En fait, c'est une stratégie qui reprend le concept de teasing (1), c'est-à-dire des annonces intriguantes qui donnent envie d'en savoir plus. Du genre : "Que se passe-t-il le 3 juillet?" lorsqu'on est encore en juin...
On en voit parfois dans les journaux : une page de pub cryptique, qui renvoie trois pages plus loin, ou donne rendez-vous pour le lendemain.
Mais sur Internet, ça prend des proportions incroyables. Il y a eu la campagne Bourjois avec ses petits bonshommes noirs et de mystérieux "ILS arrivent!", et voici que le phénomène prend de l'ampleur : la FNAC a maintenant son excusologiste, censé proposer de bonnes excuses pour claquer 300 euros dans un Ipod, et je suis tombée sur un teasing non identifié intitulé "Séraphin est un crétin". Je n' arrive même pas à simuler de la curiosité quand à la boîte qui est derrière.
Les points communs de ces sites : ils se veulent drôles, décalés, proposent des petits clips (dans le plus pur esprit Culture Pub) et souvent des tests à 2 centimes dont même Femme Actuelle aurait honte. Et puis, bien sûr, il y a l'indispensable concours à la clé pour gagner qui un téléphone, qui un mascara...
Et ils pensent que cela va suffire à nous plonger dans des délires d'enthousiasme et faire marcher le buzz (mot snob pour dire bouche-à-oreille) : ils nous proposent de leur donner des adresses e-mail d'amis à qui il est absolument indispensable de communiquer cette formidable adresse.
Il paraît que c'est du marketing viral. Pourquoi pas, ça me fait bien penser à une infection débilitante.
Le pire, c'est que ça marche, comme en témoignent un certain nombre d'entrées de blogs tous plus positif les unes que les autres :
Ici, là, là-bas, encore ici...
La Fnac semble vraiment avoir inventé un nouveau mot!
(1) De to tease, taquiner, provoquer en anglais.
On retrouve le mot un peu partout : les bandes-annonces très courtes sont appellées "teasers" par opposition aux "trailers" plus explicites, et il y a bien sûr le strip tease.
par Abie
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Diatribes
