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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 22:43
Oui, il faut vraiment que George Orwell se réveille, et aille immédiatement réclamer des droits d'auteur à  NS TV.

Sur les conseils de mon dizygote de frère, je suis allée voir cette vidéo du passage de Nicolas Sarkozy à la Cité Beauval de Meaux, le 13 avril.


Le résumé en est assez simple : Sarkozy a voulu passer dans un "quartier sensible" avant son meeting à Meaux (fief de Copé) et aucun journaliste n'a été prévenu, au cas où.
Ceux de la Télé Libre sont fort mal reçu et on leur explique que mais non pas du tout, seule Rachida Dati est prévue à la réunion.
Autre son de cloche de la part de l'assoce qui organise le débat, et maintient que la venue de Sarko est bien prévue malgré son incompréhensible retard d'une heure et demie.  L'endroit grouille de flics en civils, et  il y a même deux tireurs d'élite.
La rencontre finit tout de même par avoir lieu : c'est prévisiblement tendu, la salle prend assez mal un début de discours sur les musulmans de France (la religion n'est manifestement ce qui préoccupe le public),et renâcle face aux références (sensément dédouanantes de racisme) à Rachida Dati et... Harry Roselmack (?). Sarkozy s'obstine à tutoyer les intervenants.
Finalement, rien de surprenant, c'est même plutôt calme par rapport à ce que ce eût pu être.

Maintenant, regardez moi la version du service de com' de Sarkozy :



Morceaux choisis :

Au dire des journalistes, aucun dispositif de sécurité renforcée n'était visible (...)
En avant, calme et droit, telle a été la posture de Nicolas face à la banlieue. Encore une fois, Nicolas a fait la preuve qu'il ne se dérobait pas. Respect.

Je crois que je vais vomir.
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Published by Abie - dans Diatribes
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 22:03
Quand la réalité rejoint la fiction
On a trouvé de la kryptonite dans une mine en Serbie. Sans rire. Ou alors, juste un petit peu...
Le minéral en question est un hydroxyde de silicate de bore-lithium-sodium (en v.o. : sodium lithium boron silicate hydroxide, et je ne suis vraiment pas contente de ma traduction), ce qui se trouve être la formule fantaisiste donnée pour la kryptonite dans le dernier film de Superman...
Et comme les géologues manquent totalement d'humour, ils considèrent qu'il n'est pas possible de l'appeller kryptonite sous le prétexte même pas fallacieux qu'il faudrait qu'elle contienne du krypton !

Quand la fiction rejoint la fiction
Ca y est, on en est maintenant sûr, ou presque : il n'existe pas de lieu mystérieux et mal défini où errent éternellement les âmes pures non baptisées.
Le Vatican a tout récemment décidé que les limbes, en fait, n'existaient pas, que Saint-Augustin s'était mis le doigt dans l'oeil jusqu'au poignet, et qu'on s'est quand même bien marré en regardant des générations de mères désespérées se consumer à l'idée que leur bébé mort si tôt ne connaîtrait jamais le paradis.
C'est que depuis le IVe siècle, y'en a eu des petits nenfants morts sans baptême! Au point que dans les cas d'accouchements très difficiles, on allait baptiser le bébé jusque dans le ventre de sa mère (si, si), pour ne pas prendre de risque...
Plus sérieusement, cela veut aussi dire que les les juifs pieux pré-chrétiens ont aussi le droit de passer le seuil de Saint-Pierre, ce qui n'était pas acquis jusque-là. Et ça leur mettait un peu les boules, on les comprend.

Pourquoi le célibat a du bon
Dites non au mariage, ou vous compromettez gravement l'intégrité de vos abattis...

Oppression begins at home
Et dire qu'on me demande parfois si le féminisme a encore une utilité dans nos pays si avancés et ouverts d'esprit...
Au cas ou vous en doutiez, lisez donc ceci.

À chacun selons ses moyens
Et pour se remonter le moral, voici un article (en anglais) qui explique comment la décision finlandaise de proportionner les amendes routières aux revenus du contrevenant permet d'éviter le choix cornélien entre mettre les riches au-dessus des lois, ou écraser les pauvres sous les montants.
Et en plus, si des héritiers se prennent souvent des prunes de 170 000 euros, ça doit sérieusement renflouer les caisse de l'État...

Le mot du jour
Je vous ai bien eus, en fait il y en a deux :
happe-goutte, parce que c'est bien pratique,
happe-chair, parce que c'est bien trouvé! (Il y a des variantes, et même un livre ainsi nommé de Camille Lemonnier, dont j'ai déjà parlé.)

Et bien le bonjour chez vous!
(Hat tip to PZ Myers at Pharyngula)
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Published by Abie - dans Butinons
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 12:30
Via Rezo, je tombe sur un témoignage surréaliste.
L'une des répliques :

Justement, notre capacité à prendre pour argent comptant le mensonge est l’expression d’une certaine aptitude à recouvrer la liberté...

Brr... Fait froid par ici..

(NB : L'idée du titre n'est pas de moi.)
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Published by Abie - dans Guillemets
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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 20:22
J'ai continué de réfléchir à cette histoire de vote blanc du dernier billet.

La comparaison avec les scores très faibles de plusieurs petits candidats m'a donné l'impression que le vote blanc avait eu dimanche dernier une importance particulière, mais la mémoire me faisait simplement défaut.
En allant fouiller sur les pages de résultats du ministère de l'Intérieur, ainsi que sur Wikipédia, j'ai donc exhumé les chiffres du vote blanc-ou-nul au cours du dernier quart de siècle, et j'ai obtenu ceci :

Année 1er tour 2nd tour
1969 1,0% 4,42%
1974 0,9% 1,3%
1981 1,3% 2,1%
1988 2,2% 3,1%
1995 2,82% 4,8%
2002 3,38% 5,39%
2007 1,44%


NB : Sauf erreur de ma part ou de celle de mes sources, il s'agit du pourcentage des votants.
NB bis : Je ne m'explique pas la fluctuation d'un tour à l'autre du nombre de chiffres significatifs.

Quelques remarques en vrac :

En 2002, plus d'un million et demi de personnes ont voté blanc-ou-nul

Les chiffres très importants (second tour de 1969 et de 2002) correspondent à un choix entre deux candidats de "droite" au sens large : Pompidou et Poher d'un part, Chirac et Le Pen de l'autre. Rien de surprenant à ce qu'une importante partie des citoyens refuse de choisir.

En dehors de ces exceptions, il me semble déceler une tendance à l'augmentation (surtout nette au 1er tour). Que faut-il en conclure sur l'évolution du corps électoral français? Ce n'est pas moi qui pourrai le dire.
Il faudrait au moins comparer avec les chiffres correspondant des élections législatives, municipales, etc. sur la même période avant de pouvoir se prononcer de façon plus ferme.

Le chiffre de 2007 est en faire remarquablement faible, équivalent à celui de 1981. Je crois que c'est un autre symptome du fameux "vote utile" qui a marqué cette campagne.

Tout ça pour dire, bien sûr, que j'attend avec curiosité le taux de bulletins blancs-et-nuls (et peut-être même, soyons fous, de blancs-tout-court) du second tour.
J'aimerais pouvoir en dire autant du résultat su scrutin lui même...

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 22:22
  1. Je viens d'aller faire un tour sur la page de résultats du Ministère de l'Intérieur, et un chiffre fort peu commenté m'a cependant frappée.

Avec plus d'un demi-million de voix, le vote blanc-ou-nul fait mieux que M. Schivardi, M. Nihous, M. Bové et Mme Laguiller, et représente 1,44 % des votants (1). Des votants, notez bien, pas des voix exprimées (2).
Mais il n'est pas possible, en regardant ces résulats pourtant officiels, de distinguer un bulletin blanc d'un bulletin nul, c'est-à-dire que la démarche consistant à se présenter au bureau de vote pour glisser un bulletin vierge dans l'urne est mise au même niveau que l'erreur d'inattention (mettre deux bulletins dans l'enveloppe) ou la plaisanterie plus ou moins douteuse (3).
Il est donc extrêmement hasardeux d'essayer d'estimer combien de ces 535 953 blancs-ou-nuls représentent un réel refus de choisir entre les candidats proposés, ce qui est à mon sens fort dommage.

D'autant plus dommage que depuis quatre ans déjà le vote blanc est décompté à part, de façon bien distincte des bulletins nuls!  C'est du moins ce que j'ai appris avec stupéfaction(4) en lisant l'article consacré au vote blanc sur Wikipédia.

Le 30 janvier 2003 le Sénat à adopté en première lecture la proposition de loi n° 1459 (2002-2003) tendant à la reconnaissance du vote blanc aux élections.
« Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n'entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait mention dans les résultats des scrutins. »


Il est bien précisé que leur nombre fait partie du résultat!
Je trouve donc incompréhensible leur absence des annonces tout ce qu'il y a de plus officielles par le Ministère de l'Intérieur. Pour un peu, je me laisserais même aller à penser qu'on-nous-cache-tout, on-nous-dit-rien.



Autre question qui me vient à l'esprit au sujet du vote blanc : les machines à voter électroniques permettent-elles le vote blanc?
Si la réponse est non, cet argument viendra prendre sa place parmi les innombrables objections à ce mode de scrutin, qui est en l'état incontrôlable, invérifiable et donc absolument inacceptable.
Ho ho... Il apparait que la réponse est oui, les machines à voter permettent le vote blanc et surtout le comptabilisent...
Des militants essayent d'utiliser l'angle d'attaque de l'égalité entre citoyens pour obliger à avoir des bulletins blancs à disposition dans tous les bureaux de votes. Comme quoi le fiasco retentissant du vote électronique aura eu au moins fait des heureux...

Pour en savoir plus sur le vote blanc (ou noir),  plongez dans les références et les liens proposés par Wikipédia.



(1) Source : Chiffres du Ministère de l'Intérieur pour la France entière (résultats partiels à 10:18 portant sur 106 départements et collectivités d'outre-mer).

(2) Rappellons quelques définitions :
Population de nationalité française > Population ayant le droit de vote > Inscrits sur les listes électorales 
(Problèmes variés : détenus, Français à l'étranger, déménagement...)

Inscrits sur les listes électorales = Abstentionnistes + Votants
Votants = Blancs + Nuls + Suffrages exprimés
Le taux d'abstention est donné en pourcentage des inscrits.
Le taux de blancs-et-nuls est donné en pourcentage des votants.
Les résultats des candidats sont donnés en pourcentage des voix exprimées.

(3) Parait-il qu'un de mes arrière-grands-oncles était célèbre pour terroriser les assesseurs de son bureau de vote : le dépouillement se faisait à une allure d'escargot jusqu'à ce qu'on ait trouvé son bulletin, généralement constitué d'un morceau de papier toilette (jusqu'ici, rien que de très classique) usagé.
Ayant à plusieurs reprises participé au dépouillement des suffrages, je persiste à penser qu'il ya d'autres moyens de se faire entendre (surtout si le vote blanc est décompté...)

(4) Comme quoi j'aurais dû aller dépouiller hier soir. Mais ils n'avaient paraît-il plus besoin
 de gens... J'irai voir dans deux semaines si ce décompte est bien appliqué.
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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 15:59
Quelques petites informations :

Pour ceux qui s'en seraient inquiétés, je suis encore vivante : mon silence radio sur ce blog était du non pas à une attaque cardiaque intempestive, pas plus qu'à une crise de flemmite aigüe (nettement plus crédible toutefois), mais à une délocalisation provisoire outre-frontières de  l'Union européenne.



J'étais à Saint-Pétersbourg (ou Pétrograd, ou Léninegrad si vous préférez) le week-end dernier, mais aussi incroyable que ça puisse paraître, il a fallu que je rentre en France pour que j'y apprenne ce qui se passait à moins d'un kilomètre de mon appartement. Les journaux et la télé parlaient principalement des troubles en Kirghizie et des manifs chinoises à... Milan!
Je ne sais pas ce qui me glace le plus, de la répression ou du silence total des médias...



C'est aussi à mon retour que j'ai appris la sortie sur nos écrans du documentaire "Jesus Camp", dont j'avais beaucoup entendu parlé aux États-Unis, mais dont je n'aurais pas cru qu'il arriverait si tôt chez nous.
Il s'agit d'un reportage sur une colonie de vacances évangéliste, où des enfants déjà convaincus (familles très religieuses, éducation à la maison) apprennent à devenir des "soldats de Dieu"...
Il est intéressant de remarquer que, alors même que le réalisateur se faisait accuser de manipulation et de mauvaise foi dans sa façon de décrire le camp, la responsable de la colonie elle-même a dit :
I'm asking you to give the movie a chance. At least see it before you make a judgment. I honestly feel it's a fair look into what we do.
Je vous demande de laisser une chance au film. Au moins, allez le voir avant de former votre opinion. J'ai sincèrement  le sentiment que cela donne une vue équitable de ce que nous faisons.
Et comme j'aime me faire du mal, j'ai la ferme intention de la prendre au mot

Les anglophones pourront trouver plus de renseignements sur le site officiel, la page imdb ou Wikipedia du film. Les autres ont tout de même la page Allociné, avec la bande-annonce.
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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 14:00
Pour en terminer avec Jérôme Coignard :

Les plus doctes d'entre nous diffèrent uniquement des ignorants pour la faculté qu'ils acquièrent de s'amuser à des erreurs multiples et compliquées.

Anatole France, Les Opinions de M. Jérôme Coignard, recueillies par Jacques Tournebroche.
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Published by Abie - dans Guillemets
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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 00:00
Comme je l'ai déjà raconté, je suis plutôt bon public et j'ai la larme facile au cinéma, mais aussi en lisant ou en écoutant de la musique.
Je me souviens, petite, avoir étonné des adultes par les larmes que me tiraient des chansons supposément plus tristes pour les vieux que pour les jeunes. (Au hasard, Les Passantes, Boulevard du temps qui passe, Pensée des morts, toutes chantées par Brassens*).

Une qui m'a toujours remplie d'une mélancolie indicible, sans doute à cause du côté clown triste que lui donnait l'interprétation par les Frères Jacques*, c'est Adélaïde. En voici les couplets :

Qu'ils soient d'ici où de n'importe quel parage
Moi j'aime bien les gens qui sont de quelque part
Et portent dans leur coeur une ville ou un village
Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir
Voilà pourquoi Jean de Bordeaux, François de Nantes
Voilà pourquoi Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
J'aime tant vous entendre parler de chez vous.

Chaque premier janvier on dit c'est la dernière
La dernière année que je passe en Australie
Et le premier janvier suivant nous voit refaire
Même serment qui sombre à son tour dans l'oubli
Ça serait pourtant le moment de revoir nos plages
Car les pays se ressemblent de plus en plus
Et dans dix ans nous trouverons dans nos villages
Des distributeurs de hot-dog au coin des rues!

Et dans vingt ans sans avoir revu nos falaises
Citoyens d'Australie conscients de leurs devoirs
A nos enfants nous apprendrons la langue française
Mais leur accent ne sera pas celui du terroir
Alors dis-moi de nos vingt ans François de Nantes
De nos vingt ans Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
Nos vingt ans d'aujourd'hui vous en souviendrez-vous?

Je sais, c'est kitsch au possible, mais, pour des raisons qui prendraient sans doute du temps à démêler au meilleur des réducteurs de tête, ça me prend à la gorge.
Et le paradoxe, c'est que de façon simultanée, j'adore aussi La ballade des gens qui sont nés quelque part, de Brassens :

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
Je trouve cette chanson jouissive et extrêmement lucide. Et pourtant, Adélaïde...

Je n'ai pas d'explication valable à mes contradictions, si ce n'est celle-ci : l'expat' décrit dans Adélaïde ne tombe justement pas dans la catégorie des cons qui sont nés quelque part. Il est parti de chez lui, et son amour de la terre natale s'étend à celle des autre, de la Normandie au Canigou. Il a le mal du pays (home sick, comme c'est si joliment dit en anglais), mais sans tomber dans le mépris et la haine de l'autre décrits par Brassens.
L'opposition ne serait alors que superficielle. Mais est-ce vraiment le cas ?
Et que penser d'une parisienne born and bred, fort peu patriote et peut-être même citoyenne du monde (on peut toujours rêver) qui a confusément le mal du pays de la campagne normande ?



* Hé oui, petite, j'écoutais surtout les disques de mes parents, plutôt que la radio ou des disques de djeunez. Aussi incroyable que ça puisse paraître à mon âge canonique, je n'ai jamais eu de lecteur de CD. Je me tâte quant à l'acquisition d'un lecteur MP3 : et si j'attendais tranquillement le passage à la technologie suivante?...

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 00:00
Tiens, vous commencez à en avoir marre des citations? hé bien on revient aux perles, alors!



Vu sur la page Yahoo du film Dangereuse séduction (avec un titre comme ça, il faudra me payer la place si on veut que je le voie...)

Au début, j'ai cru qu'il manquait un pronom : Pour se le faire...
Mais non, il s'agit simplement d'une grossière faute d'orthographe.
Le plus drôle est qu'il s'agit manifestement d'un copié-collé directement tiré du dossier de presse, puisque le paragraphe se retrouve texto dans le résumé d'Allociné : il y a une stagiaire attachée de presse qui va se faire chauffer les oreilles. Peut-être. Si quelqu'un s'en rend compte, un jour, ....

Sans parler du fait que les traducteurs du titre auraient pu se fouler un peu : ils ont réussi à traduire
Perfect stranger (parfait inconnu), qui est  manifestement censé être un thriller sensuel,  de la même façon que Whatever it takes, une comédie romantique datant de 2000.



Signalé par mon auguste géniteur à barbe chenue et tête fleurie, à moins que ce ne soit l'inverse, encore un usage approximatif de locution latine, cette fois-ci accroché au revers de Métro, dans un article intitulé Les miracles de la chirurgie in vitro.
Rappellons tout de suite que in vitro signifie littéralement dans le verre en latin, et s'emploie par opposition à in vivo, pour décrire des expériences ou des mesures effectuées en laboratoire, hors de l'organisme ou du milieu d'origine, "dans des éprouvettes". Même si de nos jours le plus gros du matériel, à commencer par les pipettes et les boîtes de Pétri, est en plastique, le terme est très classique et utilisé en particulier dans le cadre de la fécondation in vitro (FIV).

Mais revenons à notre article.

Les miracles de la chirurgie in vitro

“Envoyé spécial” s’intéresse à la médecine prénatale

Les ennuis commencent dès le titre : on pratique peu la chirurgie in vitro, parce qu'on a déjà bien du mal à faire "pousser" des tissus cellulaire in vitro, il n'y a donc guère d'organes à aller découper.
Le mystère s'épaissit avec le sous titre : quel lien peut-il bien  y avoir entre la médecine obstétrique et la chirurgie en tube à essai?
Comme de bien entendu, aucun puisqu'il s'agit de chirurgie in utero (dans l'utérus).
Je ne m'explique pas ce genre d'erreur : au moins les anglo-saxons ont-ils parfois des excuses à confondre les noms latins,  tandis que nous français avons le privilège de la transparence : vitro = verre, utero = utérus. Est-ce si difficile ?

Encore une fois, je soupçonne un craquage du service de presse, puisqu'on retrouve la même erreur sur le site de TV5 Canada. Et....Bingo!
C'est presque trop facile : en fouillant un peu sur le site de France 2, je tombe sur la présentation de l'émission du jeudi 29 mars :

Soigner un fœtus dans le ventre de sa mère n’est plus de la science-fiction. Les progrès du diagnostic et de la médecine prénatale permettent désormais de traiter de minuscules patients avant leur naissance, aux sources même de la vie.
Les techniques de chirurgie in vitro, nées de façon expérimentale au début des années 80, se développent. [...]

En vérité, je vous le dit, il y a du relâchement chez les pisseurs de copie...
C'est tout pour aujourd'hui !

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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 00:00
Ne me dites pas que je ne vous ai pas déjà parlé d'Anatole France, je ne vous croirais pas.

Si l'on se mêle de conduire les hommes, il ne faut pas perdre de vue qu'ils sont de mauvais singes. À cette condition seulement on est un politique humain et bienveillant.
La folie de la Révolution fut de vouloir instituer la vertu sur la terre. Quand on veut rendre des hommes bons et sages, libres, modérés, généreux, on est fatalement amené à vouloir les tuer tous. [...]

M. l'abbé Coignard est peut-être, de tous les esprits du XVIIIe siècle, celui dont les principes sont les plus opposés aux principes de la Révolution. Il n'aurait jamais signé une ligne de Déclaration des droits de l'homme, à cause de l'excessive et inique séparation qui y est établie entre l'homme et le gorille.

Anatole France, Les Opinions de M. Jérôme Coignard, recueillies par Jacques Tournebroche.

Vous pouvez lire ce livre en ligne ou le télécharger en entier.

Pour une interrogation plus sérieuse sur la question de la distinction entre l'homme et les autres primates, courez lire, si ce n'est déjà fait, Les Animaux dénaturés de Vercors.
Ce roman n'a jamais que cinquante ans : une urgence, je vous dis !

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Published by Abie - dans Guillemets
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao