Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), hebdomadaire au pire (parce que je suis vélléitaire bien plus encore).

Vous pouvez consulter la liste complète des articles pour vous faire une idée plus précise de ce que j'entends par «tout et n'importe quoi».
Et n'hésitez pas à
me contacter pour me faire part de vos griefs, réflexions ou suggestions.


Alea jacta est :

Avec le temps va!

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Ordo ab chao

Tout et le reste

On me lit, donc je lie

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Le Jour d'avant
Chez Ipomée
Trapero de luna
A la recherche du tain perdu
In via, blog extrême-oriental
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L'opéra farfelu
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Mercredi 3 juin 2009
Il y a quelque chose de vexant à se prendre une claque intellectuelle en lisant un bouquin vieux de cent cinquante ans, mais c'est aussi enivrant : au moins ça prouve qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre, et que ce nest pas de sitôt qu'on me verra gémir que la chair est triste hélas, et que j'ai lu tous les livres.
Or donc, je viens de terminer La Cité Antique,
une somme peut-être un peu datée, mais qui m'a tout de même pas mal ouvert les yeux sur la nature profonde des sociétés grecques et romaines. Certes, on rigole moins ouvertement qu'en regardant Rome
: Fustel de Coulanges n'est pas Titus Pullo, et quelqu'un prénommé Numa Denys (il y a des parents sans coeur) prend forcément l'histoire antique fort au sérieux.

Mais ça n'empêche pas de s'amuser comme des petits fous. Connaissiez-vous le rôle fondamental de féciaux et des thesmothètes ? Avez-vous déjà croisé un proèdre ou un pélate ? Et quand vous serez grands, ça vous dirait de devenir sitophylaque ? C'est un peu comme un agoranome.
Et si j'osais, je dirais bien que le préfet de police est notre pullaire moderne...
La sportule est une merveille à elle toute seule, mais quand ce grand fou de Fufu a utilisé négligeamment le verbe funester, je l'aurais embrassé sur les deux joues rouflaquettes !
Une engueulade avec votre chef vous a mis les nerfs en pelote ce matin ? Il ne vous reste plus qu'à répéter avec Stendhal (cité par le TLFi):
Cette conversation m'a funesté pour toute la journée (Stendhal, Journal, 1807, p. 341).
Par Abie - Publié dans : Mots et merveilles
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Lundi 25 mai 2009
Décidément, l'être humain ne sait pas résister à l'attrait de la bonne blague, de la tentative de mot d'esprit.
Je connaissais depuis longtemps le terme de Bounty. J'ai découvert plus récemment, dans une interview d'une actrice d'ascendance asiatique, le terme banane. Et voilà t'y pas que je découvre que Claude Allègre, dans son rôle de fou du roi, a qualifié certains écologistes de pastèques.

Vous ne voyez pas du tout de quoi je parle ? Un petit tableau pour tout éclaircir :

Surnom Extérieur Intérieur Utilisation
Bounty ou Oreo  noir blanc Un "noir"  qui se comporte comme un "blanc"
Banane ou Twinkie jaune blanc Un "jaune" qui se comporte comme un "blanc"
Noix de coco (coconut) marron blanc Un "hispanique" (US)/indien(UK) qui se comporte comme un "blanc"
Oeuf (egg) blanc jaune Un "blanc" s'étant approprié une culture asiatique

Évidemment, ces termes sont nés et sont principalement utilisés aux Etat-Unis où la société est extrêmement attentive à la notion de race, et aux caractères plus ou moins stéréotypiques qui y sont associés. La problématique de ces termes est bien sûr très différente selon qu'il s'agisse d'insulte ou d'identité revendiquée, et qu'ils soient appliqués à des enfants d'immigrés (par ex. : Chinois aux États-Unis), d'anciens colonisés (Indiens en Grande-Bretagne), à une population autochtone depuis des siècles (Afro-Américains) ou encore à des enfants adoptés.

 

On trouve aussi des termes moins connus pour les Indiens d'Amérique acculturés :

apple: A person who is ethnically American Indian but culturally American.
In the Navajo language, the word bilasáana ‘apple’ is used.
Pomme : une personne ethniquement Indienne d'Amérique mais culturellement Américaine. Dans la langue navajo, le mot
bilasáana, «pomme», est utilisé.

et, comme on pouvait s'y attendre, pas mal d'appellation franchement plaisantes construites sur le même modèle, comme celle-ci :

One of my best friends in college was a Taiwanese fellow enamored with South Asia. He called himself a “Milano cookie.”
Un de mes meilleurs amis à la fac était un Taiwanais tombé amoureux du sous-continent indien. Il disait être un gâteau Milano. (jaune à l'extérieur et marron à l'intérieur).

La question que je me pose est la suivante : pourquoi diable toutes ces métaphores font-elle référence à des choses comestibles ?

Hypothèse 1 : Bounty a été le premier terme inventé, les autres ont conservé le même champ lexical.

Hypothèse 2 : Les fruits d'une part et les aliments manufacturés d'autre part présentent le double avantage d'avoir des contrastes de couleurs forts et d'être des référents familiers, stables et quasi-universels....

Hypothèse 3 : Le vocabulaire de l'alimentation permet des foultitudes de blagues d'un goût douteux dont le génie de la langue aurait tort de se priver...

Évidemment, elles sont loin d'être mutuellement exclusives...


Et les pastèques de Claude Allègre, me direz-vous ? Il reprend simplement l'expression américaine qui décrit les écologistes radicaux comme des watermelons : à l'extérieur, ce sont des Verts, mais à l'intérieur, ce sont des Rouges !

Mise à jour :  On me signale que dès la IIIe République, les radicaux étaient surnommés les radis, pour des raisons d'euphonie évidentes, mais surtout parce qu'ils étaient

 rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur et toujours près de l'assiette au beurre.

La politique a donc largement précédé les problématiques raciales dans la métaphore...

Pour aller plus loin :

- Les liens saupoudrés dans cet article.

- Une liste de termes extraite du Oxford Dictionary of American Political Slang (Oxford University Press, 2004).

- Un article sur le blog Racialicious : Bananas, Oreos and Coconuts: Would You Identify as White on the Inside?


Par Abie - Publié dans : Mots et merveilles
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Mardi 7 avril 2009
Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait un article plein de mots groovy, et pas simplement avec un en passant (cromorne, ombudsman, belluaire -que j'avais en fait déjà lu, mais je me fais vieille, j'ai plus ma tête...-).

Je vous donne donc :

Colostrum
, dont le nom vulgaire est le betton.

Préciput, qui n'a rien à voir avec le prépuce ni l'occiput,et qui semble, tristement, abandonné par les juristes de succession. Sans-coeur...

Osculation, une des propriétés du cercle osculateur, à ne pas confondra avec un oscule.
Aussi, (et c'est bien le plus important) : un bisou.

Zeuzère, c'est le nom d'un joli papillon noir et blanc. Essayez donc de répéter zeuzère zébrée dix fois très vite ! Sans parler des points au Scrabble...

Et parce qu'il ne faut pas négliger les adjectifs, je vous propose d'honorer de votre attention les deux derniers pour lesquels j'ai ressenti une bouffée d'affection :

frumentaire
(qui a trait au grain, au froment)  et puis

vétéro-testamentaire, qui justifie à lui tout seul l'existence de l'exégèse biblique.

Joli, non ? C'est tout pour aujourd'hui...
Par Abie - Publié dans : Mots et merveilles
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Jeudi 15 janvier 2009
Encore quelques gemmes lexicologiques tirées de mes périgrinations internautiques, pour le plus grand plaisir des gourmands philologues.

D'abord, j'ai découvert le sens non argotique du mot cuite. Cela veut dire en gros «ce que l'on cuit en une seule cuisson», par exemple... le contenu de l'alambic d'un bouilleur de cru.
C'est d'ailleurs dans ce contexte que je suis tombée dessus, dans un site discutant les procédés de fabrication du kirsch, accompagné de mots aussi glamour que pied de chèvre et charmotte.
Mais ce n'est pas de ces termes bucoliques que je veux vous entretenir aujourd'hui : on va se risquer dans le bizarre...

Musth (n.m.) : Ce mot étrange, d'origine persane, décrit un phénomène très particulier qui peut être observé à peu près une fois par an chez les éléphants mâles adultes, tant d'Afrique que d'Asie .
sécrétion temporale noirâtre pendant le musthChez l'éléphant en musth, les glandes temporales gonflent et émettent une substance noirâtre visqueuse qui dégouline le long de la tête, souvent jusque dans la bouche de l'animal ; on y trouve une forte concentration de testostérone, ainsi que moults composés très odorants.
Le mâle urine presque en permanence (une libéralité rare, dans la sécheresse de la savane africaine), au point que l'extrémité de son prépuce prend une teinte caractéristique blanche à verdâtre (avouez que vous aimez lire mes descriptions...).
Il se met à gronder dans les basses fréquences, et surtout il devient  irritable et souvent extrêmement violent. La plupart des histoires d'éléphants domestiques devenus meurtriers dans un accès de folie correspondent en fait à une poussée de rage destructrice due au musth (et à la probable douleur liée au gonflement de la face et de la trompe).

Tesseract (n.m.) : Encore un mot tout aussi délicieux qu'ésotérique, et qui vient lui du grec pour «quatre rayons».C'est le nom que ses amis donnent à l'hypercube de degré 4. Ça ne vous parle pas ? On va essayer d'être plus clair.

Sur une feuille de papier calque (ça marcherait aussi avec un papier normal, mais c'est important pour la suite, Mieux-aimée), qui a deux dimensions, je peux dessiner un carré, caractérisé par l'égale longueur de ses côtés*.
Dans l'espace, qui a une dimension supplémentaire c'est-à-dire trois, je peux construire avec des baguettes et de la mie de pain un cube dont chaque face est un carré : c'est déjà, en soi, pas mal miraculeux quand on connaît ma dextérité habituelle.
Mais essayons de faire les choses autrement : on peut aussi dessiner ce cube en prenant la feuille de papier calque sur laquelle on avait tracé un carré et la soulever doucement, tout en la gardant à l'horizontale. Au cours du temps et devant nos yeux ébahis, notre beau carré va donc «monter les murs»  d'un cube un peu spécial : il a deux dimensions spaciales (la feuille) et une dimension temporelle...
On s'en fiche, me direz-vous, c'est toujours un cube, même si on ne peut en voir qu'une section à la fois, au fur et à mesure de la montée de la feuille ! Exactement mes agneaux, vous avez tout compris.
Mézalor, comment  construire un cube dans quatre dimensions ?  Encore une fois, grâce au mouvement !
Tout simplement en imaginant l'objet constitué par le cube à tous les instants au cours de son déplacement. C'est une trajectoire solide, à quatre dimensions, dont nous ne percevons que la partie qui est à l'instant t puis t', puis t''...
Hé bien en gros c'est ça, un tesseract...

Voilà pour la partie intuitive de la chose : pour plus de détails, vous pouvez vous faire peur avec la définition exacte, ou, mieux, plonger directement dans les merveilles de la quatrième dimension, grâce au superbe film Dimensions de Jos Leys, Étienne Ghys et Aurélien Alvarez, qui fascinera même les plus réfractaires**.
Pas l'ombre d'une d'une équation dans ces mathématiques-là, juste la brusque conscience que cinq sens, c'est décidément ridicule pour appréhender toutes les possibilités de l'univers... L'élégance des projections de ces objets sur nos pauvres trois dimensions laisse rêveur quant à leur inaccessible beauté. 
En outre, le film est disponible en neuf langues, et distribuable gratuitement : des révélations comme ça, ça se partage !
 
Sur ce, mon fidèle compagnon d'exploration du réseau s'est décidé à ronfler comme un moteur de Formule 1*** : je crois qu'il essaye de me dire d'aller en faire de même sur mon moelleux ami l'oreiller...

* En général, j'échoue, mais c'est une autre affaire.
** Voilà longtemps que je cherchait un prétexte pour en parler ici. Merci à David de me l'avoir fait découvrir. 

*** Note to self:  Il va être temps de faire un backup massif un de ces quatre...


Par Abie - Publié dans : Mots et merveilles
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Jeudi 2 octobre 2008
Certes non, l'orthographe n'est pas démocratique, et s'il fallait être irréprochable pour pouvoir utiliser le language, la vie serait un long silence.

Ces considérations circonvolutionnées sont dues à deux facteurs : j'ai eu une journée bien remplie et mon encéphale est en conséquence réduit à une masse cotonneuse et gélifiée, et j'ai par ailleurs découvert qu'une fissure contournée et irrégulière s'appelle en français correct une anfractuosité. Avec un A comme "Ah bah ouais".

J'ai mis quelques minutes à me remettre de ce choc : le mot fautif d'infractuosité, avec un I comme "Idiot", n'a en fait jamais existé que dans mon imagination, que j'ai certes toujours su galopante, mais tout de même.

Alors, cette anfractuosité, qu'en fais-je ? Pour citer un ami qui me manque toujours, au sujet d'une demoiselle qu'il venait de rencontrer : "soit je la déteste, soit je tombe amoureux". Il ne me reste plus qu'à l'ajouter à ma liste des mots mieux-aimés...


Edit : il y a avait une faute d'orthographe délibérée dans le titre, mais jeu les anlevez : elle n'était pas assez horrible pour être perçue comme telle...

Par Abie - Publié dans : Mots et merveilles
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