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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 00:00
sperm.jpgL'infertilité est une question extrêmement chargée d'émotions et de frustrations, en particulier dans le cas de ce qu'il est convenue les cas "tardifs", les couples qui tentent d'avoir un premier enfant après l'âge moyen (*) (autour de 29 ans pour la mère en France).

Un test récemment arrivé en pharmacie a le mérite de s'attaquer à un problème peu discuté : l'infertilité masculine. Appellé Fertell (j'imagine construit sur fertility et foretell, c'est-à-dire prédire), il permet de savoir en une petite heure, chez soi, si les spermatozoïdes présentent une vivacité suffisante pour espérer concevoir facilement
Bien entendu, cela ne remplacera pas un spermogramme détaillé en cas de problème d'infertilité persistante, mais c'est tout de même une jolie avancée.

Il convient en effet de rappeller que dans les cas d'infertilité, le partenaire qui en est à l'origine est aussi souvent l'homme que la femme (dans 40% des cas pour tous les deux). Et dans un cas sur 5 (les 20% restants, pour les fâchés avec les maths), la cause est commune, par exemple une double infertilité légère qui ne pose problème que parce qu'elle est combinée.
Que certains messieurs de couples infertiles ravalent donc leur fierté mal placée et se rassurent : la virilité ne se mesure pas par spermogramme.
Mais alors vraiment pas.

OvarianReserveChart.pngUn autre test, arrivé presque simultanément sur les étagères d'apothicaires, est un peu plus lourd (prise de sang) mais suit la même logique : il est censé évaluer la "qualité" du stock d'ovules présents dans les ovaires.
Certains s'inquiètent déjà que cette possibilité de prévoir à l'avance (le test s'appelle PlanAhead) rassure exagérément les futures mères, qui retarderaient alors trop leur décision d'avoir un enfant.
Franchement, je ne saurais pas évaluer la probabilité de cette réaction : j'ai beaucoup de mal à exercer mon empathie sur un sujet qui me paraît (à titre personnel évidemment) absolument extraterrestre. Mais bon.
Les gens font bien ce qu'ils veulent, hein. Des enfants, entre autres.

Enfin, rappellons que l'infertilité n'est caractérisée (hors examen précis bien sûr) qu'après deux ans de tentative sans résultat. Ce que les médecins ont parfois du mal à faire entendre à des femmes pressées, qui après deux ou trois cycles d'attente demandent un traitement de stimulation hormonale...

Via Feministing, comme souvent.

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(*)
J'ai dû reformuler ma phrase pour ne pas avoir à écrire "l'âge du premier enfant", qui par exemple dans le cas de mon auguste génitrice est de 25 ans aujourd'hui, mais 26 bientôt, vu que le premier enfant, c'est moi...
On devrait dire "âge du premier accouchement viable" ou quelque chose dans le même esprit.



Dans le domaine délicat de la reproduction humaine, la procréation assistée est souvent liée à la question de l'eugénisme.
Ne sautez pas en l'air comme ça, voyons, ce ne devrait pas être une révélation : nous pratiquons l'eugénisme, en l'occurence l'eugénisme négatif (élimination de caractères vus comme défectueux), par exemple dans le cas des IVG dites thérapeutiques.
L'eugénisme positif (choisir les caractères voulus) reste lui, non seulement interdit mais de fait impraticable : le gène de l'intelligence, désolée, mais on ne risque pas de le trouver...

Mais des cas existent où la logique qui permet de distinguer les deux devient difficilement applicable, comme ceux décrit dans l'article Wanting Babies Like Themselves, Some Parents Choose Genetic Defects du New York Times. Il rapporte qu'une enquête auprès de près de 200 climiques américaines a montré que six d'entre elles avaient déja effectué des précédures vidant à sélectionner un handicap.

Il s'agit en l'occurrence d'une utilisation surprenante (quoique pas tant que ça) de la technique du diagnostic préimplantatoire, utilisée le plus souvent lorsqu'un des parents est porteur d'un allèle défectueux et dominant (chorée de Huntington, par exemple). Le DPI permet de distinguer les embryons porteurs du défaut et de ne *pas* les implanter (eugénisme négatif donc).
Ici, il s'agit du contraire : des parents affectés d'un handicap associé à une certaine façon de vivre, voire à une culture propre (nanisme et surdité) choisissent délibérément d'avoir des enfants semblables à eux.

La question qui se pose à l'équipe médicale est particulière : il s'agit non pas de laisser un enfant naître quelque soit son état de santé, mais de produire délibérément un bébé porteur d'un handicap qui détermine sa vie entière. C'est une question de bioéthique qui pour l'instant ne se pose pas en France. En restera-t-il ainsi ?

Voir aussi :
Le reportage de la BBC
Un article du Washington Post de 2002, sur un enfant sourd conçu par fécondation artificielle avec sperme de donneur sourd.


 
Pour rester dans le domaine de la prise de décisions éclairées par une bonne compréhension des techniques employées, voici un article de l'Express, datant de mercredi dernier, qui fait froid dans le dos :
22 % des personnes interrogées - et même 34 % des 15-20 ans - pensent que la pilule peut rendre stérile, tandis que 50 % croient l'usage du stérilet impossible si l'on n'a jamais eu d'enfant. "Une représentation erronée, hélas partagée par certains médecins généralistes et gynécologues, qui déconseillent l'usage de cette méthode contraceptive aux jeunes femmes nullipares", regrette Nathalie Bajos, chercheuse à l'Inserm.

La contraception d'urgence - ou pilule du lendemain - reste méconnue: 35 % des sondés au fait de son existence sont convaincus qu'elle s'adresse seulement aux jeunes femmes de moins de 25 ans, et seuls 5 % savent qu'il est possible de l'utiliser jusqu'à soixante-douze heures après un rapport non protégé.

Plus grave: 1 jeune sur 10 âgé de 15 à 20 ans ignore que la pilule n'offre aucune protection contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles.
Bon hé ben y'a encore du boulot.

Ça me fait une raison de plus de discuter de ce genre de choses dans mes dîners mondains.
Parce que, ne me demandez pas comment, mes conversations avec des gens qui sont parfois de parfaits inconnus tournent souvent autour de sujets comme la torsion du cordon spermatique (atrocement douloureux), les môles hydatiformes, les grossesses virginales liées aux éjaculations périvaginales ou encore les correspondances embryologiques entre la verge et l'anatomie clitoridienne...
(1)

Eh bien vous n'imagineriez pas à quel point cela intéresse les gens, et même pas pour ricaner ou faire des blagues salaces.
En vérité, je vous le dis : le monde entier devrait être biologiste, ça simplifierait les choses.

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(1) Sans parler des mœurs compliquées de l'accenteur mouchet, de la sélection sexuelle chez les hirondelles (elle se fait sur la longueur de la queue, ça ne s'invente pas...), ou encore les lézardes lesbiennes du désert du Névada




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commentaires

bli 14/07/2007 16:16

Pour l'enfant sourd conçu par un donneur de sperme sourd, j'aurais cru que dans ce cas, ça aurait été une surdité acquise. Bizarre que ça soit passé à l'enfant...

Maurinier 14/06/2007 18:04

Que certains messieurs de couples infertiles ravalent donc leur fierté mal placée et se rassurent : la virilité ne se mesure pas par spermogramme.Mais alors vraiment pas. Pourrais-tu donner à ces messieurs une définition de la virilité ? Et décrire un protocole permettant de la mesurer..

sieglind la dragonne 12/06/2007 07:38

Super interressant, j'ai tout "bien pigé" en plus, ça doit être des restes de mon secrétariat médical hé, hé...Certains sujets risquent de faire monter les gens au créneau... tu as lancé le mot qui fâche "eugénisme" alors que ça fait des lustres (et lampadaires même) qu'on le pratique Et le stérilet, pas plus tard qu'au début de la prise de contraceptif de ma gamine, deux ou trois ans, on lui a encore ressorti que c'était impossible si elle n'avait pas déjà "pondu" M'enfin.. bien des "légendes" ont la dent dure ! (à peine étonnée du pourcentage d'ignorants d'ailleurs, vu les conversations glânées autour de moi... je pensais pire même !)

Florent 12/06/2007 01:44

Encore un mensonge éhonté sur ce blog...le premier enfant de la mère d'Abie, c'est moi !!!

roro 10/06/2007 14:09

salut, et bien pr répondre a ta question et moi vivant a bordeaux, je sais que ce genre de fringue peut se trouver a salsa par exemple, et tout autre magasin de type fabrication de sarouel/tunique africaine /indienne/ etc... moi cest la ba que jachete mes sarouel et autre robe jupe dans ce style.

Edito

Soyez les bienvenus sur ce petit blog sans ligne éditoriale fixe, qui échoue à mourir depuis 2005.
La fréquence de mise à jour se veut quotidienne au mieux (par ce que je suis de nature optimiste), trimestrielle au pire (parce que je suis velléitaire bien plus encore).

Alea jacta est :


Aussi :



Ordo Ab Chao