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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 00:00
Dans la catégorie des "mots dont on aimerait que leur objet soient trop rares pour qu'on les invente",  je vous présente :

Gossypiboma : venant du grec gossypium, le coton et de boma cachette en Swahili (depuis quand les termes médicaux ont-ils des racines swahili ? c'est la première fois que j'en entends parler....)
Le mot désigne le foyer d'inflammation du à l'oubli d'une compresse dans le corps pendant une opération chirurgicale...

Textilome : en l'absence d'infection,  la compressse va s'enkyster, éventuellement voyager dans le corps (!).
Ces textilomes peuvent aussi évoluer en des formes occlusives, hémorragiques, infectieuses, qui nécessitent une chirurgie d'urgence. Des décès par septicémie (envahissement par des bactéries et infection généralisée) ont été signalés.
La fréquence de ce genre d'accident médical est de 1 pour 3 à 5 000 opérations, avec une probabilité plus importante, on s'en doute, dans les opérations effectuées en urgence, et celles effectuées sur les personne très corpulentes.
Je note aussi que
In the US and many other countries surgical gauze is manufactured with radiopaque threads that are easily identified on radiographs
Aux Etats Unis et dans de nombreux autres pays, les gazes chirurgicales sont fabriquées avec des fils opaques aux rayons X qui sont aisément identifiés sur les radio.

Parce que bon,  quitte à les oublier, autant aller les rechercher le plus rapidement possible, sans les confondre avec un kyste des ovaires ou  je ne sais quoi d'autre...
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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:00
Quand j'étais petite, je lisais à peu près tout ce qui me tombait sous la mains (on va me faire remarquer que ça n'a guère changé mais c'est une autre histoire).
Un des bouquins que mes parents n'avaient pas pensé à planquer était la Couleur tombée du ciel de Lovecraft et je dois dire qu'il a fait une durable impression dans ma cervelle encore tendre (brr!). J'ai donc immédiatement trouvé des similitudes troublantes en lisant cette histoire, vieille de six mois mais qui m'avait échappée jusqu'ici :

Une météorite est tombée début septembre près de Caranca au Pérou, creusant un cratère de 30 m de diamètre et 6 de profondeur. Et les habitants des alentours ont commencé à se plaindre de maux de tête et de vomissements, pendant que se répendait une odeur nauséabonde...
Les premières recherches ont permis d'écarter l'hypothèse de l'irradiation (les symptomes digestifs sont très courants dans ces cas-là) , et les équipes de médecins et de géologues ont fini par déterminer qu'il s'agissait d'une intoxication à l'arsenic et aux sulfures (ce qui explique l'odeur) : l'impact de la météorite a vaporisé une nappe d'eau souterraine et le nuage a emporté avec lui toutes ces charmantes saloperies...

En fin de compte, aucun surnaturel là-dedans, et on pourrait sans doute relire Lovecraft en proposant une explication analogue qui pourrait expliquer plusieurs des horreurs décrites : animaux morts, plantes chétives et bizarroïdes...
Mais la beauté du fantastique est bien dans le fait que, même si on arrive à formuler une hypothèse crédible, le bouquin foutra toujours autant la frousse !

Pour ceux que ce lien amuse, je vous encourage à lire une nouvelle de Santiago Ramon y Cajal parue dans le recueil Cuentos de vacaciones que j'ai dû me procurer en anglais (Vacation stories) pour cause d'ignorance chronique de la langue de Cervantes. Intitulée La casa maldita (The Accursed House, La Maison maudite), elle décrit comment un médecin rationaliste "exorcise" une maison où les habitants meurent, les animaux tombent malades et du sang apparaît sur l'herbe...
Très amusant, mais aussi révélateur desespoirs portés par les progrès de la biologie au début du XXe siècle

* Prix Nobel de médecine, rien que ça, la même année que Golgi, mais c'est une autre, longue et passionnante histoire...
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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 00:48
Je ne sais pas si nous en avez entendu parler (enfin, pour certains d'entre vous, j'en suis sûre, mais je n'ai pas -encore- le plaisir de connaître chacun d'en vous),  mais il y a eu dernièrement une sortie  qui a mis en ébullition la petite communauté des geeks, dont je suis  ne suis qu'un membre associé (on va dire que je crois et que je ne pratique pas)...

L'objet en question est l'Eee PC, une espèce de mini-ordinateur portable, grand comme une feuille A5 avec un écran 7 pouces, très peu de mémoire et quasiment sans pièce mobile dont très résistant aux chocs, qui se  veut un outil ultra "mobile" : Wifi, Skype, ouebcam, tout est fait pour pouvoir communiquer partout avec tous...

Tout cela ne pouvait que me plaire, surtout lorsqu'on sait qu'il tourne sous Linux et qu'il est vendu  au prix remarquablement serré de 300 euros !
Je dois donc avouer que j'ai sorti ma carte bleue dans les premières heures d'ouvertur de la pré-commande...

Pour l'instant j'en suis très satisfaite, et je le recommande à ceux qui veulent pouvoir lire leur mail à toutes les terrasses de café sans avoir à se démettre l'épaule, trimballer leurs présentations professionnelles partout ou prendre des notes de cours sur le coin d'une table d'amphi.
Quant à ceux qui en sont à deux écrans 24 pouces pour  mieux jouer à leurs dernier FPS, réfléchissez quand même un peu : le passage à une diagonale de 15 cm risque de vous faire bizarre...

Lire aussi :
L'eeePC, le miniportable que les adeptes préfèrent nu (Libé)
Blogeet.net un blog entièrement consacré à la machine
PS : Photos à venir

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Published by Abie - dans Enthousiasmes
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 00:00
Je me rends compte, comme d'habitude avec deux lustres de retard, que  plusieurs blogs des plus sympathiques m'ont fait l'honneur de m'ajouter à leur blogroll.
Il se trouve que Fitzgigg (*) est d'humeur ronchonne à l'encontre d'Over-blog, et que je n'ai pas la possibilité de leur rendre immédiatement la pareille. Mais je peux tout de même les citer ici !
Ipomée et ses jolies patates (et en plus elle dessine !)

Fièvres et ses frissons (quelqu'un qui met The Guns of Brixton en présentation personnelle est forcément un garçon intéressant : y'a qu'a voir sa licence d'utilisation
de blog...)

Zolurne et ses poèmes

Et deux blogs hispanophones : la toile m'apporte décidemment des lecteurs d'un peu partout... Ou plutôt un seul : il semble que les deux blogs appartiennent à la même personne, manifestement bibliomane.
Trapero de Luna
Nexus 7

Qu'ils soient remerciés de leur gentillesse

(*) : mon vieil X22, aussi surnom
mé Denver -le dernier dinosaure-, sous le fallacieux prétexte qu'il tourne avec 256 mégas de RAM.
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Published by Abie - dans Blogosphères
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 00:19
Avisse à ceux qui, devant les frayeurs causées par les actions, voudraient investir dans  la pierre (précieuse) :

Les mesures de sécurité antiterroristes ont d'ailleurs eu une conséquence inattendue sur les pierres précieuses. Car devant les menaces causées par les poudres blanches dans les courriers, il avait été décidé d'irradier les enveloppes. Des dizaines de carats de saphirs bleus ainsi transportés sont ainsi devenus jaune orange tandis que des perles blanches devenaient grises ou noires.

 (relevé dans l'article D'où viennent les couleurs du saphir et du rubis ?, dans Le Figaro)

L'article d'origine explique bien que les couleurs des pierres précieuses proviennent en général des impuretés qu'elles contiennent : il existe des saphirs verts, jaunes, roses...
Ce qu'il oublie de rappeler, qu'est que ces pierres sont fondamentalement instables, ou pour être plus précis, en équilibre métastable.
Elles ont été formées à très hautes pression et température, et leur retour à la surface grâce aux mouvements tectonique pour le plus gros (et la main du mineur sud-africain pour les derniers hectomètres) les a sortis de leur situation d'équilibre. Certes ce ne sont pas des glaçons qui vont se mettre à fondre parce qu'on les a sorti du congélo, ce serait plutôt comme de l'eau encore liquide à -5°C, et que la moindre perturbation peut faire prendre en masse.
Les constantes thermodynamiques de la réaction font qu'elle est en fait très lente et très rare, mais il est arrivé à quelques malchanceux de voir leur diamant perdre sa structure cristalline et en adopter une plus stable aux CNPT*, mais de bien moindre valeur : le graphite par exemple...
Amusant, tant que l'on n'est pas le propriétaire, non ?

Pour ceux qui, sans  pensées spéculatives, voudraient obtenir un saphir ou un rubis, rien de plus simple. Pas la peine de gagner au Loto ou de braquer une banque : vous pouvez acheter un saphir pour le prix d'une bière en terrasse. Nous, rassurez-vous, je ne débloque pas (encore) à plein pot...
C'est sur le blog de David Madore que j'ai appris l'existence de cristaux de corindon très abordables, pour la simple raison qu'ils sont fabriqués en laboratoire et non par les attentions de Mère Nature.
Les processus de fabrication sont assez variés (la règle de base : chauffer très fort) et donnent lieu à l'observation de choses aussi étranges que cette étonnante « cigarette »... (à droite, le cristal de rubis)

Flame_fusion_of_corundum.jpg

Les pierres qui en résultent sont bien chimiquement équivalentes à celles qui brillent au cou des stars, mais s'achètent en vrac, éventuellement sur Internet, par paquets de 10 ou 100 à des tarifs défiant toute concurrence...
Pour être honnête avec vous, je dois bien avouer que depuis que j'ai lu cette article, j'ai des pulsions de m'acheter des rivières de rubis. (De toute façon, j'ai jamais aimé les diamants**...)
Le sang-de-pigeon, c'est la vie !

Pour conclure, j'invite ceux de mes lecteurs d'obédience anglophone à se jeter sur cet incroyable article d'Edward Jay Epstein sur l'immense campagne menée au XXe siècle par le consortium des diamantaires pour que le diamant soit associé dans l'esprit de tout un chacun à l'idée de richesse, de classe (avant, c'était plutôt les perles) et surtout d'amoûûûr...
Hollywood y a beaucoup participé, bien sur (Diamond are a girl's best friend...)
Cela a tellement bien marché, en particulier aux États-Unis, que le diamant de la bague de fiancailles est vécu comme une tradition immémoriale alors qu'elle a été montée de toutes pièces après la deuxième guerre mondiale ! Si ça n'est pas un bel exemple de création de richesse, je ne sais pas ce que c'est, mon bon monsieur Attali...

(*) Conditions Normales de température et de Pression,
Dans l'article Wikipédia, je découvre qu'il s'agit d'une pression de  1 atmosphère (ça, c'est logique) et d'une température de 0 °C (si peu ?). Je devais confondre avec la « température ambiante » qui est apparement fixée à 25°C alors que mes souvenirs (lointains) de thermo m'évoquent une référence à 20°C. Les chimistes seraient-ils plus frileux que le biologiste moyen ? À moins que les vrais labos de recherche soient mieux chauffés que de simples salles de travaux pratiques...

(**) C'est vrai, honest Indian! Je préfère les pierres colorées, voire noires. D'ailleurs attention : on sait fabriquer des diamants en laboratoire, mais les « faux diamants » les plus courants sont des imitations à base de zirconium qui n'ont aucun rapport chimique avec le diamant.
 
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 00:00
Je viens de me rendre compte que je confondais deux expressions qui ne recouvrent pas du tout la même chose : les relevailles et le retour de couches.

Les relevailles correspondent au moment, éventuellement marqué par une cérémonie, où une accouchée de fraîche date se « relève » de ses couches, et apparaît en public, en particulier à l'église. Selon les endroits, elles avaient lieu entre une semaine et un mois après l'accouchement, avec quelques finesses (Provence) :
On choisissait le jour des relevailles avec soin. Il s'agissait de préférence d'un samedi, ou à défaut d'un mardi ou d'un jeudi, mais jamais d'un vendredi, d'un mercredi, d'un lundi ni d'un dimanche qui portaient malheur. On évitait aussi que le jour tombât un 13. La date préférée était le 2 février, jour des relevailles de la Vierge Marie.
Voire de l'obstination :
Les relevailles, précisons-le, étaient essentielles. Elles devaient être respectées même si la mère mourait en couches. On observait alors un simulacre de relevailles, mais nul doute que si la cérémonie n'était pas faite, la défunte ne pouvait accéder au repos de son âme. Précisons que, dans l'esprit des Provençaux, une femme morte en couches allait systématiquement au paradis
Il est à noter que dans la tradition biblique (Lévitique 12) les femmes n'ont pas le droit de se présenter au temple pendant 40 jours après l'accouchement d'un garçon, le double si l'enfant était une fille.

Le retour de couches, c'est tout simplement... les premières règles post partum. À ne pas confondre avec les lochies (encore un mot invraisemblable !).

Une excuse pour cette confusion : dans les traditions où les relevailles sont tardives, elles fêtent justement le retour de couches.
Vous aurez remarqué que, dans mon infinie mansuétude, je me suis abstenue d'illustrer cet article. J'essaye de ménager les âmes sensibles...




J'en profite pour lister les rares mots en "aille" qui s'utilisent toujours au pluriel, courtesy of the TLFI :
accordailles, subst. fém. « fiançailles »
épousailles, subst. fém. « célébration d'un mariage »
fiançailles, subst. fém. « promesse solennelle de mariage, échangée entre futurs époux; temps qui s'écoule entre la promesse et la célébration du mariage »
relevailles, subst. fém. relig., « rite chrétien par lequel une accouchée vient remercier Dieu; vieilli ou rural, (le) fait de se lever, de relever de couches »
retrouvailles, subst. fém.
Je n'en vois effectivement pas d'autres.

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 00:00
Rue de Turbigo, pas très loin des facéties herculéennes, ce fantassin monte à l'assaut :

Onlesaura.jpg
C'est  sûrement grâce à lui que tout Paris n'est pas encore submergé de Schtroumpfs assoiffés de sang, et je ne parle même pas de nains de jardin...


 
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 00:00
Au fil de mes pérégrinations internautiques, j'ai enfin  découvert l'espèce à laquelle appartient  Schroubb, l'invraisemblable personnage mauve du blog de Monsieur le Chien, présenté à vos chastes mirettes dans l'image ci-dessous.

Schroub.png
Oyez, oyez ! L'odieux Schroubb n'est  pas, comme il le prétend, une escalope milanaise mutante bien de chez nous... Non ! C'est un  immigré clandestin sans-papier tout droit venu des mers du Sud pour manger le plancton des Frrrrançais...

La preuve en image :

Hypselodoris-bullocki.jpgPhoto de Richard Smith.

Hé oui, grâce à cette photo volée trouvée chez Bouphonia, on découvre que Schroubb est un nudibranche (on le savait déjà exhibitionniste...), de son petit nom Hypselodoris bullocki.  Hmmm... bullocki ... Voilà qui explique bien des choses...

Pour d'autres photos tout aussi remarquables, alle donc voir l'article où je vous présentais Bouphonia il y a bien longtemps de cela, ou plus simplement encore, remonte directement à la source.

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 00:00
Les Parisiens sont familiers avec les "tags" Amour calligraphiés un peu partout sur le bitume de la capitale. J'en ai relevé rue Bichat un nouvel avatar, qui donne presque envie d'y chercher un ambigramme :

Lamouramort.jpg
Alors, à mort l'amour, ou l'amour à mort ? J'imagine que tout dépend à qui on le demande...


 
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 00:00
Narrenschiff.JPGQuelques conseils de bon sens :
Braise ardente mise en sa poche
Aspic réchauffé dans son sein
Souris gardée en sa sacoche
Trois hôtes qui ne valent rien

Sébastien Brant, « De l'Adultère », in La Nef des fous, en poche aux mirifiques éditions José Corti, 2004.
Dans la liste, il oublie le renard du petit spartiate, un grand classique du genre.

Et j'apprend, via Wikipédia, que :

La Nef des fous (Das Narrenschiff), illustrée par Albrecht Dürer et fut, avant les Souffrances du jeune Werther de Goethe, l'ouvrage populaire le plus souvent imprimé.
Eh oui, moi, pendant les vacances, je lis des best-sellers...  
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Published by Abie - dans Guillemets
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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao