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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 00:10
Malgré les mésaventures de la manifestation générale du jeudi 29 janvier, je me suis tout de même bougé le fion pour retourner battre le pavé jeudi dernier (soit le 5 février), pour la défense de l'enseignement supérieur et de la recherche (compte-rendu de Libération).



Le parcours du cortège était un concentré de Quartier latin (cliquez et lisez, c'est passionnant !), et même la partie sauvage de la manif s'est entièrement déroulée à l'intérieur du périmètre du cinquième arrondissement , après être passée devant tout ce que que le coin compte d'institutions de création et de diffusion des savoirs, et ce n'est pas tout à fait rien :

(image empruntée à la wikipédia anglaise : grande version)

Lieu de rassemblement  (14h) : Jussieu, un des plus gros campus de France, avec l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI), l'Institut de Physique du Globe et encore quelques bouts de l'université Denis Diderot (Paris VII), maintenant domiciliée aux Grands Moulins.

Rue Linné, mélange de sandwicheries et de disquaires d'occasion qui résistent envers et contre tout à la vague du numérique dématérialisé.

Rue Geoffroy Saint-Hilaire : Le Muséum national d'Histoire naturelle, (cher à mon coeur parce qu'on peut y entendre le chant nuptial des flamants roses en préparant ses gels d'électrophorèse) avec sa bibliothèque pleine de manuscrits de savants, sa Grande Galerie, son Jardin des Plantes où les gamins s'amusent aux côtés des petits vieux, des touristes et des quelques préparationnaires biologistes qui viennent y prendre l'air au prétexte de réviser leur botanique...
Sans oublier la galerie de minéralogie, et ma préférée, celle de Paléontologie et d'anatomie comparée.

À la mosquée, on bifurque au métro Censier-Daubenton et on prend la rue Censier, site de l'université Sorbonne Nouvelle (Paris III), puis on descend le bas de la rue Monge.

Arrivés à l'avenue des Gobelins, il s'agit de rebrousser chemin illico sous peine de se retrouver dans un arrondissement périphérique, et personne n'a pensé à prendre son passeport !

Alors on remonte la rue Claude Bernard en passant devant la rue Pascal, la rue Broca, (oui, celle-là même que vous ne trouverez jamais en arpentant le boulevard Port-Royal en voiture, bien qu'elle le coupe...) l'Institut national agronomique (qui fait pousser les carottes)
, et les rues Berthollet et Vauquelin.
On passe à un jet de pierre de l'ESPCI, puis on tourne à droite dans la Rue d'Ulm pour longer l'École normale supérieure de Paris, ainsi qu'une annexe du Collège de France, dont les cours sont disponibles en podcast.
La rue débouche ensuite sur la place du Panthéon, le long du lycée Henri IV, et le cortège se retrouve bloqué à peu près à la hauteur de l'église Saint-Étienne-du-Mont, lieu de dispersion prévu de la manifestation.

Après négociations, l'on est autorisé à continuer rue Soufflot, mais seulement sur quelques centaines de mètres.
La suite, je ne suis pas sûre  de l'avoir bien comprise : les CRS, alignés, abrités derrière leurs boucliers et adossés à leurs camions, décident de laisser passer les manifestants, qui les dépassent tranquillement et continuent leur chemin : rue Victor Cousin, juste à côté du lycée Louis-le-Grand, puis rue de la Sorbonne : on passe bien sûr devant la-dite Sorbonne, ainsi que devant l'École des Chartes, antre discret des archivistes paléographes, et une école primaire où la sortie des classes bat son plein. Les gamins prennent les tracts proposés avec un sérieux pontifical, et j'entend le slogan «Le primaire avec nous  !».

Rue des Écoles, on tourne à gauche, et l'hallucination continue : le cortège bloque le boulevard Saint-Michel sans qu'aucune bleusaille ne cherche à l'en empêcher, le descend tranquillement et commence un sit-in au beau milieu du carrefour avec le boulevard Saint-Germain.
Au bout d'un moment de flottement, on entreprend de le remonter, avec la perspective de rejoindre le Ministère de la Recherche, sis dans les mur de l'ancienne École Polytechnique. La rue des Carmes étant prévisiblement bloquée, on gravit la montagne Sainte Geneviève par la rue Monge, et l'on rejoint le croisement entre la rue Clovis et la rue Descartes. Les manifestants se tassent même jusqu'à la rue Thouin.

On y scande des slogans qui font savoir sans ambiguité l'opinion que la foule a du dernier décret de Valérie Pécresse, devant une ligne de policiers de la brigade d'intervention qui se demandent un peu ce qu'ils font là.
À moment donné, arrive une partie de la manif qui s'était aventurée jusqu'à l'Odéon (ciel, le sixième arrondissement, quasiment la banlieue !), puis sur les quais, et a pu constater que si les CRS n'avaient pas pu garder le boul'Mich' ouvert à la circulation, ils étaient cependant déterminés à ce que personne ne s'approche d'un poil de l'Assemblée nationale. Tout s'explique : voilà donc où ils étaient partis. 

Dans l'ensemble, pour une manif dont l'organisation devait plus à l'intelligence des foules qu'à la prévoyance, le bilan est plutôt positif. Pendant ce temps, notre blonde ministre se faisait énergiquement interpeller à la cérémonie qu'elle présidait à l'Université de Strasbourg :
cette fois-ci, personne n'a l'air disposé à laisser passer ce que le gouvernement tente de faire.

Allez, je vous laisse souffler, la suite pour plus tard.

Edit : Corrigé quelques fautes, rajouté quelques liens wikipédiens, et surtout j'ai mis la main sur cette belle étude de  géographie du Quartier latin. Je n'en avais lu des ébauches quand l'auteur était en maîtrise, ce qui remonte à peu de chose près à la transition Crétacé-Tertiaire...

Je me rends compte, du coup, que si le monde était bien fait (ou du moins, ce blog), cet article devrait appartenir à la catégorie «Au fil des rues». Hé ben non !

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commentaires

Nimwendil 09/02/2009 13:33

Wow, tu devrais faire des manifs à l'étranger pour écrire des guides touristiques.

Sandra 09/02/2009 12:50

Argh, je suis désespérée, il faut que je déménage de ce quartier juste avant cette glorieuse manif.À propos, comment va ton frangin ? Il se remet de la caresse de la matraque ?

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

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Ordo Ab Chao