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Edito

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Alea jacta est :

Avec le temps va!

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Mercredi 30 janvier 2008
Je ne sais pas si nous en avez entendu parler (enfin, pour certains d'entre vous, j'en suis sûre, mais je n'ai pas -encore- le plaisir de connaître chacun d'en vous),  mais il y a eu dernièrement une sortie  qui a mis en ébullition la petite communauté des geeks, dont je suis  ne suis qu'un membre associé (on va dire que je crois et que je ne pratique pas)...

L'objet en question est l'Eee PC, une espèce de mini-ordinateur portable, grand comme une feuille A5 avec un écran 7 pouces, très peu de mémoire et quasiment sans pièce mobile dont très résistant aux chocs, qui se  veut un outil ultra "mobile" : Wifi, Skype, ouebcam, tout est fait pour pouvoir communiquer partout avec tous...

Tout cela ne pouvait que me plaire, surtout lorsqu'on sait qu'il tourne sous Linux et qu'il est vendu  au prix remarquablement serré de 300 euros !
Je dois donc avouer que j'ai sorti ma carte bleue dans les premières heures d'ouvertur de la pré-commande...

Pour l'instant j'en suis très satisfaite, et je le recommande à ceux qui veulent pouvoir lire leur mail à toutes les terrasses de café sans avoir à se démettre l'épaule, trimballer leurs présentations professionnelles partout ou prendre des notes de cours sur le coin d'une table d'amphi.
Quant à ceux qui en sont à deux écrans 24 pouces pour  mieux jouer à leurs dernier FPS, réfléchissez quand même un peu : le passage à une diagonale de 15 cm risque de vous faire bizarre...

Lire aussi :
L'eeePC, le miniportable que les adeptes préfèrent nu (Libé)
Blogeet.net un blog entièrement consacré à la machine
PS : Photos à venir

Jeudi 17 mai 2007
J'ai mis trois jour à trouver le temps d'aller chercher le paquet qui m'attendais chez ma gardienne, et j'ai eu une grosse surprise : un paquet d'Amazon, alors que je ne me souvenais pas avoir acheté quoi que ce soit récemment...

Avais-je encore fait les frais d'une perte de contrôle malencontreuse de mes pulsions livresques lors d'un moment d'insomnie internautique, pour l'oublier aussitôt?
Non, l'explication est bien plus simple : il y a parmi vous un lecteur1 d'une gentillesse sans borne, et qui, après avoir lu ma remarque sur l'intégrale de Quino, est allé me l'offrir !

mafalda.jpg

Je viens de passer trois heures et demi -d'où l'heure tardive- à (commencer de) le dévorer, et je commence tout juste à croire à ce cadeau tombé du ciel... Avec un lectorat pareil, ce n'est pas de sitôt que je vais me transformer en vieux bloggeur grincheux (via)...

Merci moultes fois donc, pour moi, pour mes colocataires, et même pour mon frère qui, passant là par hasard, a immédiatement mis une option d'emprunt dans un futur proche. Il faut dire que nous avons lu des millions de fois l'album de Mafalda qui était arrivé on ne sait comment dans notre bibliothèque, et que nous lui devons au moins un peu de notre conscience politique...

Mais il ne doute de rien, çui-là : je ne lâche pas ce bouquin avant de l'avoir lu en entier au moins trois fois de suite !


1 : En l'absence de consigne expresse de la part de mon généreux bienfaiteur, je prends pour l'instant le parti de préserver son anonymat ...
Samedi 13 janvier 2007
Reardez donc ce qui m'attendait dans la boïte aux lettres :


N'est-ce pas choupinou en diable?Ce petit galopin m'apportait le fort joli  calendrier du Petit Peuple, commandé chez le sieur Koulou, dont je viens de découvrir le blog tout en dessins.
Qu'il soit remercié de sa gentillesse et de sa célérité...
Quel est mon préféré, me demanderez vous, parmi toutes ces bébêtes un peu trolls, un peu nains, un peu elfes et beaucoup animaux ?
Après beaucoup d'hésitation, je crois bien que c'est le Melfïn...
Et vous ?
Samedi 6 janvier 2007

Le proverbe du jour sera la devise de Guillaume d'Orange : Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer, car l'obstination têtue porte parfois ses fruits.
Mais d'abord, un petit flash-back :

Un soir de début 2003 (révisions d'agreg, je ne peux pas être plus précise), j'écoutais une radio indéterminée de type Fip, sans plus de détail car mon radio-réveil captait ce qu'il voulait bien, et ne poussait pas la prévenance jusqu'à tenir compte des chiffres placés sur la roue de réglage des fréquences, qui n'avaient sans doute été mis là que pour faire joli.

Or donc, à une heure indue de la nuit, j'entend une chanson que je trouve tout à fait très bien, et le lendemain, je pars à sa recherche :
Indice n°1 : la mélodie (ce qui ne sert pas à grand chose, à moins qu'elle soit dans la banque de données de Musipédia.
Indice n°2 : le refrain "I'm a woman in the ghetto"
Indice n°3 : une bribe de paroles : "How do you raise you child in the ghetto? Feed a child and starve an  other"

Mes requêtes auprès de mes oracles musicaux n'ayant rien donné, j'ai googlé à tout va, sans le moindre succès. mais cette chanson mélancolique a continué de me trottiner dans les méninges...

Quatre ans après j'ai la révélation : ce n'est pas "feed a child and starve an other" mais "feed one child  and starve another", nuance fine mais capitale.
Ce qui me permet de trouver des bouts de paroles, et le titre exact qui n'est pas "Woman in the ghetto", mais "Woman of  the Ghetto" de Marlena Shaw, une chanteuse des années 70 qui continue doucement sa carrière...

C'est apparemment un chanson très appréciée des samplers ce qui ne m'étonne guère, et je ne suis pas la seule à l'avoir eu un bon moment dans la tête, ce qui m'étonne encore moins.

Je peux donc vous fournir un bout des paroles :

"How do you raise your kids in the Ghetto?
Feed one child and starve another

How do you make your bread in the ghetto,
Baked from the souls of the dead in the ghetto,
Tell me tell me legislator.

How do we get rid of rats in the Ghetto?
Do I make one Black and one white in the Ghetto
is that your answer legislator.

My children learn just the same as yours
no matter how they close the door
they cry with pain when the knife cuts deep
they close their eyes when they try to sleep"

Vous avez une transcription plus complète par ici .

Mais le plus simple est encore d'écouter la chanson (Merci Napster...)





Et bonne fête des Rois à tous!
Dimanche 26 novembre 2006
J'ai trouvé par le plus aléatoire des hasards stochastiques un petit bijou d'humour et de virtuosité : une version argotique et éminemment divertissante de la Bérénice de Racine, qui devient Nisbère de DJ Roots (par quibe)...
Je n'arrive pas à mettre les images, mais voici les textes : bérénice

Acte 1
Scène I


Antiderche
Zyva sauss pose ton boule. Tu fissures le coinsto ?
Je t’ai guèse , Sarace, en fait t’es un puceau !
Je t’affranchis, cousin : cette piaule trop chanmé
C’est la turne du King, il y vient en loussedé
Quand il se déboutonne. Cette lourde tu vois,
C’est celle de la Reine, en deux deux notre Roi
Viens lui livrer son love, et tenter d’la bouyave.
Va la voir et dis lui que je m’excuse grave
De m’rabouler ça comm mais faut qu’je l’entretienne
T’es opé pour le taff, ? j’attends que tu reviennes. »
   
Sarace       
Tu t’excuses de quoi auprès de la patronne
J’croyais qu’t’étais son pote, qu’elle t’avait à la bonne.
Tu l’as ken la racli, ou bien c’est des mitos ?
Mon frêre t’es un caïd, un bogoss, un chiro,...
A l’Est de la banlieue, c’est toi le gros turban
Et à toi la belette elle te collerait un vent ?
A cause qu’le King la kiffe, sêrieux c’est trop l’dossier,
C’est relou comme nesbi, ça m’vener ton chantier


Antiderche
Trisse, et touche à ton darge, dis lui qu’j’veux lui jacter
Seul tout, juste elle et ouam, me fait pas mariner


Scène II


Antiderche
Ma couille, mais pourquoi t’es québlo ?
J’pétoche de lui bailler que j’la kiffe à cette go….
Cinq piges que je m’écrases, cinq que j’lui mets une disquette
Mais on est pas tepo, j’veux la zeb la belette !

A l’époque elle me fait style je veux pas savoir
Alors pourquoi today, je serais plus tricard ?
Maintenant que le Roi louche sur son tarma
Elle m’écoutera pas mieux, putain c’est trop l’dawa
   
Il va se la marier, pourquoi je tiltes maint’nant
« Salut ma rate j’te kiffe, et toi comment tu me sens ? »
J’vais m’lachave en deux deux, on restera painco
J’la rappelle jamais, je teje son numéro…
   
Et puis je crève en chien, et elle, elle le sait pas ?
J’vais pas chouiner seultout, faut qu’tu lui dise, zyva
« Hé bonbax tu m’remets, te mets pas en carante
Si je veux que tu m’croques ?, rien compris, tu te plantes
Je viens juste annoncer que j’suis caillé de ouat
Depuis plus de cinq lustres, et qu’là tu vois, ma rate
Je trace et je vous laisse, toi , ton futur castor
Je me mets à l’amende, mais je te kiffe encore »
       
J’vais p’têtre lui mettre les glandes, c’est elle qui va chialer
De toute façon c’est mort, donc il faut tout lâcher.

Scène III

Antiderche
Sarace, on encarre ?  
 

          Sarace 
Cousin, j’ai vu la Reine
Mais y a du populo, ça m’a collé la haine
Comment c’est plein là d’dans, c’est auch pour l’approcher
Une galère, mon frelot, on s’croirait dans l’tromé !
Huit jours que le Titoast il était dans l’coltar
A cause que son daron a canné en barbare
Mais bon là ça va mieux, et j’crois qu’il veut pointer
Y a un keum qui m’a dit qu’le mariage est calé
C’est aujourd’hui qu’ta cops, elle vire Impératrice
C’est la teuf à la taupe, elle est trop jouasse la miss
       
Antiderche
Sa mère !   

Sarace
 

Quoi ? c’est les news qui te collent la reuja ? »    
       
Antiderche
La seule news que j’entrave, c’est qu’seultout j’lui causes pas !     
       
Sarace 
Cool, gros elle est au jus, sûr tu vas l’accrocher
Ici, dans cette cadolle, sans sonneper pour becquer
Elle gère juste le timing pour larguer les chacals
Qui lui collent le seum, mais clair qu’elle sera al
   
Antiderche
Sûr, cimer mon lascar, mais t’as pas savaté
L’autre djèse trop balèze que je t’avait collé

 Sarace
Tranquille caïd, tranquille, en deux deux que j’l’ai fait »
Les mercos font l’poireau, on embraye quand t’es prêt.
Qui rentre à la casbah ? Tu pourrais m’éclairer
   
Antiderche
Quand j’ai jointé la reine, il va falloir tracer    
 
Sarace
Qui doit calter ?    
     
Antiderche
Ouam    

Sarace
Ouat?     
       
Antiderche
En giclant du Lasspa
Je vais gicler de Rome, et je rabattrais pas »
   
Sarace
Là, je suis grave marron, mais c’est quoi ce faya ?
Depuis trois piges tu colles au bonda d’cette fatma !
T’as laché le nesbi, t’as quitté la zonmé,
Le roi y va l’antifle, la belette a gagné !
Mais c’est tout bon pour ouat, c’est toi qu’es son pierrot !
Et celui de Titoast, cousin, t’es un Pharo !
Alors pourquoi qu’ tu trisse, pourquoi est ce que tu chasses?
Zyva annonce l’atout, déboucle moi les châsses…

Antiderche
Sarace , laisse la dabuche profiter de la résoi
Et lâche l’affaire tu veux, tu fais iech vegra

Sarace  
Ok, c’est bon j’entrave, la rate elle prend du grade
C’est elle l’Impératrice, et du coup elle te brade..
Alors tu veux la teje, parce qu’elle te calcules plus
   
Antiderche
Non, et c’est pas tôtbien que j’ la met à la rue     
 
Sarace      
Alors c’est son futur qui t’a rayé des listes
Tu rentres à la casbah pour pas croiser sa piste
   
Antiderche
J’suis toujours l’sauss du king, là j’ai rien à cribler    
 
Sarace      
A cause de quoi qu’tu traces? tu te mets a l’amende
Le roi c’est un poto, tu fais partie d’la bande
Toujours dans les embrouilles t’y as sauvé sa moelle
Calmos attends un peu avant de mettre les voiles .
Tu veux rentrer au bled ? laisse le lâcher l’oseille.
Sêrieux l’histoire sans ouat, elle est pas toute pareille :
Qui c’est qu’a mis au pas les batards de Judée ?
Le Titoast sans toi, l’était pas arrivé .
Fais pas ta majorette, c’est nawak ton idée…
Hé gros, tu réponds pas?    
       
Antiderche
J’ai rien à envoyer
J’veux toper Nisbere, je veux qu’on jacte peinard
   
Sarace
Et après mon cousin?   
       
Antiderche
On saura si j’me barre    

 Sarace     
Hein !   
       
Antiderche
Elle antonne le Roi, et ouam je disparais
Titoast l’imperatrise, plus d’Antiderche, jamais !

Sarace
Tu cales sur le collage ? Pourquoi t’es tout vener ?    
       
Antiderche
Je te déniaise au frais, quand on aura pris l’air    
      
Sarace
C’est trop fort pour mon bulbe, là j’ai pas tout jépi    
       
Antiderche
La Reine rapplique ici, tu fais comme je t’ai dit


Il n'y a pour l'instant que les trois premières scènes, mais j'ai bon espoir que la suite arrive bientôt...

Pour ceusses qu'auraient pas tout entravé à cette jactance, voici la version originale :

Acte premier

Scène I.

 Antiochus
Arrêtons un moment. La pompe de ces lieux,
Je le vois bien, Arsace, est nouvelle à tes yeux.
Souvent ce cabinet superbe et solitaire
Des secrets de Titus est le dépositaire.
C'est ici quelquefois qu'il se cache à sa cour,
Lorsqu'il vient à la reine expliquer son amour.
De son appartement cette porte est prochaine,
Et cette autre conduit dans celui de la reine.
Va chez elle: dis-lui qu'importun à regret
J'ose lui demander un entretien secret.

Arsace
Vous, Seigneur, importun? vous, cet ami fidèle
Qu'un soin si généreux intéresse pour elle?
Vous, cet Antiochus son amant autrefois?
Vous, que l'Orient compte entre ses plus grands rois?
Quoi? déjà de Titus épouse en espérance,
Ce rang entre elle et vous met-il tant de distance?

Antiochus
Va, dis-je; et sans vouloir te charger d'autres soins,
Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins.

Scène II

Antiochus, seul.
Eh bien, Antiochus, es-tu toujours le même?
Pourrai-je, sans trembler, lui dire: "Je vous aime?"
Mais quoi? déjà je tremble, et mon coeur agité
Craint autant ce moment que je l'ai souhaité.
Bérénice autrefois m'ôta toute espérance;
Elle m'imposa même un éternel silence.
Je me suis tu cinq ans, et jusques à ce jour,
D'un voile d'amitié j'ai couvert mon amour.
Dois-je croire qu'au rang où Titus la destine
Elle m'écoute mieux que dans la Palestine?
Il l'épouse. Ai-je donc attendu ce moment
Pour me venir encor déclarer son amant?
Quel fruit me reviendra d'un aveu téméraire?
Ah! puisqu'il faut partir, partons sans lui déplaire.
Retirons-nous, sortons, et sans nous découvrir,
Allons loin de ses yeux l'oublier, ou mourir.
Hé quoi? souffrir toujours un tourment qu'elle ignore?
Toujours verser des pleurs qu'il faut que je dévore?
Quoi? même en la perdant redouter son courroux?
Belle reine, et pourquoi vous offenseriez-vous?
Viens-je vous demander que vous quittiez l'empire?
Que vous m'aimiez? Hélas! je ne viens que vous dire
Qu'après m'être longtemps flatté que mon rival
Trouverait à ses voeux quelque obstacle fatal,
Aujourd'hui qu'il peut tout, que votre hymen s'avance,
Exemple infortuné d'une longue constance,
Après cinq ans d'amour et d'espoir superflus,
Je pars, fidèle encor, quand je n'espère plus.
Au lieu de s'offenser, elle pourra me plaindre.
Quoi qu'il en soit, parlons: c'est assez nous contraindre.
Et que peut craindre, hélas! un amant sans espoir
Qui peut bien se résoudre à ne la jamais voir?

Scène III.

 Antiochus
Arsace, entrerons-nous?

Arsace
Seigneur, j'ai vu la reine;
Mais, pour me faire voir, je n'ai percé qu'à peine
Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur
Qu'attire sur ses pas sa prochaine grandeur.
Titus, après huit jours d'une retraite austère,
Cesse enfin de pleurer Vespasien son père.
Cet amant se redonne aux soins de son amour,
Et si j'en crois, Seigneur, l'entretien de la cour,
Peut-être avant la nuit l'heureuse Bérénice
Change le nom de reine au nom d'impératrice.

 Antiochus
Hélas!

Arsace
Quoi? ce discours pourrait-il vous troubler?

Antiochus
Ainsi donc sans témoins je ne lui puis parler?

Arsace
Vous la verrez, Seigneur: Bérénice est instruite
Que vous voulez ici la voir seule et sans suite.
La reine d'un regard a daigné m'avertir
Qu'à votre empressement elle allait consentir,
Et sans doute elle attend le moment favorable
Pour disparaître aux yeux d'une cour qui l'accable.

Antiochus
Il suffit.
Cependant n'as-tu rien négligé
Des ordres importants dont je t'avais chargé?

Arsace
Seigneur, vous connaissez ma prompte obéissance.
Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence,
Prêts à quitter le port de moments en moments,
N'attendent pour partir que vos commandements.
Mais qui renvoyez-vous dans votre Comagène?

Antiochus
Arsace, il faut partir quand j'aurai vu la reine.

Arsace
Qui doit partir?

Antiochus
Moi.

Arsace
Vous?

Antiochus
En sortant du palais,
Je sors de Rome, Arsace, et j'en sors pour jamais.

Arsace
Je suis surpris sans doute, et c'est avec justice.
Quoi? depuis si longtemps la reine Bérénice
Vous arrache, Seigneur, du sein de vos Etats,
Depuis trois ans dans Rome elle arrête vos pas;
Et lorsque cette reine, assurant sa conquête,
Vous attend pour témoin de cette illustre fête,
Quand l'amoureux Titus, devenant son époux,
Lui prépare un éclat qui rejaillit sur vous...

Antiochus
Arsace, laisse-la jouir de sa fortune,
Et quitte un entretien dont le cours m'importune.

Arsace
Je vous entends, Seigneur : ces mêmes dignités
Ont rendu Bérénice ingrate à vos bontés.
L'inimitié succède à l'amitié trahie.

Antiochus
Non, Arsace, jamais je ne l'ai moins haïe.

Arsace
Quoi donc? de sa grandeur déjà trop prévenu,
Le nouvel empereur vous a-t-il méconnu?
Quelque pressentiment de son indifférence
Vous fait-il loin de Rome éviter sa présence?

Antiochus
Titus n'a point pour moi paru se démentir:
J'aurais tort de me plaindre.

Arsace
Et pourquoi donc partir?
Quel caprice vous rend ennemi de vous-même?
Le ciel met sur le trône un prince qui vous aime,
Un prince qui jadis témoin de vos combats,
Vous vit chercher la gloire et la mort sur ses pas,
Et de qui la valeur, par vos soins secondée,
Mit enfin sous le joug la rebelle Judée.
Il se souvient du jour illustre et douloureux
Qui décida du sort d'un long siège douteux.
Sur leur triple rempart les ennemis tranquilles
Contemplaient sans péril nos assauts inutiles;
Le bélier impuissant les menaçait en vain.
Vous seul, Seigneur, vous seul, une échelle à la main,
Vous portâtes la mort jusque sur leurs murailles.
Ce jour presque éclaira vos propres funérailles:
Titus vous embrassa mourant entre mes bras,
Et tout le camp vainqueur pleura votre trépas.
Voici le temps, Seigneur, où vous devez attendre
Le fruit de tant de sang qu'ils vous ont vu répandre.
Si pressé du désir de revoir vos Etats,
Vous vous lassez de vivre où vous ne régnez pas,
Faut-il que sans honneur l'Euphrate vous revoie?
Attendez pour partir que César vous renvoie
Triomphant et chargé des titres souverains
Qu'ajoute encore aux rois l'amitié des Romains.
Rien ne peut-il, Seigneur, changer votre entreprise?
Vous ne répondez point?

Antiochus
Que veux-tu que je dise?
J'attends de Bérénice un moment d'entretien.

Arsace
Eh bien, Seigneur?

Antiochus
Son sort décidera du mien.

Arsace
Comment?

Antiochus
Sur son hymen j'attends qu'elle s'explique.
Si sa bouche s'accorde avec la voix publique,
S'il est vrai qu'on l'élève au trône des Césars,
Si Titus a parlé, s'il l'épouse, je pars.

Arsace
Mais qui rend à vos yeux cet hymen si funeste?

Antiochus
Quand nous serons partis, je te dirai le reste.

Arsace
Dans quel trouble, Seigneur, jetez-vous mon esprit?

Antiochus
La reine vient. Adieu. Fais tout ce que j'ai dit.

Go to bed now.
 
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