Je regarde à l'occasion quelques séries américaines, parmi lesquelles, depuis que des amies m'en ont fait regarder quelques épisodes, Ugly Betty.
Vous en avez sans doute entendu parler récemment, vu que son arrivée sur les écrans français (prévue pour bientôt, si ce n'est déjà pas) a déclenché un déluge d'article facile sur le thème de "la laideur est à la mode".
(J'ai commencé cet article en février.. entre temps, la vague de fashion mocheté a bien eu lieu. Je devrais me reconvertir dans la divination)
Right. Je suis d'accord pour dire que beaucoup de choses considérées comme à la mode sont laides, mais non, franchement, être moche n'est et ne sera probablement jamais cool... sinon, ils auraient engagé une fille vraiment laide pour jouer le rôle titre ;-)
Mais je digresse. Il se trouve que j'ai récemment regardé un épisode (le 13e de la deuxième saison, oui, je sais c'est mal) où un personnage de gentille doit servir de mère porteuse à la grande méchante (c'est une adaptation de télénovela hein, faut pas s'étonner du scénario...).
Voici donc la scène supposée correspondre au transfert d'embryon :
Tout ce qui est représenté là est faux à tellement de niveaux que je ne sais pas par où commencer.
1/ Aspects pratiques :
À ma connaissance, on ne filme pas le transfert d'embryon. On pourrait introduire une caméra à fibre optique pour suivre l'opération, mais elle ne permettrait de voir que l'endomètre utérin (en gros du rouge et du rose). Pour voir l'embryon il faudrait un microscope. Vous avez déjà vu la taille d'une optique de microscope ?
(Je vous laisse imaginer les allusions graveleuses que je me refuse à écrire...)
Or les images présentées à l'écran ont été prises par un microscope, avec un environnement extrêmement contrôlé (sinon, l'embryon serait très vite passé au dessus ou au dessous du plan de mise au point).
2/ Aspect biologique :
Dans la fécondation in vitro, comme son nom l'indique, la fécondation est faite hors du corps, et c'est hors du corps qu'ont lieu les première divisions. On implante un embryon, pas une cellule-oeuf !
Les images qui sont montrées n'ont donc rien à avoir avec une implantation.
3/ Aspect temporel :
Une cellule-oeuf se divise très vite par comparaison à une cellule normale (elle saute certaines étapes du cycle cellulaire qui prennent beaucoup de temps), soit, mais cela lui prend tout de même plus d'une demi-seconde par division...
Et puis il y a quelque chose de surréaliste à laisser imaginer au public qu'une cellule-oeuf attend le top-départ et l'arrivé des spectateurs retardataires pour commencer sa division. 5, 4, 3, 2, 1, Partez !
Enfin, les bruits... Bon sang, cet amas de cellule n'est pas en train de clapoter joyeusement dans un bidet, et quand bien même ce serait le cas, je doute qu'un micro puisse en capter le son !
Je précise que je suis loin d'être une obstétricienne spécialisée en FIVETE , donc je ne relève peut-être même pas toutes les erreurs. S'il y a un médecin dans la salle...
C'était ma diatribe profondément inutile du jour...
Vous en avez sans doute entendu parler récemment, vu que son arrivée sur les écrans français (prévue pour bientôt, si ce n'est déjà pas) a déclenché un déluge d'article facile sur le thème de "la laideur est à la mode".
(J'ai commencé cet article en février.. entre temps, la vague de fashion mocheté a bien eu lieu. Je devrais me reconvertir dans la divination)
Right. Je suis d'accord pour dire que beaucoup de choses considérées comme à la mode sont laides, mais non, franchement, être moche n'est et ne sera probablement jamais cool... sinon, ils auraient engagé une fille vraiment laide pour jouer le rôle titre ;-)
Mais je digresse. Il se trouve que j'ai récemment regardé un épisode (le 13e de la deuxième saison, oui, je sais c'est mal) où un personnage de gentille doit servir de mère porteuse à la grande méchante (c'est une adaptation de télénovela hein, faut pas s'étonner du scénario...).
Voici donc la scène supposée correspondre au transfert d'embryon :
Tout ce qui est représenté là est faux à tellement de niveaux que je ne sais pas par où commencer.
1/ Aspects pratiques :
À ma connaissance, on ne filme pas le transfert d'embryon. On pourrait introduire une caméra à fibre optique pour suivre l'opération, mais elle ne permettrait de voir que l'endomètre utérin (en gros du rouge et du rose). Pour voir l'embryon il faudrait un microscope. Vous avez déjà vu la taille d'une optique de microscope ?
(Je vous laisse imaginer les allusions graveleuses que je me refuse à écrire...)
Or les images présentées à l'écran ont été prises par un microscope, avec un environnement extrêmement contrôlé (sinon, l'embryon serait très vite passé au dessus ou au dessous du plan de mise au point).
2/ Aspect biologique :
Dans la fécondation in vitro, comme son nom l'indique, la fécondation est faite hors du corps, et c'est hors du corps qu'ont lieu les première divisions. On implante un embryon, pas une cellule-oeuf !
Les images qui sont montrées n'ont donc rien à avoir avec une implantation.
3/ Aspect temporel :
Une cellule-oeuf se divise très vite par comparaison à une cellule normale (elle saute certaines étapes du cycle cellulaire qui prennent beaucoup de temps), soit, mais cela lui prend tout de même plus d'une demi-seconde par division...
Et puis il y a quelque chose de surréaliste à laisser imaginer au public qu'une cellule-oeuf attend le top-départ et l'arrivé des spectateurs retardataires pour commencer sa division. 5, 4, 3, 2, 1, Partez !
Enfin, les bruits... Bon sang, cet amas de cellule n'est pas en train de clapoter joyeusement dans un bidet, et quand bien même ce serait le cas, je doute qu'un micro puisse en capter le son !
Je précise que je suis loin d'être une obstétricienne spécialisée en FIVETE , donc je ne relève peut-être même pas toutes les erreurs. S'il y a un médecin dans la salle...
C'était ma diatribe profondément inutile du jour...
par Abie
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Sciences et vie
Je viens de découvrir une coutume taxonomique particulière de la bactériologie, que je m'empresse donc de vous faire partager...
Vous savez sans doute que la classification des espèces biologiques se fait selon un nom binômial , selon une forme créée par Linné : un nom de genre et un nom d'espèce, du type Genus species. Dans ton cas, cher lecteur, il s'agit fort probablement de Homo sapiens.
Imaginez donc ma surprise de voir que la bactérie parasitique endo-cellulaire qui vient de décrocher le titre envié de "plus petit génome connu" * est référencée dans Wikipédia non pas comme Carsonella rudii mais comme Candidatus Carsonnella rudii.
Serait-ce une façon de signifier que le nom choisi n'est pas définitif ? Que nenni.
Il faut savoir que pour être pleinement reconnue comme une espèce, une bactérie doit être non seulement décrite mais aussi isolée, cultivée et déposée à la Collection de cultures de bactériologie. Problème : les bactéries ne se laissent pas troujours faire, et refusent parfois obstinément de pousser en boîte de Pétri.
C'est c'est ainsi que la convention de nommage Candidatus a été adoptée, en 1995, par les bactériologistes pour décrire les espèces bien caractérisées mais non cultivables.
Parmi elles, on trouve évidemment en bonne place toutes les bactéries parasitiques ou endosymbiotiques qui ont un besoin absolu de leur organisme hôte pour survivre.
Hé bien ce soir, une fois de plus, je me coucherai moins bête...
* Cette ceinture poids-plume a été volée à Mycoplasma genitalium, qui l'avait défendu pendant des decennies. Son demi-million de paires de bases n'a pas fait le poids face aux 160 000 (même pas 200 gènes !) de C. rudii.
NB : Je n'ai pas su résister au jeu de mot de titre, mais j'aurais dû, car Candida est un genre de levures, pas de bactéries...
Vous savez sans doute que la classification des espèces biologiques se fait selon un nom binômial , selon une forme créée par Linné : un nom de genre et un nom d'espèce, du type Genus species. Dans ton cas, cher lecteur, il s'agit fort probablement de Homo sapiens.
Imaginez donc ma surprise de voir que la bactérie parasitique endo-cellulaire qui vient de décrocher le titre envié de "plus petit génome connu" * est référencée dans Wikipédia non pas comme Carsonella rudii mais comme Candidatus Carsonnella rudii.
Serait-ce une façon de signifier que le nom choisi n'est pas définitif ? Que nenni.
Il faut savoir que pour être pleinement reconnue comme une espèce, une bactérie doit être non seulement décrite mais aussi isolée, cultivée et déposée à la Collection de cultures de bactériologie. Problème : les bactéries ne se laissent pas troujours faire, et refusent parfois obstinément de pousser en boîte de Pétri.
C'est c'est ainsi que la convention de nommage Candidatus a été adoptée, en 1995, par les bactériologistes pour décrire les espèces bien caractérisées mais non cultivables.
Parmi elles, on trouve évidemment en bonne place toutes les bactéries parasitiques ou endosymbiotiques qui ont un besoin absolu de leur organisme hôte pour survivre.
Hé bien ce soir, une fois de plus, je me coucherai moins bête...
* Cette ceinture poids-plume a été volée à Mycoplasma genitalium, qui l'avait défendu pendant des decennies. Son demi-million de paires de bases n'a pas fait le poids face aux 160 000 (même pas 200 gènes !) de C. rudii.
NB : Je n'ai pas su résister au jeu de mot de titre, mais j'aurais dû, car Candida est un genre de levures, pas de bactéries...
par Abie
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Sciences et vie
Quand j'étais petite, je lisais à peu près tout ce qui me tombait sous la mains (on va me faire remarquer que ça n'a guère changé mais c'est une autre histoire).
Un des bouquins que mes parents n'avaient pas pensé à planquer était la Couleur tombée du ciel de Lovecraft et je dois dire qu'il a fait une durable impression dans ma cervelle encore tendre (brr!). J'ai donc immédiatement trouvé des similitudes troublantes en lisant cette histoire, vieille de six mois mais qui m'avait échappée jusqu'ici :
Une météorite est tombée début septembre près de Caranca au Pérou, creusant un cratère de 30 m de diamètre et 6 de profondeur. Et les habitants des alentours ont commencé à se plaindre de maux de tête et de vomissements, pendant que se répendait une odeur nauséabonde...
Les premières recherches ont permis d'écarter l'hypothèse de l'irradiation (les symptomes digestifs sont très courants dans ces cas-là) , et les équipes de médecins et de géologues ont fini par déterminer qu'il s'agissait d'une intoxication à l'arsenic et aux sulfures (ce qui explique l'odeur) : l'impact de la météorite a vaporisé une nappe d'eau souterraine et le nuage a emporté avec lui toutes ces charmantes saloperies...
En fin de compte, aucun surnaturel là-dedans, et on pourrait sans doute relire Lovecraft en proposant une explication analogue qui pourrait expliquer plusieurs des horreurs décrites : animaux morts, plantes chétives et bizarroïdes...
Mais la beauté du fantastique est bien dans le fait que, même si on arrive à formuler une hypothèse crédible, le bouquin foutra toujours autant la frousse !
Pour ceux que ce lien amuse, je vous encourage à lire une nouvelle de Santiago Ramon y Cajal parue dans le recueil Cuentos de vacaciones que j'ai dû me procurer en anglais (Vacation stories) pour cause d'ignorance chronique de la langue de Cervantes. Intitulée La casa maldita (The Accursed House, La Maison maudite), elle décrit comment un médecin rationaliste "exorcise" une maison où les habitants meurent, les animaux tombent malades et du sang apparaît sur l'herbe...
Très amusant, mais aussi révélateur desespoirs portés par les progrès de la biologie au début du XXe siècle
* Prix Nobel de médecine, rien que ça, la même année que Golgi, mais c'est une autre, longue et passionnante histoire...
Un des bouquins que mes parents n'avaient pas pensé à planquer était la Couleur tombée du ciel de Lovecraft et je dois dire qu'il a fait une durable impression dans ma cervelle encore tendre (brr!). J'ai donc immédiatement trouvé des similitudes troublantes en lisant cette histoire, vieille de six mois mais qui m'avait échappée jusqu'ici :
Une météorite est tombée début septembre près de Caranca au Pérou, creusant un cratère de 30 m de diamètre et 6 de profondeur. Et les habitants des alentours ont commencé à se plaindre de maux de tête et de vomissements, pendant que se répendait une odeur nauséabonde...
Les premières recherches ont permis d'écarter l'hypothèse de l'irradiation (les symptomes digestifs sont très courants dans ces cas-là) , et les équipes de médecins et de géologues ont fini par déterminer qu'il s'agissait d'une intoxication à l'arsenic et aux sulfures (ce qui explique l'odeur) : l'impact de la météorite a vaporisé une nappe d'eau souterraine et le nuage a emporté avec lui toutes ces charmantes saloperies...
En fin de compte, aucun surnaturel là-dedans, et on pourrait sans doute relire Lovecraft en proposant une explication analogue qui pourrait expliquer plusieurs des horreurs décrites : animaux morts, plantes chétives et bizarroïdes...
Mais la beauté du fantastique est bien dans le fait que, même si on arrive à formuler une hypothèse crédible, le bouquin foutra toujours autant la frousse !
Pour ceux que ce lien amuse, je vous encourage à lire une nouvelle de Santiago Ramon y Cajal parue dans le recueil Cuentos de vacaciones que j'ai dû me procurer en anglais (Vacation stories) pour cause d'ignorance chronique de la langue de Cervantes. Intitulée La casa maldita (The Accursed House, La Maison maudite), elle décrit comment un médecin rationaliste "exorcise" une maison où les habitants meurent, les animaux tombent malades et du sang apparaît sur l'herbe...
Très amusant, mais aussi révélateur desespoirs portés par les progrès de la biologie au début du XXe siècle
* Prix Nobel de médecine, rien que ça, la même année que Golgi, mais c'est une autre, longue et passionnante histoire...
par Abie
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Sciences et vie
Avisse à ceux qui, devant les frayeurs causées par les actions, voudraient investir dans la pierre (précieuse) :
L'article d'origine explique bien que les couleurs des pierres précieuses proviennent en général des impuretés qu'elles contiennent : il existe des saphirs verts, jaunes, roses...
Ce qu'il oublie de rappeler, qu'est que ces pierres sont fondamentalement instables, ou pour être plus précis, en équilibre métastable.
Elles ont été formées à très hautes pression et température, et leur retour à la surface grâce aux mouvements tectonique pour le plus gros (et la main du mineur sud-africain pour les derniers hectomètres) les a sortis de leur situation d'équilibre. Certes ce ne sont pas des glaçons qui vont se mettre à fondre parce qu'on les a sorti du congélo, ce serait plutôt comme de l'eau encore liquide à -5°C, et que la moindre perturbation peut faire prendre en masse.
Les constantes thermodynamiques de la réaction font qu'elle est en fait très lente et très rare, mais il est arrivé à quelques malchanceux de voir leur diamant perdre sa structure cristalline et en adopter une plus stable aux CNPT*, mais de bien moindre valeur : le graphite par exemple...
Amusant, tant que l'on n'est pas le propriétaire, non ?
Pour ceux qui, sans pensées spéculatives, voudraient obtenir un saphir ou un rubis, rien de plus simple. Pas la peine de gagner au Loto ou de braquer une banque : vous pouvez acheter un saphir pour le prix d'une bière en terrasse. Nous, rassurez-vous, je ne débloque pas (encore) à plein pot...
C'est sur le blog de David Madore que j'ai appris l'existence de cristaux de corindon très abordables, pour la simple raison qu'ils sont fabriqués en laboratoire et non par les attentions de Mère Nature.
Les processus de fabrication sont assez variés (la règle de base : chauffer très fort) et donnent lieu à l'observation de choses aussi étranges que cette étonnante « cigarette »... (à droite, le cristal de rubis)
Les pierres qui en résultent sont bien chimiquement équivalentes à celles qui brillent au cou des stars, mais s'achètent en vrac, éventuellement sur Internet, par paquets de 10 ou 100 à des tarifs défiant toute concurrence...
Pour être honnête avec vous, je dois bien avouer que depuis que j'ai lu cette article, j'ai des pulsions de m'acheter des rivières de rubis. (De toute façon, j'ai jamais aimé les diamants**...)
Le sang-de-pigeon, c'est la vie !
Pour conclure, j'invite ceux de mes lecteurs d'obédience anglophone à se jeter sur cet incroyable article d'Edward Jay Epstein sur l'immense campagne menée au XXe siècle par le consortium des diamantaires pour que le diamant soit associé dans l'esprit de tout un chacun à l'idée de richesse, de classe (avant, c'était plutôt les perles) et surtout d'amoûûûr...
Hollywood y a beaucoup participé, bien sur (Diamond are a girl's best friend...)
Cela a tellement bien marché, en particulier aux États-Unis, que le diamant de la bague de fiancailles est vécu comme une tradition immémoriale alors qu'elle a été montée de toutes pièces après la deuxième guerre mondiale ! Si ça n'est pas un bel exemple de création de richesse, je ne sais pas ce que c'est, mon bon monsieur Attali...
(*) Conditions Normales de température et de Pression,
Dans l'article Wikipédia, je découvre qu'il s'agit d'une pression de 1 atmosphère (ça, c'est logique) et d'une température de 0 °C (si peu ?). Je devais confondre avec la « température ambiante » qui est apparement fixée à 25°C alors que mes souvenirs (lointains) de thermo m'évoquent une référence à 20°C. Les chimistes seraient-ils plus frileux que le biologiste moyen ? À moins que les vrais labos de recherche soient mieux chauffés que de simples salles de travaux pratiques...
(**) C'est vrai, honest Indian! Je préfère les pierres colorées, voire noires. D'ailleurs attention : on sait fabriquer des diamants en laboratoire, mais les « faux diamants » les plus courants sont des imitations à base de zirconium qui n'ont aucun rapport chimique avec le diamant.
Les mesures de sécurité antiterroristes ont d'ailleurs eu une conséquence inattendue sur les pierres précieuses. Car devant les menaces causées par les poudres blanches dans les courriers, il avait été décidé d'irradier les enveloppes. Des dizaines de carats de saphirs bleus ainsi transportés sont ainsi devenus jaune orange tandis que des perles blanches devenaient grises ou noires.
(relevé dans l'article D'où viennent les couleurs du saphir et du rubis ?, dans Le Figaro)
L'article d'origine explique bien que les couleurs des pierres précieuses proviennent en général des impuretés qu'elles contiennent : il existe des saphirs verts, jaunes, roses...
Ce qu'il oublie de rappeler, qu'est que ces pierres sont fondamentalement instables, ou pour être plus précis, en équilibre métastable.
Elles ont été formées à très hautes pression et température, et leur retour à la surface grâce aux mouvements tectonique pour le plus gros (et la main du mineur sud-africain pour les derniers hectomètres) les a sortis de leur situation d'équilibre. Certes ce ne sont pas des glaçons qui vont se mettre à fondre parce qu'on les a sorti du congélo, ce serait plutôt comme de l'eau encore liquide à -5°C, et que la moindre perturbation peut faire prendre en masse.
Les constantes thermodynamiques de la réaction font qu'elle est en fait très lente et très rare, mais il est arrivé à quelques malchanceux de voir leur diamant perdre sa structure cristalline et en adopter une plus stable aux CNPT*, mais de bien moindre valeur : le graphite par exemple...
Amusant, tant que l'on n'est pas le propriétaire, non ?
Pour ceux qui, sans pensées spéculatives, voudraient obtenir un saphir ou un rubis, rien de plus simple. Pas la peine de gagner au Loto ou de braquer une banque : vous pouvez acheter un saphir pour le prix d'une bière en terrasse. Nous, rassurez-vous, je ne débloque pas (encore) à plein pot...
C'est sur le blog de David Madore que j'ai appris l'existence de cristaux de corindon très abordables, pour la simple raison qu'ils sont fabriqués en laboratoire et non par les attentions de Mère Nature.
Les processus de fabrication sont assez variés (la règle de base : chauffer très fort) et donnent lieu à l'observation de choses aussi étranges que cette étonnante « cigarette »... (à droite, le cristal de rubis)
Les pierres qui en résultent sont bien chimiquement équivalentes à celles qui brillent au cou des stars, mais s'achètent en vrac, éventuellement sur Internet, par paquets de 10 ou 100 à des tarifs défiant toute concurrence...
Pour être honnête avec vous, je dois bien avouer que depuis que j'ai lu cette article, j'ai des pulsions de m'acheter des rivières de rubis. (De toute façon, j'ai jamais aimé les diamants**...)
Le sang-de-pigeon, c'est la vie !
Pour conclure, j'invite ceux de mes lecteurs d'obédience anglophone à se jeter sur cet incroyable article d'Edward Jay Epstein sur l'immense campagne menée au XXe siècle par le consortium des diamantaires pour que le diamant soit associé dans l'esprit de tout un chacun à l'idée de richesse, de classe (avant, c'était plutôt les perles) et surtout d'amoûûûr...
Hollywood y a beaucoup participé, bien sur (Diamond are a girl's best friend...)
Cela a tellement bien marché, en particulier aux États-Unis, que le diamant de la bague de fiancailles est vécu comme une tradition immémoriale alors qu'elle a été montée de toutes pièces après la deuxième guerre mondiale ! Si ça n'est pas un bel exemple de création de richesse, je ne sais pas ce que c'est, mon bon monsieur Attali...
(*) Conditions Normales de température et de Pression,
Dans l'article Wikipédia, je découvre qu'il s'agit d'une pression de 1 atmosphère (ça, c'est logique) et d'une température de 0 °C (si peu ?). Je devais confondre avec la « température ambiante » qui est apparement fixée à 25°C alors que mes souvenirs (lointains) de thermo m'évoquent une référence à 20°C. Les chimistes seraient-ils plus frileux que le biologiste moyen ? À moins que les vrais labos de recherche soient mieux chauffés que de simples salles de travaux pratiques...
(**) C'est vrai, honest Indian! Je préfère les pierres colorées, voire noires. D'ailleurs attention : on sait fabriquer des diamants en laboratoire, mais les « faux diamants » les plus courants sont des imitations à base de zirconium qui n'ont aucun rapport chimique avec le diamant.
par Abie
publié dans :
Sciences et vie
Enfin, plutôt : la biologie sur les site internet d'information, c'est plus facile pour les liens...
* La France suspend l'autorisation de la semence génétiquement modifiée MON810 de Monsanto, tandis que se prépare la nouvelle génération d'OGM : cette fois-ci, il s'agit d'animaux génétiquement modifiés.
Point positif : au moins, les risques de contamination des champs par leur pollen sera extrêmement limité... :-p
* Le débat des présidentielles américaines reste à pleurer sur le plan scientifique. Huckabee, l'un des candidats à la candidature républicaine, a récemment sorti :
* Pour se remonter le moral, il ne nous reste plus qu'à aller écouter la chanson de la PCR
(via Pharyngula aussi). Et allez voir dans les archives, si vous préférez l'ode à l'ARNm, sur l'air de YMCA.
C'est tout pour aujourd'hui !
* La France suspend l'autorisation de la semence génétiquement modifiée MON810 de Monsanto, tandis que se prépare la nouvelle génération d'OGM : cette fois-ci, il s'agit d'animaux génétiquement modifiés.
Point positif : au moins, les risques de contamination des champs par leur pollen sera extrêmement limité... :-p
* Le débat des présidentielles américaines reste à pleurer sur le plan scientifique. Huckabee, l'un des candidats à la candidature républicaine, a récemment sorti :
I think schools also ought to be fair to all views. Because, frankly, Darwinism is not an established scientific fact. It is a theory of evolution, that's why it's called the theory of evolution.Je sais que c'est un ancien pasteur, mais tout de même ! (Plus sur Pharyngula)
Je pense que les écoles doivent aussi être impartiales envers les différents point de vue. Parce que, franchement, le Darwinisme n'est pas un fait scientifique établi. C'est une théorie de l'évolution, c'est pour ça que ça s'appelle la théorie de l'évolution.
* Pour se remonter le moral, il ne nous reste plus qu'à aller écouter la chanson de la PCR
(via Pharyngula aussi). Et allez voir dans les archives, si vous préférez l'ode à l'ARNm, sur l'air de YMCA.
C'est tout pour aujourd'hui !
par Abie
publié dans :
Sciences et vie
