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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 00:00
Spéciale dédicace à Mélo !

Pour donner une idée de la passion qui animait les hommes de ce temps, signalons que Bateson, admirateur de Mendel, eut un fils qu'il nomma Gregory en l'honneur de George Mendel, tandis que Kammerer, à peu près à la même époque, eut une fille qu'il prénomma Lacerta en hommage à ses propres expériences sur les lézards.

Michel Delsol, L'Hérédité des caractères acquis, "Que sais-je", PUF, 1998.

Le Roi des serpents
Sans surprise, Bateson, qui fut le premier à utilise le mot genetics (génétique),est plus connu de la postérité que Kammerer, lamarckiste, qui se suicida face à des accusations de fraude scientifique.
Mais j'ai lu
dans ma prime jeunesse l'Étreinte du Crapaud que lui a consacré Arthur Koestler et je garde envers cet amoureux des salamandres une tendresse inavouée.

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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 00:22
Dans la Potière Jalouse, Lévi-Strauss compare des mythes d'origine variée ayant pour point commun la gloutonnerie et l'incontinence d'une part, et leur exacts contraires. L'incontinence se retrouve non seulement pour les excréments, mais aussi, à l'autre extémité du corps, dans les nausées, le rire incontrôlé et l'incontinence verbale.

Les chauves-souris illustrent une troisième forme d'incontinence : selon les Barasama de langue tukano qui vivent dans le bassin des Uaupés, elles souffrent de diarrhée depuis qu'elles mangèrent le cadavre putréfié de la lune, et doivent se suspendre tête en bas pour empêcher leur corps de se vider.
Il est amusant de noter que les aborigènes du Queensland, en Australie, ont la théorie opposée. Selon eux, les chauves-souris (des roussettes) n'ont pas d'anus et doivent excréter par la bouche.

Tout cela est charmant et m'a rappellé les réactions de certains camarades lorsqu'ils découvrirent que de nombreux animaux (méduses, anémones de mers et bien d'autres) n'ont qu'un seul orifice digestif...

Pour rester dans le bon goût, avec notre ami alouate évoqué plus tôt, voici une anecdote sur les dangers insoupçonnés des animaux sauvages :

J'ai nourri pendant quelques temps un singe guariba que je laissais en liberté.[...] Précis comme une horloge,  il revenait trois fois par jour partager nos repas. Mais si, à d'autres moment, mes compagnons ou moi tentions de l'approcher, il produisait à l'instant même une quantité prodigieuse d'excréments qu'il roulait en boules dans ses mains, et nous bombardait avec ces projectiles.

Une technique ingénieuse pour n'être jamais à court de munitions...
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 00:02
Les questions de dénomination des couleurs font traditionellement partie des problèmes les plus étranges de la linguistique. Mais là j'ai quand même bien rigolé :

On appelle communément singe hurleur [...] plusieurs espèces du genre Alouatta, nom scientifique dérivé du carib arawata qui sert à former le nom de plantes ou d'animaux entièrement rouges sont une chenille venimeuse, un oiseau-mouche, une abeille...

Claude Lévi-Strauss, La Potière jalouse, Plon, 1985.
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 19:59
Je savais que la situation du crédit était absolument calamiteuse aux États-Unis : à titre d'exemple, en plus des frais de scolarité monstrueux, vivre à crédit pendant ses années de fac est un système courant auquel les jeunes ont ensuite tout le loisir de réfléchir pendant les dix ou quinze ans qu'ils mettent à éponger leur dette. Le système est complètement pousse-au-crime puisque les carte de crédit n'ont souvent aucune espèce de plafond :
Pour la moindre formalité, comme l'obtention d'une ligne de téléphone portable,  on vous réclame votre credit history, et il ne s'agit pas de répondre, comme un de mes amis "Mais j'ai la meilleure credit history que vous puissiez imaginer, je n'ai jamais eu aucun crédit ! " : ça ne fera sourire personne.
Une bonne credit history, c'est vivre à crédit en permanence et rembourser dans les temps...
J'ai lu il y a quelques années de cela que le marché était tellement saturé, les achats les plus communs étant déjà effectués à crédit, que les banques envisageaient d'encourager le...loyer à crédit !

Quand on atteint de tel sommet d'absurdité économique (pour l'endetté bien sûr, pas pour l'empocheur des intérêts), il ne s'agit plus crédit révolving,mais de crédit revolver, ou presque...
Ceci dit, malgré toutes ces données, je n'avais pas mesuré l'ampleur du désastre. je commence à m'en fair eune idée plus précise à la lecture de ce dossier très complet du Boston Globe.

An estimated one of every 11 consumers has at least one credit card that is more than 90 days past due, according to nationwide data provided to the Globe by the credit reporting agency Experian.

On estime qu'un consommateur sur onze a au moins une dette de carte de crédit en retard de plus de 90 jours, selon les chiffres nationaux [pour les USA] fournis au Globe par l'agence Experian.

C'est-à-dire que neuf putain de pourcents des consommateurs ne parviennent pas à rembourser leur dette de carte de crédit.
Ajoutez à ça des sociétés de recouvrement indélicates qui viennent confisquer la voiture pour des dettes déjà épongées et vous avez une recette pour un beau melting pot de misère sociale et de détresse humaine.

Bienvenue dans le rêve américain.



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Published by Abie - dans Diatribes
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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 22:17
J'ai le plaisir et l'honneur de vous présenter une nouvelle catégorie, toute nouvelle, toute belle.
J'ai longtemps hésitée entre Grandes énigmes de l'Univers et Questions fondamentales-zé métaphysiques, mais finalement, jje me suis décidée pour Interrogations.
Car, comme j'ai déjà eu l'occasion de le mentionner, je passe ma vie à me poser de façon extrêmement sérieuse des questions complètement dépourvues d'intérêt pour la plupart des gens, dans le genre de "pourquoi les trains?".

Avec cette catégorie, j'espère avoir l'occasion de mettre en forme ces interrogations et les ébauches de réponse que je parviens parfois à constituer : ça ne peut que m'aider !
De deux choses l'une :
- ou bien la toute-puissance de mon lectorat rentre en jeu et m'aide à résoudre le mystère (ou à prouver qu'il n'y en eu jamais, de mystère)
- ou bien le fait de classer tout cela bien proprement m'aide à me sortir la question de la tête, laissant de la place pour de nouvelles interrogations, et avec un peu de chance pour la liste des courses.

Voici donc une liste de problèmes tirés des divers articles où ils avaient été évoqués, au fil de la plume. (Si vous en voyez d'autres qui méritent d'être ajoutés, dites le moi)

Je me demande bien quelle est l'origine de l'association de l'entonnoir et de la folie. (post coming up)
(Article)

Pourquoi diable dit-on "piqué des vers" mais mangé aux mites" ?
(Article)

Pourquoi, de tous les produits industriels, les produits cosmétiques sont-ils les seuls à ne pas avoir une liste d'ingrédients en français?
Corollaire : Pourquoi l'INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) s'obstine-t-il à prétendre que la langue utilisée est de l'anglais? Parce qu'aux dernières nouvelles, Aqua, ce n'est pas très shakespearien...

Pourquoi les poches des vêtements sont-elles cousues lorsqu'on les achète?
(Article)

Pourquoi certains mammifères ont des truffes et pas d'autres? pourquoi sont-elles humides?

Et puis le grand classique : quelle est la signification évolutive du rire? des pleurs? Pas des larmes elles-mêmes (ça c'est facile : nettoyer les yeux) , du fait de pleurer dans son entier, avec les modifications d'irrigation sangyuine du visage, du rythme de la respiration, etc. 
(post coming up)

Comme d'habitude, any insight appreciated.
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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 00:00
Voici encore un résultat de test : maintenant que j'ai dédié une catégorie à ce genre de mèmes, il faut bien que je la remplisse.

Il s'agit ici d'un test proposé par la BBC pour connaître votre sexe cérébral (j'ai failli dire le sexe de votre cerveau, mais les images associées sont plutôt désagréables... :-p), c'est-à-dire un test qui prétend déterminer si vous pensez plutôt comme un homme que comme une femme. Ambitieux.

Le résultat que j'ai obtenu ne pouvait pas me faire plus plaisir (et sans tricher en plus) :


D'après ce test, ma façon de penser est donc strictement asexuée, ce qui me permet de viser à la maxime de Térence :
Homo sum, humani nihil a me alienum puto 
(Je suis humain, rien de ce qui est humain ne m'est étranger.)
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Published by Abie - dans Mèmes
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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 16:51
La récolte de perles continue...



perlesVoilà quelques jour que j'ai manqué de m'étouffer en entendant sur France Info une interview d'un certain Jean-Claude Guillebaud, que j'aurais sensément dû connaître, mais dont le nom ne me disait rien du tout. C'est donc sans a priori, et d'une oreille distraite que je l'ai écouté faire la promotion de son dernier livre, Comment je suis redevenu chrétien.
(Je ne trouve pas références exactes, mais il s'agit peut-être d'un extrait de cette émission de France Culture)

Bon, mettons. Ce monsieur nous explique tout le bien qu'il pense du message des évangiles,  comment tout cela est très moderne, et rappelle (citation approximative, je ne retrouve plus le bout de papier où je l'avais notée).

que de nombreuses valeurs de la société actuelles comme l'individualisme, l'égalité entre l'homme et la femme [...] ont leur origine lointaine dans la religion judéo-chrétienne.

Il m'a fallu un moment pour débarasser la phase de toutes ses volutes et prendre conscience que ce monsieur très érudit et compétent et tout et tout vient de nous asséner la bouche en coeur que  l'égalité homme-femme vient de la religion judéo-chrétienne.
On parle vraiment de la même Bible, là?
Celle où les femmes sont considérées comme des possessions de valeur marginalement supérieure à celle des esclaves?
Celle de la polygynie quasi-systématique?
De l'obligation faite aux femmes de se couvrir les cheveux et de se vêtir modestement ? (un homme lui, même à poil il est modeste, faut croire... Ou plutôt si quelqu'un le voit en train de cuver dans le plus simple appareil, c'est de la faute du voyeur, et ça mérite bien une petite malédiction, confer Genèse 9:20-27. )
Ou bien parle-t-on du christianisme paulinien, où la femme est un être failli, qui a bien du mal à ne pas être un suppôt de Satan?

Je m'arrête là...
Tout ça pour dire que je ne comprend pas que l'intervieweur laisse passer ça sans battre un cil : si c'est effectivement la conviction de l'auteur, très bien, mais il est quasiment malhonnête de le glisser comme ça au milieu du reste. Une affirmation comme "le ciel est rouge à pois jaunes" demande plus qu'une simple mention en passant !
Mais j'aurais dû m'y attendre : dès qu'on parle de spiritualité et de sentiment religieux, tout devient guimauve et petits lapins roses parce que 1/ Dieu est amour et 2/ c'est pas gentil de critiquer les croyances de ses petits camarades.
Grumph.



Entendu hier, toujours sur France-Info, dans une interview sur le (vin) rosé :

Les raisins arrivent, et, in petto, ils passent à la cuve...

Dans le contexte, il est très clair que la locutrice voulait dire immédiatement et que l'expression adaptée aurait été illico presto ou simplement illico.
La locution in petto, elle, n'a vraiment rien à voir avec le schmilblick : elle est utilisée pour désigner une pensée, une décision prise en silence, à part soi, étymologiquement  dans sa poitrine, en son coeur.
Notons aussi que in petto est une explession assez soutenue, tandis que illico est clairement familière, et pour conclure, proposons une occurrence de celle-ci :

Si je publie des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffées salopes,

et de celle-là :

Quand on n'est pas d'accord avec le fort en thème
Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,
On murmure in petto : "C'est un vrai Nicodème,
Un balourd, un bélître, un bel âne bâté."

Il y en a d'autres, du même auteur...


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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 14:57
Je ne sais pas si je suis la seule dans ce cas (et pour être honnête, j'en doute), mais je passe ma vie à m'étrangler en lisant la presse. À cause de la situation du monde en général et de la politique française en particulier, bien sûr, puisque même la lecture de Télérama me met au bord de la crise d'apoplexie, mais pas seulement.
Je tombe régulièrement sur des  conneries tellement énormes et des énormités tellement connes que pendant un instant je crois à la blague. Mais non, mais non, nous sommes juste cernés par des incompétents notoires et/ou des individus entièrement dénués de conscience professionnelle.

J'exagère?
Peut-être après tout. Je vous laisse donc juger :



Dans Libération, un article sur la "Life-Parade" intitulé Une croisade masquée contre l'homoparentalité nous apprend que :

Parmi les associations partenaires figurent par exemple les Associations familiales catholiques. Et, en soutien, la Fondation Jérôme Lejeune, découvreur du gène de la trisomie 21, militant antiavortement et catholique fervent, décédé en 1994, qui est en passe d'être béatifié.

Rien ne vous choque? Allez,  je vous aide :
Jérôme Lejeune, découvreur du gène de la trisomie 21

La trisomie 21, aussi appelée Syndrome de Down, comme son nom l'indique, est une maladie chromosomique qui consiste en une trisomie du chromosome 21, c'est-à-dire le fait de porter non pas deux mais trois versions de ce chromosome.
Il existe des trisomies qui concernent d'autres chromosomes (trisomie 13, trisomie 18) mais elle sont moins connues car, paradoxalement, beaucoup plus sévères : peu d'enfants dépassent les quelques semaines de vie.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu'il en ressort que  le syndrome de Down est lié à un chromosome, pas à un gène nom de non !
Vous me direz, c'est marginalement moins pire que la précédente énormité Libéresque...
(Via  Bakkhus)

Edit 23/03 : Quelques réflexions sur la question

Dans les commentaires, Ruxor me fait justement remarquer que :

le problème sémantique est plus subtil que ce que tu dis, parce que s'ils avaient écrit « découvreur de la cause de la trisomie 21 », ç'aurait aussi été idiot : le Monsieur a découvert la cause du syndrome de Down et a, justement, montré que c'était une trisomie. L'ennui c'est que si on dit ça les gens ne comprennent pas parce qu'ils ne savent pas ce que c'est que le syndrome de Down, et si on dit mongolisme ce n'est pas politiquement correct.

J'essayai donc, avec un succès mitigé, de résoudre le problème posé :

on pourrait dire que le Pr. Lejeune est  "le découvreur de la trisomie 21" (et non pas du syndrome de Down), mas des gens penseraient sans doute qu'il a découvert la maladie. Ou "le découvreur du caractère chromosomique de la trisomie 21" ? un peu redondant, mais correct.

Et v'là-t-y pas que je lis dans Le Canard Enchaîné de ce mercredi 21 mars, dans un article intitulé "Alors, bienheureux?" (p.5) :

le professeur de médecine Jérôme Lejeune, disparu en 1994, découvreur du chromosome fauteur de mongolisme, mais aussi chef de file des anti-avortements (sic).

Indépendamment du fait que je ne vois vraiment pas pourquoi il y a un "s" à anti-avortement, le palmipède semble avoir résolu notre quadrature du cercle, quoiqu'en faisant la nique au politiquement correct avec le terme "mongolisme".



Entendu il y a déjà une éternité sur Radio Franprix (aucune idée de la fréquence, mais je sais qu'elle m'encourage à faire mes courses vite, très vite...) une question de culture générale :
Le mot lycée a-t-il une origine
a) latine ?
b) allemande ?

Bien tenté, mais en fait lycée, comme l'indique d'ailleurs son i grec, vient non du latin mais du grec :
Du nom du Lycée «gymnase situé au nord-est d'Athènes où enseignait Aristote», 1568 (BL.-W.1-5), gr. «id.»; dès 1544 on rencontre la forme Lyceon.
Même que les allemands appellent le lycée Gymnasium (à prononcer Guime nazioume).



Aussi retrouvé dans mes notes (oui, je prends des notes sur des bouts de papier que je laisse s'accumuler dans un coin, et que je n'entreprends de trier que lorsque le volume dépasse significativement celui d'un nid de muscardin), une expression entendue sur France Info :

...des jeunes en déshérence d'objectifs, de repères...

J'imagine que le journaliste voulait dire que ces jeunes sont déboussolés parce qu'ils n'ont pas hérité de repères.
Sauf que être ou tomber en déshérence s'applique en fait aux biens qui ne peuvent pas être attribués faute d'héritiers, pas à des héritiers spoliés de leur héritage...
Encore un méfait de l'obsession jargonnesque des journalistes !

C'est un peu comme le contre-sens qui fait utiliser le terme "bien achalandé" pour "bien approvisionné" alors qu'un magasin achalandé est simplement bien pourvu en chalands, c'est à dire... en clients!
Les files d'attentes caricaturales des magasins soviétiques, par exemple, prouvent qu'ils étaient bien achalandés ; mais pour ce qui est de l'approvisionnement...



À propos du meurtrier en série qui a étranglé une demi-douzaine de dames aux affections négociables (copyright T. Pratchett) dans une petite ville d'Angleterre (*) il y a quelques mois déjà, j'ai eu la surprise de lire dans Le Monde, journal-de-référence sérieux-d'intellectuels tout ça tout ça, une comparaison avec le serial killer le plus légendaire de toute l'Angleterre, j'ai nommé... Jack l'étrangleur!
sauf que non...
Le Jack l'éventreur (The Ripper) en question, il les découpait en rondelles ses victimes : non content de leur trancher la gorge, il leur mettait joyeusement les tripes à l'air, et à l'occasion emmenait un souvenir charmant, comme un rein...

Sur le sujet, j'ai lu le petit livre éponyme de Robert Desnos, paru tout récemment aux faramubilifiantes éditions Allia. Croyez-moi, ça change de la fourmi de dix-huit mètres...

(*) qui n'est pas du tout un trou perdu, promis juré ! D'ailleurs son équipe de foot a gagné la coupe d'Angleterre en 1981! (ou alors on m'a menti :p)



Voici encore une coupure de presse qui dort depuis un moment sur une étagère : en décembre dernier, Métro nous annonçait des progrès extraordinaire dans la communication avec l'au-delà en titrant : Queen Mum en podcast!


Hélas!
À la déception générale, il ne s'agissait que d'une confusion infâmante entre la Reine Élisabeth II, vivante et chef du Commonwealth, et son auguste génitrice la Queen Mother (Reine Mère), qui jamais ne régna fut chef d'état, et que ses saines habitudes de boire du bourbon et de fumer des cigares ont conservée jusqu'à l'âge honorable de 101 printemps, mais pas au-delà : elle est morte il y a déjà cinq ans.
(Vous pourrez apprendre tout et le reste sur sa vie sur le site que lui consacre CNN)
Notez bien, que l'info que le podcast est une brève de l'AP : Métro n'avait ici qu'à lui donner un titre, et ils ont quand même réussi à se ramasser...



J'en ai sûrement plein d'autres, mais ce sera tout pour aujourd'hui!

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 16:38
Une expérience de Scott Atran, psychoanthropologue :

He presents students with a wooden box that he pretends is an African relic. “If you have negative sentiments toward religion,” he tells them, “the box will destroy whatever you put inside it.” Many of his students say they doubt the existence of God, but in this demonstration they act as if they believe in something. Put your pencil into the magic box, he tells them, and the nonbelievers do so blithely. Put in your driver’s license, he says, and most do, but only after significant hesitation. And when he tells them to put in their hands, few will.

If they don’t believe in God, what exactly are they afraid of?


Il présente aux étudiants une boîte en bois qu'il décrit comme une relique africiaine. " Si vous avez des sentments négatifs envers la religion, leur dit-il, laboîte détruira tout ce que vous mettrez dedans."

La plupart des étudiants disent douter de l'existence de Dieu, mais dans cette démonstration ils se comportent comme si ils croyaient en quelquechose. Mettez un crayon dans la boîte magique, leur dit-il, et les non-croyants le font joyeusement. Mettez votre permis de conduire, dit-il, et la plupart le font, oui mais après une certaine hésitation. Et quand il leur dit d'y mettre leur main, peu le font.
S'ils ne croient pas en Dieu, de quoi ont-ils peur exactement ?
 
Source : Darwin's God,  de Robin Marantz Henig, dans le New York Times.

Edit  08/03/07 :
Comme de bien entendu, cet article n'a pas échappé à l'oeil aiguisé de PZ Myers, qui fait une remarque sensiblement équivalente à celle de Ruxor (dans les commentaires), en encore plus stoïque peut-être :

As for the "magic box", isn't there an obvious explanation that doesn't involve god-belief? A strange man with a strange device asks you to do something that he says has an element of risk; you don't have to believe that there is anything supernatural involved in order to hesitate before committing anything valuable to the test. That hesitation says nothing about belief in religion or the supernatural; if we're afraid of anything, it's trusting the crazy bearded guy who claims to have a magic box.

Il continue ensuite sur un chemin de traverse, avec une comparaison qui m'a amusée mais qui me semble invalide.

Il conteste l'hypothèse qui prétend que la religioon doit avoir un intéret adaptatif, puisqu'elle nécessite des ressources (temps, argent, voire occasions de reproduction :p) : pour contre-balancer ce "prix" raisonnent-certains, elle doit bien avoir un avantage.
PZ compare ça à la passion des reconstitutions historiques de grandes batailles (chez eux, évidemment, c'est la Guerre de Sécession, mais ça existe aussi  en Europe, avec des milliers de grognards qui se réunissent en uniforme pour re"jouer" telle ou telle bataille).
Cela coûte évidemment du temps de l'argent etc., mais va-t-on prétendre que c'est nécessairement *bon* puisque ce n'a pas été éliminé par l'évolution? C'est la question rhétorique de l'auteur de Pharyngula ; qui pour bien trouvée qu'elle soit, me semble à la limite de la mauvaise foi...

Or personne ne prétend tirer des conclusions "à grande échelle" de l'étude de tel ou tel rite évangéliste ou baptiste pris séparément. Si on veut parler de la signification évolutive éventuelle de la reconstitution de la Guerre de Sécession, il faut la réintégrer dans une catégorie d'activités plus large : la scène, le fait de se costumer, le théatre,  un ensemble très varte et varié que je décide arbitrairement d'appeller "make-believe" ("pour de faux").
Hé bien il me semble que l'on peut formuler une hypothèse sur la signification évolutive du make believe : conséquence ou encouragement des capacités d'empathie, reserrement des liens sociaux, catharsis des frustrations liées à la vie en société...
Cette hypothèse n'est pas nécessairement vraie, mais elle est au moins raisonnable, discutable (au sens où cela vaut la peine de la discuter), testable (on peut au moins esssayer..) tandis que l'autre était ridicule à force d'être étriquée.

Celà dit, je suis d'accord avec PZ sur le fait que pour l'instant, la valeur évolutive des comportement superstitieux reste à démontrer. Les rituels animaux observés en laboratoire (en particulier par le behavioriste Skinner chez le pigeon) ressemblent plus à des glitches des algoritmes d'apprentissage qu'à autre chose.

Et si vous voulez encore plus de spéculations plus ou moins étayées biologiquement sur la signification évolutive du sentiment religieux, allez lire le discours que
Robert Sapolsky a fait à la réception de son "The Emperor has No Clothes Award" décernée par la Freedom from Religion Fondation (en anglais).

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 00:00
Attention, cet article est long (quoique beaucoup moins que le poème d'origine...)
Read at your own risks


L'Ane est un poème de Victor Hugo, dont le héros est un âne qui tente d'accéder à la sagesse ne suivant une éduction classique  : il est bien sûr vite déçu... Alors il en discute avec Kant (ben oui, pourquoi se priver ?)



J'en citait un extrait il y a bien longtemps déjà, mais le reste de ce copieux poème contient d'autres vers intéressants, que ce soit par leur réelle qualité littéraire, ou par leur pompeux assez comique au final. Je vous ai donc  mis quelques passages  (dans l'ordre d'origine), entrelardés de remarques de ma part.
Pour vous faire une idée réelle du poème cependant, essayez de jeter un oeil à l'original...

Commençont par un thème courant chez Hugo : la critique virulente de l'école :

Que sert de dédier des classes, des cachots,
Et quatre grands murs nus qu'on blanchit à la chaux,
Et des rangs de gradins, de bancs et de pupitres,
À d'affreux charlatans flanqués d'horribles pitres ?
Frivoles, quoique lourds, pesants, quoique subtils,
Quel sol labourent-ils ? quel blé moissonnent-ils ?

D'habitude c'est l'utilité des poètes qui est remise en cause, pas celle des profs... ça change!

Pas un texte, ici, là, haut ou bas, près ou loin,
Pas de volume jaune et mangé par les mites,
Pas de lourd catalogue informe et sans limites,
Que mon esprit, voulant tout voir, ne feuilletât.
J'ai donc étudié beaucoup ; le résultat ?
Un peu d'allongement à mes oreilles tristes.

Mmm en général, le résultat relève plutôt du racourcissement de la distance focale....

Livres ! qui, compulsés, adorés, vermoulus,
Sans cesse envahissant l'homme de plus en plus,
De la table des temps épuisez les rallonges,
D'où sortent des lueurs, des visions, des songes,
Et des mains que les morts mettent sur les vivants,

Et encore, Hugo n'imaginait pas l'explosion de la production de livres du XXe...

Vous êtes imposants ! vous divisez le monde
En deux opinions principales : savoir
Si vos graves feuillets, votre blanc, votre noir,
Vos textes plus profonds que les flots sur les plages,
Vos luxes de science, et vos fiers étalages
De travail et d'étude, et vos grands apparats,
Sont créés pour les vers ou sont faits pour les rats.

Actuellement, la numérisation des textes exigerait une réécriture : la littérature sera-t-elle mangée par les vers ou par les virus ?

J'ai lu, cherché, creusé, jusqu'à m'estropier.
Ma pauvre intelligence est à peu près dissoute.
Ô qui que vous soyez qui passez sur la route,
Fouaillez-moi, rossez-moi ; mais ne m'enseignez pas.
Gardez votre savoir sans but, dont je suis las,
Et ne m'en faites point tourner la manivelle.
Montez-moi sur le dos, mais non sur la cervelle.

Je ne sais pas ce que ses profs lui ont fait, mais il en a gros sur la patate...

Qu'as-tu trouvé ? Devant l'évolution sainte
De la vie, admirable et divin labyrinthe,
Ta vue est myopie et ton âme est stupeur.

Attention : sous prétexte de dire du mal des scientifiques, il va nous décrire l'évoltion du monde. Tous aux abris !
Déjà que les conceptions géologiques de l'époque ont, disons, beaucoup changé à tout le moins, le passage au crible  du lyrisme hugolien donne quelque chose qui vaut le détour :


Vois, ce monde est d'abord un noyau de vapeur
Qui tourne comme un globe énorme de fumée ;
Vaste, il bout au soleil qui luit, braise enflammée ;
Il bout, puis s'attiédit et se condense, et l'eau
Tombe au centre du large et ténébreux halo ;
Puis la terre, encor fange, au fond de l'eau s'amasse ;
Sur cette vase on voit ramper une limace,
C'est l'hydre, c'est la vie ; et la mer s'arrondit
Autour d'un point qui sort des eaux et qui verdit ;
C'est l'île surgissant des profondeurs béantes ;

Snif. L'hydre est un cnidaire. La limace un gastéropode. Ouin.

Des vers titans parmi des fougères géantes
Fourmillent ; et du bord des boueux archipels
Des colosses se font de monstrueux appels ;
L'hippopotame sort de l'immense onde obscure,
Le serpent cherche un flanc où plonger sa piqûre,
De vaste millepieds se traînent, le kraken
Semble un rocher vivant sous l'algue et le lichen,
Et le poulpe, agitant sa touffe contractile,
Tâche d'étreindre au vol l'affreux ptérodactyle ;

Si vous comprenez ce qu'il veut dire par touffe contractile du poulpe, parlez...
Par ce que moi je sèche. A moins qu'il ne pense à une anémone de mer ? ( ce qui n'a, rappellons-le, rien à voir, puisque là encore poulpe C Gastéropodes, anémone C Cnidaires)
Par ailleurs, si j'avais des esclaves, je leurs ferais mettre un lien pertinent pour chaque espèce mentionnée. Je suis sûre que vous apprendriez beaucoup en les suivant.
Par exemple, savez-vous qu'on a beaucoup progressé dans la connaissance des krakens (calmars géants)?
Ou que le lichen est un mélange symbiotique de deux organismes, une algue et un champignon?

Puis des millions d'ans se passent ; du roseau
Sort l'arbre, et l'air devient respirable à l'oiseau,
Et la chauve-souris décroît, et voici l'aigle,
Le vent fraîchit, le flot baisse, la mer se règle,
L'île soudée à l'île ébauche un continent,
Et l'homme apparaît nu, pensif et rayonnant ;

Jusqu'ici, quoique très faux dans les détails zoologiques, l'esprit général n'est pas complètement à la rue.
Mais la formation des continents est vraiment contradictoire avec les onnées actuelles : le consensus admet l'existence d'une pangée (immense continent unique) qui s'est ensuite fragmentée, et non une agglomération de petits ilôts.
Personnellement l'image de l'homme nu pensif et rayonnant me fait bien rigoler. J'aurais plutôt mis "l'homme nu, frigorifié et terrorisé" :-p.

C'est fini ; l'aube émerge, et le recul immense
Des monstres, du chaos, des ténèbres, commence ;
La tempête de l'être a cessé de souffle ;
Et l'on entend des voix sur la terre parler ;
Le typhon s'amoindrit et devient l'infusoire ;
Et l'antique bataille, inextinguible et noire,
Du dragon et de l'hydre, avec son fauve bruit,
Fuit dans le microscope et se perd dans la nuit ;
L'effrayant désormais plonge dans l'invisible ;
L'infiniment petit s'ouvre, gouffre terrible ;

Ca c'est une conception qui me paraît très étrange. Quelqu'un l'a-t-il déjà rencontré ailleurs?
Donner au microorganisme une origine tardive me semble une façon de penser très bizarre...
Va falloir que je me renseigne.

Toute cette raison que l'homme emmagasine,
Étageant grecs sur juifs, juifs sur égyptiens ;
Que le temps sur le tas vient vider par hottées,
Ces Pascals, ces Longins, ces Jobs, ces Timothées,
Doux, sévères, touchants, mystérieux, railleurs,
Qu'est-ce si tout cela ne vous rend pas meilleurs ?

Ah, le grand classique : l'éternelle objection que Knowledge is not Wisdom (la connaissance n'est pas la sagesse).
Certes, mais au moins elle n'a jamais essayé de le prétendre... tandis que combien de philosophies ont prétendu se substituer à la science ?

Mais gare au diable Légion !
Gare à ce gamin sombre appelé petit livre !
Le format portatif est un monstre ; il délivre,
Il proteste, il combat ; c'est hideux, c'est criant ;
Comme avec son épingle il crochète en riant
La serrure de fer d'une bible bastille !
Il a la clef des champs, ce brigand ; il pétille,
Il éclate ; il est clair, rapide, âpre, éloquent ;
Il court, et met le feu partout. Oui, mon vieux Kant,
Poussière fulminante éparse sur les tables,
Les livres légers sont aux pesants redoutables ;

Aha ! On change complètement de sujet, mais là Hugo fait preuive de clairevoyance : la publication de pamphlet et de petits livres peu chers a en effet métamrphosé l'histoire de la pensée au XIXe siècle (je pense en particulier à la propagations des divers types de socialisme).
Plus proche de nous, l'invention du livre de poche, a mis le monde de l'édition cul par-dessus tête : ni broché (cahiers cousus entre eux avec une couverture symbolique) ni relié (cousus à une reliure très solide), les pages du livre de poche (indépendamment de sa taille, d'ailleurs, sont collées au dos d'une façon qui n'est pas censée être réversible - car qui voudraiut faire relier un roman de gare?- avec une colle qui tient quand elle y pense, et sans garantie de durée (papier peu cher).
Voila qui accompagna idéalement la massification de la lecture...

L'âne se décrit comme franc du collier (c'ets le cas de le dire) :

Je suis franc ; ma parole est âpre, mais certaine,
Car je préfère, étant frère de La Fontaine,
Et quelque peu cousin d'Agrippa d'Aubigné,
Le réel, même rude, au faux, même peigné,

Tandis que l'homme, lui, en prend pour son grade :

Bourdon de tous les dieux et de toutes les vitres,
Donnant pour moule aux fronts les casques et les mitres,

Bon d'accordn on n'est pas doué. Mais au moins, y met-on de la bonne volonté?

Mais du moins faites-vous ce qu'il faudrait pour voir
Un peu plus de clarté dans votre cerveau noir ?
Point. La routine au fond du néant vous isole.
Vous avez tout, parole, écriture, boussole,
Vapeur, imprimerie, et scalpel et compas ;
Faites-vous donc du jour avec cela ? Non pas.
Avez-vous des esprits, des plongeurs, des génies,
De grands cerveaux ouvrant des portes infinies,
Des puisatiers géants creusant au ciel des trous,
Des penseurs, des trouveurs ? — Pardieu ! — Qu'en faites-vous ?

J'ai bien peur que la réponse soit : des hommes d'affaires.

A part ça, Hugo découvre aussi des choses extraordinaires, comme par exemple les propriétes fractales de l'homme :

Tout homme est composé de tout le genre humain ;

Ah bah si ce n'ets pas de la mise en abyme, ça...
Mais continuons:
   
Quand viendra l'aube ? Hélas ! la mauvaise saison
Est longue pour le vrai, le droit et la raison ;

C'est toujours un âne qui parle, hein. Manifestement une espèce très sous-estimée quant à ses capacités d'abstraction.
Quoique :

...l'infâme artère carotide
Est mère de l'ours fauve et du pourceau fétide;

Mais bien sûr. Il se laisse un peu empoter des fois, l'âne Culotte...
Mais continuons dans la veine anti-cléricale :

Mettez
Deux autels côte à côte en vos noires cités,
Puis demandez à l'un des deux prêtres qui passe
Son avis sur le prêtre et le temple d'en face!

C'est un peu comme l'histoire du naufragé solitaire anglais et de ses trois huttes..
(- Ici, c'est ma maison, là c'est mon club.
 - Et là-bas?
 - C'est le club où je ne vais pas...)

L'argent, le lit, la table, autant de précipices ;
Le vin est un écueil, la femme est un récif ;

Chouette, je suis une récif!

La conscience, bas, à Salomon pensif
Disait plus de dix fois par jour : Vieille canaille !
L'expérience austère, ô Kant, est la trouvaille
Qu'on ramasse en sortant du vice ; on se flétrit,
On se forme ; chacun des sept péchés écrit
Une lettre du mot composite : Sagesse

Hé mais ça ne marche pas! il n'y a que deux péchés capitaux qui comportent un s, et sagesse en a trois.
Comment ça? Ah, on me dit dans mon oreillette que c'était une image...

Dans un passage contre l'admiration vouée aux soldats, on lit :

Nous n'en sommes pas là, nous autres ; pas si bêtes !
Et quant à moi, morbleu ! j'aurais bien du chagrin,
Étant Aliboron, d'admirer Isengrin

Isengrin (ou Ysengrain, ou moultes autre orthographes alternatives), c'est le loup du Roman de Renart, où Aliboron est le nom de l'âne.

 
Ta sagesse te fait castrat et te mutile.
  L'homme, c'est l'impuissant fécondant l'inutile.

Ah, ce bon vieux Totor, toujours l'art des phrases chocs...

 
Les blés sont d'or, les flots sont bleus, les bois sont verts,

On ne peut pas être génial à chaque vers, hein!
Et puis, vient lamort  (oui, je saute de gros morceaux) :

Tu ne tiens pas le temps, tu ne tiens pas l'espace ;
Tous les faux biens, rêvés par ton instinct rapace,
S'en vont ; derrière tous la tombe, âpre fossé,
Se creuse ; et chacun d'eux, après t'avoir blessé,
Passe à travers les doigts de ton poignet tenace ;

Pour bizarre qu'elle semble, l'image du poignet me paraît intéressante. Mais ne nous leurrons pas : il lui manquait dans doute juste une syllabe, ce qui lui a fait mettre poignet au lieu de main (surtout que les rime en -ace ne courrent pas les rues...)

Quel est le bon ? quel est le mauvais ? que doit-on
Ajouter à Dracon pour en faire Caton ?
D'où vient qu'on se dévore et d'où vient qu'on se tue ?
Est-ce qu'au papillon la fleur se prostitue ?

Ah, les grandes questions...
Rapellons que Dracon a donné son nom aux lois draconiennes, qui punissaient de mort jusqu'aux simples vols.

J'aperçois, à travers les fumées,
Là-bas, ô Kant, un pré plein d'herbes embaumées(...)
Des pois, tous les parfums que le printemps préfère,
Où ce que la sagesse aurait de mieux à faire
Serait de se vautrer les quatre fers en l'air.

Par le temps qu'il fait, je crois bien que la sagesse n'aurait rien contre...
Kant finit par l'admettre :

Tant qu'on admirera ce Bacon effrayant,
Ce monstre fait d'azur et d'infamie, ayant
Le cloaque dans l'âme et dans les yeux l'étoile ;   (Mais qu'avait-il donc contre Bacon ? et surtout, duquel parle-t-il?)
Tant qu'arrêtant l'esprit qui veut mettre à la voile,
D'abjects vendeurs pourront, sans être foudroyés,
Dire au seuil rayonnant des écoles : Payez !

tant que ça durera, donc,  ce ne sera pas la joie...
Mais Totor, comme souvent dans ses conclusions nous prouve qu'il reste un incorrigible optimiste, un peu rose gnan-gnan à l'arête :

Tout marche au but ; tout sert ; il ne faut pas maudire.
Le bleu sort de la brume et le mieux sort du pire ;
Et, même par le mal, par les fausses leçons,
Par l'horreur, par le deuil, ô Kant, nous avançons.
Querelle, petitesse, ignorance savante,
Tous ces degrés abjects dont ton oeil s'épouvante,
Sont les passages vils par où l'on va plus haut ;

Que dire?
Espérons, espérons..

Merci d'avoir lu jusqu'ici et à bientôt!
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Published by Abie - dans Guillemets
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

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Ordo Ab Chao