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4 septembre 2005 7 04 /09 /septembre /2005 00:00
Ah!
Ce n'est pas tous les jours qu'on tombe, par le plus grand des hasards, sur une perle de petit spectacle qui vous met de bonne humeur pour la semaine.
En effet, et pour mon plus grand bonheur, la Mairie de Paris, en association avec une foultitude de partenaires, organise ce ouiquènnde une sorte de festival d'opéra populaire : des spectacles de rue, gratuits, originaux et plein de fraîcheur, sous le nom d'Opéra des rues.

C'est comme ça que je me suis retrouvée ce samedi, sur une obscure petite place du treizième arrondissement (1), à écouter un ensemble lyrique comme je n'en avais encore jamais rencontré.
Pour reprendre la présentation du prospectus : l'Ensemble Acide Lyrique, composé d'une diva sulfurique, d'un ténor vraiment léger, d'un baryton profond et d'un pianiste aqueux, est une solution astringente destinée à dissoudre les préjugés sur l'opéra.
Et par ma barbe,c'est bien ce qu'il font...

Commencer un récital, même parodique,  par une version lyrique à trois voix de La Pitchouli, je trouve que c'est une preuve d'auto-dérison du meilleur goût...
Les costumes étaient aussi un grand moment de poésie, allant de la satyre fine au loufoque le plus délirant.
Connaissant ma mémoire de musaraigne, j'ai même pris sur moi, dans un accès de conscience graphomaniaque (2), de noter le plus gros de leur répertoire, et ça en valait la peine.

Jugez plutôt :

- La Pitchouli donc,
- Quand le virage se met à chanter (!)
- J'ai encore rêvé d'elle
- Vertiges de l'amour
- L'air de Marguerite (mais si, je suis sûre que vous connaissez : "Ah! je ris, de me voir si belle en ce miroir"...)
- Love on the beat
- L'amour est enfant de bohème repris en
"Sa voix lui pose des problèmes, / Elle n'a jamais jamais connu de loi"
avec la cantatrice qui passe imprévisiblement de chant lyrique à la voix de chanson populaire d'avant guerre (bonjour les cordes vocales!) et qui boude "si tu ne l'aimes pas, moi, je l'aime!!"
- Donne Mobile transformé en hymne à la gloire du ténor, qui se termine par un mythique "Quand je pousse mon contre-ut,/ Le public est en rut..."
- Sauvez trente millions d'amis parce que l'opéra aussi peut être un art engagé,
- La Flûte enchantée, sérieusement mise à mal :  "J'ai amené mes plumes et mon boa,/ A Paris, on m'appelle Tata Gena"

Mais aussi : Alexandrie Alexandra, La Truite de Schubert en version Lili Marlène, et bien d'autres...

Je suis repartie en faisant des duos d'une efficacité douteuse avec mon père sur l'air de la Reine de la nuit, et La Truite version Francis Blanche, et ça, comme dirait une pub Mastercard, ça n'a pas de prix.



(1) Soyez francs, la place de l'Escadrille Normandie-Niemen, ça vous dit quelque chose?
(2) Pour quelques considérations sur la question, voir Le livre du rire et de l'oubli  de Kundera. Ici, un extrait qui a été beaucoup cité dans la blogosphère, et qui présente il est vrai une certaine pertinence.

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Published by Abie - dans Enthousiasmes
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commentaires

Yvan 11/04/2006 09:30

Franchement un  spectacle très mauvais. Même si les "acteurs" sont des professionnels de la chanson, leur jeu de scène est inexistant et les blagues pas toujours très fines. Y'a encore du travail.

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao