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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 00:11
En l'occurence, de l'art. Oui, oui, de l'art, et en l'occurence, pas de l'art conceptuel du genre, "je ramasse tous mes cheveux pendant un an et j'en fait une grosse boule au fond d'un labavo pour démontrer  la transitoirité et le délitement du corps au cours du temps qui passe".

Non, du dessin, et pas piqué des hannetons : Madame Claudie Dadu a un sacré coup de cra... cheveu...
Jugez donc :


C'est vrai que des cheveux pour dessiner une barbe, ce serait presque logique...
D'autres portraits :


Et même des croquis licencieux intitulés Érotif...

Pour ma part, je suis sincèrement bluffée et je donnerais cher pour connaître sa technique.
Et ce qui ne gâche rien, la dame n'a pas l'air de se prendre au sérieux du tout...
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 21:44
Pour ceux qui n'auraient pas vu la citation dans mes histoires très courtes....

En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez.
Beaumarchais, Le Mariage de Figaro

Et quand l'idée d'un libertin français est reprise par un cynique américain un siècle plus tard, ça donne :

Sometimes too much to drink is barely enough.
Parfois, trop boire est à peine assez.

Signé Abie, She of the Pustulous Throat
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 16:00
Cet article est une dédicace à PZ Myers.
De son état citoyen amécain, prof d'embryologie dans un coin bien conservateur, liberal (ie de gauche), athée et grande gueule sur les questions éducatives (traduction pour ceux qui ne suivent pas la situation des SVT aux USA : il renvoie les créationnistes bouffer de la merde à leur chères études), il aime Terry Pratchett et l'humour bête, fait de la vulgarisation de qualité et a une vision de la science qui me titille le palpitant. Je suis donc religieusement son blog Pharyngula, malgré sa fréquence d'écriture absolument sidérante (à peu près cent-quinze-douze fois la mienne).

Or il se trouve que le cher homme, en bon développementaliste (ça rend bizarre) cache assez mal une admiration démesurée pour  nos amis les céphalopodes... comme il en parle les gens lui envoient des liens dont il parle etc...c'est un cercle visqueux.

Donc quand j'ai vu ces photos joliement et subtilement retouchées chez Goubliboulga, devinez à qui j'ai pensé? (cliquez, bien sûr)

         

L'invasion des pieuvres mangeuses d'homme, pourquoi pas, mais si elles ne dépassent pas 15 centimètres, elles vont perdre en crédibilité...

Et puis cet article est aussi une poire pour la soif : avec la crève d'outre espace (herpangine, cherchez) que je me cogne, c'est pas demain la veille que je vais vous écrire mon Critique de la raison critique.
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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 00:57
Je vais essayer de restreindre  la verbosité que je vous ai infligé dans les derniers articles.
Alors parlons vite, parlons bien : voici les  factoïdes aléatoires du jour :

L'ornithorynque mâle est venimeux : il a des aiguillons aux pattes arrière. Mais petit, il est terriblement mignon.  (Kassdédi Bak :-p)

Cedex  veut dire Courrier d'entreprise à distribution exceptionnelle.
Ha! Vous ne vous étiez jamais posé la question, hein ?

Homer Simpson est canadien. Si, si, je vous assure, il est même citoyen d'honneur de Winnipeg.

J'ai cherché avec mes élèves de première quels sont les animaux zoophages (carnivores) terrestres qui sont utilisés pour la consommation humaine, hors circonstances exceptionnelles comme le siège de Paris. On n'a pas trouvé grand chose :

Hérisson (tradition italo-tzigane)
Grenouille
Chien (en Asie)
Ragondin (dont on fait des terrines en France profonde, paraît-il)

Pour les animaux aquatiques, il y a  plus de foisons ( si je puis m'exprimer ainsi) :
brochet, requin, méduse...
Des idées?
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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 12:00
-- Attention, ceci est une élucubration : c'est long et décousu, vous êtes prévenus... --

Je ne sais pas exactement quand la réclame de nos grands-parents est devenue publicité, mais si quelqu'un dans la salle à des notions d'histoire sociologique, c'est le genre de trucs que j'apprendrais avec intérêt.
Il serait également intéressant de déterminer si la part proprement incroyable qu'a pris la publicité dans la vie du péquin moyen au cours du vingtième siècle est une simple augmentation d'intensité, ou aussi un changement de la nature du phénomène.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le terme de "réclame" est plus franc : après tout, publicité n'est que le caractère de ce qui est public (la publicité de la cérémonie du mariage conditionne sa validité, par exemple.) On obtient la publicité de quelque chose en le publiant (par exemple : création d'une association au Journal officiel.
Donc finalement, une publicité c'est simplement rendre public le fait que la marque X propose à la vente le produit Z.  Tout de blabla autour , quand c'est trop c'est Tropico, just do it, etc, c'est de la réclame (au mieux...).

J'ai peu d'idées valables sur la question, mais je peux toujours essayer de les mettre en forme : dans une épicerie à l'ancienne (du genre celle de la méchante dans La petite maison dans la prairie) vous demandez une certaine quantité de produit, que l'on vous sert dans un petit  papier.
Pas d'emballage, pas de marque.
Si publlicité il y a, elle se fait nécessairement en aval, dans le démarchage du petit commerçant ou de la grosse centrale de vente.
C'est vrai pour tous les étalages : quand vous achetez des bonbons au prix de l'or à des marchands ambulants, (1) vous n'avez aucune idée de la marque. Chez le boulanger par contre, Haribo s'est bien chargé de fournir un présentoir qui vous hurle ses couleurs criardes à la gueule.

Retournons à l'épicerie. u choix, on vous proposera peut-être des sous catégories : fins, extrafins, de luxe, croissants au beurre au lien d'à la margarine (2) si vous êtes un bourgeois,  mais il n'y a toujours pas de marque.

Les premières marques alimentaires à faire de la réclame (du moins dans l'image trop partielle du monde qui occupe mon petit crâne) sont probablement les préparations de type alcools, digestifs, etc : la Chartreuse de l'abbaye Machin, le quinquina, etc etc.
Pourquoi? Réfléchissons un peu...
- parce que c'étaient des produits spécifiques, avec un seul producteur (tandis que "la farine, mangez-en" ca n'est pas très spécifique sur le producteur)

- d'autre part c'étaient des produits au moins un peu de luxe => plus de marge, => plus de trésorerie disponible pour faire de la réclame

- parce qu'il s'agit de produits sans date de péremption, qui peuvent donc être envoyés aux quatre coins du pays, stockés longtemps, et écoulés doucement (cf. produits de luxe).


- et puis aussi, je pense, parce que ces publicités étaitent destinées au débit de boisson plus qu'à l'épicerie, et qu'une jolie madame en train de vous expliquer que le quiquina c'est bon pour vous aura  de l'effet quand viendra le moment de commander...


Si je creuse mes souvenirs de vieilles affiches, je retombe toujours sur des produits de luxe et non périssables : chocolat (3), biscuits (Biscuiterie Nantaise, LU)...
Hors du domaine alimentaire, il y avait bien sûr beaucoup de réclames pour des instruments techniques, des médicaments (parfois difficiles à distinguer des toniques, cordiaux et autres alcools), des crèmes amaigrissantes (déjà) et des rasoirs révolutionnaires (déjà bis), parce querien n'arrête le petit commerce, et que ces choses ne sont pas périssables. Les annonces se faisaient alors dans les journaux, aux pages des petites annonces, avec éventuellement des gravures que nous trouvons aujourd'hui tellement exotiques, tellement "Manufacture des Armes et Cycles".

Dans les journaux, les annonces ont vu leur taille augmenter au fur et à mesure que les possibilités d'illustration se sont diversifiées, et que les tirages ont explosés.
Les calicots, affiches-réclames, panneaux-réclames et pancartes-réclames (merci le tlfi) sont sortis des bars et des épiceries pour conquérir les murs, les kiosques, les hommes-sandwichs ...

Tous les nouveaux supports ont été conquis peu de temsp après leur inventions : après la presse écrite voici les buvards publicitaires, les publicités radiophoniques, puis télévisées!
Les jeux concours, les cadeaux gratuits, les ballons pour enfants!
Le "mécénat", corrompu en jingles insupportables encadrants comme des gendarmes patibulaires des émissions fantoches de deux minutes trente qui leur servent de prétexte.
On aurait pu croire que le plus gros était fait : les murs du métro, les facades d'immeubles, l'espace au-dessus de nos têtes dans le métro... on commencait à ne plus avoir un pouce de libre pour augmenter la pression.
Alors, on s'arrête? Surtout pas :

- les bus qui maintenant, grâce aux progrès de la Science, ne se contentent plus de quatre malheureuses affiches en 4x3 mais se retrouvent *entièrement recouverts* ! Et les voitures, messieurs dames, est-ce que cette Smart n'est pas 'hachement plus trendy recouverte d'une pub pour le dernier DVD sorti?

- les tables de bars . Celui-ci m' a bluffé : c'est tellement laid... des affiches, plus ou moins en reliefs, coincées  sous le verre des tables de bistrots : plus moyen de plonger un regard torve et blasé dans le fond de son verre de perrier-citron sans se faire intimer d'acheter des clopes, de la vodka ou Zeus sait quoi d'autre...

- les portes de chiottes de bar. Ca c'est super sournois aussi. Est-il un moment, à part l'endormissment, où la garde est plus baissée qu'aux toilettes? Eh ben paf, une pub !
Et le pire est à venir (à moins qu'il ne soit déjà là, je fréquente peu les vespasiennes) : les publicités en face, voire *dans* les urinoirs, des fois qu'en des moments pareils ces messieurs oseraient disposer librement de leur temps de cerveau disponible.
Ce qui risque d'être encore aidé par le fait, que parait-il, il est de dernière impolitesse de regarder ailleurs que droit devant soi dans ce genre de circonstance...

- Attention mesdames et messieurs : le tapis-roulant de supermarché! vous vous rendez compte de toute la surface qui a été gachée pendant toutes ces années? ce n'était plus supportable...

Comme vous le voyez, les cerveaux des publicitaires continuent de fumer, et ce n'est pas demain la veille que les militants anti-pub qui gribouillent tant bien que mal le bas de affiches auront gain de cause.
Sans compter qu'ils ont un terrain de jeu (presque) neuf: le net bien sûr...
Vous trouverez ici le guide du parfait petit publicitaire du net (merci Maurinier) : ca vaut son pesant de cacahuètes, même si c'est déjà dépassé : maintenant, on fait dans le buzz avec des videos virales, parfois même faites à l'oeil par les internautes.
Les bandeaux à la papa ne donnant plus un rendement satisfaisant (et les bandes passantes allant croissant) on est passé aux pubs animées, bruitées, vidéo, interactives...
Celles qui se déplient l'air de rien quand tu as le malheur de passer ta souris dessus, celles qui envoient des petites images se balader sur le texte que tu es en train de lire...
Et puis, bien sûr, les publicités contextuelles qui font la fortune de Google
La perversité humaine est décidément sans limite.

Une nouvelle preuve, si besoin en était ?
Certains ont eu l'idée  (toute théorique il est vrai) de remplacer les mots aléatoires utilisés pour éviter les spams (captchas) par des noms de marques.
Voulez vous parier sur le temps qu'il nous reste avant que les filtres tests de Turing dans les commentaires se transforment en publicité vendue à prix d'or ?

A mon humble avis, maintenant que l'idée est sortie, pas bien longtemps...

Allez, j'arrête là les tartines, et je vous laisse digérer, non sans vous inviter à me tomber sur le râble pour donner un peu de rigueur économique à tout ce que je blablate.
Merci d'avance.



(1) 2,95 euros les 100g la dernière fois que j'ai regardé Place d'Italie, c'est à dire la gélatine vendue au prix de l'entrecôte...
(2) La première fois que j'ai goûté un croissant à la margarine, j'ai failli le rapporter à la boulangerie pour me plaindre de l'infâmie. Depuis, on m'a expliqué la vie, j'ai découvert la différence entre les croissants très courbés et ceux presque droits, et je sais que j'ai des goûts de luxe.
(3) Hé oui, luxe! Mon père, élevé pendant la guerre, s'offre un carré de chocolat de temps en temps alors qu'il aime ça. Un. Carré.
Excusez moi, il faut que j'aille terminer le pot de Nutella, pour compenser.


J'ai sciemment laissé de côté la publicité événementielle : celle qui annonce que "du tant au tant, tel chanteur est à Bobillot" ou que "demain soir le Grand Cirque Fratellini divertira grands et petits sur la grand'place de Trifouillis-les-Roubignolles".

Par ailleurs, quelques liens :
L'art dans la publicité
Le biscuit quatre-heures
Des articles du Diplo
Un cours de psychologie de la publicité (pas eu le temps de lire, mais ça peut être intéressant)

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 00:14
Que penser de ceux qui veulent à toute force être héroïque?

"A Knight in Armor on a White Horse" by a follower of Paolo Uccello, oil on panelThe thing about heroism is that it isn’t very glamorous — it’s being in the wrong place at the wrong time and keeping one’s head on straight, [...].

Heroism is predicated on the potential of tragedy, so I worry about those who aim to base their identities on being present during the misfortunes of others.

Le truc avec l'héroïsme, c'est que ce n'est pas très glamour : c'est être au mauvais endroit au mauvais moment, et garder la tête froide.[...]
L'héroïsme a pour prédicat la possibilité d'une tragédie, c'est pourquoi je m'inquiète au sujet de ceux qui basent leur identité sur le fait d'être présent pendant les malheurs des autres.

Spot on, Faux Real...

Un peu de la même façon que vous trouverez des brouettes de gens pour vous expliquer que leur (grand-)mère était une sainte. J'ai parfois l'impression que l'on court après des raisons "objectives" d'aimer (sa mère) ou d'être aimé (je suis un héros).

Sur le même thème d'héroïsation à outrance (pourquoi diable devrait-on tous être des héros?), lisez donc "les héros étaient déjà fatigués..." sur le Big Bang Blog.

Don Quixote Knight and Death Theodor BaierlEdit  17/01 : Un type particulier de héros anonymes est célébré aujourd'hui au Panthéon, ceux qu'on appelle les Justes parmi les nations (et ceux qui mériteraient ce nom).
Ceux qui, au péril de leur propre vie et de façon désintéressée, cachèrent et sauvèrent des Juifs sous l'occupation, chacun selon ses moyens, qui un enfant caché dans la grange, qui des milliers évacués grâce à de faux visas.

D'après les interviews que j'ai pu entendre, le point commun entre les rares (forcément) survivants, c'est justement qu'ils refusent le qualificatif de héros : l'un affirme  que "peut pas y'avoir d'orgueil", ou alors simplement la satisfaction d'avoir donné un bon exemple,
une autre insiste "Je n'ai fait que mon devoir". Voilà qui a une autre gueule que quand Papon utilise le même argument.

Un autre exemple significatif : tous les membres du réseau Danish  Underground,  qui avaient individuellement reçu ce titre, demandèrent à être comptabilisé collectivement comme une seule personne, parce que le résultat est pour eux plus important que les individus qui y sont parvenus.

Rien à voir : Tiens d'ailleurs, je croyais que le caractère inspiré ou non d'un "H" était lié à la racine.
Or :

Le *héros
L'héroïne
L'héroïsme

Y a-t-il un linguiste dans la salle?

Edit : Entendu aujourd'hui à la radio une histoire de tennismen qui
se sont tissés en quart de finale.
Il m'a fallu un moment pour comprendre qu'ils
s'étaient *hissés à ce niveau,
sans compétences tisserandes particulières...

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Published by Abie - dans Guillemets
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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 00:00
Je suis tombée sur un autre de ces "kooks" , "crackpots", c'est à dire (le français est plus charitable) originaux, excentriques, ou plus franchement un autre de ces Dr. Maboul qui foisonnent sur le net.

Celui-là est gratiné, mais pas parce que sa théorie serait plus branquignolesque que la moyenne.
Après tout, selon les critères de la "science parallèle" tout cela est  très banal : un certain Dr.(*)Gene Ray s'est déclaré "l'homme le plus sage au monde", et il a émis une théorie aussi fumeuse qu'incompréhensible dite du Timecube.
Sur son site web, vous pourrez lire en fontes 30 points (c'est gentils de penser aux mal-voyants) que

No human or god can match
Nature's simultaneous 4 day
rotation in 1 Earth rotation.

ce qui se traduit fort mal.. sans doute quelque chose comme :
Aucun être humain ni aucun dieu ne peut égaler la rotation de 4 jours en un de la Nature.
Je vous laisse la signification profonde à trouve en exercice, parce que moi, je sèche...
Tout cela est, au final, d'une triste banalité. Là où j'ai tiqué, c'est que non content d'être fin mégalomane, M. Ray est aussi homicide, ce qui m'ennuie beaucoup plus.



Si vous êtes ignorant de la Vérité de la Création du Timecube tout-puissant, vous méritez d'être tué. Vous tuer n'est pas immoral, mais justifié afin de sauver la vie sur Terre pour les générations futures.


Charmant, n'est-il pas?
Il en a aussi rajouté une couche sur les profs, en expliquant qu'il était du devoir des élèves de tuer les enseignants qui ne professent pas le Timecube, ce qui, voyons les chose en face, concerne environ 99,99% du corps enseignant de part le monde.
Espérons que ce fou furieux n'aura pas le succès que d'autres sectes ont pu avoir...



(*) Le titre de Docteur est très apprécié des excentriques, surtout quand il est immérité ou qu'il n'a rien à voir : citons le cas des créationnistes qui utilisent leur PhD en théologie pour se présenter comme compétents en biologie, et la grandiose Brigitte Boisselier, docteur en chimie et cloneuse de bébés en série, s'il faut la croire).



Quelques ressources intéressantes :
Crank.net, qui recense les docteurs Maboul du net (en anglais)
Comment reconnaître un jobard? (en anglais)
Les sept signes d'avertissement de la pseudoscience (anglais aussi)

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Published by Abie - dans Diatribes
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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 00:00
L'anglais est une langue qui me fascine pas sa capacité à avoir plusieurs mots pour un concept qui me semble unique, à moi pauvre francophone. C'est un peu le phénomène des "vingt mots eskimos pour dire neige". Quelques exemples :

eternal, everlasting, endless, unending
éternel, sans fin

lawyer, attorney, sollicitor, barrister...
Tout ça pour dire avocat, et éventuellement, avoué

shine, glint, glitter, glow, sparkle, twinkle,  shimmer,  sheen...
Le grand classique pour faire s'arracher les cheveux à des étudiants... car tous ces mots veulent dire briller avec moultes nuances de connotation et d'usage.

Il me faut toutefois reconnaître que cette richesse est parfois bien utile : la langue anglaise dispose par exemple d'un mot précis et évocateur pour parler des chutes de "neige fondue" c'est sleet : le simple fait de le prononcer donne froid, avec cette liquide suivie d'une longue voyelle
pour mieux traverser les vêtements... brr!

De façon plus générale les synonymes reflètent souvent la dichotomie entre les apports saxons et normand dans la langue (eternal : normand, everlasting : saxon)
J'avais entrepris sur mon petit moleskine une liste de ces doublons, mais je l'ai égaré, à mon grand chagrin, car plusieurs amis m'avaient aidée dans cette entreprise.

J'étais partie des plus célèbres, ceux qui correspondent à la langue des riches envahisseurs = langue de l'assiette,  opposée à la langue des pauvres locaux = langue du bétail

saxon normand français
cow beef boeuf
calf veal veau
pig pork porc
sheep mutton mouton

Pour plus de détails étymologiques, voir par là.

Mais ma liste allait au-delà de cet exemple classique : je vais donc vous mettre ce dont je me souviens :

saxon normand
an. franç.
français
wound injury blessure
winner victor vainqueur
only sole seul
shop store échoppe (de l'anglais)
field camp champ
freedom liberty liberté
weapon arm arme
everlasting eternal éternel
     

Argh! j'en avais au moins une vingtaine de ces doublons, et je n'arrive même pas à en retrouve rune demu-douzaine...je vais me pendre !
Je me souvient avoir vérifié que boat/ship (bateau) ne marchaient pas, étant tous les deux d'origine saxonne.
Il y a aussi les faux amis : prison vient bien sûr du français, mais jail/gaol aussi (cf geôle), de même que border/frontier pour frontière (cf bordure). Là où ca devient pénible, c'est que fondamentalement, "bord" est une racine franque dont teutonique...
Travel ne marche pas non plus : il a l'air anglais, mais il vient de travail au sens "épreuve, difficulté", tandis que journey est une déformation de journée (duirnium).
Pfff...
Si vous avez des idées vous me remonterez le moral :-/ ...


Source pour l'étymologie : le OED, non pas celui-là, l'autre, le Online Etymology Dictionary.
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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 12:05
Reardez donc ce qui m'attendait dans la boïte aux lettres :


N'est-ce pas choupinou en diable?Ce petit galopin m'apportait le fort joli  calendrier du Petit Peuple, commandé chez le sieur Koulou, dont je viens de découvrir le blog tout en dessins.
Qu'il soit remercié de sa gentillesse et de sa célérité...
Quel est mon préféré, me demanderez vous, parmi toutes ces bébêtes un peu trolls, un peu nains, un peu elfes et beaucoup animaux ?
Après beaucoup d'hésitation, je crois bien que c'est le Melfïn...
Et vous ?
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Published by Abie - dans Enthousiasmes
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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 09:29
Il y avait un dossier de ce nom sur France Info ce matin. Allez écouter les reportages en ligne si ça vous dit.
En vrac et sans beaucoup de mise en forme, plusieurs remarques :

(1) C'est quoi ce titre à la con?
"Les impôts comment ?", passe encore, mais "pourquoi?" c'est un petit peu prendre les gens pour des cons au mieux, ou de la propagande ultra-libérale au pire.
D'ailleurs un peu plus loin, un expert est intérrogé  pour répondre à cette fabuleuse question
Un état sans impôt, est-ce possible ?
La réponse ne se fait heureusement  pas attendre : c'est non, et l'expert avance la solidarité, les services publics comme l'école, etc...
Mais n'oublions pas qu'il existe des personnes pour qui la solidarité est une idée de dangereux communistes, qui ne voient pas à quoi sert l'école publique - d'ailleurs leurs gosses sont dans le privé - et sur qui ces arguments glissent comme de l'eau sur un canard.
Plus simplement sans imôt, il n'y a pas d'État.
Pour avoir un président de la république, par exemple,  il faut
1/ l'élire (acheter des urnes, des panneaux d'affichage, tenir à jour des listes électorales)
2/ le payer (même au SMIC, notez bien) vu que c'est un travail à plein temps
3/ lui donner des moyens d'action exécutifs, par exemple la police et l'armée.
Difficile de faire plus de droite que l'idée de la nécessité de l'armée et du maintien de l'ordre, ma bonne dame, hein?
Ben oui, ça aussi, ça coûte des pépettes, tout pareil que ces feignants de profs.
De la même façon, si on veut que les lois défendues par les forces de police soient légitimes, il faut louer un hall dans lequel on pourra faire tenir des représentants élus  (Assemblée Nationale et Sénat), et si on veut que le pouvoir local existe, il faut lui donner des moyens (impôts locaux).
Parce que même en Safrane, rouler sur une route entretenue a des avantages.
Morale de l'histoire : bien que l'impôt en lui-même n'ait rien de démocratique dans son origine, il ne peut pas exister de démocratie sans impôt.
Bon.

(2) Tiens d'ailleurs pour l'anecdote, j'ai eu le plaisir de voir successivement mon colocataire et mon paternel envoyer bouler un télédémarcheur qui voulait leur vendre des montages financiers, sur le thème de "Non, monsieur, ça ne m'intéresse pas de payer moins d'impôts. Non. Non. Si, monsieur, je suis content de payer des impôts", ce qui a tout de même plus de panache que "je ne vois pas exactement avec quel argent je pourrais faire ça...", ce qui aurait été tout aussi vrai.

(3) La journaliste qui présentait les interviews a un peu fatigué sur la fin :
"Est-ce que la fiscalité ne nuit pas d'une image trop complexe?"
Euh... Et en français?
Ceci dit, c'était en direct, il faut être donc indulgent avec les constructions de phrase à la volée...

(4) Il était dit que ces pauvres Français ont du mal avec l'impôt sur le revenu parce qu'il sert à payer les intérêts de la dettes.
Alors, arrêtez-moi si je divague, mais cette formule, souvent utilisée par les journalistes, me paraît un raccourci hâtif. Il se trouve que l'impôt sur le revenu est en fait faible au regard des cotisations sociales et surtout de la TVA. Et que son montant équivaut à peu près à l'intérêt de le dette. Mais je ne crois pas que ce soit autre chose qu'une coïncidence, et si la formule induit les gens en erreur, c'est aux médias d'être plus clair.

(5) Il a  aussi été dit que les impôts locaux sont parmi les plus impopulaires (sans doute parce qu'ils augmentent beaucoup ces temps-ci), entre autres parce que les gens ne connaissent pas leurs destinations, et à quoi ils servent. 
Mais bon sang de bon dieu, les gens n'ont qu'à bouger leur graisse! Le bilan des dépenses d'une mairie est *public*, en général affiché à la mairie, voire publié dans le journal local payé à prix d'or pour arriver dans toutes les boîtes aux lettres !
Alors au lieu de l'envoyer directement à la poubelle*, lisez-le un peu, pointez vous aux délibérations du conseil municipal, pesez le pour et le contre de chaque choix budgétaire, et surtout, surtout, arrêtez de geindre !
Ah.. ça va mieux...
*(ce que je fais, juste après avoir lu la bd de Cabu, hein, je ne prétend pas être meilleure que les autres)

(6)
Il y a avait aussi une interview de Jean-François Copé, porte parole du gouvernement, et qu'à ma grande honte j'ai récemment confondu avec François Coppée. Il répondait à quelque chose émis par Hollande au sujet d'une augmentation  d'impôts pour les couples gagnant 8000 euros par mois (sans enfants).
Pour commencer, Copé ramène ça à 4000 euros par mois et passe à la trappe le "sans enfants" : comme si un couple DINK à 8000 euros et un parent seul à 4000 euros avec un ou deux gosses étaient comparables fiscalement... 
Or, d'une part, tout le monde sait bien que la vie en couple permet de faire des économies d'échelle très sensibles (en particulier pour le logement), et d'autre part la progressivité de l'impôt rend, me semble-t-il, caduque cette division cavalière. Mais passons.
Edit : Apparemment Hollande parlait des gens qui gagnent 4 fois le Smic, le couple n'étant qu'un exemple, donc oubliez les deux derniers paragraphes.

Il continue en disant que cette proposition de Hollande,
ça donne une image de notre pays du côté gauche de l'échiquier qui est très archaïque.
Ah ouais?
Archaïque comment? Taxer les riches, c'est vieux? Pourtant Vauban en son temps s'est bien retrouvé en disgrâce avec son Projet d'une dîme royale pour avoir osé suggérer que le roi aussi paye des impôts. Taxer les pauvres, c'est bien plus Ancien Régime qu'autre chose.
Plus loin, Copé parle d'une gauche vieille de deux cents ans qui voit le monde d'une manière manichéenne entre les gentils et les méchants, les pauvres et les riches.
Je me contenterais de rappeller que cette dichotomie, qui n'est effectivement pas neuve, n'a pas été inventée par la gauche... "Classes laborieuses, classe dangereuses" ça vous dit quelque chose? La conscience de classe, comme disent les groupuscules gauchistes, c'est quelque choses qu'ont eu les "riches" et leurs idéologues bien avant les pauvres, ce me semble...

Cette approche archaïque, donc, mène à la fuite des très riches dissuadés de payer les impôts français et...
Sur qui ça retombe? sur les classes moyennes, c'est- à-dire les gens qui bossent.
Attention c'est du lourd (et encore je n'ai pas transcrit l'intonation). Parce que quand on ne gagne que 1500 euros, on ne travaille pas, on s'amuse? 
Il faut vraiment qu'il fasse attention aux mots qui sortent de sa bouche quand ses lèvre bougent, surtout pour un porte-parole...

Ensuite, le journaliste lui conteste la qualification de "classes moyennes" en avançant le chiffre que 80 pourcents des salariés gagnent mois de 2000 euros par mois"  (Hollande n'a pas choisi le chiffre au hasard j'imagine).
Copé dit alors qu'on lui avait déjà posé la question auparavant et qu'il y a répondu en disant
"qu'on pouvait considérer  comme classe moyennes ceux qui gagnent entre 1000 et 4000 euros par mois".
Donc quand il proteste contre une proposition de Hollande au sujet de ceux qui gagnent plus de quatre fois le smic, prétendre défendre les classes moyennes est une menterie en suivant sa propre définition ! (ou alors il ne conteste la proposition que pour ceux qui gagnent 4000 pile, et l'approuve pour ceux qui gagnent 4100 euros...)

Pour conclure, on lui demande :
Vu le montant de la dette est-il bien raisonnable de continuer à baisser les impôts?
Copé répond, après une cironvolution expliquant que les réductions d'impôts redynamisent l'économie :
Ce qui est très important c'est que quand on baisse les impôts on doit aussi baisser la dette.

Ha. Et comment? en réduisant les dépenses publiques deux fois plus vite que les impôts?
Rappellons que depuis 2002, le programme de baisses d'impôts de Chirac a été (plus ou moins) appliqué tandis que la dette publique passait de 58 à 65% du PIB en 2005, soit plus de 200 milliards d'euros en valeurs absolue (source : Wikipédia).
Moi j'appelle ça du foutage de gueule.

Je vais vous laisser reprendre votre souffle après cette dissection assez longue : je m'arrête donc là.



Sur la très difficile question  de la définition des classes moyenne (même ceux qui gagnent 10 000 euros par mois ne se considèrent pas riches parce qu'ils fréquentent des gens qui gagnent le double et qu'ils envient... ainsi va la nature humaine), je vous conseille un excellent article d'Alternatives économiques intitulé : Richesse et pauvreté, état des lieux. Un extrait pertinent sur la question qui nous occupe ici :

Chacun met ce qu'il veut dans les « classes moyennes », en fonction de sa vision de la société, et de son intérêt. Le Cerc préfère utiliser le terme de « médians » : il situe cette tranche de population au-dessus des 40 % les plus démunis et au-dessous des 40 % les plus aisés, soit 20 % de la population. Si l'on prend une définition un peu plus large, incluant tous ceux qui se situent au-delà des 30 % les plus démunis et en dessous des 30 % les plus riches, on rassemble 40 % de la population et des revenus qui s'étendent de 980 à 1 300 euros pour les personnes seules, de 1 800 à 2 500 euros pour les couples, et de 2 500 à 3 400 euros pour les familles avec deux enfants en bas âge (5).
Mais dans le langage médiatique habituel, la notion de « couches moyennes » se rapporte plutôt aux ménages dont la personne de référence est médecin, ingénieur ou cadre et dont le conjoint travaille, souvent dans une profession analogue. Ces ménages peuvent ainsi faire partie en réalité du dixième (ou du cinquième) le plus favorisé de la population, avec un revenu disponible par personne supérieur à 3 000 euros. C'est ainsi que Louis Chauvel (6), constatant le flou du terme « classes moyennes », souligne que « le même mot tend à définir des groupes sociaux dont le niveau de revenu peut varier du simple au quadruple ».



Pour conclure, il se peut que certains d'entre vous, lecteurs, ont pensé en lisant ce post "mais qu'est-ce qu'elle raconte ? on voit bien qu'elle n'y connaît rien ! ".
Je ne peux qu'y souscrire : je suis fort peu compétente en économie (que M. Benani, mon prof de SES de seconde me le pardonne) et si j'ai dit des horreurs, je serais ravie d'être éclairée.

Par ailleurs, si quelqu'un a une idée d'illustration qui ne soit ni une feuille d'impôts ni un billet de banque, qu'il parle.



Edit 18/01 : Dans le Canard  Enchaîné d'hier, Copé se fait dézinguer à l'artillerie lourde, et c'est bien mérité.
Il disait qu'un professeur certifié en fin de carrière gagnait 4100 euros net, dommage, c'était 2700 euros. Bah, l'équivalent de 10 000 francs de différence, c'est une paille!
Idem pour le conducteur de train...
L e foutage de gueule est encore plus constitué que s'il avait fait des approximations : ici il a utilisé des chiffres qu'il savait forcément complètement faux ! Screugneugneu !
Bon au lieu de m'énerver, je vous laisse aller lire le-dit Canard, ce sera plus simple.
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

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