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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 16:30

Quand je vous dis que je suis un génie incompris...
J'ai essayé l'autre jour d'expliquer à un ami ma dernière théorie sur les relations amoureuses. D'après ce que j'en comprends, l'approche prédictive la plus pertinente est de considérer qu'il s'agit d'une chaîne de Markov avec un seul bord absorbant, c'est-à-dire un processus probabiliste qui a la particularité d'être sans mémoire, et qui ne se stabilise qu'à sa disparition (pas de happily ever after).
Eh bien j'ai été taxée de dogmatisme et de psychorigidité.

Alors qu'il est tout de même plus crédible que je sois juste un peu sociopathe : je conçois que les émotions fassent penser des choses fausses, mais pas qu'on se laisse aller à les dire publiquement, a fortiori en exigeant que le reste du monde éteigne son esprit critique pour ce genre de bullshit.


Ou alors, j'avais juste la grippe.

 


Addendum :

J'admets que j'ai pu me laisser aller dans l'article ci-dessus à un peu de  contrarianism (voire metacontrarianism, mais la différence est parfois subtile).

Je ne nie pas que qu'attendre le deuxième rendez-vous est recommandé avant d'émettre un pronostic sur la durée d'une relation amoureuse, ni qu'une rupture a des conséquences différentes après trois mois ou trois ans. Il y a bien sûr, en moyenne, des « âges critiques », rythmés par l'année scolaire jusqu'à un certain âge, par d'autres contingences au-delà.

Bien sûr, la copine qui vous raconte des anecdotes plus désespérantes à chaque fois que vous allez prendre un café est plus près de larguer son mec que trois mois auparavant.

 

Ce que je récuse, c'est l'idée que la probabilité de la fin d'une relation est simplement inversement proportionnelle à sa durée au temps t. J'ai parlé des chaînes de Markov parce que l'usage d'un temps discret permet de faire abstraction des indices continus, comme la dégradation progressive d'une relation ; je pense sincèrement que la probabilité qu'un couple soit encore ensemble un an après la prédiction est totalement indépendante de la longueur de la relation au moment où elle est formulée.

Pour parler en termes médicaux, le taux de survie à un an est indépendant de l'âge du patient. Le taux est cependant extrêmement dépendant de la personnalité du patient, bien sûr...


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commentaires

Sabine 15/09/2010 07:51



As-tu essayé d'appliquer le dernier xkcd ?


http://xkcd.com/793/



Sara 14/09/2010 20:35



Je t'aime tellement.



Abie 17/09/2010 01:44



Miroir magique ! :-)



Sabine 11/09/2010 00:02



Sans mémoire ? Pourquoi est-il alors plus difficile de rompre une relation longue qu'une relation brève ? N'est-ce pas la mémoire qui empêche d'agir, parce que l'on confère a l'état antérieur
(temps non discret) une faculté prédictive ?


En langage clair, qu'on ne part pas parce qu'on se dit que ça va s'arranger et redevenir "comme avant". 


 



Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao