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Au gré de mes navigations , je suis tombées sur un texte amusant et tendre de Théophile Gautier, intitulé Ménagerie intime. L'auteur y raconte son amour précoce et jamais démenti pour les animaux, avec une tendresse particulière pour les chats.
Au fond, cette ambivalence du chat est sans doute ce qui le rend si intéressant et, pou les auteurs, si humains, comme en témoigne, par exemple les aventures du Chat Murr, d'Hoffmann, qui apprend à lire et à écrire.
[Edit:] Sur une suggestion de Zoélie, j'ajoute à la section japonaise Michaël, le chat qui danse, (en anglais What's Michael?!) dont vous pouvez lire quelques planches ici...
Enfin, sur une suggestion de Fab, élargissons un peu notre cadre littéraire, et penchons nous sur l'excellent Royaume des chats[fr] [en] de Hiroyuki Morita [fr][en] (et non de Miyazaki [fr] [en], bien que l'on prête facilement aux riches...) qui raconte cette fois-ci, non l'histoire d'un chat qui se transforme en homme, mais d'une petite fille qui se transforme en chat...
Canardo de Benoît Sokal, compte maintenant une quinzaine d'albums et campe un détective désabusé et cynique, je cite : un "Marlowe mâtiné de Donald".
Les formidables aventures de Lapinot, au titre tout aussi transparent, sont un des grands succès du désormais classique Lewis Trondheim. Une quinzaine d'albums aussi, mais en moitié moins de temps (la prolificité du Lewis est légendaire), qui créent quasiment un genre qui leur est propre.
Dans un genre complètement différent, avec un humour distillé à chaque page, je dois avouer ma faiblesse pour l'innénarable De Cape et de Croc.
La Bête est morte! (1) est une bédé française, parue à la Libération, chez feues les regrettées éditions Futuropolis, scénarisée par Dancette et Zimmermann.
Maus, de Art Spiegelman, est ce qu'on appelle maintenant un graphic novel (roman graphique). Cette bédé, qui date des années quatre-vingt, raconte la Shoah, vue par l'un des survivants.
Traducteur, traître.
Un bon exemple de ce dilemne est celui du célèbre poème If de
Rudyard Kipling.
Il y a peu, j'ai comblé une de mes grosses lacunes (1) littéraires en me gavant de Neil Gaiman, et je ne l'ai pas regretté. Ce monsieur est un conteur-né, et sait jouer les funambules dans des genres où le risque est grand de tomber dans les poncifs et les clichés littéraires.
Or l'exergue de ce livre est un poème que j'avais déjà lu auparavant, par le plus grand des hasards, dans le roman pour enfants Le Château de Hurle de Diana Wynne Jones (qui a été adapté en dessin animé par Miyazaki avec Le Château ambulant). Il apparaissait comme un poème étudié en cours d'anglais qui se retrouvait par hasard dans le monde d'un magicien. L'apprenti du magicien essayait désespérément de comprendre à quelle recette le poème pouvait bien correspondre, avec ses histoires de sirènes et d'étoiles filantes...|
Goe, and catche a falling starre, Tell me, where all past years are, Or who cleft the Divels foot, Teach me to heare Mermaides singing, Or to keep off envies stinging, And finde What winde Serves to advance an honest minde. If thou beest borne to strange sights, Things invisible to see, Ride ten thousand daies and nights, Till age snow white haires on thee, Thou, when thou retorn'st,wilt tell mee All strange wonders that befell thee, And sweare No where Lives a woman true, and faire. If thou findst one, let mee know, Such a Pilgrinage were sweet; Yet doe not, I would not goe, Though at next doore wee might meet, Though shee were true, when you met her, And last, till you write your letter, Yet shee Will bee False, ere I come, to two, or three. |
Go and catch a falling star, Get with child a mandrake root, Tell me where all past years are, Or who cleft the devil's foot, Teach me to hear mermaids singing, Or to keep off envy's stinging, And find What wind Serves to advance an honest mind. If thou be'st born to strange sights, Things invisible to see, Ride ten thousand days and nights, Till age snow white hairs on thee, Thou, when thou return'st, wilt tell me, All strange wonders that befell thee, And swear, No where Lives a woman true and fair. If thou find'st one, let me know, Such a pilgrimage were sweet; Yet do not, I would not go, Though at next door we might meet, Though she were true, when you met her, And last, till you write your letter, Yet she Will be False, ere I come, to two, or three. |
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Va et attrappe au vol une étoile filante,
Fait qu'une mandragore enfanteDis-moi où s'en sont allées les années, Qui, du Diable, a fendu le pied, Apprends-moi, des Sirènes, à ouïr le murmure, Ou comment, de l'envie, ignorer la morsure, Et trouve Quel vent Pousse un coeur honnête en avant. Fusses-tu né pour voir l'irréel Les choses invisibles au commun des mortels Eusses-tu voyagé dix-mille jours et nuits Et des que revenu, m'eusses-tu conté, l'ami, Tout ce qu'euses vécu d'étranges aventures, Nulle part, en nulle contrée Tu l'eusses pu jurer Ne vis femme fidèle et de toute beauté. En trouverais-tu, une sitôt me l'écrirais, Semblable pélerinage si doux me serait, Et pourtant non, au final, point n'irait. Quoiqu'au seuil voisin nous pourrions renconter Quelque fidèle qu'elle fut, quand croisa ton chemin Il n'en demeure pas moins Qu'avant mon arrivée À deux ou trois déjà elle se sera donnée. Traduction de Jean Fuzier et Yves Denis, extrait de Poèmes de John Donne, Éditions Gallimard. |
Va attraper une étoile filante, Fais qu'une racine de mandragore enfante, Dis-moi où sont les jours d'antan passés, Ou qui fit fourcher des Diables les piés, Enseigne-moi à ouïr chanter Sirènes, Me prémunir des piqûres de la haine, Et m'apprends Quel vent Sert à pousser esprit honnête en avant. Si tu es né pour des paysages impossibles, Voir des choses invisibles, Chevauche mil et une nuit, chevauche le Temps, Jusqu'à ce que l'âge sur toi neige des cheveux blancs, Toi, tu me diras, quand tu seras rentré, Toutes les merveilles étranges qu'auras rencontrées, Et jureras que nulle part Ne vit la chose rare D'une femme honnête, et belle aussi. Si tu en trouves une, préviens moi; je gage Que serait doux tel pèlerinage; Et puis non, je n'irais point, Même si par aventure, nous pussions nous voir non loin, Bien que, lorsque tu l'as vue, elle parut sincère être Au moins jusqu'au moment ou tu écrivis ta lettre Déjà elle, je crois, Sera Infidèle, le temps que je vienne, à deux ou trois. Traduction de Gilles de Seze, trouvée ici. |
Ai-je déjà mentionné que les Anglais sont dotés d'un petit grain de folie qui n'appartient qu'à eux? Oui, je sais, je radote, mais que voulez-vous, c'est l'âge...
Lu dans le Charlie Hebdo de la semaine dernière (n°690), dans un article de Cavanna qui vilipende la soi-disant rentrée littéraire :
Eh ben justement, en voici, un autre, dont j'ignorerais encore tout si une bonne âme n'avait pas pris sur elle de me sortir de mon ignorance crasse, c'est Clark Ashton Smith.