Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:41
Décidément, l'être humain ne sait pas résister à l'attrait de la bonne blague, de la tentative de mot d'esprit.
Je connaissais depuis longtemps le terme de Bounty. J'ai découvert plus récemment, dans une interview d'une actrice d'ascendance asiatique, le terme banane. Et voilà t'y pas que je découvre que Claude Allègre, dans son rôle de fou du roi, a qualifié certains écologistes de pastèques.

Vous ne voyez pas du tout de quoi je parle ? Un petit tableau pour tout éclaircir :

Surnom Extérieur Intérieur Utilisation
Bounty ou Oreo  noir blanc Un "noir"  qui se comporte comme un "blanc"
Banane ou Twinkie jaune blanc Un "jaune" qui se comporte comme un "blanc"
Noix de coco (coconut) marron blanc Un "hispanique" (US)/indien(UK) qui se comporte comme un "blanc"
Oeuf (egg) blanc jaune Un "blanc" s'étant approprié une culture asiatique

Évidemment, ces termes sont nés et sont principalement utilisés aux Etat-Unis où la société est extrêmement attentive à la notion de race, et aux caractères plus ou moins stéréotypiques qui y sont associés. La problématique de ces termes est bien sûr très différente selon qu'il s'agisse d'insulte ou d'identité revendiquée, et qu'ils soient appliqués à des enfants d'immigrés (par ex. : Chinois aux États-Unis), d'anciens colonisés (Indiens en Grande-Bretagne), à une population autochtone depuis des siècles (Afro-Américains) ou encore à des enfants adoptés.

 

On trouve aussi des termes moins connus pour les Indiens d'Amérique acculturés :

apple: A person who is ethnically American Indian but culturally American.
In the Navajo language, the word bilasáana ‘apple’ is used.
Pomme : une personne ethniquement Indienne d'Amérique mais culturellement Américaine. Dans la langue navajo, le mot
bilasáana, «pomme», est utilisé.

et, comme on pouvait s'y attendre, pas mal d'appellation franchement plaisantes construites sur le même modèle, comme celle-ci :

One of my best friends in college was a Taiwanese fellow enamored with South Asia. He called himself a “Milano cookie.”
Un de mes meilleurs amis à la fac était un Taiwanais tombé amoureux du sous-continent indien. Il disait être un gâteau Milano. (jaune à l'extérieur et marron à l'intérieur).

La question que je me pose est la suivante : pourquoi diable toutes ces métaphores font-elle référence à des choses comestibles ?

Hypothèse 1 : Bounty a été le premier terme inventé, les autres ont conservé le même champ lexical.

Hypothèse 2 : Les fruits d'une part et les aliments manufacturés d'autre part présentent le double avantage d'avoir des contrastes de couleurs forts et d'être des référents familiers, stables et quasi-universels....

Hypothèse 3 : Le vocabulaire de l'alimentation permet des foultitudes de blagues d'un goût douteux dont le génie de la langue aurait tort de se priver...

Évidemment, elles sont loin d'être mutuellement exclusives...


Et les pastèques de Claude Allègre, me direz-vous ? Il reprend simplement l'expression américaine qui décrit les écologistes radicaux comme des watermelons : à l'extérieur, ce sont des Verts, mais à l'intérieur, ce sont des Rouges !

Mise à jour :  On me signale que dès la IIIe République, les radicaux étaient surnommés les radis, pour des raisons d'euphonie évidentes, mais surtout parce qu'ils étaient

 rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur et toujours près de l'assiette au beurre.

La politique a donc largement précédé les problématiques raciales dans la métaphore...

Pour aller plus loin :

- Les liens saupoudrés dans cet article.

- Une liste de termes extraite du Oxford Dictionary of American Political Slang (Oxford University Press, 2004).

- Un article sur le blog Racialicious : Bananas, Oreos and Coconuts: Would You Identify as White on the Inside?


Repost 0
24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 12:00
[L]'étude des transformations [des sociétés] nous affranchit de deux sentiments inverses, mais également dangereux pour l'activité. L'un est l'impression qu'un individu est impuissant à remuer cette masse énorme d'hommes qui forment une société : c'est un sentiment d'impuissance qui mène au découragement et à l'inaction. L'autre est l'impression que la masse humaine évolue toute seule, que le progrès est inévitable : d'où sort la conclusion que l'individu n'a pas besoind e s'en occuper ; le résultat est le quiétisme social et l'inaction.
Au contraire, l'homme instruit par l'histoire sait que la société peut être transformée par l'opinion, que l'opinion ne se modfiera pas toute seule et qu'un seul individu est impuissant à la changer. Mais il sait que plusieurs hommes, opérant ensemble dans le même sens, peuvent modifier l'opinion. Cette connaissance lui donne le sentiment de son pouvoir, la conscience de son devoir et la règle de son activité, qui est d'aider la transformation de la société  dans le sens qu'il regarde comme le plus avantageux.

Charles Seignebos, «L'enseignement de l'histoire comme instrument d'éducation politique »
cité par Antoine Prost dans Douze leçons d'histoire, Paris, Points Histoire, Seuil, 1996.

Ah, et vous serez amusés d'apprendre que la notice du prochain concours de Lettres des ENS est tombée, et que parmi les oeuvres au programmes en littérature française, il y a... La princesse de Clèves !
Repost 0
Published by Abie - dans Guillemets
commenter cet article
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 13:24
Il y a des statistiques déprimantes, quand même :

Aujourd'hui, 10 % des livres vendus dans le monde traitent de développement personnel
( Article Wikipédia sur le développement personnel)

Si seulement le terme de développement personnel n'était pas un mensonge de telles proportions qu'il sublime l'idée de fausseté...
Ne me demandez pas pourquoi, ça me fait penser à ce mot de Brel :

La haine ça stimule la santé des imbéciles
(interview de 1971, cité par T-H Vaquette)

Ce post est incohérent. J'aime bien c't'ambiance. Pas vous ?
Ah bon.
Repost 0
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 12:00
Entre l'art de chasser le mammouths au cure-dent et le métier rude mais honnête de désinfecteur de combinés téléphoniques, on trouve parmi les compétences irrémédiablement perdues par les dernières générations celle d'effectuer le plus petit calcul sans l'aide d'un ustensile à caractère électronique.
Le calcul a beau être enseigné à l'école élémentaire, sa pratique est tellement rare qu'on l'oublie à toute vitesse, et je ne parle même pas du calcul mental, que d'aucuns semblent prendre pour un synonyme du supplice de la roue...

Moi-même, malgré la curiosité pathologique qui me caractérise et qui sera ma perte, je dois admettre n'avoir jamais pris la peine d'essayer de comprendre le fonctionnement ésotérique de la règle à calcul de mon paternel. Alors imaginez les difficultés que j'ai eues à me représenter celui de son ancêtre : les réglettes de Neper, ou bâtons de Neper, ou, en anglais, Napier's bones.

Bon, ça emmêle un peu les neurones comme façon de fonctionner, mais ça va encore.
Mais je n'ai trouvé aucune source me permettant de comprendre ce que les chinois du dix-septième siècle entendaient par compas de calcul, et encore moins par calcul au pinceau. je ne sais même pas si ça rentre à proprement parler dans la rhabdologie...
Apparemment, le Big Bad Web est un peu léger sur l'histoire des maths, et croyez bien que ça me désole.

Mais plutôt de de me morfondre, et en l'absence de toute transition logique, je prend la liberté de vous raconter l'anecdote invraisemblable d'un ami matheux qui avait gagné une course de taxi gratuite en répondant correctement à la question du chauffeur : quelle est la formule magique en mathématiques ?

La réponse est bien sûr : r à yn chvffnapr (v sbvf cv) cyhf ha étnyr méeb
(C'est codé en rot13 : pour lire, utilisez votre ligne de commande ou un déchiffreur en ligne.)

Allez hop, filez, maintenant !

Repost 0
11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 17:40
Pour une indécrottable parigote comme moi, l'histoire naturelle est une discipline passionnante mais aussi une langue pas mal étrangère, de celle qu'on perd à une vitesse affollante dès qu'on cesse de s'en servir...
Vous serez donc ravis d'apprendre qu'après des années de jachère botanique, j'ai correctement diagnosé (du premier coup, maman !) la valeureuse dicotylédone qui a entrepris de coloniser mon balcon : c'est une Ruine-de-Rome, ou cymbalaire des murs, Cymbalaria muralis. Ou encore Linaria cymbalaria pour mon homeboy Bonnier.



Ça tient parfois à peu de choses la confiance en soi...

Repost 0
14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 21:45
Il y a une heure, mon dizygote m'appelle pour me dire qu'il faut absolument que je regarde ce qui passe sur France 4, là tout de suite, maintenant. Comme je suis bonne pâte, je m'exécute, et je tombe donc sur un nouveau magazine de reportage intitulé Global resistance.
Il y a un petit reportage sur Alexandre Orion, un artiste qui pratique le street art le plus subversif qui soit : au lieu de faire du pochoir avec de la peinture sur des murs propres, il taggue en nettoyant des murs sales !
Ca s'appelle le reverse graffiti, ou le clean tag, et c'est donc à la fois futé car difficilement reprochable («mais m'sieur l'agent, je nettoyais !»), facile à faire, et subversif puisque ça s'applique par définition sur à des espaces urbains très négligés.
Vous pouvez en apprendre plus par ici (français) ou là (anglais), ou aller sur son site.
Dans le même genre, on voit aussi Pixelator, qui avec du carton et des gélatines de photo réussit à tranformer l'agression publicitaire en art minimaliste...


Une nouvelle émission sympathique qui me donnera peut-être envie de me mettre à regarder la télé, peut-être ? J'ai bien peur que non.
Parce que, quand on fait un reportage sur les groupes de samba militants, dont l'un s'appelle Breach of Peace Samba, traduire ce nom par «Paix par la Samba», ce n'est pas une bourde, c'est une trahison, vu que ça signifie en fait : «Trouble à l'ordre public».

Les reportages suivants entreprennent de me raboter les nerfs avec la voix off la plus pénible de la création, et je relève de mon oreille pourtant distraite encore deux erreurs de traduction tragiques : To fix qui donne «fixer» (au lieu de «réparer, soigner, régler») et epiphany qui donne «épiphanie» (au lieu de «révélation»).
C'est gentil de vouloir soutenir l'industrie du papier calque, mais ça sape vraiment la crédibilité du reste...

Et oui, je sais, je suis râleuse, pinailleuse et véhémente. Ne me dites pas que vous êtes surpris...

Repost 0
10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 19:54
J'avais souri en lisant l'article écrit il y a trois mois par mon amie Sandra : elle y énonçait, au détour d'une de ces digressions dont elle a le secret, une vérité fondamentale :

comme vous le savez il y a les pro-slip et les pro-caleçon, les plutôt mer et les plutôt montagne et les buveurs de bière opposés aux buveurs de vin et bien il y a aussi les gens Larousse et les gens Robert. Eh bien, moi, je suis plutôt un gens Robert.

On ne saurait mieux dire !
L'idée de lignes de démarcations secrètes, qui courent sous la surface de la société et séparent ou rapprochent de parfaits inconnus en fonction de préférences toujours justfiables dans des domaines profondément personnels et arbitraires m'a beaucoup amusée, si bien que  que je me suis retrouvée à discuter avec Nim du choix des dichotomies les plus pertinentes...

Il faut que les deux termes de l'alternative soient présents dans la population dans des proportions significatives, perçus comme légitimes par tous, mais attachés pour la plupart des gens à un sentiment de loyauté tel que l'abandon de l'un pour l'autre semble inenvisageable à la majorité des gens.

Commençons par les quatre exemples de Sandra :

Slip Caleçon
Vacances à la mer Vacances à la montagne
Bière Vin
Larousse Robert

Ils ne respectent pas tous les critères énoncés, et à titre strictement personnel je dois dire que je n'ai guère d'opinion sur les sous-vêtements masculins, et que je ne bois ni vin ni bière, mais c'est un point de départ pour chercher d'autres dichotomies... 

Je propose donc :

Mozart Bach
Mac
PC
Pariscope
Officiel des spectacles (#)
Toujours dix minutes en avance
Toujours dix minutes en retard
Déchirer les emballage des cadeaux Les défaire soigneusement

Ceux qui me connaissent n'auront aucune difficulté à savoir dans quelle colonne je me range...
Et parlant de ranger, le devoir m'appelle : à vous de trouver d'autres paires de frères ennemis !

[#] Mes excuses aux non-parigots-têtes-de-veau, mais c'est vraiment pertinent : la plupart des utilisateurs de l'un seraient incapables de comprendre le fonctionnement de l'autre même si leur vie en dépendait... Vous allez me dire que maintenant tout le monde va sur Allociné, mais croyez-moi, ce n'est pas la même chose...

Màj : Plein de bonnes choses dans les commentaires :

Les Beatles
Les Rolling Stones [#]
Fromage
Dessert
Nutella au couteau
Nutella à la cuillère
Douche le matin
Douche le soir

Et surtout , la dichotomie ultime dont je ne comprend même pas qu'elle ait pu m'échapper si longtemps : la question fondamentale de savoir par quel bout commencer son oeuf à la coque : vous n'imaginez pas le nombre de guerres qui ont été menées pour cette cause.


En tant que petitboutienne dévouée, je n'arrive à comprendre qu'on puisse ne pas l'être. A la limite, l'indifférence oecuménique pourrait être tolérée dans la mesure où, en cas de repas commun, la personne ne m'inflige pas la vue aberrante d'un oeuf entamé par le mauvais bout.
Et je suis atterrée de découvrir qu'il y a des familles mixtes. Mais comment font-ils pour manger ensemble ?
Je crois que je viens de trouver les limites de mon ouverture d'esprit.

[#]
Cette dichotomie est à mon sens un peu obsolète : quoique concurrents initialement, les deux groupes n'ont pas eu la même histoire, et les guerres ne sont vraiment virulentes que lorsqu'elles sont fratricides. Un djeun' d'aujourd'hui ne verrait, j'en ai peur pas trop le rapport entre ceci et cela.
À moins, bien sûr, d'avoir vu Spinal Tap.
D'ailleurs, ils vous font un bisou, et moi aussi...


Repost 0
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 10:52
Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait un article plein de mots groovy, et pas simplement avec un en passant (cromorne, ombudsman, belluaire -que j'avais en fait déjà lu, mais je me fais vieille, j'ai plus ma tête...-).

Je vous donne donc :

Colostrum
, dont le nom vulgaire est le betton.

Préciput, qui n'a rien à voir avec le prépuce ni l'occiput,et qui semble, tristement, abandonné par les juristes de succession. Sans-coeur...

Osculation, une des propriétés du cercle osculateur, à ne pas confondra avec un oscule.
Aussi, (et c'est bien le plus important) : un bisou.

Zeuzère, c'est le nom d'un joli papillon noir et blanc. Essayez donc de répéter zeuzère zébrée dix fois très vite ! Sans parler des points au Scrabble...

Et parce qu'il ne faut pas négliger les adjectifs, je vous propose d'honorer de votre attention les deux derniers pour lesquels j'ai ressenti une bouffée d'affection :

frumentaire
(qui a trait au grain, au froment)  et puis

vétéro-testamentaire, qui justifie à lui tout seul l'existence de l'exégèse biblique.

Joli, non ? C'est tout pour aujourd'hui...
Repost 0
6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:18
En ce moment, mon cerveau tourne à vide.
Alors pour m'endormir je cherche à trouver des régularités avec des tailles d'échantillons ridicules, ce qui donne des lemmes trivialement infirmables, ce qui n'est finalement pas si grave, mais surtout dépourvus de tout intérêt... Quelques exemples :

Mes flics de fiction préférés s'appellent tous Sam : Sam Vimes, Sam Tyler, et pour ne pas discriminer les habitants des colonies, ajoutons Sam Spade.
Enfin, je dis ça, mais en fait je ne trompe personne, ce n'est pas Tyler qui a le plus la classe...  [#]....

Ou encore :

Toutes les séries de Joss Whedon comportent  personnage au prénom courant abrégé d'une façon inhabituelle : Pièce à conviction n°1. Pièce à conviction n°2. Et avec toute la mauvaise foi qui me caractérise, ajoutons la Pièce à conviction n°3...

Si seulement mes neurones voulaient bien être aussi efficaces quand il s'agit de boulot...

[#] Et pour ceux que ça intéresse : The Eighties are back! And it criminal...
Repost 0
5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 00:21
Bonjour à vous, mes chers oryctéropes iridescents, j'ai le plaisir de vous annoncer que votre quête  de la bande-son idéale pour votre dimanche après-midi arrive enfin à son terme !

Sautez sur vos radios et réglez-les illico-toutsuito sur 89,4  : à 14 heures, vous pourrez y écouter sur Radio Libertaire l'émission Symbiose consacrée à la musique libre, qui accueille cette semaine trois hurluberlus musiqueux de ma connaissance, qui vont parler de leur label Viral Productions, avec exemples de production à l'appui.
Et pour ceux qui ne captent pas, aucune excuse : c'est diffusé sur internet en MP3 et en Ogg ...

Edit : Vous pouvez (ré)écouter toutes les archives de l'émission en ligne ...
Repost 0
Published by Abie - dans Butinons
commenter cet article

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao