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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 00:09
Joie et plaisir de la flânerie, quand bien même elle n'est que virtuelle !
Je parcourais nonchalamment le catalogue d'un site découvert il y a peu (manybooks.net), qui propose un choix important de e-books gratuits dans une variété de formats adaptés à toute sorte de PDA, Ipod, etc.
Et je suis tombée, dans la collection en français, sur ce titre inénarrable : Ce que vaut une femme, de Mlle Éline Roch, datant de 1888.  

savoir.jpgC'est un petit fascicule à l'intention des jeunes filles d'extraction populaire, qui se consacre pour moitié à l'éducation morale, et pour moitié aux aspects pratiques de la gestion d'un ménage, avant tout et en particulier, le budget.
Comme on peut s'y attendre, c'est assez dépaysant à lire avec le recul de plus d'un siècle et une ou deux révolution sexuelles (je veux dire révolution des sexes, pas du sexe). Je vous en ai donc extrait quelques morceaux, choisis selon le critère purement arbitraire qu'ils m'ont marquées, moi

Préface :
Dans la nécessité où l'on s'est trouvé de créer de toutes pièces un enseignement jusque là trop négligé, on a oublié d'établir un point de départ, c'est-à-dire de bien préciser dans quel esprit cet enseignement devrait être donné. Sans entrer ici dans la question du surchargement des programmes dans l'enseignement secondaire, question qui, à elle seule, ferait l'objet d'un volume, nous nous demandons si le but qu'on s'était proposé a véritablement été atteint, et si la méthode actuelle, qui consiste à donner trop à l'instruction proprement dite, pas assez à l'éducation, ne menace pas de nous affaiblir en nous énervant.
Comme quoi la complainte des programmes trop lourds ne date pas d'aujourd'hui...
La brave dame qui a rédigé ça aurait sans doute été ravie d'apprendre que le ministère de l'instruction publique est devenu, 44 années après l'édition de ces lignes, celui de l'Éducation nationale, et se charge d'enseigner savoir et savoir-faire, mais aussi savoir-être, comme on dit à l'IUFM.                                                       
Qu'adviendrait-il de notre pays le jour où la femme se trouverait détournée de sa destination naturelle, où la jeune fille pourrait supposer qu'il existe autre chose pour elle que la mission noble et sainte d'être épouse, d'être mère ?
Ca c'est une question qu'elle est bonne :)

Dans le corps de l'ouvrage lui-même, l'auteur insiste d'abord sur les qualités morales nécessaires à une bonne fille (piété filiale, industriosité, etc.), puis les mets en garde contre les déceptions qui suivent parfois la lune de miel. Qui est-on pour reprocher à son mari d'avoir caché ses défauts?
Et si en sa présence vous aviez laissé brûler le rôti, si vous vous étiez laissée aller à quelque accès de mauvaise humeur, êtes-vous bien certaine qu'il vous eût épousée?
Et si cela ne suffit pas à faire ressentir à la lectrice une profonde désolation d'avoir osé critiqué son bonhomme de mari, voici l'artillerie lourde :
Songez aussi à ce que serait votre existence sans le mari, qui, avec une situation régulière, vous donne appui etprotection? Il n'y a pas que du ridicule et des dangers dans la position de vieille fille. Quels que puissent être les motifs qui vous aient éloignée du mariage ou les circonstances qui pour vous l'aient rendu impossible, il viendra toujours un moment pénible entre tous, le moment cruel de l'isolement, où vous serez privée de vos parents et où vous regretterez amèrement de n'avoir pas de famille.
Passons sur la condescendance : le vrai drame c'est qu'effectivement vivre seule sur un salaire d'ouvrière (peu spécialisée en général) à l'époque relevait de l'exploit, sans les économies d'échelle permises par la vie en ménage.
Ces considérations sur lesquelles nous insistons vous seront utiles dans l'avenir, pour soutenir le grand combat de la vie. Elles vous serviront d'arguments pour ramener à des idées plus saines ce grand gamin qui est votre mari, dont le coeur n'est pas mauvais, mais dont la tête, peut-être un peu folle, s'est laissé égarer par les élucubrations d'écrivains sans scrupules ou les extravagances d'orateurs qui mériteraient qu'on leur jetât des pommes cuites et des bottes de foin.
Attention, tous aux abris, on arrive à la partie qui parle de politique...
Ils sont bien coupables ces gens qui, dans un but d'intérêt personnel, exploitent la crédulité et l'ignorance de l'ouvrier, et jettent le trouble dans sa conscience. Peu leur importent les résultats de leurs inepties, pourvu qu'ils en profitent; ils savent fort bien, du reste, que ce n'est pas eux qui en subiront les conséquences.
Il est vrai que peu des théoriciens sociaux du XIXe siècle étaient issus des couches vraiment populaires, mais il est sans doute hypocrite de prétendre qu'ils n'ont jamais rien risqué (prison , tout ca...)
C'est à vous, jeunes femmes, qu'il appartient de combattre les funestes doctrines qui, si vous n'y preniez garde, iraient jusqu'à compromettre l'existence même de votre foyer, car ces gens, ennemis de la propriété, sont en même temps les détracteurs de la famille. Si, par malheur, votre mari pouvait devenir leur dupe, si au lieu des gais propos qu'il apportait autrefois à la table de la famille, il faisait entendre de folles revendications, il faudrait user de votre influence pour éclairer sa conscience et sa raison, et le détourner de la voie périlleuse au bout de laquelle il ne trouverait que mécomptes et déceptions.
La ménagère de moins de cinquante ans gardienne de la paix sociale...
Le pire, c'est que c'est sans doute vrai : ce doit être compliqué de répondre à des argument du type "Si tu fais grève, les enfants ne mangent pas, alors ose répéter que tu fais grève, fainéant !"

Il vous sera facile de réfuter les idées fausses qu'il aura contractées par la lecture de journaux qui s'intitulent socialistes, sans que cette dénomination soit bien comprise de la plupart de ceux qui l'emploient, ou au sein de certaines assemblées de « travailleurs » ainsi que se nomment souvent les ouvriers qui ne travaillent pas. Il est de toute évidence que nous ne pouvons être tous égaux dans le sens absolu de ce mot, l'échelle sociale serait ainsi la seule qui n'aurait qu'un échelon. Cela ne signifie pas que l'ouvrier doive renoncer à améliorer sa position, mais que de moyens s'offrent à lui plus honnêtes et plus sûrs que celui qui consisterait à dépouiller de leur propriété ceux qui légitimement la possèdent.(...) Et lors même que, par impossible, le partage des biens parviendrait à s'effectuer entre tous les citoyens, ainsi que certains le demandent, savez-vous quelle serait la part de chacun? Les économistes ont calculé qu'elle s'élèverait à la somme de deux francs soixante centimes, de sorte qu'au lieu de trouver des capitalistes et des patrons pour faire vivre l'ouvrier, nous serions tous égaux... dans la misère; c'est là probablement ce qu'on entend par la suppression du prolétariat.
J'aime beaucoup la tournure du « capitaliste qui fait vivre l'ouvrier »... Quelle générosité admirable !

Plus loin, au milieu du petit chapitre sur les enfants :
Sans être partisan de la théorie de Darwin qui nous fait descendre du singe, il est vraiment intéressant d'observer la faculté d'imitation innée chez l'homme dès son berceau.
Hé oui, rappellez-vous que L'Origine des Espèces du grand Charles est paru outre-Manche en 1859, et la traduction française a suivi de peu (1862).

Sur les loisirs utiles et les poursuites intellectuelles, l'auteur émet des opinions qui sont, pour autant que je puisse en juger, fort modernes :
[É]tendre [notre instruction] par la réflexion et d'utiles lectures (...) ne saurait nuire à l'accomplissement de nos devoirs familiaux ; car, de même que l'on peut être une femme charmante sans connaître la chimie et une bonne mère sans rien comprendre aux évolutions des astres, l'on peut être également bonne fille, bonne épouse, bonne mère en s'occupant des choses de l'esprit, et on le sera même d'autant plus que l'intelligence sera mieux cultivée. Car nous devons toujours garder le sentiment de notre dignité; si la nature et plus encore la nécessité font de nous la servante de l'homme, nous ne saurions lui permettre de nous considérer absolument comme une machine à faire la soupe et à raccommoder les chaussettes.
Un peu plus, et elle demande le droit de vote, cette pétroleuse !

Quelques conseils quant à l'emploi du temps :
Il sera généralement suffisant que vous vous leviez à cinq heures en été, à six heures en hiver, et quant à continuer fort tard votre travail, nous ne saurions vous y engager.
Certes, vu le prix et la praticité de la lumière à l'époque ça se comprend, mais bon, cinq heures...

Et pour terminer sur une note légère, trouvé dans le chapitre consacré à l'économie domestique :
Si vous avez beaucoup de monde à nourrir, nous vous engageons à faire votre potage pour le soir et le premier repas du lendemain, il remplacera avantageusement le café au lait trop débilitant et peu convenable pour certains tempéraments, ainsi que le chocolat trop coûteux.
Hihi, je vais pouvoir charrier mon paternel : depuis le temps qu'il se débilite à mesure d'un demi-litre par jour...

Voilà à peu près ce que j'ai retirer de ce livre éminemment pratique et terre-à-terre, et clairement plein des meilleures intentions du monde.

Et si l'histoire de l'éducation des jeunes filles vous intéresse, je vous recommande d'aller jeter un œil à cette excellente page (XIXe), continuée là, qui réunit des extraits d'époque comme cette diatribe de 1880,

Des lycées de jeunes filles ? Pourquoi pas des casernes de jeunes filles ! (...) La jeune fille française, élevée dans la protection vigilante de la famille, avait été préservée avec soin de l'éducation garçonnière et des brutalités de la science. Elle grandissait parmi les sourires et les joies, comme une fleur dans le soleil, dans une poétique ignorance des mystères des choses. (...) Tout cela va disparaître. On va supprimer la jeune fille. (...) Assez de ces petites niaises qui croient à l'ange gardien, au bonhomme Noël, aux bébés qui viennent dans les choux. La science de l'Etat se chargera de souffler sur ces illusions enfantines.
in Le Gaulois, 25 novembre 1880.
mais aussi ce discours de  Jaurès  Jules Ferry de 1870.
Réclamer l'égalité d'éducation pour toutes les classes, ce n'est que faire la moitié de l'oeuvre. Cette égalité, je la revendique pour les deux sexes. Je sais que plus d'une femme me répond : mais à quoi bon toutes ces connaissances, tout ce savoir, toutes ces études ? A quoi bon ? Je pourrais répondre : à élever vos enfants, et ce serait une bonne réponse, mais comme elle est banale, j'aime mieux dire : à élever vos maris.
Ah mais !

 
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 12:22
lempicka-lassitude.jpg                        
IDÉAL
Je suis lassé de tout, de moi comme des autres,
Des pensers importuns qui me viennent le soir,
Et des amis joyeux qui font broyer du noir,
Des vers que je compose, ô maîtres, et des vôtres.

Émile Goudeau, hydropathe distingué,
Idéal, in Poèmes ironiques (en ligne), 1884
Illustration : Lassitude,  de Tamara Lempicka

Nota : le titre est une référence à un album d'Astérix, et la citation n'est pas une référence à mon état actuel. Quite on the contrary , indeed.
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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 00:04
Comme il n'est jamais trop tard pour bien faire et que vieux motard que j'aimais, j'ai enfin commencé la lecture de l'inénarrable Pendule de Foucault, de mon grand satrape favori, j'ai nommé Umberto Eco.
Ce cher Umberto laisse libre cours à son amour immodéré des mots obscurs, et la récolte est plus que bonne.

Il y a des terme simplement vieillis, ou techniques, comme lierne, voire précieux comme épitomé, mais il excelle surtout à l'exhumation de termes philosophique, sémiotique ou stylistique des plus obscurs, comme numineux ou encore :
sorite (n.m) Polysyllogisme dans lequel l'attribut de la première proposition devient le sujet d'une seconde proposition et ainsi de suite jusqu'à une conclusion qui unit le sujet de la première proposition à l'attribut de la dernière.
Rien que ça...


aposiopèse (n.f.) Figure qui consiste à interrompre une phrase ou un vers sans achever sa pensée.
Aussi dit, fort joliment, réticence.


hystéron protéron (W) Encore une figure qui consiste à présenter les termes (mots ou propositions) d’une phrase dans un ordre contraire à la chronologie ou à la logique.
Et aussi incroyable que ça puisse paraître, certains de mes amis, quand je leur demande "c'est quoi un hystéron protéron", me répondent qu'enfin-voyons, tout le monde sait ça...
Je ne sais pas si je suis à plaindre ou à envier : un peu des deux, sans doute :-)


Mes découvertes ont été, comme souvent, des plus diverses, je vous les livre donc dans le désordre le plus complet, avec quelques lumières sur leur sens.

L'adjectif ossianique m'a fait découvrir l'existence (mythique?) du poète gaélique Ossian,

L'oléographie est un procédé d'impression sur papier de toile, imitant la peinture à l'huile.

L'
athanor, fourneau cosmique (gros alambic, en fait) me fait me poser des question sur l'étymologie du  prénom Athanase, mais apparemment sans raison : il vient simplement de l'arabe al tannur le four. 

Blèse
signifie (plus ou moins) bègue

Le fabuleux adjectif terraqué, qui signifie comme son nom l'indique "composé de terre et d'eau" et qui ne s'applique guère que pour parler de la Terre : le globe terraqué, la planète terraquée...
Ça relève quasiment de l'épithète homérique !

La canitie est un mot délicieux dont je ne savais plus grand'chose si ce n'est qu'il est utilisé pédantiquement pour parler de la vieillesse. La raison en est simple : de même que la calvitie décrit la perte des cheveux, le mot canitie décrit leur blancheur.
La prochaine fois que je voudrais dire à quelqu'un de ne pas s'inquiéter, je l'enjoindrai à ne pas s'exposer à un risque de canitie précoce...

oélopyleThéurgie, onomancie et chaomancie (divination respectivement dans les noms, et le chaos) permettent d'épater à peu de frais dans la conversation mondaine - vous trouverez ici une liste impressionnante de disciplines du même acabit...-,

Parmi les objets à caractères techniques, j'ai découvert l'éolipyle (ou éolipile), première turbine à vapeur que les anciens considéraient à l'égal d'un prodige, ainsi que l'Oreille de Denys, phénomène phonique suffisamment connu (quoi que pas de moi) pour que Eco l'utilise comme un synonyme de canal phonurgique, c'est à dire, en français, cornet acoustique.

Pour rester dans un contexte terre-à-terre, la gimblette est un petit biscuit de forme torique, les éteules, c'est ce qui pique les jambes quand on se balade dans les champs de blés moissonnés, une gournable est une cheville de bois, un atabaque un tambour brésilien la liburge une galère romaine,  et la balistite est une poudre sans fumée, constituée d'un mélange à parties égales de tri-nitroglycérine, et de di-nitrocellulose (ce que Jules Verne appelle fulmicoton), inventée par M. Alfred Nobel (celui du Prix).

La litharge, malgré un nom qui m'évoque inexplicablement la botanique, relève de la géologie : c'est un oxyde de plomb, qui avait des usages médicinaux, (de lithos pierre et argyre, argent en grec). Ce que je ne m'expliquais pas, c'est le passage dans Cyrano de Bergerac (II.9) où le héros raconte s'être battu avec

cent braillards avinés qui puaient (à plein nez) l'oignon et la litharge !
La solution nous est donnée par le Dictionnaire de l'Industrie :
On entend par vin frelaté, du vin altéré par quelque mélange, et vin lithargirisé, celui dans lequel on a mis de la litharge ou oxyde de plomb pour l’adoucir. (...)
Les falsifications vraiment dangereuses sont celles qui se font avec des matières nuisibles, comme la litharge, la céruse ou le blanc de plomb ; toutes ces préparations, en saturant l’acide des liqueurs vineuses, leur communiquent une douceur qui invite à en boire, et accumulent dans les entrailles un poison funeste.
(Dictionnaire de l’Industrie, Paris, An IX, Tome 6.)
Mais laissons là ces digressions peu pendulaires, et parlons d'une bien étrange substance : l'hippomane désigne dans un contexte occultiste une sécrétion de la jument utilisée comme aphrodisiaque, voie comme ingrédient à la fabrication d'un homoncule.
Mais c'est aussi une plante qui rend les chevaux fous lorsqu'ils la mangent, d'où le nom de Hippomane mancenilla donné au très toxique mancenillier.

Mais la médecine vétérinaire moderne l'applique à :
un corps brun " semblable au foie ", qui peut se trouver dans la cavité allantoïque et être expulsé en même temps que le poulain. Le docteur Jim Rooney émet la théorie que l'hippomane est une poche qui se crée vers l'extérieur, qui forme un pédicule, et se sépare pour flotter librement dans la cavité allantoïque (3). D'autres suggèrent qu'il s'agit d'un amas de débris formé de dépôts urinaires fœtaux et cellulaires (4). Selon les analyses histologiques, il semble que ce soit un dépôt concentrique semblable à des calculs urinaires.
En clair : personne ne sait vraiment à quoi elle sert, cette hippomane...

Restons dans la zoologie : saviez-vous qu'en Italie, on croyait que la piqûre de la tarentule rendait fou (on parlait de tarentisme) ; les gens touchés étaient dit tarentulé, ce qui est resté dans la langue pour signifier frappadingue. La danse de la tarentelle, elle, était supposer prévenir ces néfastes conséquences...

L'acqua Toffana est un poison qui fut vendu ouvertement et avec profit par son inventrice Giula Tofana à de nombreuses clientes romaines au 17e siècle. Elle a sans doute été à l'origine du décès indétecté d'un certain nombre de mari : un liquide incolore et inodore qui donne un moyen facile de divorcer à l'italienne, ce devait être tentant...
La Dame Tofana a eu une fin douloureuse quand l'église la soumis à la question et, lui ayant fait avouer 600 assassinats, l'exécuta en 1659.

Agarbattie
est un autre nom de l'encens à brûler, le mot staurophore veut dire porte-croix, les bogomiles étaient une secte chrétienne bulgare assez semblable aux Cathares, un sanhédrin est un conseil, un directoire, tandis qu'une infule était un bandeau blanc cérémoniel qui ornait, en particulier le front des prêtres antiques, voire de leurs victimes sacrificielles.

Trirègne est l'autre nom de la tiare papale, qui est triple, le podestat fut une charge municipale médiévale alors que le margrave avait autorité sur un territoire des marches de l'Empire  -le margraviat- : c'est l'équivalent germanique du marquis. Les cataphractaires étaient un type de chevaliers en armures.

manticoreLa manticore est un animal fabuleux à tête humaine, mais la mantique désigne l'art du devin en général,
le tauroboliaste sacrifiait rituellement les taureaux dans la Rome antique, et le kardécisme doit son nom à Allan Kardech, le père du spiritisme en France, de même que René Guénon a donné le sien à une doctrine métaphysique, le guénonisme,

Le goliard, quant à lui, fut,

au Moyen Âge, un étudiant ou un clerc vagant (clerici vagantes) qui par provocation affichait une grande gaieté et un certain cynisme dans les propos. Les goliards dénoncent les abus de l'Eglise ou chantent l'amour en termes parfois fort osés.
Futurible est un néologisme utilisé (ou pas) pour décrire quelque chose de possible dans le futur, fouger a un peu le même sens que fouir, et floche un adjectif qualifiant les tissu, et dont je n'arrive pas vraiment à me représenter le sens : (en parlant d'un tissu, de la trame d'un tissu) Dont la torsion est faible.
Vous m'en direz tant...
La définition de rhagade, est au contraire on ne peut plus claire :
Plaie linéaire d'origine traumatique sans perte de substance, mais formée dans un tissu dermique altéré par un processus inflammatoire » ``(Méd. Biol. t. 3 1972)

 Peut-être même *trop* claire :-)
Les Hiérosolymitains sont, bien évidemment, les habitants de Jérusalem, l'humation est à peu près équivalente à  l'inhumation, et vicariant vient de vicarier, c'est à dire assister de façon subalterne, comme un vicaire. L'adjectif théophanique se rapporte comme il se doit, à une théophanie (en gros une révélation divine).

L'irrédentisme a été un mouvement nationaliste italien qui refusait de rendre certaines terres. Un cipaye était un mercenaire hindou. La hiérogamie est, comme l'indiquent ses racines, un mariage sacré, rituel.

Mais le mot cosmorant, hésychaste, ogonique, rhodostaurotique et quelques autres ont vaillament  résisté à mes investigations sémantiques (rapides je l'admets).
J'espère que vous aurez trouvé dans tout ça au moins un ou deux mots qui vous plaisent, et je m'en vais me coucher : c'est que ça m'a pris du temps de combler mon ignorance !


Vous pouvez quant à vous continuer ces vaticinations en vous plongeant dans le Pendule de Foucault, ou en exploitant cet intéressant outil wikipédique : une page de concordances (en) - c'est à dire une espèce de lexique - pour aider à la lecture du livre...
 
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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 00:13
Voilà un petit moment que je ne vous ai pas parlé de biologie, et j'ai donc accumulé au cours des derniers mois dans mes cartons tout un tas d'histoires susceptibles de vous intéresser.
Oui, oui, même toi là-bas, au fond, si tu crois que je ne t'ai pas vu.... (*)

Il y a bien sûr eu beaucoup de nouvelles passionnantes, mais avant d'attaquer bille en tête avec les choses ésotériques, je propose que nous commencions par la partie de la biologie par laquelle chacun se sent quotidiennement concerné, j'ai nommé la médecine...

Du nouveau contre le Sida


Plusieurs nouvelles se sont dernièrement disputé le haut du pavé en la matière : il faut dire qu'il y a des centaines d'équipes qui y travaillent d'arrache-pied.
il y a déjà plusieurs mois, on apprenait que les secrets d'une résistance naturelle au VIH avait été percés. En effet, environ 1% de la population infectée étudiée reste quasiment asymptomatique, grace à des légères particularités génétiques concernant en particulier le HLA , un complexe de gènes bien connu. Cette découverte améliore la compréhension des mécanismes de défenses possibles contre le virus et donne de l'espoir pour la suite.

L'autre avancée significative permet quant à elle de progresser vers une stratégie non pas seulement palliative mais réellement curative du Sida.
Rappellons le principe général (en simplifiant beaucoup) : quand un virus du sida infecte une cellule, comme tout bon rétrovirus, il copie son génome d'ARN en ADN, et le colle dans le patrimoine génétique de la cellule, la forçant à abandonner son travail honnête de lymphocyte : la voilà se met à produire d'autres virus...
Cette nouvelle approche thérapeutique ne se contente pas de limiter la production de virus : elle cherche à retirer tout l'ADN viral du noyau des cellules, pour les gérir complètement. Pour cela on utiliser une enzyme bactérienne (Cre pour les collègues) soigneusement bidouillée, et en quelque mois, pouf ! la culture de cellules est comme neuve... 
Le succès de cette méthode en laboratoire et in vitro est encourageant, mais ce n'est bien sûr qu'une première étape à la mise au point d'un traitement, qui devrait prendre, à la louche, une dizaine d'années si tout va bien.
Engelman A., AIDS/HIV. A reversal of fortune in HIV-1 integration, Science. Juin 2007 29;316(5833):1912-5.
Enfin pour conclure dans les bonnes nouvelles sur la question, sachez qu'un vaccin intitulé CombiHIVvac  vient d'être mis au point par des chercheurs russes, associant une foultitude d'antigènes variés sur des nanotubes de carbone ce qui lui permet d'être inoffensif (pas de risque d'infection, comme avec un pathogène seulement atténué) et probablement pas mal efficace malgré la variété des souches de VIH en circulation. On va donc pouvoir commencer les essais cliniques....
L.I. Karpenko et al, CombiHIV vac vaccine which contains polypepitope B-and T-cell immunogens of HIV-1, 2007,  Doklady Akademii Nauk, 2007, Vol. 413, No. 4, pp. 553–556.

(*) J'ai passé l'été à me faire expliquer par des gamins que les SVT leur sortent par les trous de nez, puis à me faire assaillir de questions pertinentes sur la vie, la mort, les zanimaux et le reste, par les même susdits gamins. La vie est ainsi faite...
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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 00:00
J'ai découvert il y a déjà longtemps que de nombreux blogs sont pleins de ressources pour les amateurs de mots et de langues.

Est-il besoin de présenter la Langue sauce piquante des correcteurs du Monde, les Technologies du langage du demi-dieu Jean Véronis ou encore le mot du jour (en pause) ?

Mais il en est de plus discrets, plus dillettantes sans doute mais néanmoins fort réjouissants à l'occasion.
Je suis ainsi tombée par hasard  sur l'impossible dictionnaire d'Almaterra où vous trouverez, entre autres, des tas de  néologismes rigolards...

Mais ma grand découverte du jour est le blog Un jour Un événement Un mot, qui a trouvé sa vocation : sauver les mots en les faisant adopter sur son arche des mots, ou les faire connaître avec sa catégorie Antonomase du jour ou Un jour un mot.
Il n'y a que là que vous découvrirez qu'un scorsonère est un salsifis noir, arpitan l'autre nom du francoprovençal, qu'il n'y a pas de honte à être glandophile, et qu'apparemment Pierre le Grand était pogonophobe...

Vous voyez qu'il ya  de quoi s'amuser....
Mais si certains d'entre vous cherchent non pas des petits blogs où se balader, mais au contraire un site central de références où il pourra trouver tous les liens, outils et ressources afférant au langages, une seule adresse :

C'est un site tout neuf, sympathique et sans prétention malgré sa remarquable exhaustivité... Courez-y!

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 00:01
J'ai trouvé en feuilletant en feuilletant l'autre soir Cannibals and Christians de Norman Mailer, auteur inconnu à mon bataillon, dans un tout nouveau pub irlandais sur le canal Saint-Martin (The Cork and Cavan, allez y, ils sont gentils et ils ont même du cidre  vraiment irlandais), cette grandiose citation :
Murder is a crime. Describing murder is not. Sex is not a crime. Describing sex is. Why ?
G. Legman, Love and Death: a Study in Censorship
C'est vrai ça, pourquoi ?

 
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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 00:00
C'est vers Rambuteau, en allant voir la trilogie Intolérance, que je suis tombée sur encore une œuvre du même artiste mystérieux qui sévit dans le 13e et le 10e arrondissement.

Ovietchpetit.JPG

Cette photo m'a donné l'occasion de tester l'outil de rectification de perspective de The Gimp, et il faut bien dire que ça marche plutôt bien, même s'il faut encore que je maîtrise les finesses. Mais jugez plutôt par vous-même :

Ovietchdroit.JPG

Il  ne reste plus qu'à percer le mystère de l'inscription en cyrillique : que peux bien vouloir dire "Ovietch" en  russe (ou langue circonvoisine) ?



Et Hop ! D'un seul coup d'oeil de son regard laser, la grandiose Naque démonte l'artifice de cette police pseudo-cyrillique et nous donne la lecture correcte : Obey, bien sûr ! Les grandes vérités sont toujours évidentes après coup...
Mais elle ne s'arrête pas là... Et de sa vertigineuse culture underground, elle nous révèle l'origine et la raison de ces graffiti : tout est sur le site ObeyGiant de Shepard Fairey ! (par ici pour des intervious en anglais du bonhomme).

C'est là qu'on y trouve l'original de cette image



(et comme il me semblait, le béret est bien celui des Black Panthers) ainsi que de celle vue à Bibliothèque qui est une Zapatiste...



Et pour ceux que ça amuse, il est même possible de partir à la chasse aux graphismes ObeyGiant de par le monde, grâce au site WatchObey...

anti_bug_fc
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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 00:00
Enfin ! enfin un dessin animé qui n'est pas destiné d'abord aux enfants et aux ados, et qui n'en est pas moins acclamé par la critique.

Est sorti la semaine dernière sur un nombre d'écrans parfaitement ridicule un film avec un scénario certes délirant mais complètement jouissif, des graphismes extrêmes, des héros très contestables et une fin grandiose....

Il s'agit d'Intolérance de Phil Mulloy, et si vous  avez la chance d'être Parisien, Lyonnais, Quimperois ou Bordelais (et lieux circonvoisins), profitez-en vite avant qu'il ne disparaisse des salles obscures !
Pour les autres, il reste bien sûr le DVD, achetable en ligne.

intol--rance.jpg

C'est en fait une trilogie de courts-métrages : Intolérance I date de 2000, Intolérance II : l'invasion est sorti (mais pas en salle) en 2001, mais le troisième volet est à mon sens encore meilleur que les deux premiers...

Merci à ED Distribution, toujours sur les bons coups sortis d'outre-espace, car en vérité, je vous le  dis : l'avenir sera Zog ou ne sera pas !

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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 00:00
Un artiste anonyme semble avoir profité de la torpeur estivale pour laisser libre cours à son talent sur les murs de la capitale.
C'est ainsi que j'ai pu photographier fin juillet rue du  Chevaleret (13e) juste à coté du Météor cette belle réalisation :


Ourgreateststrengthpetit.JPG


Pour les réfractaires à la langue du Barde, cela veut dire "L'impatience est notre plus grande force".


Dans un style différent mais utilisant clairement la même technique (on pourrait presque parler de
modus operandi, comme les légistes, considérant le caractère quelque peu hors-la-loi de ces affichages), j'ai vu ce petit soleil (dix centimètres grand max) me regarder d'une encoignure de fenêtre au bord du canal Saint-Martin...


Soleil.JPG


Il a l'air un peu ronchon comme ça, mais je suis sûre qu'il n'est pas méchant. Mais avez-vous remarqué ses petits amis, tout autour ?


Et si vous avez la moindre piste sur l'identité de l'artiste, je suis preneuse...
 

Edit : La solution au mystère, courtesy of Nacara, est détaillée par là...

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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 00:00
Voici la première image un peu satisfaisante que j'aie réussi à obtenir sur mon numérique  (je n'ai plus de zoom, mais heureusement, je peux encore m'amuser avec le macro).

Sauterelle.JPG

Cette demoiselle a été surprise sur un chemin de grande randonnée du pays beaufortain,  à la fin du mois de juillet. Elle est restée incroyablement calme et impavide, sans bouger une antenne, pendant les cinq bonnes minutes où je lui ai tiré le portrait sous tous les angles.
Mon hypothèse est que je l'ai surprise en pleine opération spéciale : vu la façon dont son abdomen était enfoncé dans le sol (pourtant caillouteux), elle était sûrement en train de pondre, tout ovipositeur dehors.
Pas moyen d'être tranquille deux minutes avec ces satanés touristes...

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Published by Abie - dans Macrocosmos
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

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