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8 novembre 2005 2 08 /11 /novembre /2005 00:00
comte de saint germainPhénomène de mode

Même le Comte de Saint-Germain a un blog! Il doit en avoir, des choses à raconter...(Damn! je en sais plus ou j'ai lu la nouvelle)

Perte de temps

Dans le match entre I-am-bored.com et UtterlyBoring.com (c'est à dire Je m'ennuie.com, et superchiant.com en VF), je ne suis pas sûre d'avoir envie de savoir lequel est le plus chronophage.
Et puis il y en a qui ont du temps à perdre pour faire une satire de la vacuité bloguesque, comme Baboon.
[Edit : La même chose, mais en anglaise: The dullest
blog in the world ]

Les mutants de l'espace en veulent à votre assiette

On apprend dans Courrier International que les chinois sont très fiers d'avoir emmené des graines dans l'espace, parce que ça va sûrement améliorer les espèces.
Lisez la brève pour vous faire une idée, mais il me semble qu'en matière de mutagénèse, on trouvé nettement meilleur marché que l'expédition spatiale...

C'est un beau jour pour mourir

Toujours dans cete fabuleuse rubrique Insolites, un superbe exemple de prédiction auto-réalisatrice : si un astrologue célèbre annonce qu'il mourra un jour donné, des milliers de fidèles se présenteront pour assister à sa mort, et risquent bien de le lyncher s'il oublie de défuncter en tempse et en heure... ce qui lui donne raison!

Blogroll

Récemment ajoutés à mes lectures :

    - The Joker to the Thief (en), blog transatlantique qui fait un pendant intéressant au blog de Libé A l'heure américaine.
   
    - La Lanterne brisée, un nouveau blog qui promet, ne serait-ce que parce qu'il est très joli, et que la demoiselle est une amie de Mitternacht, qui me fait rire.

    - Et puis si la culture et la curiosité de Giornale Nuovo (en) ne vous motivent pas complètement pour le lire, dites-vous qu'il se lance parfois dans des distributions gratuites de bouquins! Incroyable mais vrai...



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Published by Abie - dans Butinons
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7 novembre 2005 1 07 /11 /novembre /2005 00:00
Par Gionale Nuovo, un incroyable blog bourré d'érudition et de curiosité, une images très intéressante, tirée du Livres des emblèmes d'Alciato (pour plus de détails, lisez par là) :

festina lente
Elle représente un javelot (la flèche), autour duquel s'enroule un poisson, et non un serpent comme je l'ai  d'abord cru, pensant y voir un lien avec le serpent-javelot de Lucain déjà évoqué.
Le javelot représente la hâte, la vitesse, et le poisson représente les obstacles et les contre-temps, l'ensemble délivrant un message simple et bien connu des fabulistes : Hâte-toi lentement. (voir l'emblème entier,  ici en latin, là en anglais)

Je ne sais pas pour vous, mais le lien entre poisson et lenteur ne frappe pas immédiatement : il est donc nécessaire de préciser qu'il ne s'agit pas de n'importe quel poisson, mais d'un rémora, dont la ventouse dorsale a la propriété d'adhérer solidement aux requins, aux cétacés, et même aux coques des navires.

remora avec bateau, miniature médiévale

Ce qui ne nous dit toujours pas le lien entre ce pasager clandestin et l'idée de lenteur...
La réponse ce trouve chez les anciens : le nom grec de Echeneis, donné maintenant à la famille systématique, vient de echein retenir, et naus navire, et Mora, en latin signifie retards, contre-temps..
Les anciens pensaient en effet que le rémora, pour petit qu'il soit, avait le pouvoir d'arrêter les bâteaux, même en pleine tempête!

gravure remora

Cela a été décrit, apprend-on dans ce superbe Bestiaire médiéval, par Lucain (encore lui), Pline l'Ancien et Isidore de Séville, et Pline le Jeune va jusqu'à lui attribuer la responsabilité de la défaite de Marc-Antoine à la bataille navale d'Actium!

*   *
*
Ce site consacré au bestiaire médiéval est vraiment fabuleux, ne serait-ce que pour la richesse de son iconographie.
amphisbene médiéval
Pour compléter mon dernier post, voici donc, à titre de démonstration, quelques bêbêtes enfin illustrées :

- un amphisbène (ceux qui on oublié ce que c'est ont gagné le droit d'aller voir par là)

aspic
- un aspic dans une pose très classique (il n'y a qu'à feuilleter Mandragore pour s'en rendre compte), où on le voit se défendre contre la musique d'un charmeur de serpents en collant une de ses oreilles au sol, et en bouchant l'autre avec sa queue.
J'apprend du même coup que c'est un symbole des riches et puissants, qui étouffent leur âme avec des plaisirs terrestres (le sol) et leurs péchés (la queue).
ceraste

- un céraste (vipère cornue), qui démontre que les critères de sélection pour être modèles d'illustrateurs n'étaient pas très strict : nous avons ici un serpent avec des pattes et une tête  très mammalienne... Mais comme l'aspic avait déjà des ailes en rab des pattes, ne faisons pas la fine bouche.



Et en bonus, vous trouverez par-là l'étymologie médiévale du nom du boa : peut-être pas vrai, mais tellement drôle!


Eh bien j'ai réussi mon coup : avec tout cela je n'ai plus qu'une envie, c'est d'aller voir l'exposition d'enluminures sur le Bestiaire médiéval à la Bnf.
En attendant, il y a toujours l'exposition en ligne, superbe.

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6 novembre 2005 7 06 /11 /novembre /2005 00:00
La première fois que j'en ai vu, je devais avoir huit ans. Je suis tombée dessus en farfouillant dans l'armoire de salle de bain de ma mère. Sur le moment, je n'ai pas vraiment réalisé. Je n'en voyais pas l'intérêt, alors avec l'innocence de cet âge, je pensais que personne n'en utilisait.

bosch Et puis, plus tard, par curiosité, j'ai essayé. Et bien sûr, ça m'a tout de suite plu ; c'était une sensation nouvelle, que je n'aurais même pas pu imaginer avant de l'avoir expérimentée.
Je me suis mise à en utiliser de plus en plus souvent, et, lorsque j'ai enfin habité seule, à en acheter. Après tout, pourquoi pas? Cela m'apportait un plaisir unique, viscéral, comme le soulagement d'un besoin que je n'aurais jamais su avoir.

J'en parlai d'un air d'un détaché à des amis, qui me mirent tous en garde. Les dangers, argumentèrent-ils, étaient réels : une de mes amies les  plus proches me trouva même quantité d'articles médicaux décrivant les risques et les séquelles durables auxquelles je m'exposais.

Mais il était déjà trop tard pour moi : ma consommation était déjà passée à plusieurs prises par jour.
Mon approvisionnement ayant été interrompu dans une tentative de sevrage, je connus mes premières crises de manque. Une fois commencées, il s'avérait impossible de les arrêter : ni la lecture ni la conversation ni le traviail n'arrivaient à me distraire de l'abiminable sensation qu'une armée d'insectes était en train d'envahir mon crâne.
Je me retrouvais au plein milieu de la nuit, incapable de m'endormir, et je finissais par céder, et par utiliser des subtituts aux conséquences encore plus dramatiques mon la santé, et en particulier l'audition, mais la torture suie ma faisait mépriser les risques physiologiques.

Après cet épisode, je repris ma consommation, plus régulière que jamais. C'est désormais la première chose que j'empaquète lorsque je pars en voyage, ne serait-ce qu'un week-end, et leur place dans ma trousse de toilette passe loin avant celle du dentifrice ou du shampooing.
Un jour viendra sans doute où je me verrai forcée d'en emmener jusqu'au travail, où je devrai m'enfermer honteusement dans les toilettes pendant la journée pour repousser les vagues grouillantes et toujours renouvellées qui tentent de conquérir ma tête.

*   *
*

Je résiste tant que je peux.
Y'a pas à dire, les cotons-tiges sont vraiment une drogue!

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5 novembre 2005 6 05 /11 /novembre /2005 00:00
tramwayIl y a vraiment des jours où l' on croit rêver : ça a été mon cas ce matin.
Pendant que je cherchais dans mon plafond une raison valable pour tenter de me lever, France Info annonce une interview sur la question des grèves des transports marseillais.
Ah çà, je veux bien qu'on m'explique, j'avoue à ma grande vergogne n'y avoir rien suivi.

Bon, nous voilà donc les heureux auditeurs d'un spécialiste de derrière les fagots, qui nous explique en substance que les transports publics marseillais sont gérés par une régie plus ou moins municipale, qui pensait déléguer le futur tramway à un exploitant privé, alors que les cheminots demandent si par hasard ils sentiraient le pâté, et ce qui les empêche de gérer le tramway comme les autres lignes.
Jusqu'ici, noterez-vous, tout va bien.

Mais le journaliste pose alors la question qui tue : quel est le systeme de gestion le plus courant, la délégation ou la régie?
La réponse de l'expert était si fabuleuse que je regrette de ne pas avoir eu de stylo dans mon lit pour la noter tout de suite, d'autant que l'interview est introuvable sur leur site ouèbe.
Il répond en effet (de mémoire) :
Les régies sont largement minoritaires. Si on en cherche hors de Marseille, on tombe tout de suite sur des villes comme La Rochelle, qui ne sont pas de la même échelle. Les métropoles sont gérées en délégations, comme Lyon, ou Lille.

Mais bien sûr. Les grandes métropoles.
Hhmm. Lyon, Lille, tout ça. Tout à fait.
ratpTout de même, vous ne verriez pas un tout petit oubli dans cette description?
Une métropole bien connue, visitée par des centains de milliers de touristes par ans??
Une organisation qui gère plus de lignes de métro que toutes les autres réunies?
La Régie autonome des transports parisiens, plus connue sous le nom de RATP, ça vous dit quelque chose?

Et sans vouloir tomber dans la paranoïa totale, vous pensez vraiment que c'est un hasard qu'une énormité pareille soit laissée passée dans un contexte où elle fait passer les grévistes pour des dinosaures obtus incapables d'accepter que Marseille est une trop grande ville pour être gérée de façon publique?
Ben moi, voyez-vous, comme j'ai l'esprit mal placé, j'ai vraiment du mal.

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Published by Abie - dans Diatribes
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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00
Extrait de Défense de l'Image de Robert Hainard, (un peintre et graveur naturaliste) :

La peinture moderne manifeste cette atrophie [des facultés globales], par son mépris de l'image, ses figures abstraites, ses dissociation. (...)
Elle produit des documents psychologiques, non des oeuvres. Et des documents truqués, comme le serait l'écriture d'un scripteur connaissant la graphologie, exprimant une personnalité de son choix.

Hautement discutable, j'en conviens bien, mais (ou et donc?) intéressant, si l'on met de côté la question de la validité de la graphologie.


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Published by Abie - dans Guillemets
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3 novembre 2005 4 03 /11 /novembre /2005 00:00
Nom de nom, pas moyen de trouver le temps de rédiger quoi que ce soit de satisfaisant sur mes lectures...
Je vous mets donc en vrac et en vitesse des trucs que je n'avais pas encore mentionnés.

Feuilleton:
le comte et le vicomte
Les Mystères de Paris d'Eugène Süe.
Très long, très kitsch, parfois chiant, souvent édifiant, extrêmement intéressant sur l'histoire de la littérature engagée. Süe est tout de même, avec cet opus l'inventeur d'un genre : le feuilleton (ben oui, avant les journaux à grand tirage, pas de feuilletons). L'ensemble est d'autant plus marrant à lire que c'est une édition d'époque, avec gravures caricaturales en bonus.

Pamphlets:
couv antimanuel
Antimanuel d'Economie, de Bernard Maris, aussi dit Oncle Bernard pour les lecteurs de Charlie Hebdo. Extrêmement clair et instructif, cet "antimanuel" attaque les évidences à la tronçonneuse et force à réfléchir. Ca change.

Instructions aux domestiques, de Jonathan Swift aux Mille-et-unes Nuits.
Dans la droite ligne de ses autres satires (lire la très courte et très drôle Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d'être à la charge de leur parents...  ou en anglais A Modest Proposal) ce livre est une description précise et cynique des relations entre maîtres et domestiques. Malheureusement inachevé.  

Pornographie et obscénité, de
David Herbert Lawrence, aux Mille-et-unes Nuits aussi. L'auteur de l'Amant de Lady Chatterley a dû faire face à de multiples attaques sur son "immoralité". Il y répond dans ce pamphlet courageux mais délicieusement daté, où il rejette la faute sur... les romans sentimentaux!
[Edit :
Une citation par ici...]

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Published by Abie - dans Lectures
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2 novembre 2005 3 02 /11 /novembre /2005 00:00
crépusculeAprès une description d'un ciel de crépuscule  aux couleurs sanglantes, et un début de controverse artistique :

"It may well be on such a night of clouds and cruel colours that there is brought forth upon the earth such a portent as a respectable poet. You say you are a poet of law; I say you are a contradiction in terms. I only wonder that there were not comets and earthquakes on the night you appeared in this garden."

"Il convient bien que ce soit par un tel soir de nuages et de couleurs cruelles que se présente  le prodige d'un poète respectable. Vous dites que vous êtes un poète de la loi ; je dis que vous êtes un oxymore. Je m'étonne seulement qu'il n'y ait pas eu de comètes et de tremblements de terre le soir de votre apparition dans ce jardin."
(La traductrice demande l'indulgence du lecteur.)

G.K Chesterton, The Man Who Was Thursday

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Published by Abie - dans Guillemets
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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00

couv'Je viens d'exhumer un de mes vieux carnets, avec citations tirées de l'étrange bouquin de Stendhal intitulé De l'Amour.
Elles se classent plus ou moins en trois catégories : les descriptions plutôt perspicaces, les grandes généralités sexistes et les remarques qui font brutalement comprendre la structure de la société de l'époque. Et il y en a qui réussissent l'exploit de rentrer dans les trois cases à la fois!

L'ensemble est décousu, mais j'ai cette excuse que le texte d'origine aussi...


1. Il y a ce malheur dans la vie que ce qui fait la sécurité et le bonheur de l'un des amants fait le danger et presque l'humiliation de l'autre.

2. Une femme ne peut être guidée par l'habitude d'être raisonnable, que moi, homme, je contracte forcément à mon bureau, en travaillant, six heures tous les jours, à des choses froides et raisonnables.

3. Il est beaucoup plus contre la pudeur de se mettre au lit avec un homme qu'on n'a vu que deux fois, après trois mots de latin dits à l'église, que de céder malgré soi à l'homme qu'on adore depuis deux ans.

4. Le nombre de sottises que j'ai dites depuis deux ans pour ne pas me taire me met au désespoir quand j'y songe.

5. À peine en sa présence [de l'objet de la cristallisation], il survient comme une sorte d'ivresse dans les yeux . On se sent porté comme un maniaque à faire des actions étranges, on a le sentiment d'avoir deux âmes ; l'une pour faire, et l'autre pour blâmer ce qu'on fait.

6. Il faut se rappeller qu'assez souvent un être tout ému n'a pas le temps d'apercevoir l'émotion de la personne qui cause la sienne.

couv vieille GF 7. Il a été donné aux femmes de sentir, d'une manière admirable, les nuances d'affection, les variations les plus insensibles du coeur humain, les mouvements les plus légers des amours propres. Elles ont à cet égard un organe qui nous manque ; voyez-les soigner un blessé.

8. Les fluides nerveux, chez les hommes, s'usent par la cervelle, et chez les femmes par le coeur ; c'est pour cela qu'elles sont plus sensibles.

9. L'erreur commune est d'en agir avec les femmes comme avec des espèces d'hommes plus généreux, plus mobiles et surtout avec lesquels il n'y a pas de rivalité possible.

10. De l'orgueil féminin naît ce que les femmes appellent les
manques de délicatesse. Je crois que cela ressemble assez à ce que les rois appellent lèse-majesté, crime d'autant plus dangereux qu'on y tombe sans s'en douter [...]. Il faut se rappeller sans cesse qu'on a affaire à des êtres qui, quoique à tort, peuvent se croire inférieurs en vigueur de caractère, ou, pour mieux dire, peuvent penser qu'on les croit inférieurs.

11. Un ami qui veut procurer la guérison du malade
[d'amour]
doit d'abord être toujours du parti de la femme aimée, et tous les amis qui ont plus de zèle que d'esprit ne manquent pas de faire le contraire.

12. Formées par les aimables Français qui n'ont que de la vanité et des désirs physiques, les femmes françaises sont des êtres moins agissants, moins énergiques, moins redoutés et moins puissants que les espagnoles ou les italiennes.

couv gravure13. Quant à la jalousie chez les femmes, elles sont méfiantes, elles risquent infiniment plus que nous, elles ont plus sacrifié à l'amour, elles ont beaucoup moins de moyens de distractions, elles en ont beaucoup moins surtout de vérifier les actions de leur amant.
Une femme se sent avilie par la jalousie, elle a l'air de courir après l'homme, elle se croit la risée de son amant et qu'il se moque surtout de ses plus tendres transports, elle doit penscher à la cruauté, et  cependant elle ne peut tuer légalement sa rivale.


Quant à  la citation numéro 4, j'avoue qu'elle ne rentre dans aucune de mes catégories, c'était juste pour le plaisir de le voir s'autoflageller.

Je viens de me rendre compte que ces citations ignorent complètement le seul concept neuf du texte : celui de cristallisation, dont vous avez dû entendre parler en philo.  Je me sens quelque peu obligée de vous mettre la citation classique du bouquin...

Laissez travailler la tête d'un amant pendant vingt-quatre heures, et voici ce que vous trouverez : Aux mines de sel de Salzbourg, on jette, dans les profondeurs abandonnées de la mine, un rameau d'arbre effeuillé par l'hiver ; deux ou trois mois après on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d'une mésange, sont garnies d'une infinité de diamants, mobiles et éblouissants ; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections.

J'attends vos réactions à chaud sur ce sujet... brûlant?

Mise à jour 01/06/2012 : La citation la plus pertinente m'était apparemment passée sous le nez...

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26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 00:00
treefrogSi j'emprunte mon titre à Pierre Dac, c'est pour introduire une citation de Pratchett, qui a toujours une savoureuse façon bien à lui de présenter les choses :

SPACE: There are two types of space: a) something containing nothing and b) nothing containing everything. It is what is left when you haven't got anything else.
Terry Patchett, The Bromeliad Trilogy : Wings


Je vous accorde que l'illustration est un peu cryptique au premier abord, mais cela peut se résoudre de deux façons : la plus simple est de lire la Bromeliad Trilogy ou sa traduction française Le Grand livre des Gnomes, mais si vous y tenez vraiment, le plus rapide est de faire une recherche avec les termes "bromeliad" et "frog", ou encore d'aller voir par là...

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Published by Abie - dans Guillemets
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24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 00:00
Si le plaidoyer de Clark Ashton Smith que j'ai cité ici m'a tant interpellée, c'est que je lis beaucoup de science-fiction / anticipation / fantastique / fantasy... enfin, en un mot : de littérature d'imagination. J'ai même poussé le vice jusqu'à lire des bouquins sur ce type de littérature, et la meilleure façon de la classifier, c'est dire !
Ces quelques notes de lecture me semblent une bonne illustration de la diversité des oeuvres qu'on y classe...

Excession, de Iain M. Banks

couv excession Or donc, je promettais il y a quelque temps d'approfondir une première impression sur Iain M. Banks, que j'avais découvert avec The Algebraist ; j'ai donc lu Excession.

Cette fois-ci, le "choc culturel" exploité par l'auteur pour obtenir une impression d'étrangeté et d'exotisme n'a pas lieu entre Lents et Rapides, mais plus classiquement entre humains et Intelligences Artificielles.
Bien évidemment, je ne peux donner que mon point de vue de francophone, c'est-à-dire que ma lecture est sensiblement plus laborieuse, et que je rate sûrement plein d'allusions subtiles, mais l'ensemble m'a paru, encore une fois, intéressant et dynamique, mais aussi un peu confus.
Parmi les petites inventions qui rendent un univers crédible, j'ai beaucoup apprécié les noms des vaisseaux spatiaux : ceux-ci étant des entités conscientes , ils choisissent eux-mêmes leur patronyme, et font montre en la matière d'un grande imagination.
Cela va du  fonctionnel pur : Sleeper's Service,
au belliqueux complet (pour les vaisseaux de combat) : Shoot Them First, Killing Time et Kiss the Blade,
en passant par le bucolique : Anticipation of a New Lover's Arrival (The),
avec une préférence marquée pour le métaphysique comme Ethics Gradient ou Fate Amenable To Change.
Il y en a encore quelques brouettes, à ajouter aux noms des vaisseaux des autres romans de la série "Culture" : un petit récapitulatif par là, ou par là.

Verdict final : Satisfaisant, mais pas enthousiasmant au point de me sentir obligée de lire le reste des oeuvres de Iain M. Banks.
Mais l'explication se trouve peut-être dans ce commentaire de lecteur sur Amazon :
Impossible de commencer le cycle de la Culture par cet ouvrage, toutefois, il est un élément incontournable de la série pour pouvoir comprendre le monde de l'Intelligence artificielle dévelloppé par Iain M. Banks.
Caramba, encore raté!

L'affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde

couv'Au contraire, voici un bouquin qui me remplit d'une irrépressible envie de me jeter sur les autres tomes. D'ailleurs, dès que mes finances me le permettent, je me rue sur le Next Boxed Set, qui rassemble en v.o. toutes les aventures de notre atypique héroine : Thursday Next (c'est-à-dire Melle Prochain, Jeudi de son prénom).
L'Affaire Jane Eyre est un roman très particulier : on n'y parle que de littérature, et pourtant il ne fait pas de doute que c'est bien un polar. Mais un  livre dont la couverture porte une canette de dodo à cloner ne peut que nous réserver des surprises...
L'univers de Thursday Next est une sorte de monde parallèle, où, par exemple, la guerre de Crimée (1853-1856 chez nous) ne s'est jamais conclue, où l'on ne connaît pas le moteur à réaction, où les cartes banquaires s'appellent Pascal ou Babbage, et surtout où les chefs-d'oeuvre littéraires font l'objet d'un engouement populaire monumental.
upgradeIl faut dire que fiction et réalité y sont intimement liées : les manuscrits conservant une sorte de pouvoir sur les oeuvres, toute modification se répercute sur les autres versions, sans parler des protestations des personnages...
On se retrouve donc avec des kidnappeurs de manuscrits  de Dickens ou Brontë menaçant de détruire des passages entiers si on ne leur donne pas satisfaction!
Comme vous le voyez déjà à cette brève descrition, ce bouquin est inventif en diable, échevelé, érudit, plein de trouvailles et de poésie...
Premier roman de son auteur, il a eu un tel succès que vous trouverez sur ce site internet tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les migrations de mammouths laineux en Angleterre, ou comment upgrader votre version 1.2  du livre en version 2.1...

Pour conclure, cette lecture a été absolument délicieuse et rafraichissante, et je ne saurais trop la recommander, quels que soient vos goûts en littérature : c'est tellement varié qu'il y en a pour tout le monde! Mes seuls regrets sont au nombre de deux :  l'avoir lu en français, et ne pas connaître beaucoup des auteurs cités, mais je vais me dépêcher de combler ces deux lacunes.
Première étape : The man who was Thursday de G.K. Chesterton, qui a valu son nom à l'héroine.

Bon sang, pour un livre lu, j'en ajoute cinq à ma liste! En viendrais-je jamais à bout?



Et bientôt, de la medieval fantasy, et de l'authentique fantastique!

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Published by Abie - dans Lectures
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao