps humain (du moins le mien) à la lecture prolongée : en quinze ans de recherches et d'expérimentations poussées, il me reste encore à trouver une position qui reste confortable après trois ou quatre heures.

Les calendriers

La tendance récurrente de certains à attribuer la faute des comportements indéfendables à une situation délidérément créée par trois heures d'application méticuleuse.
Version courte : "ça compte pas, j'étais bourré(e)".
Je n'irai pas jusqu'à dire que "sans alcool la fête est plus folle", mais admettons tout de même qu'un peu de retenue laisse moins de coquillettes à la bière dans le lavabo.
Et par charité, ne disons rien de l'haleine...

La capillarité dans le cas particulier des bas de pantalons (vous voudriez pas non plus que j'apprenne à coudre des ourlets!)

Les dragueurs qui réussissent à vous ruiner l'humeur en deux mots.

Les mêmes quand il s'obstinent après cela, à vous tenir la jambe un quart d'heure, comme si on leur devait quelque chose. Pas le temps, pas envie, va chier, merde!

La complète indifférence qui accompagne les déclarations contradictoires d'un homme public à quelque mois d'intervalle.
Je conçois qu'il soit difficile de tenir des promesses comme "réduire le chômage", puisque la politique est loin de contrôler tous les paramètres de l'équation qu'elle manipule, mais on peut encore espérer que ce soit un échec de bonne foi. Quand il s'agit de convictions personnelles à deux mois d'intervalle, non.

Les jingles de non-pub, je veux bien sûr parler des sponsors qui nous "présentent" la météo, les courses, le journal, et toutes les émissions de 3 minutes calibrées ad hoc... C'est déjà épuisant à la radio, mais je me console en pensant à ceux qui ont une télé..

Et pour conclure, ma capacité à construire une dépendance à n'importe quoi (livres, internet, et ne parlons pas des gens...)


C'est tout pour aujourd'hui...
Repost 0
21 juin 2005 2 21 /06 /juin /2005 00:00
Dans le "ventre" du Monde daté du jeudi 16 juin, on lit un article intitulé Microsoft, censeur zélé de la liberté d'expression en Chine sur la façon dont Microsoft aide à pourchasser les velléités démocratiques des bloggeurs chinois.
C'est édifiant, et cela a bien sûr réveillé la blogosphère française, toujours sensible aux petites attentions du géant de l'informatique (par exemple sur Pointblog, ou encore chez Mitternacht. Pour plus de détails sur l'affaire, lisez donc l'article de Semantic compositions).

Comme ce mème n'a pas besoin de moi pour faire son chemin, je me contenterai de souligner le tout dernier paragraphe de l'article :

En mars, le gouvernement chinois a annoncé que tous les "blogueurs" et détenteurs de sites devaient être dûment enregistrés auprès du gouvernement avant le 30 juin. S'ils n'obtempèrent pas, ont-ils été avertis, leur site sera supprimé.

Je sais bien que la façon dont on applique la loi est au moins aussi importante que la loi elle-même, mais cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Par exemple les dispositions de la toute nouvelle Loi pour la confiance dans l'économie numérique, dont j'ai discuté ici...

Enfin, vous me connaissez, hein, je dis ça, je dis rien.



Repost 0
20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 00:00
Parce qu'il faut de tout pour faire un monde, et que les lois de la génétique réservent parfois des surprises, imaginez-vous que j'ai un père minutieux et très organisé.
Alors quand mon auguste géniteur tombe sur quelque chose qui l'interpelle, il le garde soigneusement sous le coude pour en référer aux autorités compétentes, et il se trouve que, parfois, l'autorité compétente, c'est moi...

Me voici donc en possession d'une coupure de journal méticuleusement découpée dans le quotidien gratuit Métro, édition parisienne, n°749, du 8 juin 2005 (minutieux, vous dis-je), dont voici le contenu :

DATA
12 
Les autorités sanitaires britanniques ont annoncé hier l'ouverture d'une enquête sur un nouveau virus particulièrement virulent qui pourrait venir d'Amérique du Nord et qui atteint les hôpitaux du pays. Le virus, une nouvelle variété de la bactérie Clostridium difficile, a tué depuis 2003 douze personnes, pour la plupart âgées, dans un hôpital d'Aylesbury, près de Londres.


Ça ne vous choque pas? Vous ne voyez pas ce qui a fait tiquer mon papa qui, pour tout chenu qu'il est, n'en est pas encore sénile?
Allez, je vous aide :
Le virus, une nouvelle variété de la bactérie...

Panique à bord!
Virus et bactérie, il faut vraiment regarder ailleurs pour confondre : le premier est en général une centaine de fois plus petit qe la seconde, et surtout, n'est pas vivant!
Pour vous donner une idée, c'est un peu comme écrire :
Ce kangourou, une nouvelle variété de l'arbre Sequoia sempervirens...
Mais en pire.

Évidemment, en lisant cela, j'ai copieusement insulté l'équipe typographiste (car peut-on parler de rédaction?) de Métro, et je me suis immédiatement mise en chasse de quelques informations.
On apprend grâce à l'article (en anglais) de News-medical.net quelques points importants :
* Il s'agit bien d'une infection à la bactérie Clostridium difficile (prononcer dificilé).
* Il s'agit effectivement d'une nouvelle souche particulièrement résistante.
* Il n'y eut jamais l'ombre d'un virus dans cette histoire.

Mais alors, qu'a-t-il bien pu passer par l'esprit du réacteur de cette brève? A-t-il inventé tout seul cette élucubration?
Bien sûr que non. C'est l'Agence France Presse qui s'en est chargée pour lui.

En effet, sur le site du Monde (mais aussi de Yahoo, MSN,etc), on peut lire cette dépêche :
Un nouveau virus frappe les hôpitaux britanniques
AFP 06.06.05 | 21h43
 
Un nouveau virus, le Clostridium difficile (CD), frappe les hôpitaux britanniques, déjà victimes d'une très mauvaise réputation en matière d'infections nosocomiales, ces infections parfois mortelles contractées par les patients lors de leur hospitalisation.

Ce nouveau virus a tué 934 personnes en 2003, selon les derniers chiffres disponibles dévoilés lundi par le ministère britannique de la Santé.

Un bilan presque aussi important que celui du fameux MRSA (Methicillin Resistant Staphylococcus Aureus), le "supervirus" pointé du doigt durant la dernière campagne pour les élections législatives comme preuve du mauvais état de l'hôpital public britannique, qui a tué 955 personnes en 2003.

Plus inquiétant pour les autorités sanitaires, le nouveau virus semble plus résistant que son prédécesseur, et il est en passe de devenir le virus le plus dangereux au sein des hôpitaux britanniques: les infections mortelles au CD ont progressé de 38% en deux ans (2003 et 2004), contre une hausse de 30% des cas mortels de MRSA sur la même période.

En nombre total de cas, le Clostridium difficile devance de loin le MRSA, avec près de 44.OOO cas en 2004, contre environ 7.000 pour le MRSA. Au total, près de 300.000 patients ont été victimes d'infections nosocomiales en 2004.

On passe de 12 à 934 morts, mais c'est simplement que le premier chiffre concerne un seul hôpital (Aylesbury), au cours de 18 dernier mois, tandis que le deuxième concerne tout le Royaume-Uni, pour l'année 2003.
Nettement plus grave, je suis sidérée de voir que le mot "bactérie" n'apparaît pas une seule fois, rendant l'article certe plus cohérent que la brève de Métro, mais d'autant plus susceptible d'induire le lecteur en erreur.

Mais dites-moi, ils ne sont pas censés avoir un service scientifique, au Monde? Quelqu'un à qui le mot Clostridium dirait quelque chose?
Après tout, cette famille n'est jamais responsable que du tétanos (C. tetani), du botulisme (C. botulinum) et de la gangrène gazeuse (C. perfringens), rien de bien connu...
Ou encore quelqu'un capable de remarquer que le MRSA (Staphylocoque doré résistant à la méthicilline) est assez peu crédible en supervirus.
Même Madame Michu ma concierge sait qu'on ne soigne pas un rhume viral aux antibiotiques! Tandis que le Staphilocoque doré, si.

Après comparaison des communiqués français et anglais, j'ai fini par comprendre : quelqu'un que je n'ose honorer du respectable titre de traducteur a converti le mot bug (bête, bestiole) utilisé pour décrire la bactérie en "virus" (et superbug => supervirus). De qui se moque-t-on?

Je suis donc officiellement consternée.
Je pensais en être quitte pour une vitupération énergique à l'encontre des gratuits qui ne recoupent ni ne vérifient jamais leurs infos (voir par exemple cet article de l'Acrimed), mais voici que les racines du mal semblent venir de bien plus loin.

Ce lamentable cafouillage a plusieurs sources :
* D'abord, une traduction affligeante.
On veut bien comprendre que tous les traducteurs n'ont pas une formation scientifique, mais on pourrait imaginer qu'ils prennent la peine de se renseigner en cas de doute.
Oui, oui, je sais, c'est révolutionnaire.


* Ensuite, le fait que cette traduction soit reprise sans même ne serait-ce qu'une relecture par les grandes rédactions, ce qui la légitime automatiquement.


* Et surtout, l'illusion confortable de la pluralité de la presse française.
Bien sûr, il y a un nombre astronomique de titres, bien sûr le citoyen désireux de disposer d'une information non biaisée peut dévaliser son kiosquier tous les jours, mais à quoi bon si toutes les informations sont issues de la même source?
Les différentes couleurs politiques donnée aux mêmes dépêches de l'AFP sont-elles vraiment suffisantes pour justifier l'orgueil que notre presse nationale met dans sa liberté d'informer?

J'en doute.

Maintenant, je me vois placée face à un choix cornélien : pour les mails d'insultes aux rédactions, je commence par qui?
(Pour voter pour l'AFP tapez "1"...)
Repost 0
19 juin 2005 7 19 /06 /juin /2005 00:00
Il y a des jours comme ça, où l'on se lève malgré soi, pas réveillé du tout, le chef délicatement implanté dans l'extrémité terminale du tractus digestif.

La minable loupiote de la salle de bains me carbonise la rétine de ce qui semble un impitoyable projecteur de cinéma, donnant au monde une glorieuse teinte de blanc éclatant avec des bords rouge sang (mes paupières).

Je suis déjà contente d'avoir localisé le problème à traiter : la veille il y eut soirée, donc maquillage maladroit, soigneusement étalé par une nuit trop courte. Bilan : je ressemble à Baba Yaga. Il s'agit d'agir, et vite.

Dans ces moments-là, on pense peu, par exemple aux couleurs des choses. Hé bien c'est un tort.
Si j'avais prêté attention à la différence qui existe entre le rose-clair-trop-lumineux et le bleu-clair-pareillement-trop-lumineux-aye-bobo-les-nyeux des contenus de deux bouteilles identiques par ailleurs, je me serais évité un démaquillage des yeux au dissolvant à ongles!

Et pour le coup, croyez moi, ça réveille.



Repost 0
18 juin 2005 6 18 /06 /juin /2005 00:00
Non, malgré le titre, je ne vais pas vitupérer contre la publicité en elle-même, mais contre le fait que les publicitaires nous prennent pour des cons.

J'avais déjà sursauté en voyant, il y a quelques temps, une publicité pour un quelconque opérateur téléphonique, dont le slogan était de l'ordre de
Vous n'êtes pas près de vous arrêter de parler
Sauf que bien sûr, comme cela leur aurait coûté trop cher de faire relire l'affiche à quelqu'un disposant de notions d'orthographe vaguement opérationnelles, c'était écrit :
Vous n'êtes pas prêts de vous arrêter de parler
ce qui 1/ est incorrect grammaticalement et 2/ ne veut rien dire.
Mais bon, je suis charitable, je veux bien que cette faute ne saute pas au yeux lorsqu'on survole la phrase.

Par contre, quand j'ai vu la publicité pour Tabac info service (en l'occurrence que le site du Monde), je n'en ai pas cru mes yeux.
À l'ère des correcteurs orthographiques intégrés dans le moindre téléphone portable, on peut lire, dans une campagne officielle payée par le contribuable :



Bon sang, non seulement le publicitaire n'a pas fait son boulot, mais c'est aussi le cas de toute la chaîne de commande censée contrôler la campagne!
Dans ces conditions, peut-on vraiment reprocher à la génération SMS de considérer l'orthographe comme un luxe suranné? Rondudju de screugnegneu...


Repost 0

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao