Mercredi 9 mai 2007
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Plus ça va, plus mon empathie se développe à l'égard des étrangers qui tentent d'apprendre la langue française.
Bien sûr, ça pourrait être pire : nous n'avons que deux genres, pas de déclinaison du nom, et finalement pas tant de lettres que ça dans l'alphabet.
Dans l'autre plateau de la balance, on mettra les conjugaisons, qui ne manquent pas d'une certaine fantaisie et discordent à l'occasion, les accords de l'adjectif, les finesses sur l'accord du
pronom possessif pluriel, sans parler du fait que le concept de cas n'est jamais explicite alors qu'il est fondamental, ne serait-ce que pour la déclinaison du pronom personnel.
Ma révélation du jour, elle, a trait à une autre particularité française : la disparité totale des adverbes grammaticaux.
En anglais par exemple, on les compose avec une particule de quantité (aucun, un peu, tous) et une racine qui spécifie ce dont on parle (de temps, de lieu...)
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where
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one (body)
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thing
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way
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time
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no
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nowhere
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no one
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nothing
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?
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never
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some
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somewhere
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someone
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something
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someway
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sometime
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every
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everywhere
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everyone
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everything
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everyway
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every time
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any
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anywhere
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anyone
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anything
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anyway
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any time
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Ça donne un tableau clair et complet, avec une exception dans le cas de never, et une case vide : je ne vois
pas ce qui serait utilisé idiomatiquement.
Tentons maintenant la même démarche avec les mots français :
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lieu
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personne
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chose
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temps
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façon
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no
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nulle part
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(ne) personne
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(ne) rien
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(ne) jamais
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?
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some
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quelque part
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quelqu'un
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quelque chose
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parfois
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d'une façon ou d'une autre
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every
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partout
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tout le monde
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tout
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toujours
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de toute façon
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any
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n'importe où
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n'importe qui
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n'importe quoi
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n'importe quand
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n'importe comment
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où que + subj
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qui que ce soit
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quoi que ce soit
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?
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de quelque manière que ce soit
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C'est tout de suite moins limpide, n'est-il pas? On remarque cependant :
1) Que notre rapport conflictuel à la négation rend les choses très compliquées.
Avec le temps, toutes sortes de mots à sens positif se sont associés avec le mot "ne" : pas, point, guère, rien (= chose), jamais et oncq 1(= un jour),
personne, et avec la chute de la négation, on arrive au paradoxe d'utiliser les mots positif comme rien et personne pour signifier leur absence.
Signalons que des formes plus anciennes, comme nul (n'entre ici...), échappent à cette contradiction
Je ne sais pas si je me fais comprendre, alors n'hésitez pas à protester ou à me corriger si je suis vire trop cryptique.
2) Que le mot "tous" a perdu en force au point que nous ne l'utilisons plus seul. Pour donner dans l'universalité, on est obligé d'insister en diant "tout le monde", ce
que je trouve vaguement ridicule, sans trop savoir pourquoi.
3) Que la fonction d'opérateur de parcours2 n'est en français pas dévolue à un simple mot grammatical, comme c'est le cas en anglais avec any (et
ever). Elle est en fait remplie par un mode : le subjonctif, et par exemple Anywhere you go se traduira Où que tu ailles.
(Merci à mon prof de seconde pour le concept d'opérateur de parcours et à Worthless de m'avoir clarifié les idées.)
Il y a beaucoup d'autres choses à dire sur le sujet, mais c'est tout pour aujourd'hui!
Je suis en train de tester la version 2.0 d'overblog, et il y a quelques... features, on va dire. Donc je n'ai brusquement plus le droit de mettre des liens. Alors il va
falloir les copier à la main :
1 : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/fast.exe?mot=onc
2 : http://edel.univ-poitiers.fr/corela/document.php?id=958
Par Abie
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Publié dans : Mots et merveilles
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