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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 15:36
Au tribunal de Millau, le 14 janvier dernier, au procès de deux coupeurs de câbles militants :

Miguel Benasayag, pédopsychiatre et ancien guérillero argentin, [...] expliqua que la «souffrance» et l'«angoisse» que provoquent «l'agression des mass media», lui amenaient «de plus en plus de consultations» de la part de gens démunis et dépendants face à l'omniprésence télévisuelle. À l'image de cette mère, venue le voir avec son fils «qui jouait trop à la game boy», ce dont elle s'inquiétait, «"parce qu'un jour, il se mariera et il faudra bien qu'il regarde la télé avec sa femme"».

Marc Pantella,«Justice partout, police nulle part ?», CQFD n°64, février 2008, p.7.

Je vous laisse le choix entre le rire et les larmes...
Et si ça vous amuse une comparaison télé-Wikipédia. Le bonjour chez vous !
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 00:00
Real life is physical. Give me books instead: give me the invisibility of the contents of books, the thoughts, the ideas, the images. Let me become part of a book; I'd give anything for that.

Scarlett Thomas, The End of Mr. Y, Cannongate, 2008, p.147.
Ariel Manto, mon amie, ma soeur.
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 00:00
Alors, avais-je rêvé l'autre soir en passant à une heure indue devant le Muséum ?
J'ai voulu vérifier en plein jour, en me plantant devant la vitrine de ce magasin, au coin Buffon - Geoffroy-Saint-Hilaire :


Et pas de doute, je remarque (en bas à droite de l'image sauf que c'était plutôt en haut pour moi quand j'y étais, on fait ce qu'on peut ma pauvre dame) la petite affichette qui avait attiré mon regard cette nuit fatale.


Slurpy. (À ne pas confondre avec Slurpee, j'espère...)
Voilà, maintenant vous savez tout !


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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 00:00
Je retombe sur les notes que j'avais prises voilà un an en lisant De profundis d'Oscar Wilde, écrit lorsqu'il purgeait sa peine de travaux forcés dans la geôle de Reading.
Il est difficile d'en extraire telle ou telle citation, puisque quasiment tout ce que cet auteur écrit aurait sa place dans un recueil d'aphorisme...
Néanmoins, en voici quelques unes. Par exemple, sur l'infâmie de la prison :

Two of the most perfect lives I have come across in my own experience are the lives of Verlaine and of Prince Kropotkin, both of them men who have passed years in prison.

Sur les règles à suivre pour mener sa vie :


Morality does not help me. I am a born antinomian. I am one of those who are born for exceptions not for laws. (...)
Religion does not help me.
The faith that others give to what is unseen, I give to what one can touch and look at. My gods dwell in temples made with hands; and within the circle of actual experience is my creed made perfect and complete. (...)
When I think about religion at all, I feel like I would like to found an order for those who cannot believe : the Confraternity of the Fatherless one might call it, where on an altar, on which no taper burned, a priest, in whose heart peace had no dwelling, might celebrate with unblessed bread and a chalice empty of wine.

Ecrit par un auteur irlandais à la toute fin du dix-neuvième, tout de même...
Il parle évidemment beaucoup de sentiments, vu les raisons de son séjour en prison.

Love is fed by the imagination, by which we become wiser than we know, better that we feel, nobler than we are : by which we can see Life as a whole : by which, ans by which alone, we can understand others in their real as in their ideal relaions.

But Love does not traffic in the marketplace, nor use a huckster's scales. Its joy, like the joy of the intellect, is to feel itself alive.

Et puis celle-ci, que j'aime beaucoup, et que j'aurais juré avoir déjà publiée ici :

A man whose desire is to be something separate from himself, to be a member of Parliement, or a successful grocer, or a prominent solicitor, or a juge, or something equally tedious, invariably succeeds in being what he wants to be. That is his punishment. Those who want to wear a mask have to wear it.

Je ne ferai pas à l'auteur l'insulte de le traduire, mais si l'anglais vous incommode je ne saurais trop vous encourager à le lire en français.


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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 00:00
Elle est bien gentille,


Elle les laisse aller nager dans l'béton...


Pêché rue Clovis (5e arrondissement) il y a une éternité.


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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 00:10
Malgré les mésaventures de la manifestation générale du jeudi 29 janvier, je me suis tout de même bougé le fion pour retourner battre le pavé jeudi dernier (soit le 5 février), pour la défense de l'enseignement supérieur et de la recherche (compte-rendu de Libération).



Le parcours du cortège était un concentré de Quartier latin (cliquez et lisez, c'est passionnant !), et même la partie sauvage de la manif s'est entièrement déroulée à l'intérieur du périmètre du cinquième arrondissement , après être passée devant tout ce que que le coin compte d'institutions de création et de diffusion des savoirs, et ce n'est pas tout à fait rien :

(image empruntée à la wikipédia anglaise : grande version)

Lieu de rassemblement  (14h) : Jussieu, un des plus gros campus de France, avec l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI), l'Institut de Physique du Globe et encore quelques bouts de l'université Denis Diderot (Paris VII), maintenant domiciliée aux Grands Moulins.

Rue Linné, mélange de sandwicheries et de disquaires d'occasion qui résistent envers et contre tout à la vague du numérique dématérialisé.

Rue Geoffroy Saint-Hilaire : Le Muséum national d'Histoire naturelle, (cher à mon coeur parce qu'on peut y entendre le chant nuptial des flamants roses en préparant ses gels d'électrophorèse) avec sa bibliothèque pleine de manuscrits de savants, sa Grande Galerie, son Jardin des Plantes où les gamins s'amusent aux côtés des petits vieux, des touristes et des quelques préparationnaires biologistes qui viennent y prendre l'air au prétexte de réviser leur botanique...
Sans oublier la galerie de minéralogie, et ma préférée, celle de Paléontologie et d'anatomie comparée.

À la mosquée, on bifurque au métro Censier-Daubenton et on prend la rue Censier, site de l'université Sorbonne Nouvelle (Paris III), puis on descend le bas de la rue Monge.

Arrivés à l'avenue des Gobelins, il s'agit de rebrousser chemin illico sous peine de se retrouver dans un arrondissement périphérique, et personne n'a pensé à prendre son passeport !

Alors on remonte la rue Claude Bernard en passant devant la rue Pascal, la rue Broca, (oui, celle-là même que vous ne trouverez jamais en arpentant le boulevard Port-Royal en voiture, bien qu'elle le coupe...) l'Institut national agronomique (qui fait pousser les carottes)
, et les rues Berthollet et Vauquelin.
On passe à un jet de pierre de l'ESPCI, puis on tourne à droite dans la Rue d'Ulm pour longer l'École normale supérieure de Paris, ainsi qu'une annexe du Collège de France, dont les cours sont disponibles en podcast.
La rue débouche ensuite sur la place du Panthéon, le long du lycée Henri IV, et le cortège se retrouve bloqué à peu près à la hauteur de l'église Saint-Étienne-du-Mont, lieu de dispersion prévu de la manifestation.

Après négociations, l'on est autorisé à continuer rue Soufflot, mais seulement sur quelques centaines de mètres.
La suite, je ne suis pas sûre  de l'avoir bien comprise : les CRS, alignés, abrités derrière leurs boucliers et adossés à leurs camions, décident de laisser passer les manifestants, qui les dépassent tranquillement et continuent leur chemin : rue Victor Cousin, juste à côté du lycée Louis-le-Grand, puis rue de la Sorbonne : on passe bien sûr devant la-dite Sorbonne, ainsi que devant l'École des Chartes, antre discret des archivistes paléographes, et une école primaire où la sortie des classes bat son plein. Les gamins prennent les tracts proposés avec un sérieux pontifical, et j'entend le slogan «Le primaire avec nous  !».

Rue des Écoles, on tourne à gauche, et l'hallucination continue : le cortège bloque le boulevard Saint-Michel sans qu'aucune bleusaille ne cherche à l'en empêcher, le descend tranquillement et commence un sit-in au beau milieu du carrefour avec le boulevard Saint-Germain.
Au bout d'un moment de flottement, on entreprend de le remonter, avec la perspective de rejoindre le Ministère de la Recherche, sis dans les mur de l'ancienne École Polytechnique. La rue des Carmes étant prévisiblement bloquée, on gravit la montagne Sainte Geneviève par la rue Monge, et l'on rejoint le croisement entre la rue Clovis et la rue Descartes. Les manifestants se tassent même jusqu'à la rue Thouin.

On y scande des slogans qui font savoir sans ambiguité l'opinion que la foule a du dernier décret de Valérie Pécresse, devant une ligne de policiers de la brigade d'intervention qui se demandent un peu ce qu'ils font là.
À moment donné, arrive une partie de la manif qui s'était aventurée jusqu'à l'Odéon (ciel, le sixième arrondissement, quasiment la banlieue !), puis sur les quais, et a pu constater que si les CRS n'avaient pas pu garder le boul'Mich' ouvert à la circulation, ils étaient cependant déterminés à ce que personne ne s'approche d'un poil de l'Assemblée nationale. Tout s'explique : voilà donc où ils étaient partis. 

Dans l'ensemble, pour une manif dont l'organisation devait plus à l'intelligence des foules qu'à la prévoyance, le bilan est plutôt positif. Pendant ce temps, notre blonde ministre se faisait énergiquement interpeller à la cérémonie qu'elle présidait à l'Université de Strasbourg :
cette fois-ci, personne n'a l'air disposé à laisser passer ce que le gouvernement tente de faire.

Allez, je vous laisse souffler, la suite pour plus tard.

Edit : Corrigé quelques fautes, rajouté quelques liens wikipédiens, et surtout j'ai mis la main sur cette belle étude de  géographie du Quartier latin. Je n'en avais lu des ébauches quand l'auteur était en maîtrise, ce qui remonte à peu de chose près à la transition Crétacé-Tertiaire...

Je me rends compte, du coup, que si le monde était bien fait (ou du moins, ce blog), cet article devrait appartenir à la catégorie «Au fil des rues». Hé ben non !

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 00:00
Oh, j'ai failli oublier : il suffit de peu pour m'arrêter dans mes entreprises, par exemple la tâche quasiment insurmontable de scanner un dessin...
Le 17 janvier dernier, ma comparse Nacara et moi-même allâmes de concert nous faire dédicacer le deuxième tome de Notes, intitulé Le petit théâtre de la rue, par l'irremplaçable Boulet.

Du coup, j'y ai connu mon quart d'heure de gloire warholien, puisque l'empereur de la blogosphère BD m'a reconnue, qui plus est de dos (!)... 

Pour ma première dédicace, j'avais demandé une Roxane, pour la deuxième une private joke pour l'ami à qui l'ai offerte, alors pour la troisième, j'ai laissé le choix à l'ârtiss. J'ai donc eu droit à ce portrait éminemment flatteur :

Certes, mon sourire est un peu crispé, mais j'aimerais bien vous y voir, vous, à poser au débotté !
Pour ce qui est de la qualification de control freak, je suis bien obligé d'admettre que je la mérite parfois, en particulier lorsqu'il s'agit de typographie et de mise en page (on devrait obliger les gens à passer un permis avant d'avoir le droit d'utiliser autre chose que Helvetica et Times).
Ceci dit, je ne suis pas la seule à avoir une réputation d'enfer avec Boulet...

A part ça, j'ai été intriguée par le numéro : 10704. Ce n'est pas la date, c'est trop grand pour être le numéro du dessin, alors quoi ?
Alors un tour sur internet m'a permis de trouver les numéros 4901 et 5680 en 2006, 7790 en 2007, et 9293
en 2008.
Et après avoir ramassé mon maxillaire inférieur sur la moquette, je suis bien obligée de me rendre à l'évidence : c'est le numéro de la dédicace...
Entre le 23 juin 2006 et le 17 janvier 2009, Boulet a trouvé moyen d'en faire plus de 5 800, ce qui nous donne un rythme de  croisière autour de 2 300 par an, ou 175 par mois, ou 6 par jour, tous les jours. Seulement.

Je suis donc au regret de conclure que Boulet est un fou dangereux, un bourreau de travail qui n'a jamais entendu parler de la Convention de Geneviève, celle qui dit que quand on a du talent, on pourrait au moins ne pas en rajouter en jouant les Stakhanov !
Plus sérieusement, il a mon respect pour tout le temps passé en festival ou en librairie à satisfaire les demandes les plus invraisemblables de ses fans.

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Published by Abie - dans Blogosphères
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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 15:20
À propos des publicités qui prennent la crise au second degré, j'entend sur France Info :

C'est un filon sur lequel certains publicitaires n'ont pas hésité à surfer...

C'est ce qui s'appelle une pépite... Franchement, ils s'écoutent parler des fois ?
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 23:00
Or donc, j'en était resté au début de soirée du jeudi 29, où j'ai pu apprécier la vue depuis la salle d'attente des urgences de l'hôpital de l'Hôtel-Dieu de 20h à 22h bien tassées. Ils ont une plaque tournante pour permettre aux ambulances et aux camions de pompiers de faire demi-tour dans l'espace très restreint de la cour, c'est fascinant à regarder quand on n'a rien d'autre à faire.

Exclamation de l'infirmière à l'accueil :
«Vous aussi, c'est les CRS ? Mais faut faire un club !»

Admis à 19h30, mon frangin est ressorti à 22h15, enfin recousu d'une dizaine de points de suture sur le crâne, avec un joli pansement compressif sur une plaie qui saignait toujours. Les toubibs avaient eu un peu de mal à le recoudre, parce que voyez-vous,  les coups de matraques ont ceci de particulier qu'ils font éclater la chair, en particulier celle qui se retrouve coincée entre le coup et l'os du crâne.
La plaie s'est même rouverte mardi, comme si on n'avait pas vu assez de sang comme ça...

(Photo prise à son arrivée à l'hôpital par le pote accompagnateur.
Comme quoi, les smartphones avec un objectif raisonnable ont parfois du bon...)

Vous voulez savoir le plus drôle ?
Ce n'était pas une fin de manif.
L'ambiance était bon enfant, pas mal de gens tournaient le dos aux CRS pour regarder la manif.
Pas d'ordre de dispersion, pas  gaz poivre, pas de lacrymo.
Les témoignages sont concordants, y compris venant de gens qui n'en sont pas à leur première charge de CRS, et qui pensaient savoir les prévoir.

Brusquement, la ligne des forces de l'ordre éclate pour aller matraquer tout le monde. Si mon frère s'est fait plus taper que les autres, c'est qu'il protégeait une petite minette en jupe et talons, qui ne courait pas assez vite.
Et si c'est le crâne qui a saigné, c'est en fait le dos et les épaules qui ont le plus mal, avec des bleus maousses.

Autant vous dire que je suis un petit peu énervée. Je vais donc profiter de la tribune que me donne ce blog pour prodiguer quelques conseils d'ordre général, au cas où vous auriez l'intention de manifester prochainement...

Attention à vous. Le comportement des forces de l'ordre est en train de devenir vraiment imprévisible. Le jeudi 29, ça tapait méchamment, alors que ce mercredi (4), ils ont laissé la manif des universitaires les déborder au Panthéon et continuer sur le boulevard Saint-Michel et le boulevard Saint-Germain, sit-in au carrefour inclus. Mais la tête de manif, partie vers le Châtelet, a pris très cher.
Comprenne qui pourra, moi je ne perçois pas la logique : c'est ce qui rend les choses dangereuses.
De façon générale, restez avec des cortèges organisés (n'importe quel syndicat un peu expérimenté fera l'affaire) : cela limite les risques de dégénérescence, ne serait-ce que grâce à l'équipement matériel permettant de faire passer les mots d'ordre de dispersion (mégaphones).

Ouvrez les yeux
. Si vous voyez des provocations, ou une préparation de charge, mettez les bouts, à moins d'être déterminé à jouer les héros.
Apprenez à différencier les CRS (uniforme bleu, écusson rouge, bande jaunes sur le casques), des gendarmes mobiles (noir en haut, bleu en bas, casque à bandes blanches). Il y a aussi parfois des policiers des brigades d'intervention.

Si vous vous faites charger : cassez-vous, et vite.
Ils sont casqués, armés, avec des gaz incapacitants. Fichez le camp et attendez d'être hors de portée pour commencer à compter vos abattis.
Restez groupés et ne laissez pas quelqu'un derrière : une personne sonnée par un premier coup en prendra bien plus si elle reste dans la zone de tabassage. Prenez contact avec ceux qui ont probablement subi la même charge autour de vous : ça peut servir pour la suite des opérations.

Si l'un d'entre vous est blessé : appellez les secours (112) ou, dans le cas où la personne peut se déplacer, présentez-vous aux urgences de l'hôpital le plus proche.
Une personne qui a reçu des coups sr le crâne ou dans le ventre (et a fortiori inconsciente) ne doit pas être laissée seule, même si elle a l'air d'aller à peu près bien. Les plaies saignant abondamment doivent êtres comprimées (à condition qu'il n'y ait rien dedans, bien sûr) avec ce que vous avez sous la main (écharpe, pull...) pour limiter la perte de sang.
(Avez-vous suivi une formation aux premiers secours ? Vous en souvenez-vous encore ? Il est peut-être temps d'y penser.)
Demandez au médecin qui vous examinera un Certificat initial de constatation de lésions, avec une mention du genre de «lésion compatible avec un coup de matraque».

Pour porter plainte
, si vous considérez que vous avez été victime de violences injustifiées, vous ne pouvez pas vous adresser au commissariat de quartier : les simples policiers ne peuvent pas prendre de plaintes contre «les collègues».
Il faut vous présenter le plus vite possible à l'Inspection générale des services. A Paris vous la trouverez à cette adresse :
Inspection générale des Services,
30 rue Antoine-Julien Hénard  75012 Paris
Métro Montgallet (ligne 8)
Téléphone : 01 56 95 11 57

Ouvert du lundi au vendredi jusqu'à 18h30, 
le samedi jusqu'à 17h30.
C'est là que vous allez déposer la plainte la plus détaillée possible, et que l'on vous demandera d'identifier votre agresseur.
Vous étiez de dos, en train de vous faire courser par un «tortue ninja» casqué, avec un physique militaire standard, à la tombée de la nuit, mais vous êtes censés l'identifier, parce que la plainte est déposée contre une personne, pas contre la brigade entière, même si tous ses membres ont agi de la même façon...
La charge de la preuve revient au plaigant, c'est à dire, dans ce cas, à la victime. donc amenez des témoins si vous en avez, ainsi que les photos, vidéos, et tout ce qui peut faire office de preuve.

Si l'on ne prend pas votre plainte
, vous pouvez l'adresser directement au procureur de la République du Tribunal de grande instance dont dépend le lieu où se sont déroulés les faits, par lettre recommandée avec accusé de réception.
Pour Paris, l'adresse est :
Monsieur de Procureur de la République
Tribunal de grande instance de Paris
4 boulevard du Palais
75055 Paris

 Vous trouverez une lettre-type par ici, mais je vous conseille de la rédiger avec l'aide d'un ami juriste, et de ne pas vous faire trop d'illusion sur la suite de l'affaire...

Une fois la plainte déposée
, présentez-vous dès que vous le pouvez aux Urgences médico-judiciaires, à l'Hôtel Dieu sur l'île de la Cité :
Hôtel-Dieu de Paris
1 place du Parvis Notre-Dame 75004 Paris
Métro Cité, Châtelet ou Hôtel de Ville.

Vous pouvez prendre rendez-vous au
01 42 34 82 85.
Vous vous y ferez établir un certificat d'ITT, Interruption totale de travail, auquel vous avez droit même si vous ne travaillez pas (encore heureux). Il est important de ne pas trop traîner, de façon à ce que les médecins puisse correctement évaluer vos blessures.

Et ensuite ? Ensuite vous retournez vaquer à vos occupations dans un pays où le nombre de gardés à vue pour l'an dernier correspond à un pourcent de la population («La France gardée à vue», Le Monde de mercredi dernier).


Edit :
Par ici pour encore quelques conseils de comportement en manif et face aux forces de l'ordre .


Remarques :
- Ces conseils sont centrés sur Paris, car je ne parle que de ce que je connais. Mes excuses au reste du monde, et surtout n'hésitez pas à apporter vos infos.
- Je suis loin d'avoir une gra
nde expérience des manifestations. Il me semble que ce sont des conseils de bon sens, avec des informations précises, mais si je me trompe ou que j'oublie des bouts importants, merci d'avance de me le signaler.
- Pour conclure : les mouvements sociaux actuels sont partis pour durer un moment, alors gardez votre énergie et organisez-vous pour rester au courant de la suite des événements.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 15:31
Avec pas mal de retard, je me décide quand même à évoquer la manifestation du jeudi 29 janvier, qui avait à Paris et ailleurs des proportions tout à fait remarquables.
Pour commencer, il y a ce grand plaisir des manifs unitaires qui consiste à retrouver des connaissances et des amis perdus de vue depuis pas mal de temps en allant faire le tour des banderoles... J'y ai même salué mon directeur de département, qui est pourtant dur à attraper à l'occasion !

J'ai recensé quelques slogans derrière le ballon « Enseignement et recherche » :
The University Strikes Back
Enseignant chercheur... d'emploi
Quelques revendications classiques :

Plus de chercheurs, moins de traders !
Du flouze pour les blouses !
Du pognon pour les neutrons !


Et une fabuleuse affiche, avec une photo de Valérie Pécresse tout sourire :
Gouvernement Sarkozy :
le gouvernement où la gentille est aussi la méchante...

(C'est une référence à la campagne de pub pour la série Dexter.)

Le palais de la Découverte, bien mis à mal récemment, a aussi son mot à dire :


Ailleurs dans le cortège, des slogans plus variés, comme cette pique bien méritée :

(Je ne sais pas ce que le fumarate vient faire dans le panneau rouge en arrière-plan...
Quelqu'un du CCRF peut-il me renseigner ?)

Ou encore :
Des sous pour les sans logis, Sarkozy au pilori !

Avec une animosité prononcée - quelle surprise - envers la gent financière :
Tout pour Madoff, rien pour les profs
Des sous pour la santé, des cordes pour les banquiers !

Il y a aussi des références historiques


Et même des slogans en latin, comme «Ite  pauper minus», c'est-à-dire «Casse-toi pauvre con!», et pleind e chansons adaptées pour l'occasion, comme «Il était un petit homme, paillettes, talonnettes...».

Mais la phrase la plus vue est sans aucun doute l'autocollant "Rêve Générale" dont je n'ai même pas réussi à récupérer un exemplaire :
 

À 18h, les derniers cortèges quittaient la place de la Bastille, suivis de près par les engins de nettoyage municipaux, et je remontai tranquillement la manif' avec un ami histoire de sentir l'ambiance.
Avant d'arriver à l'Opéra, vers 19 heures, j'entends les mégaphones de la CGT signaler qu'une dispersion précoce est recommandée : je me pose donc dans un bar histoire de me réchauffer les patounes et de faire le point avec mon petit camarade sur cette après-midi réussie.
Mais mon Perrier-rondelle rituel n'a pas le temps d'arriver que je reçois un appel d'un pote de mon frangin pour me dire qu'il est en train de l'emmener à l'hosto, et du même coup de repeindre le métro en rouge sang.
Ah.
So much for the nice afternoon.

La suite par ici.
(Photos A. Potier)


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Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao