Édito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), hebdomadaire au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).
J'ai plus récemment ouvert une page delicious, ainsi qu'un tumblelog intitulé Tempto etiam, principalement constitué de citations, littéraires ou autres.

Vous pouvez consulter la liste complète des articles pour vous faire une idée plus précise de ce que j'entends par «tout et n'importe quoi».
Et n'hésitez pas à
me contacter pour me faire part de vos griefs, réflexions ou suggestions.


Alea jacta est :

Avec le temps va!

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Ordo ab chao

Cinéma Tchi Tcha

Mardi 5 avril 2005



Je viens de lire une petite bédé en noir et blanc, trouvée par hasard sur le net....
Elle parle de cinéma, et chaque case ou presque est un pastiche!
pour l'instant, sans réfléchir, je vois déjà : Dick Tracy, les films noirs en général, Orson Welles, Citizen Kane, et pour les autres,il va falloir que je relise.
C'est sans prétention mais ça m'a beaucoup amusée!

Objectif-Cinema


Par Abie
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Lundi 30 mai 2005

Hier je suis allée au ciné voir Hair High, de Bill Plympton. C'est bien, ça ne manque de rien de ce qui est essentiel (c'est à dire : romance, danger, suspense et bien sûr squelettes morts-vivants!) et surtout ca change fabuleusement des long-métrages d'animation Disney-like... Comme dit si bien Loïc, Hair High, c'est Happy Days avec des poils!
Pour plus de précisions, précipitez-vous sur la critique du film par le Docteur Devo, qui présente très bien l'ensemble...

Évidemment, comme ça ne rentre pas dans les schémas d'exploitation classique, il passe dans le nombre faramibuleux de 11 (onze) salles dans toute la France!
Alors si vous vous avez la chance d'être sur Paris, Tours, Villeneuve-d'Ascq, Bordeaux, Valence ou Nancy, profitez-en, et ne laissez pas passer l'occasion.

Pendant que vous y êtes, regardez les DVD de son Abominable Lune de miel, c'est encore plus délirant, ce qui n'est pas peu dire! Mutants aliens, plus récent, ne se défend pas mal non plus...

Hier, je suis aussi allée voter, non sans mal, vu que j'avais laissé mon cerveau au frigo. Jugez vous-même :

* J'ai sorti ma carte d'électeur, égaré ma carte d'électeur, cherché ma carte d'électeur, paniqué, retrouvé ma carte d'électeur grâce à mon coloc.
* J'ai cherché mon passeport, sorti mon passeport, oublié mon passeport chez moi, pour finalement être sauvée par une antiquité (du temps où les passeports étaient encore bleus, et où je mesurais 95 centimètres) habilement dénichée par mon père.
[Remarque aux mauvaises langues : oui, j'ai grandi depuis!]
* Ensuite j'ai voulu présenter ma carte de colleuse au lieu de ma carte d'électeur, et signer avant d'avoir voté.

La suite est plus calme, heureusement..
J'ai dépouillé 206 bulletins sans faire d'erreur et j'ai trouvé une faute d'orthographe dans la page des décomptes.
J'ai reconnu l'employé municipal qui est là à chaque scrutin.
Châtain clair, avec les cheveux au milieu du dos. Rhâaa.
Il suffit de peu pour me donner le sens civique...

En verité, je vous le dis : on devrait voter plus souvent.



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Mardi 14 juin 2005
Amis lecteurs, aujourd'hui est un grand jour pour ce blog!
Je viens d'être officiellement invitée par le bon Docteur à répondre à l'un de ces questionnaires psychologico-culturels qui tournent dans la haute blogosphère!

Venant de Matière focale, il s'agit bien sûr de celui qui parle de cinoche. Mais d'un autre côté, c'est un honneur, je tombe presque en même temps que Boulet (13 juin)...

1- Combien de films en salle et/ou en dvd voyez-vous par an?

Pas beaucoup, hélas...
Ça me fait un peu mal aux seins de l'admettre, mais je ne compte plus les semaines où l'Officiel des spectacles, bien que dûment acheté, lu et annoté, n'aura servi à rien. Quand j'étais submergée de boulot, ça se défendait, mais de nos jours...

Je suis une grosse larve, j'ai donc un mal fou à bouger mon auguste séant vers les salles obscures, et je n'ai toujours pas compris pourquoi mon ordinateur refusait les dvd.
Ah, et je n'ai pas de télé aussi. L'air de rien, ça joue beaucoup, chez les flemmards. Et qui plus est, je suis flemmarde pauvre, ce qui a tendance à restreindre mes expéditions sallobcuresques les semaines où je ne me vautre pas irrémédiablement dans la louse...

Tout ça pour dire... des films, en ce moments, j'en vois pas des masses, et je profite de cette tribune pour remercier les potes qui prennent la peine de me désencastrer de mon petit chez-moi pour me faire voir le monde.
Si on fait une moyenne, je dirais entre 10 et 50 films par an.

2- Quel est le dernier film que vous ayez vu au cinéma et/ou en dvd/vhs/télé ?

Si les série ne comptent pas (eh oui, j'ai un côté obscur), mon dernier film a été Sin city, dont j'ai un peu parlé. Avant cela Hair High, en salles également, blogué également.
Hé oui, l'avantage de ne pas me bouger souvent, c'est que quand je trouve la motivation de le faire, ça en vaut la peine.

 3- Quel est le film que vous auriez envie de voir ou de revoir?
En ce moment j'ai envie de voir les films du cycle Cremaster de Matthew Barney, un américain sérieusement déjanté (pour vous donner une idée, il sort avec Björk, c'est dire...).Je suis encore dégoûtée d'avoir ratée l'expo sur ses oeuvres quand elle est passée en 2002 ou 2003 à Paris...
Il ne passe bien sûr pas en salles, et le DVD n'est louable que chez le seul video-club d'art et d'essai de Paris, l'irremplaçable Videosphère.
Heureusement que d'ici peu je devrais avoir un ordi un peu moins capricieux à dispo, et sinon un hotliner à domicile, voire les deux...

Il y a aussi Pi, depuis le temps que je le dis... Je traîne avec trop d'innommables mathématiciens pour ne pas me sentir le devoir de le voir.
Idem pour Dans la peau de John Malkovitch.

Pour le reste, je vous fait une sélection express de ce qui est à l'affiche en ce moment :

Le Cauchemar de Darwin, quand je trouverai le courage de me flinguer le moral...
The Taste of tea, parce que ça a l'air d'être sérieusement Portnawak.
The Yes Men, parce que quitte a être complètement désillusionné, autant en rire.
Carnets de voyage, parce que je suis toujours à la recherche d'un film biographique réussi.
Eternal sunshine of the spotless mind, si j'arrive à oublier la tête en caoutchouc de Jim Carrey. Avec la Winslet je verrais bien Holy Smoke, aussi...
La Prophétie des grenouilles, parce que ça a l'air d'être de la bonne animation. Et le fait que ce soit pour enfants m'encouragerait plus à aller le voir que le contraire : en général, les scénaristes pour enfants ne se considèrent pas le fait de raconter une histoire comme un abaissement. Rohmer, si.
Mon voisin Totoro, pour les mêmes raisons, et pour que les gens arrêtent de me taper quand je dit que je ne l'ai pas vu.
Mon ami Machuca. Diriger des enfants est un art difficile qui peut produire de grandes réussites.
Le Dirigeable volé, parce que les films d'animations tchèques sont légendaires auprès des vieux cinéphiles, et que ma mère est une vieille cinéphile. Élevée au Banania, vous dis-je...
Maria, pleine de grâce, ne serait-ce que pour le titre...
Aaltra, même remarque!
Prenez garde a la sainte putain, idem, et puis je connais très mal Fassbinder...
Palindromes, parce que ce que j'en comprend m'intrigue.

Sinon, il va aussi falloir que je voie les trois Die Hard, mise au pied du mur par quelques amis à qui j'ai fait l'erreur de ne pas cacher cette lacune. Pourtant, j'aurai du m'en douter : je me suis déjà fait avoir pour Dude, where is my car?...
Notez cependant que ce ne sont pas les même que ceux qui me tapent parce que je n'ai pas vu Mon voisin Totoro.
Comment ça, c'est évident? Je suis sûre que vu d'un certain angle, Bruce Willis peut être très kawaï!
4- Lorsque que vous regardez un film, comment vous comportez-vous? (seul ou en bande, nourriture, boisson, position, et autres manies diverses....)

Aller seule au cinoche ne me gêne pas du tout (j'ai passé l'âge où je devais m'inventer des accompagnateurs imaginaires pour calmer les angoisses de ma mère), mais en période d'aboulie, la motivation d'une compagnie reste un remède souverain à la maladie du cul-par-terre dont je suis affligée au stade terminal.

Ceci dit, quand je suis accompagnée, je dois faire des efforts surhumains pour ne pas emmerder mes voisins avec mes commentaires.
Parce que le drame, c'est que je suis bon public. Vraiment. Devant un film tourné au camescope par des enfants de douze ans, je pleurerais toutes la larmes de mon corps à la mort du héros. Si, si. (C'est pour ça que quand je me moque d'une copine pour avoir pleuré devant Pokémon le film, je me félicite intérieurement de ne pas être allée le voir...).

Ça veut aussi dire que quand c'est drôle, la salle entière se retourne sur mon rire, que j'ai passé 80% de la projection de The Others la tête encastrée entre le dos de mon copain et son fauteuil, et que je sors régulièrement de séance avec un nez rouge gyrophare et des yeux de lapins albinos atteint de conjonctivite (pas top pour la drague...).

Ben oui, j'aime bien qu'on me raconte des histoires, et je suis pas très cérébrale, dans la vie...

5- Citez les cinq films (ou les 10 ou les 200) qui vous ont le plus marqué!

Ben...Si on prend comme mesure du traumatisme causé par un film le nombre de fois où je l'ai revu, ça donne à peu près

* La trilogie Dollars de ce cher Sergio Leone, une grande tradition familiale. Dernier visionnage en date, la version italienne uncut et remasterisée de Le bon, la brute et le truand, à l'Action Écoles, avec le bonheur de voir Eastwood insulter le monde en italien, et Wallach faire de même en espagnol... (hijo de la grandissima puta!!)

* Beaucoup de bruit pour rien, le film qui m'a fait prendre conscience que je suis amoureuse de Shakespeare. Mais comme je m'y prends un peu tard pour lui mettre le grappin dessus, je me contente d'annoncer publiquement que j'épouse Kenneth Brannagh absolument quand il veut (s'il arrête de se raser et de jouer pour Woody Allen).

Et voilà, ça y est, je bloque. ce genre de questionnaire est un cauchemar... Comme on est plus facilement marqué par ce qu'on voit jeune, je vais citer :

* To be or not to be et Hellzapoppin, le mémorable été de mes 13 ans qui combina l'opération "Août à Paris" et la rétrospective "100 ans de comédie américaine" au Champo.
Ou, comment tomber raide dingue du Quartier Latin sans rémission possible!

* La Haine, parce que l'air de rien, le père Kassovitz a marqué ma génération.

* Plus récemment, Capitaines d'avril, vu en avant-première, avec une Maria de Medeiros absolument adorable. Ce serait un film neuneutiquement idéaliste, à ceci près que c'est une reconstitution historique très raisonnablement correcte. Ça redonne espoir en l'humanité. Si, si, au moins cinq minutes, juré!

Pfiou!! Bah voilà, c'est fait... Trois remarques cependant :

Petit tas :
par respect pour les monolingues, tous les liens de films pointent vers la banque de données Allociné. C'est une référence francophone, mais elle n'arrive pas à la cheville de l'astronomique Internet Movie Databank (IMDb.com), qui est elle en anglais. Si vous maîtrisez à peu près la langue, n'hésitez par à aller y faire un tour...

Petit bey :
Par ailleurs, cet article va à l'encontre de la règle que je m'était fixée de ne jamais parler de moi sur mon blog (il y a en général beaucoup plus intéressant). Mais que voulez-vous, je ne sais pas refuser...

Petite saie :
Enfin, je ne sais vraiment pas à qui passer la main, vu qu'il n'y a pas des masses de bloggeurs que je connaisse personnellement.
Nacara, Gro-Tsen, si vous me lisez, n'hésitez pas...

 



 


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Mardi 12 juillet 2005
J'avais promis de vous parler cinéma, et je n'ai qu'une parole. Certes, je ne sais pas bien ou je l'ai mise en ce moment, mais je ne désespère pas de la retrouver.

Or donc, voici mes news cinématographiques :

Manifestement, Lucifer, dieu du cinéma (1), lit mon blog ou tout du moins l'article où je parlais de mon envie de voir les films du cycle Cremaster.
Pouf, pouf, sitôt demandé, sitôt exaucé : voilà l'intégrale  qui repasse au MK2 Beaubourg...
Merci Lulu!

Pendant la Fête du cinéma, j'ai vu quelques petits trucs parmi lesquels L'Interprète et Batman Begins.

L'Interprète
m'a plutôt bien plu, malgré un certain classicisme dans la construction de l'intrigue. J'avoue avoir été appatée par l'idée d'une langue fictive inventée pour l'occasion (le ku), avec un folklore associé, bien que  mon ignorance des familles linguistiques subsahariennes ne m'ait pas permis d'en profiter vraiment.
Par contre, j'ai remarqué un gros bug de traduction dans les sous-titres.
Vers les deux tiers du film, un homme politique qui lui explique à l'héroïne idéaliste qu'il finira par rallier toute l'opposition matobienne. Quand elle proteste, il répond :
You are young. I'm a acquired taste.
C'est-à-dire : Vous êtes jeune. Je suis quelqu'un qu'on finit par apprécier (2).
Mais le sous-titre disait :  Vous êtes jeune. J'ai de l'expérience.
Ben non, dommage. Surtout vu le sujet du film...(3)

Au sujet de Batman begins, je ne ferai aucune critique d'ensemble, au titre de charité cinématographique. Après tout, vous pouvez lire les critiques du Nouvel Obs, qui le considère comme le meilleur des cinq "Batman", et de A voir-à lire, qui explique que
Christopher Nolan transcende le canevas d’origine par l’intelligence suprême d’un script qui fuit comme la peste les facilités et la maestria d[e la] mise en scène.
Pourquoi pas...  
À défaut de pouvoir surenchérir sur ces compliments, disons que le héros est tout de même beaucoup mieux avec sa barbe (4), et que le chef décorateur et le directeur de photographie font un excellent boulot.
Mais surtout, surtout, insistons sur un point important :
Si vous découvrez, un jour d'hiver pluvieux, une grotte habitée par des centaines de chauve-souris, je vous implore de ne pas - je répète : NE PAS - y installer une batcave dotée de plafonniers éblouissants.
Parce que l'hiver, imaginez-vous que ces chiroptères (5) hibernent, et à raison, car, comme on l'apprend à l'école, une fois la bise venue,
Plus un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau!
Notre petite chauve-souris vit donc l'hiver au ralenti, sur ses réserves, et si quelqu'un s'amuse à lui braquer sa Maglite dans les narines, elle panique et se met à voler dans tout les sens avec l'énergie du désespoir et un plan de vol chaotique.
Conséquence immédiate : elle brûle en une journée une grosse part des réserves qui auraient dû la sustenser jusqu'à la venue des beaux jours.
Conséquence ultérieure : elle se retrouve à essayer de chasser des moustiques fin février. Et bien sûr, elle meurt de froid. Bath, non?

Morale de l'histoire : Kids, don't try this at home.
De la même façon qu'il n'est pas une bonne idée de sauter de la fenêtre du huitème avec la carpette du salon en guise de cape de Superman, ayez le bon sens de ne pas réveiller la chauve-souris qui dort dans votre grenier ou dans une salle des Catacombes : cela réduirait considérablement son espérance de vie, et ne ferait strictement rien pour arrêter les criminels de Gotham City ou d'ailleurs.

Et pour en apprendre plus sur les us et coutumes des petites souris chauves, procurez-vous par ici le numéro 16 de La Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, et profitez-en même pour vous abonnez pour six numéros au prix ridiculement microscopique de 17 euros.

C'était un message de la Société des Pipistrelles Amicales et de l'Associations des Oreillards Lucifuges.



(1) Ben oui. Lucifer, de Lux, lumière et de -fer, qui porte, d'où : celui qui apporta les frères Lumière.
(2)
Au sens propre, acquired taste décrit des goûts auxquels il faut s'habituer : les bébés n'aiment pas l'amer, mais l'on apprend à aimer le thé et le café.
(3) Pour reprendre l'expression d'une amie à moi, c'est ce qui s'appelle se tirer une balle dans le slip.
(4) Oui, je sais, je suis biaisée...
(5) De Chiros la main et de pteros, l'aile.  Et cette fois, c'est vrai!


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Mercredi 13 juillet 2005
Récemment, j'ai vu un certain nombre de films, parmi lesquels :

Question à trois carambars :
Quel est le point communs de tous ces films?

Réponse :
J'ai pleuré en les regardant.
Éventuellement beaucoup.
Le fait qu'il s'agisse éventuellement de comédies n'arrange en général pas les choses (l'enterrement de Gareth, c'est vraiment trop affreux...)
Hé oui, ce que je vous racontais dans le CinéQuizz n'a rien d'une exagération : je suis vraiment très bon public, au grand dam de mes glandes lacrymales .

Mais j'ai tout de même l'honneur et l'avantage d'annoncer que je n'ai pas pleuré en voyant (ou revoyant), toujours récemment :
Je ne suis donc peut-être pas complètement perdue pour la science...


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Mercredi 17 août 2005
Comme dit précédemment, j'essaye de combler mes lacunes cinématographiques : j'ai donc enfin fini par voir Shining...
Évidemment, n'ayant pas vécu dans un placard au cours des vingt dernières années, j'avais déjà une idée assez précise de ce que ça allait donner en terme de scènes marquantes. (Un excellent résumé est disponible par là : Shining en 30 secondes, joué par des lapins. Hum.)
Il ne fait toutefois pas de doute que l'efficacité du film résiste très bien au spoil, à ceci près que vue la filmographie ultérieure de Jack Nicholson, il est difficile d'imaginer le point de vue du spectateur de l'époque, et de ne pas le prendre pour un fou furieux dès le début.

Mais le truc le plus terrifiant du film est venu après le film : quand, en google-ant l'origine du proverbe All work and no play makes Jack a dull boy, je suis tombée sur... ÇA.
Hé oui, un linuxien fou s'est amusé à coder la commande xjack, qui permet de passer pour un psychopathe au bureau sans avoir à s'user les phalanges...
Je sais pas pour vous, mais moi, ça me fait peur!
 

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Vendredi 26 août 2005
J'ai deux nouvelles : une bonne et une mauvaise...

Commençons par la mauvaise : j'ai tout récemment vu, grâce aux recommandations dithyrambiques d'un ami, l'excellent polar hongkongais intitulé Infernal Affairs, qui a déjà fait l'objet d'un remake hollywoodien (pouquoi se gêner) sous le titre de The Departed. (Jusque là, vous conviendrez que tout va bien.)
Là où le bât blesse, c'est que ce n'est que la première partie d'une trilogie, dont la suite est attendue comme le messie par les fans français. Étant donné que Infernal Affairs II et III sont déjà sorti internationalement, j'avais bon espoir de les voir bientôt sur les écrans français.
Hé bien pas du tout : pour d'obscures raisons marquetink, les suite feront l'objet d'un direct to DVD, pour compléter un coffret qui sortira en France à une date non précisée.
Snif, il ne reste donc plus qu'à attendre.
 
Je continue tout de suite par la bonne : la sortie de Corpse Bride (Noces funèbres en vf), le très attendu troisième (1) long-métrage d'animation de Burton, ne sortira pas en France pour Noël comme annoncé précédemment, mais à temps pour Halloween (19 octobre)!
 D'après le teaser et les  photos disponibles sur le site, ça a l'air de reprendre la virtuosité de l'Étrange Noël de Monsieur Jack, mâtiné d'une esthétique qui me rappelle Grim Fandango, jeu vidéo mythique s'il en est.

En clair : vivement l'automne, où l'on voit les blockbusters lobotomisés estivaux se casser la gueule pour laisser la place à une programmation plus intéressante...



(1) C'est-à-dire sans compter le fabuleux court intitulé Vincent,
J'avoue n'avoir toujours pas vu le premier, Jack et la pêche géante.
 

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Vendredi 7 octobre 2005
Bon, c'est bien beau les bouquins, mais il n'y a pas que ça dans la vie, paraît-il.
J'ai failli oublier que des fois (si,si, je vous assure), je sors  de chez moi.
J'ai donc vu coup sur coup, il y a déjà un moment, deux films complètement opposés et pourtant très intéressants.

The Jacket, de John Maybury

afficheJ'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre : je me contentais de  prier très fort pour que le film n'ait aucun rapport avec The Tuxedo, aka Le Smoking (gagné), et de me demander si par hasard cette veste n'était pas plutôt une camisole de force (straightjacket) (1). Encore gagné! J'aurais dû jouer au loto ce jour là.
Nous voilà donc à suivre l'errance d'un soldat américain démobilisé après avoir été laissé pour mort : la mémoire en lambeaux, le cerveau hésitant, il se retrouve, dans des circonstances qui s'éclairciront par des flash-back brutaux (2), condamné pour meurtre dans une institution pour fous criminels.
 On fait plus folichon comme début.
Ça ne s'arrête pas là : il se retrouve à la merci des techniques thérapeutiques proprement abominables d'un docteur bien flippant (celui qui joue le vieux dans Blade. On a les références qu'on peut, hein!), qui lui fait découvrir les joies de la camisole de force citée par le titre, avec dopage jusqu'à la gueule et claustrophobie offerts pour pas un rond de plus.

~~ Intermède ~~
À ce moment-là du film, j'étais en train de vider compulsivement mon accoudoir de son rembourrage, l'avant-bras de mon voisin ayant déjà été réduit à l'état de charpie sanguinolante, mais c'est juste parce que je suis émotive, vous n'êtes pas obligés de faire pareil.
~~~~~~~~~~~

Mlle BonasseHeureusement, après, ça se calme un peu. Ou plutôt disons que cela délaisse un peu les glandes surrénales épuisées du spectateur pour s'occuper en premier lieu de son néocortex, avec paradoxe temporel et enquête à reculons, mais aussi de son système limbique (3) avec l'arrivée de la bonnasse-du-film TM, voir ci-contre.
J'ai rien contre elle, notez bien, elle est même utile au scénario et très agréable à regarder, c'est juste
que, parfois, c'est dur de porter ainsi son rôle sur la figure.
Ainsi donc, Melle Bonasse, après une première panique bien compréhensible, se met en tête d'aider notre héros, lequel compte bien lui rendre la pareille à sa manière, en loucedé.

J'avais très peur d'une fin en queue de poisson, mais non, ça se tient, ça se finit bien tranquillement sans les déceptions flagrantes qu'apportent souvent les films qui démarrent sur les chapeaux de roues, et avec un joli numéro d'acteur de la toubib assistante pleine de scrupules (Jennifer Jason Leigh), et de notre héros, qui réussit même à avoir un charme certain malgré sa tête de déterré pas frais.

Le réalisateur a sans doute voulu faire un mariage étrange entre Requiem for a dream et Brazil, et le résultat se laisse regarder agréablement, sauf pour un point : j'en ai marre, vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point j'en ai marre, de Noël dans les films américains.
C'est fa-ti-guant. La fin décembre est une période maudite pour les scénaristes, je ne comprend même pas comment ils osent encore ressortir ce vieux cliché là, même discrètement comme c'est le cas ici.
Si ca continue, je lance une pétition pour une modification du calendrier outre-atlantique qui donnerait 31 jours supplémentaires au mois de novembre, et ça leur fera les pieds!.

Voilà voilà.
Sinon, j'ai aussi vu Broken Flowers, mais ce sera pour plus tard : j'ai une vie à essayer d'avoir.



Ah j'oubliais : lisez l'avis du bon Docteur sur ce film, érudit comme toujours...



(1) Ne me demandez pas comment j'ai appris à dire camisole de force en anglais, c'est inavouable...
(2) Pardon, je voulais bien sûr parler d'analepses brutales.
(3) Je suis polie, je n'ai pas mentionné les corps caverneux.

Par Abie
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Vendredi 21 avril 2006
Remember, remember
The fifth of November
The gunpowder treason and plot.
I can see no reason
Why gunpowder treason
Should ever be forgot.
(Comptine)
Souviens-toi, souviens-toi
Toujours du cinq novembre
De la Conspiration des poudres
Je ne vois aucune raison
Pour que cette trahison
Se fasse jamais absoudre
 (Traduction libre)


V pour Vendetta
est une bande dessinée du prolifique scénariste Alan Moore (From Hell, La ligue des Gentlemen extraordinairesWatchmen), dessinée par David Lloyd, et elle vient d'être adaptée au cinéma par
James McTeigue.

A lire chez
Culturofil:
Dans cette Angleterre fascisante et orwellienne, un personnage étrange et masqué a pour seul objectif s'accomplir sa vengeance sur un certain nombre de membres de la nomenklatura, tout en réveillant les aspirations du peuple à plus de liberté et de justice.  

Son masque est celui de Guy Fawkes, un personnage brûlé traditionnellement le 5 novembre en commémoration de la Conspiration des poudres de 1605, tentative  déjouée à temps de comploteurs catholiques de faire sauter le Parlement. Guy Fawkes devait mettre le feu aux poudres et fut plus tard décrit comme "le seul homme à être jamais entré au Parlement avec d'honnêtes intentions"...

Brûlé en effigie depuis 400 ans pour la plus grande joie des gosses, son nom en est venu à vouloir dire "mannequin", "masque grostesque", puis "personne d'apparence ridicule" et enfin, tout simplement, "gars". Je ne peux pas résister à la délicieuse ironie de souligner que le terme général pour désigner un homme anglais est donc le prénom d'un comploteur qui se serait bien vu régicide...

Je n'ai pas lu le comic, lacune que j'espère combler un jour, donc il est tout à fait possible que mes remarques quant au film soient invalidées par des données de la BD qui n'ont pas pu être intégrées au film, ou des artéfacts d'adaptation hollywoodienne.

Pour l'une, au moins, je suis sure de moi: le dictateur s'appelle originellement Adam Susan, et le parallèle avec l'Allemagne nazie était bien assez clair sans avoir besoin de forcer le trait en le rebaptisant Adam Sutler...


Mais qui est V? Laissez-le se présenter lui-même, en pentamètres iambiques, s'il vous plaît :

Voilà! In view, a humble vaudevillian veteran, cast vicariously as both victim and villain by the vicissitudes of Fate.

Voilà ! Vous avez en vue un humble vétéran du vaudeville, un personnage indirectement fait à la fois victime et coupable par les vicissitudes du destin.

Pourquoi ce masque à l'effigie de  l'instigateur de la conspiration des poudres?

This visage, no mere veneer of vanity, is a vestige of the vox populi, now vacant, vanished. However, this valorous visitation of a by-gone vexation, stands vivified, and has vowed to vanquish these venal and virulent vermin vanguarding vice and vouchsafing the violently vicious and voracious violation of volition.

Ce visage, plus qu'un simple vernis de vanité, est un vestige de la vox populi, maintenant caduque, disparue. Toutefois,  cette valeureuse visite d'une insulte passée est ravivée  et a fait le voeu de vaincre cette vermine vénale et virulente qui est à l'avant-garde du vice et encourage la violation violamment vicieuse et vorace de la volonté.

Quel est donc son but?

 The only verdict is vengeance; a vendetta, held as a votive, not in vain, for the value and veracity of such shall one day vindicate the vigilant and the virtuous. Verily, this vichyssoise of verbiage veers most verbose so let me simply add that it's my very good honor to meet you and you may call me V.

Le seul verdict possible est la vengeance ; une vendetta comme un symbole, non pas en vain, mais pour la valeur et la véracité, de celle que réclameront un jour les vigilants et les vertueux. Vraiment cette salade de verbiage tourne au verbeux, laissez-moi donc simplement ajouter que je suis très honoré de vous rencontrer et que vous pouvez m'appeller V.

Dans l'ensemble, et de façon prévisible, le film est un exercice de style en britishitude : outre les jurons (Bloody hell le dispute à Bullocks), la localisation et le prétexte historique de Guy Fawkes, ce sont surtout les citations et la verve théatrales de V qui donnent à l'ensemble un cachet terriblement british... Des pièces commes Macbeth, La Nuit des Rois, et sans doute bien d'autres qui m'ont échappées sont citées tout au long du film.

Les effets pyrotechniques sont très jolis mais totalement irréalistes : pour avoir vu des artificiers travailler, je refuse de croire qu'une explosion souterraine puisse produire une destruction propre, verticale et flamboyante d'un monument gothique (flamboyant d'ailleurs) a fortiori un feu d'artifice soigneusement synchronisé.  Sans blesser les milliers de personnes alentour.
Mais c'est bien traité, et ça sert (un peu) le scénario, ce qui change des grosses explosions poilues des blockbusters, alors je suis encline à la clémence.

Mais il y a d'autres choses qui me chiffonnent. Nous sommes censés être dans un pays totalitaire, avec un contrôle extrêmement étroit des médias, des communications (écoutes téléphoniques) et des déplacements (couvre-feu, mention d'une autorisation nécessaire même pour l'archévêque).
Comment expliquer, en ce cas, l'air impuissant des autorités envers des explosifs et des poisons simplement parce que les ingrédients sont en vente libre? C'est pertinent dans un contexte normal, pas dans un état policier!
Il aurait suffit, ce que semble, d'exiger un suivi administratif des ventes d'engrais (très bons explosifs), avec justificatifs des surfaces d'exploitation à traiter, pour empêcher V d'accumuler de quoi remplir une rame entière de métro.
Idem pour les masques expédiés à des milliers de personnes : on ignore qui les envoie, et avec quel argent, ok, je veux bien admettre de V soit très fort et dispose de ressources intraçables.
Mais dans ce cas, la marche à suivre pour le pouvoir est l'ouverture systématique des colis dans les bureaux de poste, confiscation et destruction des masques : pas ouvrir de grand yeux tristes quand les Guy Fawkes se multiplient dans les rues!

Etrange : je suis parfaitement disposée à admettre que V est un surhomme mutant de la mort, super fort et surintelligent, mais les invraisemblances pratiques me font puissamment tiquer. Pour ne pas parler de celle qui me semble la plus improbable de tous (et je crois, absente de la BD), c'est-à-dire le misérable embryon de bluette entre V et Portman, qui, en plus d'être un cheveu sur la soupe comme souvent au cinéma, apparaît comme surréaliste considérant ce que le personnage de Evey a subi.

Pour ce qui est des connotations politiques, il est bon de savoir que l'histoire a été écrite avec Thatcher en ligne de mire. Toutefois, l'adaptation a clairement été pensée comme une allusion aux Etats-Unis actuels (un personnage mentionne dans le film que depuis la guerre les mots collateral et rendition ont changé de sens).
L'auteur ne cautionne pas cete adaptation, et ce V devenu, d'anarchiste, une espèce de résistant. Il déclare que la BD a été

turned into a Bush-era parable by people too timid to set a political satire in their own country
transformée en une parabole de l'ère Bush par des gens trop pusillanimes pour situer une satire politique dans leur propre pays.

Mais il serait sans doute une erreur de limiter V à cette controverse politique. Je vous en dirai plus à l'occasion

Je cause, je cause... Résumons donc :
Je crois que le meilleur de ce film est l'envie irrépressible qu'il donne de lire la BD. Pour le reste, j'ai beaucoup aimé la performance de Stephen Fry, j'ai été hypnotisée par les sourcils de Mlle Portman (ils sont tout droits, vous trouvez ça normal, vous?), et je recommande le film comme tout à fait convenable.
J'attend la lecture de l'original pour regretter ce qui aurait pu être.

Ah, et outre l'évidence référence aux Sex Pistols, j'y ai vu un évident clin d'oeil à une chanson de The Clash. Le verrez-vous?


Il y a une espèce de consensus pour comparer V à Batman begins : au-delà des forums imdb, même la critique de Libé assène
V for Vendetta s'inscrit dans cette microtendance du « blockbuster intelligent » qui commence à faire quelques ravages. The Island, Batman Begins, la trilogie Matrix, la Guerre des mondes...
C'est peu dire que je n'y souscris pas : à part le ridicule d'une part (c'est bon de rire parfois) et la photographie d'autre part (mais un film ne se limite pas à des images), je ne vois vraiment aucun mérite à la prequel de Batman.
Mais j'en ai déjà un peu parlé...


Post scriptum :
Je n'ai pas pensé à retenir la traduction de la comptine dans la version VOST.
Si quelqu'un à été plus attentif que moi, je suis preneuse ( pour la version VF aussi d'ailleurs).

Edit : Alex me répond dans les commentaires :

  Souviens-toi, souviens-toi
            Du 5 novembre 1605
            De la conspiration des poudres
            De Guy Fawkes, et de Jacques premier
            Souviens t’en, car a l’oublier
            Jamais je ne pourrai me résoudre.

"Cette comptine est également reprise à une ou deux reprises dans une version plus condensée :"

            Souviens-toi, souviens-toi
            De ce 5 de novembre
            Souviens t’en, car a l’oublier
            Jamais je ne pourrai me résoudre.

Cette traduction est sans aucun doute plus adaptée au sujet, puisque V reprend Guy Fawkes comme un personnage positif et "ne pas oublier" en vient à signifier "s'en inspirer", alors que dans l'original il s'agissait de ne jamais pardonner (cf absoudre).
Et puis c'est pas pour dire, mais ma traduction à moi, elle rime :-p.

Par Abie
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Jeudi 20 juillet 2006
Rhôlala, pas le temps, pas le temps, pas le temps !

Je vous donne donc la liste des films vus au cours des 6 derniers mois, et dont je voulais vous parler : sa longueur a vite dépassé mes prévisions....

Vieux (plus d'un mois)


Fête du cinéma :


Depuis :

A vous de choisir ceux dont vous voulez entendre parler...
Modalité du vote :
Scrutin par poste à un tour, avec  quatre voix par personne : deux pour la catégorie "Vieux", et une pour chacune des deux autres.

Je vous tiens au courant des résultats dès mon retour dans des contrées technologiquement avancées...  
Par Abie
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