J'ai réalisé aujourd'hui avec horreur et grande honte que je confonds irrémédiablement Stefan Zweig et Franz Kafka.
Enfin, irrémédiablement, je n'espère pas... Disons que j'ai pourtant lu des oeuvres des deux, et qu'ils ne formaient pour moi qu'une seule et même entité. Rhôôô les boules...
Dans l'espoir d'en finir avec cette confusion infamante, voici une brève biographie de ces deux auteurs qui n'ont guère comme point commun que d'être siècle dernier, germanophones, et morts.

Franz Kafka est tchèque (enfin, techniquement, bohémien...), naît en 1883 à Prague, et
meurt de tuberculose près de Vienne en 1924.
Son œuvre embématique est sans conteste la nouvelle La Métamophose (à lire), où le narrateur est tranformé, sans crier gare et sans explication, en cancrelat.
La seul rationalisation vaguement crédible que j'aie pu trouver, c'est que pour moi les livres que j'ai lu d'eux (Le Procès, La Métamorphose, Le Joueur d'échecs...) sont toujours caractérisés par une atmosphère de cauchemar et de torture mentale.
Désolée, m'sieur l'juge, promis, j'le r'f'rai plus...
Enfin, irrémédiablement, je n'espère pas... Disons que j'ai pourtant lu des oeuvres des deux, et qu'ils ne formaient pour moi qu'une seule et même entité. Rhôôô les boules...
Dans l'espoir d'en finir avec cette confusion infamante, voici une brève biographie de ces deux auteurs qui n'ont guère comme point commun que d'être siècle dernier, germanophones, et morts.

Franz Kafka est tchèque (enfin, techniquement, bohémien...), naît en 1883 à Prague, et
meurt de tuberculose près de Vienne en 1924.Son œuvre embématique est sans conteste la nouvelle La Métamophose (à lire), où le narrateur est tranformé, sans crier gare et sans explication, en cancrelat.
Stefan Zweig est autrichien, naît en 1881, s'exile en 1934 et se suicide en 1942, de
concert avec sa femme, de désespoir face à la deuxième guerre mondiale.
Ses œuvres les plus connues sont Lettre d'une inconnue, Le Joueur d'échecs, et Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.
Elles reflètent son intérêt pour l'étude approfondie et subjective de la psychologie des personnages.
Ses œuvres les plus connues sont Lettre d'une inconnue, Le Joueur d'échecs, et Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.
Elles reflètent son intérêt pour l'étude approfondie et subjective de la psychologie des personnages.
La seul rationalisation vaguement crédible que j'aie pu trouver, c'est que pour moi les livres que j'ai lu d'eux (Le Procès, La Métamorphose, Le Joueur d'échecs...) sont toujours caractérisés par une atmosphère de cauchemar et de torture mentale.
Désolée, m'sieur l'juge, promis, j'le r'f'rai plus...
par Abie
publié dans :
Lis tes ratures!
Des fois, je retombe sur des vieilles listes de liens sur lesquelles je voulais bloguer et que j'ai laissé prendre la poussière dans un coin de mon Desktop.
Parmi ce fatras, j'ai retrouvé un article de Wired qui vaut son pesant d'arachides : un concours d'histoires très courtes, basées sur celle d'Hemingway :
Six petits mots pour raconter une histoire? Impossible! Quoique...
De nombreux auteurs ont relevés le défi et nous gratifient donc de nouvelles de six mots, dont certaines sont absolument fabuleuses et relèvent quasimet de l'art du haïku. (en anglais)
Celle de Josh Whedon m'a beaucoup fait rire :
Je vous la traduirais bien mais c'est bien au-delà de mes capacités...
Quant à l'idée de transposer cet exercice de style au français, elle semble hasardeuse, l'anglais étant significativement plus concis (moins d'article, génitifs, gérondifs, "construction par accollement"...).
Que pourrait-on bien raconter en six mots?
J'ai pourtant essayé, en faisant appel à l'imagination du lecteur :
Une paraphrase de Beaumarchais s'est glissée au milieu de ces phrases. Sauras-tu les retrouver?
Je vous invite à essayer de faire mieux, ce devrait être faisable sans trop d'entorse au cerveau et je suis prête à proposer un prix en carambars....
Bien à vous.
Abie
Parmi ce fatras, j'ai retrouvé un article de Wired qui vaut son pesant d'arachides : un concours d'histoires très courtes, basées sur celle d'Hemingway :
For sale: baby shoes, never worn.
A vendre : chaussures d'enfant, jamais portées.
A vendre : chaussures d'enfant, jamais portées.
Six petits mots pour raconter une histoire? Impossible! Quoique...
De nombreux auteurs ont relevés le défi et nous gratifient donc de nouvelles de six mots, dont certaines sont absolument fabuleuses et relèvent quasimet de l'art du haïku. (en anglais)
Celle de Josh Whedon m'a beaucoup fait rire :
Gown removed carelessly. Head, less so.
Je vous la traduirais bien mais c'est bien au-delà de mes capacités...
Quant à l'idée de transposer cet exercice de style au français, elle semble hasardeuse, l'anglais étant significativement plus concis (moins d'article, génitifs, gérondifs, "construction par accollement"...).
Que pourrait-on bien raconter en six mots?
J'ai pourtant essayé, en faisant appel à l'imagination du lecteur :
"Lettre bien reçue. C'est non."
Trop? Ce n'est jamais assez.
Demain est un autre jour. Non?
Lundi mardi mercredi jeudi vendredi Stop.
J'ai changé d'avis.
Monotremes oviparous, ovum meroblastic. Go figure.
(Ok, celle là est en anglais)
Veuillez s'il-vous-plaît cesser.
Et l'écran afficha "Game Over".
Edit:Trop? Ce n'est jamais assez.
Demain est un autre jour. Non?
Lundi mardi mercredi jeudi vendredi Stop.
J'ai changé d'avis.
Dieu.
Monotremes oviparous, ovum meroblastic. Go figure.
(Ok, celle là est en anglais)
Veuillez s'il-vous-plaît cesser.
Et l'écran afficha "Game Over".
Le sixième jour, Il se reposa.
Une paraphrase de Beaumarchais s'est glissée au milieu de ces phrases. Sauras-tu les retrouver?
Je vous invite à essayer de faire mieux, ce devrait être faisable sans trop d'entorse au cerveau et je suis prête à proposer un prix en carambars....
Bien à vous.
Abie
par Abie
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Lis tes ratures!
Allez, assez blablaté dernièrement : à la place je vais vous mettre des images...
Voici un graffiti aperçu cet hiver rue Charles Robin, à côté de la place du Colonel Fabien, et qui m'a mis de bonne humeur pour la journée.

Pour ceux qui se demandent ce que O. Henry peut bien avoir de littéraire, je vous renvoie à mon article sur ses Contes du Far-West...
PS : Ça y est j'ai mis une photo du fût de Guinness - tronc à donations!
Voici un graffiti aperçu cet hiver rue Charles Robin, à côté de la place du Colonel Fabien, et qui m'a mis de bonne humeur pour la journée.

Pour ceux qui se demandent ce que O. Henry peut bien avoir de littéraire, je vous renvoie à mon article sur ses Contes du Far-West...
PS : Ça y est j'ai mis une photo du fût de Guinness - tronc à donations!
par Abie
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Lis tes ratures!
Je n'aurai qu'un mot : Youpi-youpi-tralala, un mot assez long mais parfaitement adapté au sens que je veux faire passer.
En effet, deux bonne nouvelles lecturesques viennent de me dégringoler sur l'occiput .
Allez, je commence par la bonne :

1/ Le troisième tome de BlackSad, L'Âme rouge, est sorti, et c'est bien. Si vous voulez en savoir plus sur tout le bien que je pense du seul chat noir détective, allez par là.
Si vous voulez voir la bande-annonce, cliquez ici.
Si vous voulez lire les dix premières pages, cliquez-là.
Si vous voulez continuer la lecture de cet article, rendez-vous en 2/.
2/ Le trentième tome des Chroniques du Disque-Monde est sorti en anglais, et c'est bien.
On ne voit décidément pas le temps passer avec Pratchett!...
Il s'appelle Thud!, et raconte une histoire de Sam Vimes (dont je parlais plus tôt) et de la Garde d'Ankh-Morpork.
Et c'est très bien.
Je vais me jeter dessus dès que j'aurai terminé cet article.
Et ça, c'est formidable.
[Edit : Lire la suite dans Vingt-quatre heures après]
En effet, deux bonne nouvelles lecturesques viennent de me dégringoler sur l'occiput .
Allez, je commence par la bonne :

1/ Le troisième tome de BlackSad, L'Âme rouge, est sorti, et c'est bien. Si vous voulez en savoir plus sur tout le bien que je pense du seul chat noir détective, allez par là.
Si vous voulez voir la bande-annonce, cliquez ici.
Si vous voulez lire les dix premières pages, cliquez-là.
Si vous voulez continuer la lecture de cet article, rendez-vous en 2/.
On ne voit décidément pas le temps passer avec Pratchett!...
Il s'appelle Thud!, et raconte une histoire de Sam Vimes (dont je parlais plus tôt) et de la Garde d'Ankh-Morpork.
Et c'est très bien.
Je vais me jeter dessus dès que j'aurai terminé cet article.
Et ça, c'est formidable.
[Edit : Lire la suite dans Vingt-quatre heures après]
par Abie
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Lis tes ratures!
J'ignore si vous vous intéressez à la littérature fantastique, d'horreur, ou de fantasy. Pour ma part, c'est un genre auquelle je suis prête à beaucoup pardonner, jusqu'à la faiblesse du style et l'inanité du scénario, pour peu que l'opération de création d'un monde par pure force d'imagination fonctionne.
Il faut dire que j'ai la suspension d'incrédulité facile, mais cela ne veut pas dire que je néglige la qualité en la matière... Quand l'inventivité rejoint le style littéraire, on ne peut que se rendre : j'ai donc un gros faible pour Lord Dunsany, Lovecraft et les autres.
Eh ben justement, en voici, un autre, dont j'ignorerais encore tout si une bonne âme n'avait pas pris sur elle de me sortir de mon ignorance crasse, c'est Clark Ashton Smith.
Il était grand pote avec Lovecraft, et les auteurs qui ont plus ou moins inventé tout un genre du fantastique, mais à la différence de ceux-ci, il a vécu fort vieux, au lieu de se suicider ou de bêtement sombrer dans la folie...
Il a donc tranquillement continué de produire jusque dans les années cinquante, et s'est donc trouvé le défenseur tout désigné de la déferlante fantastique / science-fiction dédaignés en choeur les critiques "classiques" mais acclamée par le public, depuis les grands classiques jusqu'aux pulp magazines dans le plus pur style Mars Attacks.
En exergue d'un recueil de ses oeuvres, j'ai donc lu ceci :
Ce qui se traduit à peu près par :
L'excellent site The Eldritch Dark lui est entièrement consacré.
Notes :
Il faut dire que j'ai la suspension d'incrédulité facile, mais cela ne veut pas dire que je néglige la qualité en la matière... Quand l'inventivité rejoint le style littéraire, on ne peut que se rendre : j'ai donc un gros faible pour Lord Dunsany, Lovecraft et les autres.
Eh ben justement, en voici, un autre, dont j'ignorerais encore tout si une bonne âme n'avait pas pris sur elle de me sortir de mon ignorance crasse, c'est Clark Ashton Smith. Il était grand pote avec Lovecraft, et les auteurs qui ont plus ou moins inventé tout un genre du fantastique, mais à la différence de ceux-ci, il a vécu fort vieux, au lieu de se suicider ou de bêtement sombrer dans la folie...
Il a donc tranquillement continué de produire jusque dans les années cinquante, et s'est donc trouvé le défenseur tout désigné de la déferlante fantastique / science-fiction dédaignés en choeur les critiques "classiques" mais acclamée par le public, depuis les grands classiques jusqu'aux pulp magazines dans le plus pur style Mars Attacks.
En exergue d'un recueil de ses oeuvres, j'ai donc lu ceci :
On Fantasy
We have been told that literature dealing with the imaginative and fantastic is out of favour among the Intellectuals, whoever they are. Only the Real, whatever that is or may be, is admissible for treatment; and writers must confine themselves to themes well within the range of statisticians, lightning calculators, Freud and Kraft-Ebbing, the Hearst and McFadden publications, NRA, and mail-order catalogues. Chimeras are no longer the mode, the infinite has been abolished; mystery is obsolete, and sphinx and medusa are toys for children. The weird and the unearthly are outlawed, and all mundane impossibilities (which, it may be, are the commonplaces of the Pleiads) have been banished to some limbo of literalistic derision. One may write of horses and hippopotomi but not of hippogriffs; of biographers, but not of ghouls; of slum-harlots or the hetairae of Nob Hill but not of succubi. (read more)
We have been told that literature dealing with the imaginative and fantastic is out of favour among the Intellectuals, whoever they are. Only the Real, whatever that is or may be, is admissible for treatment; and writers must confine themselves to themes well within the range of statisticians, lightning calculators, Freud and Kraft-Ebbing, the Hearst and McFadden publications, NRA, and mail-order catalogues. Chimeras are no longer the mode, the infinite has been abolished; mystery is obsolete, and sphinx and medusa are toys for children. The weird and the unearthly are outlawed, and all mundane impossibilities (which, it may be, are the commonplaces of the Pleiads) have been banished to some limbo of literalistic derision. One may write of horses and hippopotomi but not of hippogriffs; of biographers, but not of ghouls; of slum-harlots or the hetairae of Nob Hill but not of succubi. (read more)
Ce qui se traduit à peu près par :
Sur la Fantasy
On nous a dit que la littérature traitant de l'imagination et du fantastique est tombée en disgrâce parmi les Intellectuels, qui que cela puisse être. Seul le Réel, quoi qu'il soit ou puisse être, constitue un sujet acceptable; et les écrivains doivent bien se confiner au domaine des statisticiens, des super-ordinateurs, de Freud et Kraft-Ebbing, des publications Hearst et McFadden, de la NRA, et des catalogues de vente par correspondance.
Les chimères ne sont plus en vogue, l'infini a été aboli; le mystère est obsolète et le Sphynx et la Méduse sont des jouets pour enfants. L'étrange et l'irréel sont réprouvés, et toutes les impossibilités triviales (qui sont, possiblement, très courants chez les Pléiades) ont été exilés dans les limbes de la dérision littéraire.
L'on peut écrire au sujet de chevaux et d'hippopotames, mais non d'hippogriffes; de biographes, mais non de goules; de ribaudes des bas-fonds ou des hétaires de Nob Hill, mais non de succubes.
On nous a dit que la littérature traitant de l'imagination et du fantastique est tombée en disgrâce parmi les Intellectuels, qui que cela puisse être. Seul le Réel, quoi qu'il soit ou puisse être, constitue un sujet acceptable; et les écrivains doivent bien se confiner au domaine des statisticiens, des super-ordinateurs, de Freud et Kraft-Ebbing, des publications Hearst et McFadden, de la NRA, et des catalogues de vente par correspondance.
Les chimères ne sont plus en vogue, l'infini a été aboli; le mystère est obsolète et le Sphynx et la Méduse sont des jouets pour enfants. L'étrange et l'irréel sont réprouvés, et toutes les impossibilités triviales (qui sont, possiblement, très courants chez les Pléiades) ont été exilés dans les limbes de la dérision littéraire.
L'on peut écrire au sujet de chevaux et d'hippopotames, mais non d'hippogriffes; de biographes, mais non de goules; de ribaudes des bas-fonds ou des hétaires de Nob Hill, mais non de succubes.
L'excellent site The Eldritch Dark lui est entièrement consacré.
Notes :
* Hearts et Mc Fadden : deux maisons d'éditions spécialisées dans les histoires de détectives (bas de gamme d'après ce que j'ai compris).
* NRA = National Rifle Association : Association qui défend le droits des américains à porter des armes, souvent par un lobby politique très efficace mais extrême. Les Associations de chasseurs puissance dix.
Pour vous donnez une idée, jetez un oeil à Bowling for Colombine.
* NRA = National Rifle Association : Association qui défend le droits des américains à porter des armes, souvent par un lobby politique très efficace mais extrême. Les Associations de chasseurs puissance dix.
Pour vous donnez une idée, jetez un oeil à Bowling for Colombine.
par Abie
publié dans :
Lis tes ratures!
