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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 00:00
La Belle ChocolatièreIl y a toujours quelque chose à retirer d'une visite au domicile parental, quand ce ne serait qu'une citation  gourmette :
La chocolatiereOr donc, que tout homme qui aura bu quelques traits de trop à la coupe de la volupté, que tout homme qui aura passé à travailler une portion notable du temps qu'on doit passer à dormir, que tout homme d'esprit qui se sentira temporairement devenu bête, que tout homme qui trouvera l'air humide, le temps long et l'atmosphère difficile à porter, que tout homme qui sera tourmenté d'une idée fixe qui lui ôtera la liberté de penser, que tous ceux-là, disons-nous, s'administrent un bon demi-litre de chocolat ambré à raison de soixante à soixante-douze grains d'ambre par demi-kilogramme, et ils verront merveille.
Jean-Anthelme Brillat Savarin,
cité par Alexandre Dumas dans l'article Chocolat de son Grand Dictionnaire de cuisine (1871)
Illustrations : La Belle Chocolatière et La Chocolatière, de Jean-Étienne Liotard.
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 12:32
J'ai tout récemment fait l'acquisition chez un soldeur d'un petit livre amusant intitulé Les Mots Canailles, qui recueille des expressions pittoresques comme rester sur le rôti ou se croire le premier moutardier du pape. En particulier, j'ai noté un certain nombre de locutions équivalentes à passer l'arme à gauche.
J'en ai profité pour en chercher d'autres dans ma biliothèque et sur le net, et voici le résultats de ce fouinage : un vocabulaire populaire du trépas, classé par grandes idées :

La CamardeRendre l'âme (à Dieu ?)
Rendre son permis de chasse
Rendre sa clef
Rendre sa canne au ministre

Arrêter son activité
Déposer son bilan
Remiser son fiacre
Mettre les volets à la boutique
Lâcher la rampe
Perdre son bâton
Fermer son parapluie
Ramasser ses outils

Abandonner ses vêtements
(Y) Laisser ses houseaux
Laisser ses guêtres
Y laisser le moule du pourpoint

Casser un objet
Dévisser son billard
Passer l'arme à gauche
Casser sa pipe
Casser sa canne
Laisser fuir son tonneau
Filer l'huile
Moucher sa chandelle
Renverser son casque
Renverser sa marmite
Dépoter son géranium
Filer son câble par le bout
Filer son nœud.

Prendre congé des vivants
Remercier son boulanger (son boucher)
Prendre congé de la compagnie

Partir en voyage
Faire sa valise
Boucler sa malle
Plier bagage
S'en aller au grand galop
Faire la cabriole

Le cercueil
S'habiller de sapin
Se faire tailler un costume en bois
Mettre le paletot sans manche
Mettre le pardessus en peau de sapin
Sortit entre quatre planches
Être troussé en malle
Sortir les pieds devant

Le cimetièreDes Mauves
Rendre le cimetière bossu
Aller au boulevard des allongés
Mettre la table pour les asticots
Manger les pissenlits par la racine
Fumer les mauves (par la racine)
Aller au champ de navets
Être au royaume des taupes
Avoir payé sa dette à la nature
Être à quatre jambes le vallin
(Lyonnais)

Le grand repos
Tirer ses chausses
Fermer les yeux
Fermer les paupières

Avaler...

Avaler son bulletin de naissance
Avaler (ou poser) sa chique
Avaler le goujon
Avaler sa gaffe

La mort physique
Perdre le goût du pain
Oublier de respirer
Ne plus avoir mal aux dents
Rentrer les pouces (la rétraction des tendons fait que les doigts du cadavre se ferment autour du pouce)

La Mythologie
Aller ad patres
Descendre chez Pluton
Embrasser (épouser) la Camarde
Je ne suis pas pressé d’embrasser la camarde
C’est déjà bien assez qu’elle ait pris tous mes chats,
Mes femmes, mes souvenirs et mon temps qui retarde. Christian Péqueux
Les mots simples
Claboter
Clampser / clamser
Crever
Crevogner

Claquer
Cronir
Calancher
Caner
Faire couic
Raidir
Y passer
Sources :
Le vocabulaire du deuil
Les synonymes du verbe mourir
Un Dictionnaire des synonymes en ligne
Une liste de synonymes sur un forum de linguistes
Un site sur la langue lyonnaise
Dictionnaire du Français argotique et populaire, F. Caradec, Références Larousse, 2001.
Les Mots canailles, Daniel Lacotte, Albin Michel, 2005.

Il y en a sûrement qui m'échappent, mais je ne doute pas vous me les signalerez. Quant à ma préférée, pas de doute, c'est bien l'idée d'aller fumer les mauves...
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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 00:00
Je me suis récemment rappelée d'une des théories favorites de mon auguste géniteur, qui a trait à l'étude philologique du mot fleur.
Son point de départ est de souligner la diversité d'usage du mot : pour les fleurs au sens botanique, mais aussi au sens figuré de conter fleurette, ou encore le teint qui est dit fleuri lorsqu'il est rose, tout cela est peu surprenant.
Mais que penser des affleurements, des contacts à fleur de peau ou à fleur d'eau?
Mon papounet décidait donc de considérer que le mot fleur était un homonyme avec plusieurs sens distincts (comme avocat) qu'on peut détailler ainsi (sans ordre particulier) :
1 : l'idée de floraison, de produit, de joliesse, d'ornement (les jeunes filles en fleurs de Proust...)
2 : l'idée de surface, de niveau horizontal, en particulier dans l'expression à fleur de, à rapprocher de floor (sol, niveau, étage...)
3 : l'idée de pulvérulence, sur le mot anglais flour, pour farine.
Pour étayer le lien entre fleur et farine, il évoque les expressions du typefleur de froment, fleur de sarrasin, pour parler de la farine, ou encore l'expression toute faite de Charlemagne, empereur à la barbe fleurie (ou chenue) qui se traduit par barbe blanche.
4 : (possiblement issue de 1) l'idée d'excellence, de meilleur (cf. fleuron) : la fleur de l'âge... À noter qu'elle est souvent utilisée dans l'expression "fine fleur" qui est liée à la farine....
Comme chantait le poète :
Quant à la faune habitant là-dessous
C'était la fine fleur, c'était l'élite,
La fine fleur, l'élite du pavé...
Comme vous le voyez, on ne s'ennuyait pas à la maison, pendant les longues soirées d'hiver...
Son argumentation m'étant toujours apparue comme raisonnable et argumentée, je me l'étais tenu pour dit.
fleuron.gif
Mais plus récemment, j'ai réalisé que je disposait d'un accès à diverses ressouces documentaires utiles remarquablement supérieur à tout ce que le digne vieillard a pu avoir.
Rappellons donc mes sources. Pour le français :
- Le Dictionnaire de l'Académie, accessible via le sacro-saint TLFI
- Le Littré, mêmement accessible en ligne
- Mon petit, mais honnête, Dictionnaire étymologique et historique de la langue française, Références Larousse, édition 1993. (Plus de dix ans de bons et loyaux services)
Pour l'anglais (voir aussi mon articles sur les Dicos en or) :
- Le Cambridge Dictionary Online
- Le Webster Online Dictionary (US)
- Le Merriam-Webster Online (US)
- Le Online Etymology Dictionary, très utile dans ce genre de recherche
Pour le reste, une seule adresse : Lexilogos, qui centralise tous les liens dont vous avez toujours rêvé...

À tout seigneur tout honneur, commençons donc notre quête par l'article du TLFI. On peut le résumer ainsi :
A. Domaine concret (=> Idée n°1)
B. [P. réf. à une qualité particulière de la fleur]
1. [P. réf. à la position de la fleur à l'extrémité supérieure de la plante, du rameau] Ce qui est à la surface de quelque chose; ce qui est supérieur à quelque chose. (=> Idée n°2 )
[P. réf. à la floraison] Époque où certaines personnes ou certaines choses sont dans toute leur beauté, dans tout leur éclat.

a) [Sans valorisation] : Poudres minérales (=> Idée n°3). Coté poil pour un cuir
b) [Avec valorisation] La meilleure partie, la plus belle d'une chose (=> Idée n°4)
2. [P. réf. à l'évocation, à l'aspect de la fleur]
3. [P. réf. à la fleur considérée comme une production de la plante] Expression, fruit, résultat (de quelque chose).
4. [P. réf. à l'épanouissement de la fleur et à la floraison] La plus belle époque
5. [P. réf. à l'emploi, l'aspect décoratif, ornemental de la fleur]
Je ne sais pas si vous allez être d'accord avec moi, et je commets peut-être un crime de lèse-Académie en proférant cette opinion, mais cette belle énumération bien ordonnée me semble puer la rationalisation a posteriori, en particulier pour le lien entre l'idée de surface et celle de position apicale de la fleur.
Référence gardée envers les Immortels, ça fait sonner mon pipomètre.

Mais passons à ce qui est le plus pertinent : l'étymologie...
1. Ca 1100 bot. flor (Roland, éd. J. Bédier, 2871);
2.
ca 1100 flur « élite, le meilleur de quelque chose » (ibid., 2431);
3. 1121-34 « fine farine » (
PH. THAON, Bestiaire, 983 ds T.-L.);
4.
XIVe s. a la fleur de l'iaueModus et Ratio, 80, 69, ibid.). Du lat. flos, floris « fleur; partie la plus fine de quelque chose » au fig. « élite »; le sens 4 peut-être p. réf. à l'idée de « partie la meilleure de quelque chose » d'où « partie supérieure » et « surface de quelque chose » ou bien d'apr. les emplois agric. fleur de vin « moisissures à la surface » et surtout fleur de lait « crème », la loc. paraissant s'être formée en Normandie (cf. affleurer).
Tout cela ne nous donne qu'une seule origine latine, ce qui semble infirmer l'hypothèse paternelle.
Allons donc voir ce que nous dit ce dictionnaire de latin :
flos, floris, m. : -
1 - fleur; quelquefois suc des fleurs, odeur. -
(=> Idée n°1)
2 - poil follet, première barbe, duvet. - (=> ? Idée n°2 ?)
3 - la fleur, l'élite, la partie la meilleure. - (=> Idée n°4)
4 - fleur, extrémité supérieure, produits volatils de certaines substances, surface, écume. - (=> Idée n°2 )
5 - fleuron, lanterne du dôme; fleur du chapiteau corinthien; fleur d'acanthe. -
6 - éclat de la flamme, flamme. -
7 - fleur de l'âge, beauté, éclat, lustre, puissance, prospérité, bonheur. -
8 - fleur d'innocence, chasteté, virginité. -
9 - fleurs, parure du style.
Ah ha ! Voilà qui est intéressant ! on y retrouve à peu près tous les sens présents dans l'usage courant.
Le détail des locutions est encore plus parlant :
Idée n°2
- flos genae, Luc. : barbe naissante. (est-ce suffisant pour évoquer l'idée de surface ?)
- flores modo rerum decerpere, Plin. : se borner à effleurer les choses.
- flos salis, Plin. : le sel blanc, i.e. la fleur de sel, recueillie en surface.
- flos lactis, Vitr. : crème du lait, qui elle aussi se décante en surface.
Idée n°3
- floris semodius, Plin. : un demi-boisseau de fleur de farine.
Idée n°4
- flos olei, Plin. : huile vierge.
- in flore virium, Liv. : dans toute sa force ("dans la fleur de sa force")
- flos juventutis, Cic. : l'élite de la jeunesse.
- primus flos animi, Stat. Ach. 1, 625 : l'énergie morale du premier âge (litt. "la première fleur de l'âme/force")
- on pourrait rajouter ici aussi la fleur de sel et la fleur de lait : de surface, ce sont aussi les meilleures parts du sel et du lait respectivement...
Mais zalors, mais zalors, me direz-vous, si tous ces sens sont dans la racine latine, d'où viennent ces parallèles troublants avec d'autres langues?
Excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée.
J'y répondrai dans un autre article, pasque là, je voudrais par dire mais il commence à se faire tard. Alors au lit sans discuter, les poulpiquets!

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 00:00
The Onion, c'est un magazine humoristique grandiose, qui me fait hurler de rire très régulièrement. Ils pratiquent l'art de la satire et du pastiche avec une verve remarquable, au point que certains commentateurs particulièrement à la rue le prennent parfois pour argent comptant.

Ils m'avaient déjà beaucoup amusée avec leur théorie de la chute intelligente, évoquée plus tôt, mais on pouvait compter sur eux pour continuer à exploiter le filon de la controverse entre scientifiques et créationnistes.
À témoin, ce résumé du procès de Dover, par exemple:

IDTrial.jpg

Ou encore un reportage expliquant que le Kansas a interdit la pratique de l'évolution et des mutations génétiques aléatoires...
Et plus récemment, un article formidable, intitulé
"Je crois en l'évolution, sauf pour la période du Trias", et qui a même converti PZ Myers, c'est dire !
:-)

Encore toutes mes excuses aux non anglophones, je vais essayer de me rattraper sous peu.

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Published by Abie - dans Butinons
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 20:34
En lisant la page Mon Web 2.0 de Jean Véronis, je me suis trouvée à voguer sur les fonctions proposées par Yahoo, dont la Yahoo Tool Bar.
Et comme une image vaut mieux qu'un long discours :

yahootoolbarhelp.png

Quand le plus gros des questions posées a trait à se débarrasser d'une fonctionnalité, c'est en général le moment que choisissent les concepteurs pour se remettre au boulot...
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 00:00
NB : J'aurais aussi pu traduire : la culture de l'impulsion, de la pulsion instantanée. Si quelqu'un a une meilleure idée, je suis preneuse.

Le terme Burst Culture est le titre d'un post intéressant de Warren Ellis, auteur et scénariste de son état, dont voici un extrait :
(via Kung Fu Monkey)
I love print. I love magazines that commit and pay for long articles and long fiction. The web rewards neither approach. It’s a packeted medium, a surf medium. Short bursts are the way to go. The web isn’t a replacement medium — it’s *another” medium. That said, if your concept of a magazine is something designed in one-page bursts, or three pages that only carry 500 words due to the mass of images, then, really, you’re not doing anything the web can’t do better, are you?

Every day, millions of people download single lumps of data that take them three minutes to consume. They’re called mp3s. It’s a burst culture. Embrace the idea for a while.

Bursts aren’t contentless, nor do they denote the end of Attention Span. If attention span was dead, JK Rowling wouldn’t be selling paperbacks thick enough to choke a pig, and Neal Stephenson wouldn’t be making a living off books the size of the first bedsit I lived in.

None of this is new thinking. None of it. And yet, I’ve been waiting for the other shoe to drop all year. But time and again I’ve seen print magazines that should have been web objects all along launch and die — and, in most cases, reconfigure on the web. What was the point?

J'aime la presse papier. J'aime les magazines qui s'impliquent et payent pour avoir de longs articles et des
fictions longues. Le web ne récompense aucune de ces deux approches. C'est un média qui fonctionne par bouchées, un média de surf. La solution, c'est l'effusion brève. Internet n'est pas un média de remplacement, c'est un autre média. Ceci dit, si votre idée d'un magazine est quelquechose construits en billets d'humeur d'une page, ou trois pages qui ne comportent que 500 mots à cause de la masse d'illustrations, alors franchement, vous ne faites rien que le web ne fasse mieux, n'est-ce pas?

Chaque jour, des millions de gens téléchargent des paquets individuels de données qui leur prennent trois minutes à consommer. Ce sont les mp3. C'est une culture d'effusion. Acceptez cette idée pour un un moment.

Les impulsions ne sont pas dépourvues de contenu, pas plus qu'elles ne prouvent la fin de notre capacité d'attention. Si la capacité d'attention était morte, J.K. Rowling ne vendrait pas des livres de poche assez gros pour étouffer un cochon, et Neal Stephenson ne gagnerait pas sa vie en faisant des livres aussi grands que mon premier studio.

Rien de tout cela n'est une idée nouvelle. Rien. Et cependant, J'ai attendu toute cette année que les gens s'en rendent compte. Mais encore et encore, j'ai vu des magazines papier qui auraient dû être des objets internet être lancer et mourir -- et, dans la plupart des cas, se reformuler sur le net. À quoi bon ?

Je trouve que cet article énonce quelques évidences et défonce quelques portes ouvertes qui, pourtant, ne sont pas évidentes pour tout le monde.
Il me semble correct d'affirmer que notre impatience extrême sur ordinateur (il nous faut tout tout de suite, un temps de chargement de trois secondes est une torture, un article en trois partie du délayage d'information...) ne se retrouve pas nécessairement dans la vie offline. Et tant mieux, dois-je ajouter.

Bien sûr, on écrit des mails ou des SMS au lieu de lettres sous enveloppe, certains paniquent lorsqu'ils restent 24h sans nouvelles d'un proche, et 150 pages (écrit gros) est considéré comme une taille décente pour un livre de poche...
Mais à côté de cela, les gros livres ne disparaissent pas, les intégrales (BD ou littérature) sont des succès, et les films nous font attendre des années entre le début et la fin d'un arc narratif. Certes, la fin n'est parfois pas un mystère (Star Wars, Le Seigneur des Anneaux, voire les différents Harry Potter), mais il y a des contre-exemples : le premier qui me vient à l'esprit est la série Pirates des Caraïbes (tout de même 7h40 au total), et je suis sûre que vous m'en trouverez plein d'autres.

Il faut dire qu'un ordinateur est *conçu* pour le multi-tâche, en particulier dans les domaine de la navigation hypertexte sur le réseau, et qu'il n'est pas évident qu'on puisse en dire autant de l'être humain. Le problème s'est, dans mon cas, encore aggravé dpuis que j'ai découvert les joies du multitabbing (onglets multiples) sur Crazy Browser puis Firefox, ce qui me permet de me perdre joyeusement dans les circonvolutions du net pendant des heures sans rester plus de trois minutes sur la même page, et de revenir avec une douzaine d'idée d'articles que je n'écrirai jamais...

Il est évident que les blogs rentrent très exactement dans ce schémas de lectures : articles courts, souvent prédigérés par comparaison aux sources dont ils discutent, et découpés en parties quand le besoin s'en fait sentir. Le facteur limitant est en général le temps de rédaction, mais du point de vu du lecteur la cause importe peu...

Mais j'imagine que tout cela est, comme toujours, une question de mesure : ce n'est pas parce qu'on apprécie les strips de trois cases que l'on est insensible à Victor Hugo. Reste à savoir si l'on pourrait en dire autant d'une génération qui serait élevée jusqu'à 12 ou 13 ans sans avoir à lire un texte de plus d'une page.

J'arrête ici mes élucubrations mal structurées, et je m'en vais demander quelques conseils à Morphée, qui paraît-il en a plein.

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Published by Abie - dans Blogosphères
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 23:33
Une citation fabuleuse, qui résume assez bien mon point de vue :
We must respect the other fellow's religion, but only in the sense and to the extent that we respect his theory that his wife is beautiful and his children smart.

Nous devons respecter la religion de notre prochain, mais seulement au sens, et autant, que nous respectons sa théorie selon laquelle sa femme est belle et ses enfants intelligents.

H L Mencken, Minority Report (1956),
cité par Jonathon Green, The Cassell Dictionary of Insulting Quotations

via Effect measure et ses Freethinker Friday Sermonettes
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Published by Abie - dans Guillemets
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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 16:26
Si vous lisez ceci, vous avez accès à un ordinateur et à Internet.
Peut-être lisez vous cette page grâce au navigateur gratuit et libre Firefox.
Quand bien même ce ne serait pas le cas, savez-vous qu'une majorité écrasante de serveur web sont gérés par Apache, un logiciel libre ? Et tournent en général sous des distributions de type Linux ou BSD ?
Il faut dire qu'un serveur ne peut pas se permettre de planter tous les deux jours, et que ces systèmes permettent de laisser un serveur tourner pendant des années...

À titre d'exemple, cette plate-forme de blogs, Over-blog, fonctionne avec Apache/2.0.58
sous Linux...

Rien que pour ça, allez signer cette pétition qui veut protéger le logiciel libre des menaces législatives qui pèsent sur lui!

Déclaration d'utilisation de logiciels libres

Mais, me direz vous, tout le monde n'est pas candidat aux législatives pour signer le pacte du logiciel libre proposé par l'April...
Certes, c'est pourquoi je vous invite à signer à titre individuel cette pétition ouverte à tous, et qui a reçu près de 15 000 signatures en quelques mois.

Je sais que pour beaucoup d'entre vous cet article s'apparente à Radio Londres, les Geeks parlent aux Geeks, mais ne vous leurrez pas..
Si le logiciel libre est effectivement mis hors-la-loi par des législations censées viser le piratage, cela aura des conséquences sur tous les utilisateurs d'ordinateurs, pas seulement les power users, dont je ne suis d'ailleurs pas.

Justement d'ailleurs : mon petit Fitzgigg acheté d'occase est loin de sa première jeunesse, et ce n'est pas avec son Pentium III-M et ses 20 gigas que j'ai la moindre chance de faire tourner Windows XP à une vitesse raisonnable (et ne parlons même pas de Vista...)
Et pourtant j'utilise sans problème Ubuntu.

Oh bien sûr, je pourrais encore alléger mon système, avec des environnements comme xfce ou d'autres encore, mais je les testerai à l'occasion, sur des machines moins puissantes encore... C'est toujours bien de savoir qu'on a le choix, non?

On ne devrait vraiment pas jeter les vieux PC sous prétexte qu'ils commencent à ramer sous Windows!
Et si vraiment vous ne savez plus quoi faire de vos Pentium I ou II, donnez-les à l'association RecycLinux : ils font du bon travail avec.
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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 00:00
Revenons un peu aux mots qui changent de sens comme de genre. J'ai déjà proposé :
aide, aigle,
couple, crêpe, critique,
enseigne, espace,
foudre,
garde, geste, guide,
légume (arg.), livre,
manche, manoeuvre, mémoire, mode, moule,
oeuvre,
page, parallèle, pendule, physique, poêle,
relâche,
solde,
tour, trompette,
vapeur, vase, voile...
Je viens de remettre la main sur un vieil article de l'excellent Langue sauce piquante, qui nous en donne d'autres :
cartouche
interligne
faune
merci
office
statuaire
ainsi que les commentaires, qui proposent :
carpe
ombre
platine
somme
ou encore :
greffe
On a même une ébauche de classification :
1/ homonymes différenciés par le genre :
livre; mousse; page; tour; vase
2/ noms de même origine mais de genre différent selon le sens :
couple; crêpe; foudre; greffe; guide; mémoire; mode; parallèle; pendule; solde; voile

3/noms désignant une personne ou une chose selon le genre > par exemple:
aide; critique; enseigne; garde; manoeuvre; trompette
4/ noms qui ont le même sens mais de genre différent >par exemple:
locataire; esclave; élève; enfant

Les mots qui nous concernent ici tombent dans la première ou la deuxième catégorie, et je suis au regret de revenir sur ce que j'ai pu affirmer plus tôt : sont qualifiés d'épicènes les seuls mots de la 4e catégorie, ceux qui sont "en commun" aux deux genres, comme tous les noms en -iste par exemple.

Edit 25/05/07

Quand y'en n'a plus, y'en a encore !
J'ai encore trouvé des liens pleins de mots...

Une première fournée nous fournit :
cache (objet qui cache/endroit où l'on cache)
hymne (national/religieuse)
mort
mousse
plastique
politique
ponte (autorité/œufs)
secrétaire
Elle donne aussi aune, mais l'Académie infirme...
Le deuxième lien, lui, est complet au point de l'exhaustivité :
barde (musicien/lard)
basque (nationalité/pantalon)
casse (arg.) (hold-up/terme typographique)
cave (arg.)
claque (chapeau)
laque (objet d'art peint laqué)
môle (terre-plein/maladie)
nocturne (morceau pour piano/ouverture de magasin tardive)
orge (la semence/la plante)
pourpre (couleur-mollusque/étoffe)
Je crois vraiment que cette fois-ci, il va être difficile de faire mieux...
Pour ceux qui veulent, j'ai compiler l'ensemble en une liste récapitulative. À garder sous la main pour briller en société !

  
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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 00:00
Honte sur moi...
Je suis censée être une biologiste, peut-être pas une naturaliste forcenée,soit, certainement pas une botaniste invétérée, j'en conviens, mais tout de même!

Mais reprenons du début, sans quoi vous n'y comprendrez rien : suite à mon dernier article, j'ai commencé à étudier avec attention les noms que le calendrier républicain donne aux jours de l'année en lieu et place des saints, et j'ai pu les classer en grandes catégories : les animaux, les objets et outils, la nourriture -- Miel, Bouillon blanc (!)--, et surtout les végétaux.

Edit : Ah non, le Bouillon Blanc est en fait le nom d'une plante ! Merci Foster...

Parmi ces derniers, j'ai pu distinguer un quarteron d'arbres, un autre de fleurs, et autant de végétaux divers tels que le lierre, le roseau, la bruyère, le chanvre, la pulmonaire, et même (au moins partiellement... ) le lichen. Mais le gros de la troupe, bien sûr, est constitué de plantes comestibles, ou plutôt consommées, des fruits aux herbes aromatiques, de la plus courante (pomme de terre) à la plus démodée (mélisse).

Là où mon orgueuil en a pris un coup, c'est quand j'ai vu qu'après tous ces beaux classement il me restait tout de même plus d'une cinquantaine de mots sur les bras !
Ho, bien sûr, je sais que le sénévé et la valériane sont des plantes, mais quel genre ? des petites, des grandes ? Les mange-t-on ou les cultivait-on simplement pour leurs propriétés médicinales ? Font-elles des fleurs ? 1
Dans d'autres cas, comme celui de la Vesce, je connais la tête de la plante et même sa famille (ici, Fabacées), et je sais qu'on la trouve en prairie, mais est-elle sauvage? cultivée ? fourragère ? 2

Honte sur moi, vous dis-je !

Heureusement, je dispose de quelques indices...
Prenons par exemple la garance : même en ayant tout oublié de mes cours -- j'en ai eu -- sur la garance voyageuse (pélerine dit son nom latin), je sais que les soldats français portaient jusqu'au début du 20e siècle des pantalons garance, c'est-à-dire rouge vif. La garance (dite "des teinturiers") est en effet une plante tinctoriale qui était cultivée pour la capacité de sa racine à fournir une belle teinte rouge.

amarante.jpgDans le même ordre d'idée, je vois dans ma liste l'Amaranthe : le "h" me semble de trop, mais à part cela, la seule idée que ce nom m'évoque est un passage de des Femmes Savantes... Attendez voir que je mette la main dessus ... Ah, le voilà, ce poème hideux de Monsieur Trissotin :
L'amour si chèrement m'a vendu son lien,
Qu'il m'en coûte déjà la moitié de mon bien.
Et quand tu vois ce beau carrosse
Où tant d'or se relève en bosse,
Qu'il étonne tout le pays,
Et fait pompeusement triompher ma Laïs,
Ne dis plus qu'il est amarante :
Dis plutôt qu'il est de ma rente.
Manifestement, amarante est donc aussi une couleur, et rouge aussi, pour autant que je me souvienne. À défaut d'une plante tinctoriale, il faut donc s'attendre à une fleur ornementale : et hop, Bingo !

Autre énigme de peu de mystère : Turneps
Oui, oui avec un "s", moi aussi ça m'a étonnée. Ce mot ne vous rappelle-t-il rien ? Par exemple turnip, en anglais ? Exactement, turnep ou turneps est un nom tombé en désuétude pour le navet.
Et ça me donne un mot à ajouter à ma fameuse liste des mots en -eps !

epine.jpgMais pour certains mots, les indices sont minces : l'épine-vinette, par exemple. Avec un nom pareil, on s'attend à un arbuste, ou une plante grimpante avec des épines, mais qu'en dire de plus ?
Dans les vieux textes, elle est omniprésente, mais malgré mes nombreuses sorties de terrains botanisantes, je n'en ai jamais entendu parler... Where is the catch?
C'est un site horticole qui nous donne la réponse : entre 1894 et 1897 les moissions subirent dans une bonne partie de l'Europe des pertes terribles dues à la rouille noire du blé (champignon parasite Puccina graminis), qui se trouve avoir l'épine-vinette comme hôte intermédiaire. En France, en juillet 1912 , un arrêté ordonne son arrachage systématique...

Elle était surtout utilisée pour faire des haie et des clôtures, et à l'occasion de façon médicinale, mais même aujourd'hui sa population est contrôlée par les agriculteurs.

Bon bah, en voici quatre de résolus ! Il n'en reste plus que quelques dizaines...



1 : Réponse : le sénévé est un type de moutarde, la valériane une plante médicinale, et accessoirement, l'herbe à chat...)
2 :
Réponse : les trois sont vrais, selon l'espèce.
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


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Ordo Ab Chao