Jeudi 5 novembre 2009
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18:53
J'étais tranquillement occupée à gratouiller mon chat sous le menton en échange de ses service de chaufferette à giron. Je me laissais plonger dans ses beaux yeux
mêlés de métal et d'agate1, quand tout d'un coup je me sens sournoisement agressée par une de ces grandes révélations existentielles : en fait les
yeux d'un être humain, c'est hyper bizarre. Je ne fais pas référence au fait que notre rétine est clairement montée à l'envers, comme celle
de tous les Vertébrés, mais à une caractéristique bien plus originale...
Avez-vous déjà essayé de regarder un animal dans le blanc des yeux ? À moins qu'il ait été sur le point de vous arracher la figure à coup de dents ou de vous
piétiner à coup de sabots, il est peu probable que vous ayez jamais vu beaucoup du blanc des yeux d'un chien, d'un chat ou d'un cheval. Et il n'y a pas que les animaux domestiques, ni que les
mammifères : jetez donc un œil, justement...
Bien sûr, la question de la couleur est ici secondaire : pour parler de façon précise, il s'agit de la sclérotique, la partie de l'oeil qui
n'est ni l'iris, ni la pupille. Certains chevaux par exemple, ont la sclérotique foncée, mais on ne la voit pas plus pour autant.
Tandis que chez l'Homme2 la sclérotique peut constituer jusqu'à une bonne moitié de la partie visible du globe oculaire. Est-ce si original ? Oui et non.
Nous ne sommes pas les seuls à exhiber nos sclérotiques. Mais quand on compare nos yeux à ceux d'autres primates, on constate que leur blancheur les rend bien plus visibles...
Regards de chimpanzé et d'humain
Les sclérotiques des autres grands singes ont, elles, tendance à être aussi foncées que l'iris, parfois même nettement plus. Conséquence directe : il est bien plus difficile de deviner où se porte leur regard...
Il y a donc même une hypothèse qui, en se basant sur ces données, ainsi que divers résultats expérimentaux3,
propose l'idée que cet œil si facilement lisible soit lié à l'imprtance de la coopération dans les sociétés humaines : c'est la théorie de l'œil coopératif (je n'invente rien).
Du coup, je me sens moins bête de m'être sortie de ma contemplation de la splendeur féline pour aller chercher des réponses sur le grand Internet : apparemment, je ne suis pas la seule à m'être
posée la question !
1 : J'ai découvert il y a peu à mon grand étonnement que le mot agate ne vient pas du tout du grec ἀγαθός (agathos : bon, pur), mais du nom d'un fleuve sicilien appelé Αχάτης
(Achates). You live and learn.
2 : Ne vous gonflez pas d'importance, messieurs, la majuscule désigne l'espèce biologique, et non une distinction gagnées par vos prouesses personnelles.
3 : C'est vraiment *insupportable* ces articles qui parlent d'une "étude" en ne citant que le nom de l'organisme qui a émis la communiqué de presse (Institut Max Planck, ce qui est aussi précis que
CNRS pour la France...), sans date, sans nom, sans référence d'équipe, sans titre de journal ou d'article.... Bon sang de dieu, sans aller jusqu'à parler de déontologie journalistique,
signalons que c'est en cinquième que j'ai appris à mes dépens qu'on citait toujours ses sources ! (Merci Monsieur Jamilloux.)
Edit 25 novembre 2009 : Par ici pour la suite et les références bibliographiques
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Par Abie
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Publié dans : Sciences et vie
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