Je viens de terminer un petit livre tellement bien vu que c'est à se demander s'il on doit en rire ou en pleurer...
Ça s'appelle Le Journalisme sans peine, de Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud (1997, Plon ), et c'est fabuleux.
Comment devenir journaliste? Rien de plus simple : mémorisez les clichés et les poncifs, peaufinez les tournures usées jusqu'à la corde, développez des métaphores obscures ou tout simplement ridicules et surtout, surtout, ne vous préoccuppez pas d'être compréhensible.
Le bouquin est un manuel parfait pour respecter la citation de ce bon vieux Wilde :
Il s'agit de ne pas ménager sa peine pour faire gonfler sa prose : tout conflit est un bras de fer, n'importe quoi peut-être est sous haute surveillance, et on justifiera tout et le reste en ajoutant quelque-chose oblige...
Les maires deviennent des édiles, l'Académie française ne peut-être que la vieille dame du quai Conti, et les expressions antiques mal digérées volent dans tout les sens : on invoque Hippocrate (ou mieux, Hypocrate) à la moindre réforme de la sécu, et l'épée de Damoclès ne sait plus où donner de la tête.
Tous les exemple cités dans le livre, même les plus capillotractés sont extraits de la presse et de la radio nationales, et l'amusement n'en est que plus grand. Avec la manie d'utiliser des termes sportifs pour la politique, guerriers pour le sport, scolaires pour le gouvernement, politiques pour la culture, et toutes les combinaisons du même genre imaginables, on se retrouve avec des perles comme ces quelques phrases :
Le Parquet grince des dents.
La balle est maintenant dans le camp des slalomeurs.
Le Président de la république a administré un remède de cheval
à son Premier ministre pour le remettre en selle.
Joli, non ?
Je ne saurais trop recommander la lecture de ce livre salutaire à tous ceux qui envisagent un jour de rédiger quelques lignes pour quelque média que ce soit.
Car, sans pour autant écrire dans un style purement technique, il doit être possible de garder sous contrôle l'envie bien naturelle de monter son style en neige...
D'ailleurs, pas plus tard que dans la phrase précédente, j'ai résisté à l'envie de dire "tenir la bride à" et "garder en laisse". Hé oui, rester à peu près lisible est le résultat d'une discipline de tous les intants !
Et en bonus, je vous donne cette jolie phrase entendue sur France Info pendant la rédaction de cet article :
Hum. Exporte. Mais bien sûr...
Ça s'appelle Le Journalisme sans peine, de Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud (1997, Plon ), et c'est fabuleux.
Comment devenir journaliste? Rien de plus simple : mémorisez les clichés et les poncifs, peaufinez les tournures usées jusqu'à la corde, développez des métaphores obscures ou tout simplement ridicules et surtout, surtout, ne vous préoccuppez pas d'être compréhensible.
Le bouquin est un manuel parfait pour respecter la citation de ce bon vieux Wilde :
- But what is the difference between literature and journalism?
- Oh! Journalism is unreadable, and literature is not read.
Oscar Wilde, The Critic as an Artist.
- Oh! Journalism is unreadable, and literature is not read.
Oscar Wilde, The Critic as an Artist.
Il s'agit de ne pas ménager sa peine pour faire gonfler sa prose : tout conflit est un bras de fer, n'importe quoi peut-être est sous haute surveillance, et on justifiera tout et le reste en ajoutant quelque-chose oblige...
Les maires deviennent des édiles, l'Académie française ne peut-être que la vieille dame du quai Conti, et les expressions antiques mal digérées volent dans tout les sens : on invoque Hippocrate (ou mieux, Hypocrate) à la moindre réforme de la sécu, et l'épée de Damoclès ne sait plus où donner de la tête.
Tous les exemple cités dans le livre, même les plus capillotractés sont extraits de la presse et de la radio nationales, et l'amusement n'en est que plus grand. Avec la manie d'utiliser des termes sportifs pour la politique, guerriers pour le sport, scolaires pour le gouvernement, politiques pour la culture, et toutes les combinaisons du même genre imaginables, on se retrouve avec des perles comme ces quelques phrases :
Le Parquet grince des dents.
La balle est maintenant dans le camp des slalomeurs.
Le Président de la république a administré un remède de cheval
à son Premier ministre pour le remettre en selle.
Joli, non ?
Je ne saurais trop recommander la lecture de ce livre salutaire à tous ceux qui envisagent un jour de rédiger quelques lignes pour quelque média que ce soit.
Car, sans pour autant écrire dans un style purement technique, il doit être possible de garder sous contrôle l'envie bien naturelle de monter son style en neige...
D'ailleurs, pas plus tard que dans la phrase précédente, j'ai résisté à l'envie de dire "tenir la bride à" et "garder en laisse". Hé oui, rester à peu près lisible est le résultat d'une discipline de tous les intants !
Et en bonus, je vous donne cette jolie phrase entendue sur France Info pendant la rédaction de cet article :
Hum. Exporte. Mais bien sûr...
Commentaires
Résister à son envie d'images champignaciennes, c'est une chose ; encore faut-il "garder sous contrôle" les anglicismes...
commentaire n° : 1
posté par :
Worthless
le: 28/03/2008 10:19:33
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