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29 mai 2005 7 29 /05 /mai /2005 00:00

Ayant pris la peine d'informer précisement le Père Noël de mes goûts, j'ai reçu en étrennes il y a six mois déjà un très beau pavé : Pseudodoxia epidemica, ou Examen des idées reçues et des vérités généralement admises, aux excellentes Éditions José Corti.
Ce titre prometteur est l'ouvrage de Sir Thomas Browne, un écrivain et philosophe anglais du dix-septième siècle, qui avait l'âme curieuse et l'esprit inquisiteur.

Comme son nom l'indique, le bouquin s'intéresse à une multitude de sujets allant de la chimie à l'éxégèse biblique, et passe un certain temps à détailler des croyances touchant aux animaux tant courants (salamandre dans le feu) que mythiques (basilic) . Certaines existent toujours, d'autres sont perdues, d'autres enfin, expliquent beaucoup de choses...

Livre troisième, Chapitre VI
De l'Ourse

Que lorsque l'Ourse met bas, ses petits sont informes et qu'elle les façonne en léchant tout leur corps est une opinion qui, de nos jours n'est pas seulement vulgaire et commune parmi nous mais c'est une opinion qui a autrefois été également affirmée par d'anciens Écrivains.

Pour s'opposer aux auteurs antiques, Browne invoque d'autres autorités, en autre celle d'Aldrovandi, et conclut en substance qu'il n'y a pas de fumée sans feu :

Or, comme cette opinion fait offense au bon sens et à la raison, il faut bien qu'elle ait quelques fondements dans l'un et l'autre. Ainsi, lorsque l'ourson sort enveloppé du Chorion, une membrane solide et épaisse qui dissimule sa forme, et que l'Ourse se met à mordre et déchirer, l'observateur peut penser de prime abord qu'il s'agit d'une masse de chair grossière et informe, et à cause d'elle attribuer la forme de l'Ourson aux lèchements de l'Ourse.

L'expression "ours mal léché" prend soudain une nouvelle profondeur! (Jusque là, je me disais qu'il devait s'agir d'une question d'hygiène, un peu comme pour les chats.)

Un autre chapitre animalier a aussi retenu mon attention :

Livre troisème, Chapitre V
Du Blaireau

Que le Taisson ou Blaireau ait les pattes d'un côté du corps plus courte que celle de l'autre côté, est sans doute une opinion assez peu ancienne mais cependant généralement répandue et acceptée par les théoriciens tout autant que par les crédules sans expérience, et approuvée par la plupart de ceux qui ont eu l'occasion de d'observer l'animal et de le chasser quotidiennement; ce que, cependant, après enquête, je décrare contraire aux trois déterminants de la vérité, Autorité, Bon sens et Raison.

Pour l'Autorité, il cite Albert le Grand et (encore) Aldrovandi, pour le Bon sens sa propre expérience, et pour la Raison des considérations fonctionnelles, et conclut donc que c'est une superstition injustifiée.
J'avoue avoir été très étonnée à la lecture de ce chapitre : d'abord, par ce que je ne vois pas pourquoi on aurait affublé le malheureux blaireau d'une telle malformation, et surtout parce que cette description rappelle irrésistiblement le plus classiques de canulards, la plus discrète des espèces montagnardes, l'ombre insaisissable que poursuivirent des générations de gosses, j'ai nommé : le Dahu.
Pour en savoir plus n'hésitez pas à lire la page très sérieuse que lui consacre Wikipédia, avant de vous lancer en expédition de chasse (Surtout les Alpes, tant françaises qu'italiennes...)!


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commentaires

chocoku 05/10/2005 13:08

Super ton blog

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao