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1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 00:38
Entendu sur France-Infos mardi, au sujet de l'archéologue allemande enlevée en Irak :

La jeune femme d'une quarantaine d'années...

Renseignements pris, la jeune femme a 43 ans, c'est à dire un âge raisonnable pour commencer sa ménopause, ou être grand-mère.
J'en conclus donc qu'avant quarante ans c'était une jeune fille, qu'à soixante ans elle deviendra une femme épanouie, et au-delà de quatre-vingts ans une femme mûre.
L'abus de politiquement correct est dangereux pour la crédibilité...

Et quelques minutes après :
beurre
Quoi de neuf au Fooding cet année?
Le beurre!

"Le beurre est à l'honneur" ou une autre formule cliché du même genre, passe encore, mais il y a, ai-je la faiblesse de croire, des limites au ridicule...
Qu'un aliment vieux de 5 millénaires se voie qualifié de "neuf" parce qu'une manifestation boboïde a daigné y poser son regard me plonge dans des abîmes de perplexité.
Que ferait-on sans ces créateurs pour nous expliquer que ce qu'on mange est à la mode? Mais seulement cette année, après quoi il faudra se résigner à la médiocrité de manger comme d'habitude, une cuisine qui aura brusquement perdu tout intérêt, puisqu'ils l'auront dit dans le poste.

Sur ce, la de-moins-en-moins-jeune femme que je suis s'en va manger une tarte tatin, qui est au beurre, et qui vous emmerde.


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30 novembre 2005 3 30 /11 /novembre /2005 02:52
Suite de l'article Misère de misère...

La video absolument incroyable de Balkany où il explique qu'il n'y a pas de misère en france est bien le fruit d'une blague des Yes Men, qui se sont fait passer pour une chaîne américaine.

(source : Charlie Hebdo du 27/11/05 + article du Nouvel Obs' + le site officiel de Yes Men)

Le député de Levallois ne devait pas s'attendre à se retrouver immédiatement sur samizdat.net, mais même en sachant cela ce qu'il a racontté reste vraiment incroyable. Pend-il les Américains pour des imbéciles? Croit-il, ne serait-ce que marginalement à ce qu'il dit? Encore un grand mystère, mais moi, je serais levalloisienne, je me posearis de sérieuses question sur mon représentant démocratique.

Y'a pas à dire ces Yes men sont sympathiques, il faudrait que je me bouge le derrière pour allez voir le documentaire qui parle d'eux.

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30 novembre 2005 3 30 /11 /novembre /2005 00:08
Je sais bien que les vendeurs de trucs et de bidules n'ont jamais eu aucune espèce de scrupules, sans quoi ils ne seraient pas là, et il est bien clair que la vente en ligne court-circuite les quelques garde-fous qui les retenaient encore du grand n'importe quoi.
Soit.

  Tout le monde sait aussi que l'illustration des brochures est en général un exercice de malhonneteté souriante : comment croire que tous les témoignages de succès des crèmes contre les varices soit envoyés par de sémillants seniors en marinière impeccable photographiés sur fond de ciel bleu?
C'est à ça que servent les banques d'images, et c'est ce qui explique que toutes les "vraies gens" dans les pubs se ressemblent : même sourire émail diamant, même brushing impec', mêmes ridules pleines de charmes pour les mannequins Notre Temps...
Mais cela relève de l'illustration, du compromis tacite, de l'intertextualité, que sais-je encore!...ce qui est finalement un moindre mal.
Ça répond à notre soif permanente d'image, qui va refuser de croire à l'existence de Renée, retraitée, des Deux-Sèvres, si l'on ne voit pas son minois. Ne nous voilons pas la face : la crème contre les varices ne permet pas de financer l'envoi d'un photographe pro dans les Deux-Sèvres juste pour ses yeux, et même si la mamie est mimi, un photomaton risque de faire fuir les lecteurs. 

Mais il y a des limites.
Pas déontologiques, non, je n'entretiens pas ce genre d'illusions, juste des limites de la crédibilité : après tout, déclencher le fou-rire du client potentiel n'est pas le but poursuivi...
Eh bien je suis tombée sur un site fa-bu-leux. Epilation-douce.com, que ça s'appelle.
Qui vous propose de vous débarasser de vos poils en six mois et pour toujours grâce à un produit composé de, je cite :
- Eau,
- Acide Citrique (= jus de citron, moins les vitamines),
- Sel de la Mer Morte,
- divers excipients (Propylène Glycol, Glyceryl stéarate , PEG-100 Stéarate, Sclerotium Gum),
- Sodium d'hydroxydes (ha, un craquage du traducteur... Sodium hydroxyde en anglais, c'est hydroxyde de sodium en français, ou plus clairement, cristaux de soude...)
- Methylparaben (conservateur, soupçonné des pires maux).

Je cite encore :
Les qualités du gel Hair Free proviennent essentiellement de l'effet du sel provenant de la Mer Morte , ajouté à l'acide du citron.
J'ai du mal à voir comment l'application d'une émulsion salée et citronnée va empêcher mes poils de pousser, mais bon, je suis bonne fille et je vais donc dans la section des témoignages des utilisateurs.

Et je fais bien, ç'aurait été dommage de rater une si bonne raison de rigoler.
Un courrier d'une cliente ravie nous apprend :


Vous aussi, vous voulez rencontrer à nouveau des hommes? Vous voulez voir les photos avant-après le traitement?
Les voilà :



Et oui, vous aussi, gagnez 15 centimètres de tibia, un bronzage fabuleux et une taille mannequin, sans parler de la capacité de faire de la lévitation au dessus des coussins sans y  projeter d'ombre!
Tout ça grâce au Gel Hair Free, à seulement 49,99 euros!
C'est beau le progrès technique.

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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 00:00
(C'est-à-dire vingt-quatre heures après cet article)

Ayé. Fini THUD!, de Terry Pratchett.

Vachement bien.

Rempli de références à, en vrac :
- Le Da Vinci Code
- la technologie moderne (Dis-Organizr GooseberryTM avec BluenoseTM Integrated Messager Service and iHUMTM function)
- peut-êtreLe Tableau du Maître Flamand, et les échecs
- la Mafia, ici la Brecchia (brèche, en géol') des Trolls
- les virées entre fille très Sex and the City
- un brin de Tolkien (le Silmarillion)
- les histoires de vampires et de loup-garous en général
- les histoires de flics en général, et d'enquêtes criminelles
- les histoires d'horreur et de malédiction
- les romans d'espionnages
- les fanatismes religieux en général et leur sexisme en particulier
- la difficuté des relations inter-ethniques et la discrimination positive
- la presse et ses rapports avec la police
- la difficile question de la définition de l'Art
- et bien sûr le reste des Chroniques...
'And here we have the University Librarian'
'But that - that's not a man! that's an orangutan, Pongo Pongo, native of BhangBhanduc and nearby islands!'
'Ook!' said the Librarian, patting A.E. Pessimal on the head
'Well done, A.E.!' said Vimes. 'Not many get that right!''

Plus que jamais, on tombe dans le cadre de la satire tous azimuths, bourrée de références compréhensibles par tous, parce qu'elles ne sont pas des citations proprement dites, mais plutôt des allusions à des ensembles de clichés que tout le monde connaît plus ou moins. (Pour les curieux, plus par là sur ce concept qui est appellé white knowledge par Tolkien)

Il y a des nouveautés non négligeables :

* Nobby Nobbs dit des choses intelligentes et a même une petite amie. Si, si, je vous jure... Bon évidemment there is a catch (there always is).

The plain fact was that while Tawneee had a body that every other woman should hate her for, she compounded the insult by actually being very likeable. This was because she has the self-esteem of a caterpillar and, as you found out in any kind of conversation with her, about the same amount of brain.
En vérité, alors que Tawnee avait un corps pour lequel toute autre femme aurait du la détester, elle élaborait l'insulte en étant en fait très sympathique. La cause en était qu'elle avait autant d'amour-propre qu'une chenille, et, comme on s'en rendait compte avec une conversation avec elle, était à peu près aussi intelligente.

L'un de mes drames dans la vie, c'est que je connais beaucoup trop de filles qui vérifient presque totalement cette description, mais qui n'ont même pas la décence de remplir la dernière condition...

* Vimes est devenu papa et prend la chose très au sérieux, mais ça ne l'empêche pas de conserver une vue très arrêtée de la vie en général :

Chess in particular had always annoyed him. It was the dumb way the pawns went off and slaughtered their fellow pawns while the kings lounged about doing nothing that always got to him; if only the pawns united, maybe talked the rooks round, the whole board would be a republic in a dozen moves.
Les échecs, en particulier, l'avaient toujours ennuyé. Il finissait toujours par s'éverver de la manière stupide qu'avaient les pions d'aller massacrer leurs collègues pendant que les rois se baladaient et se tournant les pouces; si seulement les pions s'unissaient, et peut-être gagnaient le soutien des tours, tout le  plateau pourrait être une république en une douzaine de coups.

Et à part ça, mon autre drame dans la vie, c'est que maintenant que je l'ai lu, je l'ai fini. Ça me pendait au nez...
Argh, que la vie est dure!

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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 00:08
Je connaît un certain roquet fort en gueule qui ferait bien de réviser ceratins de ses classiques, par exemple les principes de Robert Peel, fondateur anglais de la police moderne (Scotland Yard, ça vous dit quelque chose?).

Les neuf principes de Peel décrivent la philosophie de la police nécessaire à sa légitimité et son efficacité :

1. The basic mission for which the police exist is to prevent crime and disorder.
La mission fondamentale justifiant l'existence de la police est de  prévenir le crime et le désordre.
2. The ability of the police to perform their duties is dependent upon the public approval of police actions.
La capacité de la police a remplir son office est dépendant de l'approbation publique des actions policières.
3. Police must secure the willing co-operation of the public in voluntary observation of the law to be able to  secure and maintain the respect of the public.
La police doit s'assurer la co-opération consentante du public dans l'observance de la loi, pour pouvoir obtenir et conserver le respect du public.
5. The degree of co-operation of the public that can be secured diminishes proportionately to the necessity of the use of physical force.
Le degré de coopération qu'il est possible d'obtenir du public diminue en proportion de la nécessité de l'usage de la force.
(...)

9. The test of police efficiency is the absence of crime and disorder, not the visible evidence of police action in dealing with it.
Le critère de l'efficacité policière est l'absence de crime et de désordre,  non la constatation de l'action policière contre eux.
Traduction garantie 100% pédestre.

Je vous laisse méditer sur des maximes, en vous rappellant que c'est à Sir Robert Peel que les agents brittaniques doivent le doux nom de Bobbies.
Un peu comme Sam Vimes et ses Sammies, quoi.
Dont je reparlerai si j'ai le temps...

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27 novembre 2005 7 27 /11 /novembre /2005 00:55
Je n'aurai qu'un mot : Youpi-youpi-tralala un mot assez long mais parfaitement adapté au sens que je veux faire passer.
En effet, deux bonne nouvelles lecturesques viennent de me dégringoler sur l'occiput .
Allez, je commence par la bonne :

1/ Le troisième tome de BlackSad, L'Âme rouge, est sorti, et c'est bien. Si vous voulez en savoir plus sur tout le bien que je pense du seul chat noir détective, allez par là.
Si vous voulez voir la bande-annonce, cliquez ici.
Si vous voulez lire les dix premières pages, cliquez-là.
Si vous voulez continuer la lecture de cet article, rendez-vous en 2/.

2/ Le trentième tome des Chroniques du Disque-Monde est sorti en anglais, et c'est bien.
On ne voit décidément pas le temps passer avec Pratchett!...
Il s'appelle
Thud!, et raconte une histoire de Sam Vimes  (dont je parlais plus tôt) et de la Garde d'Ankh-Morpork.
Et c'est très bien.
Je vais me jeter dessus dès que j'aurai terminé cet article.
Et ça, c'est formidable.

[Edit : Lire la suite dans Vingt-quatre heures après]

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26 novembre 2005 6 26 /11 /novembre /2005 00:00
Allez, je continue à rattraper mon retard : j'ai encore une douzaine de livres à vous présenter...

Gorilles dans la brume
, de
Dian Fossey

Voilà des mois que je l'ai terminé, et je n'avais pas encore trouvé le temps d'en parler...
Comme je n'ai pas pensé à l'inclure dans la fournée Science, Dian Fossey rentrera donc dans la catégorie autobiographie, ce qui n'est pas absurde.
Comme vous le savez sans doute, l'étude des grands singes (aussi dit anthropoïdes) a été révolutionnée dans la deuxième moitié du XXe siècle par les contribution de trois femmes de terrain :
- Dian Fossey chez les gorilles du Rwanda,
- Jane Goodall chez les chimpanzés de Tanzanie et, la moins connue du lot,
- Biruté Galdikas, chez les orang-outangs de Bornéo.
Elles ont toutes été encouragées et aiguillées par le paléontologue Louis Leakey, ce qui leur a valu le surnom de Leakey's Angels...

Leur point commun : elles ont consacré des années de leur vie à l'observation quotidienne des grand singes, en on tiré un corpus de données fondamentales, et se sont jetées corps et âme dans la défense de l'espèce, en particulier contre le braconnage.
Dian Fossey est sans doute celle qui a payé le plus lourd tribut, puisqu'elle a été tuée en 85 sur les lieux de ses 18 ans de recherches, probablement parce qu'elle gênait le trafic.

Le bouquin est un mélange étrange de récit d'anecdotes passionnantes, de présentation des pays et des milieux naturels où elle a travaillé, et de ses observations des gorilles.
Dans un souci de cohérence, l'ensemble n'est pas exactement chronologique de façon à pouvoir suivre l'histoire de chacun des groupes de gorilles observés : cela marche plutôt bien, mais il y a tout de même des moments de flottement où l'on ne sait plus à quel groupe, gorille, ou moment on a affaire.

Ceux qui attendent une description sensationaliste de ses années chez les gorilles seront déçus : on y apprend plein de trucs très sérieux, avec des stats sur la nourriture, la reproduction ou la vie quotidienne de ces grosses bêtes. Mais que cela ne décourage pas les lecteurs timides! Il y a aussi beaucoup d'émotion et de petites histoires racontées avec humour. Comme sa toute première observation : deux heures passées aux jumelles à scruter un gorille qui s'est avéré être.. un cochon sauvage! 

Plus sérieusement, Dian Fossey laisse pour continuer sa tâche le Centre de recherche du Karisoke et le Dian Fossey Gorilla Fund.

NB : Gorilles dans la brume ( en vo Gorillas in the Mists)est aussi un film biographique (biopic, comme on dit pour faire court), avec Sigourney Weaver dans le rôle principal.

Moins qu'un chien, de Charles Mingus


Mon incompétence notoire en matière de musique en général et de jazz en particulier m'a encouragée à lire cette autobiographie de Charles Mingus, contrebassiste mythique (site officiel).

Le livre est introduit comme une conversation avec son psychanalyste, et raconte la vie de Chaz depuis son plus jeune âge jusqu'à son succès, en insistant sur le racisme qui imprègne toute la société américaine (il nait en 1922...), sur la musique bien sûr, et sur le sexe (vu l'interlocuteur supposé, ça se conçoit).
Très brutal, cynique, parfois hilarant et fascinant, il finit dans une débauche de mauvais goût que beaucoup considèrent apocryphe. En clair : il est mytho. Mais à quels moments du livre? dur à dire.
À lire donc cum grano salis.

Pour avoir une idée plus précise de sa vie, une biographie serait plus utile , comme "Myself When I Am Real: The Life and Music of Charles Mingus" de Gene Santoro, à l'OUP, ou Mingus, a Critical Biography, de Brian Priestly.

Pour ma part je suis frustrée : ce n'est pas ainsi que j'en apprendrai plus sur le jazz...


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25 novembre 2005 5 25 /11 /novembre /2005 00:00
Le métablogging, comme l'auront deviné tous ceux qui ont le malheur de fréquenter autant de matheux que moi (chacun sa croix), c'est le fait de bloguer sur les blogs.
Ça peut vite virer en boucle infinie, mais je m'y risque tout de même de temps en temps.

1) J'ai beaucoup ri en lisant, il y a une dizaine de jours, une fabuleuse parodie de The nonist, qui nous explique comment ne pas succomber à la blog depression.
Ça s'appelle "Ce que tout le monde devrait savoir sur la dépression du blogueur" et c'est un pastiche extrêmement bien trouvé de tous les fascicules de prévention distribués par les associations dans le but de lutter contre la dépression/ l'obésité/ l'alcoolisme/ la maltraitance des enfants/ le total-look rose... Ah non, pas pour le total-look rose. Dommage, il faudrait, pourtant!

Comme souvent, le meilleur est gardé pour la fin, du moins pour ce qui est du cynisme (in cauda venenum).
It need not ruin lives or waste perfectly good URL's!
Il n'est pas nécessaire de pourrir sa vie, ni des "url" parfaitement correctes!

Téléchargez le pdf ici (en).


2) Reporters sans frontières propose, à mon grand étonnement, beaucup de d'articles sur le "phénomène" des blogs.
Je dis que cela m'étonne, mais en faisant tourner mes petits neurones deux ou trois fois dans ce grand crâne vide (1) qui leur sert de cage, j'ai vu que le site avait une approche un chouia différente du marronnier bateau (l'accolement de ces deux métaphores est troublant) sur des sites comme, au hasard, aufeminin.com.
Ben oui, ils parlent de plein de choses du genre :
- Comment bloguer en Iran, au Népal, et ailleurs
- Choisir sa technique pour contourner la censure  
- Quelle éthique pour les bloggers ?
- et bien plus encore, comme dit le générique de mon enfance...

Ça s'appelle Guide pratique du blogger et du cyberdissident  et avouez que ça change des grands débats de fond sur les communautés de Skyblogs, NRJblogs, Funblogz et autres.
Pour le pédéhèff complet, c'est par là, et pour l'origine, j'ai dû en entendre parler pour la première fois chez Mitternacht.


3) Voici rien que pour vos yeux une diatribe très inspirée sur la question de la nécessité de défendre les blogs de façon inconditionnelle (ou pas), intitulée Au revoir aux missionnaires(en).
Pour les anglophobes ou les feignasses, je vais vous résumer le point de vue défendu par Bjørn Stærk, un dinosaure blogosphérique, puisqu'il pratique depuis plus de quatre ans. L'idée est la suivante :
Avant l'établissement d'un système (ici journalisme amateur pour les blogs), on se doit d'être missionnaire, de souligner les insuffisances des structures existantes (médias officiels), tout en insistant sur tout ce que pourrait apporter la nouveauté envisagée. Mais une fois que le système est en place et accepté, l'on n'a plus le besoin de rester idéaliste, et l'on a le doit de dire : Oui, beaucoup des blogs d'opinion ou de journalisme existants sont de la merde.
Oui, on pensait avoir un million d'envoyés spéciaux au quatre coins du monde et on se retrouve avec un million de graphomanes dotés de la mémoire à court terme d'une gerbille, qui réécrivent compulsivement les dépêches AFP (hypothèse haute), ou qui copient-collent les nouvelles "Insolite" de Yahoo (hypothèse basse).
Et le dire ne veut pas dire qu'on est contre les blogs, juste lucide...

Il utilise plusieurs comparaisons, assez frappantes il faut bien le dire, pour rendre l'opposition pré/post blogs :

Dictature vs. Démocratie
Avant : Imaginez une société où des citoyens éclairés pourraient employer leurs représentants librement élus à la construction d'un gouvernement juste et solide
Après : Les citoyens sont des idiots et les représentants librement élus sont des escrocs. Oups!
Et pourtant, on ne va pas ramener les dictateurs! (enfin... touchons du bois)

Massification de la lecture
Avant : Imaginez combien les gens deviendraient intelligents s'ils pouvaient tous lire des livres!
Après : La plupart des livres sont merdiques, mais j'aime bien celui-là.

Liberté de parole
Avant : Pensez seulement : les abus et la corruption dénoncés par tout un chacun!
Après : Oh bon dieu, encore un parano de la théorie du complot... (cf the conspiracy smell test)

Conclusion :
Missionaries have become anachronisms. The missionaries talk as if amateur media is a goal in itself, but it's no more a goal than democracy is a goal. Good government is the goal, good media is the goal. Anything else is just a step on the way.
Les missionnaires sont devenus des anachronismes. Les missionnaires semblent dire que les média amateur sont un but en soi, mais ce n'est pas plus un but que la démocratie n'en est un. Le bt est un bon gouvernement, et de bons média. Tout le reste n'est qu'un moyen d'y arriver.

Ça mériterait d'être discuté en long en large et en travers autour de la boisson psychotrope de votre choix (pour moi, thé ou chocolat, merci), mais cela a le mérite d'etre bien posé.


4) Un looong article très sérieux et pas inintéressant du tout sur la puissance des images dans les blogs.  Encore désolée, c'est en anglais, je promets de tenter de trouver plus de liens francophones...


5)
Hé hé! regardez! je suis maintenant un amphibien rampant! La catégorie n'est malheureusement pas précisée : anoure -à ma gauche- ou urodèle -à ma droite-? Nul le sait. Un mystère, côa.
Et c'est à vous et rien qu'à vous que je dois d'avoir découvert la pluri-cellularité, le squelette et la vie en milieu aérien depuis la dernière fois que je vous ai parlé de l'écosystème de The truth laid bear.
Merci.
*snirfl*.
Parviendrai-je un jour à me libérer de mon inféodation au milieu aquatique pour devenir un authentique Reptile sinuant ?
Vous le saurez en lisant la suite de ce blog...

[Edit :
TTLB a modifié son algorythme de classement : me voilà en une nuit rétrogradée (ou plutôt dévoluée) au stade le Microorganisme multicellulaire. Bouh.]

PS : Refonte de mon blogroll pour intégrer ceux que je lis régulièrement, même si je m'illusionne assez peu sur toute utilité autre qu'honorifique de la chose.
Et je rappelle à ceux qui essayent de suivre mes posts qu'il y a une news letter qui marche quand elle veut bien, et c'est ce qui fait son charme.


(1) Posé sur mon bureau...

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Published by Abie - dans Blogosphères
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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 00:20
Et pour la note d'optimisme du jour :

"Et tandis que lors des guerres précédentes les maladies et les épidémies tuaient jusqu'à cinq fois plus de soldats que les batailles pendant la Première Guerre Mondiale la proportion des morts a été inversée grâce à l'aide humanitaire et les progrès dans le domaine de la chirurgie et des armes nouvelles ce qui aussi était novateur."
 
Patrick Ourednik,
in Europeana, Une brève histoire du XXe siècle
aux très bonnes Editions Allia
La ponctuation, or lack thereof, est d'origine.



L'illustration est une photo du monument aux morts de la Première Guerre Mondiale de la commune de Gentioux, sur le Plateau de Millevaches : un enfant montre du point la liste des morts, soulignée d'un grand "Maudite soit la guerre".
A cause de la maxime pacifique portée, il est exclu de la liste des monuments aux morts officiels tenue par le Ministère des Anciens Combattants, m'a-t-on dit.
Il y a quelques autres monuments pacifistes, comme celui d'Equeurdreville, lapidaire (c'est le cas de le dire) ou  celui de St Martin d'Estréaux, plus disert.


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Published by Abie - dans Guillemets
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23 novembre 2005 3 23 /11 /novembre /2005 00:23
On ne dirait pas comme ça, mais il m'arrive de lire des livres sérieux. Attendez que je vous raconte :

Mitchourine, Lyssenko, et le problème de l'hérédité, du Dr Jacob Segal
Ahhh... tout un poème!
Pour ceux à qui ces noms ne disent rien, Mitchourine et Lyssenko sont les grands noms de la science officielle soviétique, qui, pour des raisons plus ou moins idéologiques, ont pris pendant des décennies le contre-pied de la génétique classique. Ben oui, le déterminisme des gènes, ça rentre mal dans le cadre de la dialectique matérialiste où l'homme est le maître de son destin et de la nature...
(--à ma gauche, Lyssenko, charmant garçon aux yeux doux et tendres--)
Je ne dis pas que les méthodes empiriques de Mitchourine n'ont rien apporté (l'étude des dormances et le perfectionnement de la vernalisation sont réels, mais ils ne l'ont pas inventé!) mais cela ne justifie pas d'envoyer en Sibérie les généticiens mendéliens ou morganistes ou de mettre le feu aux labos... Ceci dit, bien qu'elle fasse partie de la culture collective de la discipline (1), on trouve assez peu de documentation sur cette histoire paralèlle de la biologie.
Donc quand je suis tombée dans le fond du labo SVT du collège sur cette antiquité datée de 1951 défendant le Lyssenkisme, je me suis jetée dessus comme la petite-vérole sur le bas-clergé breton, si vous voulez bien me passer l'expression.
Je vous passe les détails techniques pour ne pas faire fuire les profanes (n'hésitez pas à me les demander si ça vous intéresse...), mais il y a tout de même des trucs fabuleux :
Mitchourine s'en explique ainsi : "On ne peut reconstruire totalement la science que sur la base de la doctrine de Marx, Engels, et Staline."
Le reste est à l'avenant, mais souligne de façon intéressante la situation de la génétique au sortir de la guerre : beaucoup de formalisme pertinent, mais une conscience aigue du manque de connection à la réalité cellulaire, et des domaines entiers hors de portée de l'approche morganiste, comme celui de l'immunologie.
Et bien sûr trois ans après la parution de ce fascicule, la biologie allait enregistrer  la découverte fondamentale, fondatrice à elle toute seule de la génétique moléculaire, rien moins que la structure moléculaire de l'ADN (2).
Le lyssenkisme, lui, ne sera liquidé qu'en 63, avec la déstalinisation opérée par Khroutchev.
 
Quleques liens :
- un peu plus sur Lyssenko (en)
- un discours de Lyssenko en 1940, qui attaque violemment les morganistes.


Médecine et médecins, de Paule Dumaître
L'auteure est la/le Conservateur en chef de la Bibliothèque centrale de médecine de Paris de l'époque (aujourd'hui la BIUM), et ça me rend encore plus sévère...
De l'histoire des sciences à l'ancienne (années 70), à pleurer d'ennui. Aucune références pour l'iconographie, pourtant riche (vive la Bium), aucune bibliographie, et le premier mot contient une hénaurme faute d'orthographe : Hyppocrate. Je sais, c'est bête, mais ça ne fait vraiment pas sérieux.
Pour ce qui est de la neutralité historicienne, on repassera :
La médecine des cavernes : Saluons-les, nos lointains ancêtres (...). Sous leur rude écorce, ils savaient se dévouer à leurs semblables et possédaient un coeur d'homme.
Les druides : Leur pratique consistait en cérémonies bizarres.
Et à la fin d'un chapitre qui nous présente la médecine orientale et en particulier chinoise (rhinoplastie, acupuncture, pharmacopée), elle a le front de conclure : Et pendant ce temps, en Grèce, naissait vraiment l'art de guérir.
Snif.

Darwin and the barnacle, de Rebecca Stott
De l'histoire des sciences très moderne, portant sur la vie et les travaux de Darwin avant la parution de son célébrissime De l'Origine des espèces.
L'idée est simple : il savait que pour se faire entendre dans le grand débat qu'il avait l'intention de lancer, il devait être reconnu comme un naturaliste sérieux, pas un spéculateur.
Il a donc consacré 8 (huit!) ans de sa vie à la classification des Cirripèdes, cette étrange famille de crustacés qui regroupe les pouce-pieds et les balanes, pendant que son premier essai de théorie de l"évolution dormait scellé dans un tiroir, avec des instructions de le publier à sa mort.
On apprend vraiment plein de choses dans cette lecture, par exemple que le grand père de Charles, Erasmus, avait déjà des opinions bien arrêtées sur la mutabilité des espèces, et l'ensemble se lit plutôt bien pour un bouquin biographique de 300 pages.
L'auteur se laisse parfois entraîner dans des métaphores un peu tirées par les cheveux, ou des flambées d'enthousiasme originales ("Someone had to crack the barnacle code", ça sonne un peu comme du Dan Brown...), mais ce sont des défauts mineurs dans cet art difficile qu'est la biographie. 



(1) Combien de fois ne vous a-t-on pas répété "La reproductibilité des protocoles est la garantie de la vérification des résultats! Ne faites pas comme Lyssenko!". Zéro? Ah...
 Mais bon, j'ai eu des profs exceptionnelles au lycée.

(2) Les prix Nobel Watson-et-Crick, grâce aux travaux de Rosalind Franklin.

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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao